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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 14:01
Doutes et certitudes

"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit." (Aristote).

Depuis dimanche dernier, c'est réconfortant, j'ai croisé beaucoup de savants et de sages. Autour de moi, au fil de mes lectures, des gens qui hésitent, partagent leurs questionnements, voire se remettent en question. Des absentionnistes convaincus qui pourtant s'interrogent. Des militants, convaincus tout autant, qui disent leurs doutes et parfois leurs critiques.

Faut-il à tout prix voter, même quand on pense que son vote est inutile, parce que foulé aux pieds, scrutin après scrutin, par des dirigeants déconnectés qui, une fois élus, n'écoutent plus rien, et trop souvent tournent le dos à leurs promesses ?

Faut-il voter socialiste, quand on est de gauche, et qu'on se sent trahi depuis 2012, quitte à donner le sentiment que, finalement, tout peut être pardonné ?

Faut-il voter à droite, même pour celle qui a regardé vers l'extrême, pour éviter encore pire ?

Faut-il à tout prix faire barrage au FN pour ces Régionales, ou au contraire vaut-il mieux, après tout, que l'avertissement soit donné haut et clair maintenant, plutôt qu'en 2017 ?

Fallait-il se retirer du second tour, au risque de conforter ce sentiment UMPS sur lequel joue le FN, laissant de plus une opposition réduite à un duel droite/extrême droite pendant 6 ans ? Ou fallait-il aller jusqu'au bout pour ne pas déposséder de leur choix les électeurs de gauche, au risque de faciliter l'accès au pouvoir du FN ?

Bien des questions, bien compliquées.

Pourtant, face aux doutes, des certitudes assénées. Peu de remises en question, pour ne pas dire aucune, au plus haut niveau des responsabilités politiques. Même plus, cette fois ci, de questionnements de ligne comme en 2002, sur les causes racines de ces résultats. On parle de stratégie. On sort les grandes phrases martiales, à la Manuel Valls. On essaie de culpabiliser les absentionnistes.

Pour ma part, oui, j'ai toujours voté. Oui, je pense qu'être citoyen, c'est se déplacer et choisir. Oui, je crois qu'il faut voter malgré les insuffisances de ceux qui nous gouvernent, parce que le FN n'est pas un parti comme les autres. Oui, même si ce qu'est devenu le PS me désespère, même s'il y a beaucoup de choses que je n'ai pas aimées dans cette campagne, je voterai pour la liste menée par Carole Delga en LRMP.

Mais non, les absentionnistes ne sont pas de mauvais français. Qu'on leur donne plutôt des raisons de voter. Qu'on les considère, au lieu de les prendre de haut. Qu'on les laisse réfléchir, et décider en liberté. 

 

Au fil de mes lectures:

"Voter ne sert à rien": les absentionnistes expliquent leur choix (Le Monde)

La mauvaise stratégie du Parti Socialiste (chez Jeff sur A Perdre La Raison)

Refusons le déni de défaite (par Aurélie Filippetti dans Le Monde, ou par ici)

Jours tranquilles à Vichy (par Paul Allies)

Le FN, un danger pour le monde du travail et la démocratie (déclaration CGT)

Je persiste: faire barrage au FN, seul parti raciste (par Jean Gadrey pour Alternatives Economiques)

Pourquoi je ne voterai pas pour C. Estrosi (par Hubert Huertas)

Hébétés, nous marchons droit vers le désastre (la tribune de juin 2015 d'Arnaud Montebourg et Mathieu Pigasse, hélas revenue d'actualité)

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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