J’étais jeudi à la présentation du comité de soutien départemental. Manifestation symbolique, occasion médiatique et moment de rassemblement, ce qui ne fait pas de mal. J’ai bien aimé l’intervention de Pierre Izard, président du Conseil Général, donc du comité de soutien. Il a dit la force du symbole, d’une femme, une socialiste, en position d’être élue présidente. Il a trouvé les mots pour balayer les doutes qui se sont exprimés un moment sur la valeur de notre candidate, en soulignant le procès en incompétence fait à une femme, s’incluant élégamment dans une formule du genre « nous les hommes, et dans ce parti » en une sorte de mea culpa collectif. Puisse le PS et la politique avoir progressé avec cette candidature. Mais encore faut-il que l’essai soit transformé.
J’ai senti le moral en hausse. Les discussions avec les camarades de tous horizons disent la même chose : l’espoir, le bon accueil que reçoivent les militants socialistes, une sorte de curiosité, une attente, partout, une ambiance particulière. Et dans les réunions publiques, le plein. D’après ce que je sais d’ailleurs de quelques taupes, dans le service d’ordre et dans la salle, au meeting de Limoges il y avait foule dans ce nouveau Zénith, pour une belle réunion avec une Ségolène qui a emballé son public.
Une attente, mais aussi de l’incertitude, et des interrogations. Un espoir, mais des doutes, et la crainte d’être déçu certainement. L’envie de renouveau, surtout, voilà ce que j’entends. Le vieux Parti Socialiste aurait bien dû l’entendre plus tôt, et s’y préparer bien avant ces derniers mois d’investiture, depuis 2002. Enfin, une page est en train de se tourner. Ségolène Royal incarne maintenant cet espoir de changement. Saurons-nous en convaincre une majorité d’électeurs ? Je crains le pire pour le pays si la droite est au pouvoir, mais aussi pour la gauche et le parti socialiste si nous échouons. C’est pour cela peut-être que les militants sont mobilisés. Pour ma part les sondages m’importent peu. Jamais ils ne m’ont découragée dans les moments où la tendance était en baisse, jamais ils ne me griseront dans les moments où elle en en hausse. Je ne leur fais pas confiance. A part peut-être quand ils soulignent le fort taux d’indécis. La campagne médiatique est très décevante, elle n’aborde pas grand-chose de fond. C’est pour tout cela qu’il n’y a qu’une chose à faire, pour nous militants : user nos chaussures et notre salive. C’est ce que nous ferons encore dans cette dernière ligne droite, comme nous en avons encore discuté jeudi soir en réunion de section à Sainte-Foy. Si chaque militant ou sympathisant socialiste peut convaincre un indécis, tout devient possible ...
A l’UMP du canton de Portet, qui a choisi la direction à associer à son candidat avec une grande pertinence !
Merci à Floréal Sarralde, secrétaire de la section de Roquettes, pour cet envoi.
La vie du militant est faite aussi de matins où il est besoin de se rappeler à quel point on a envie que Sarkozy ne soit pas président. Le temps était froid et humide ce samedi, et pourtant nous étions là pour distribuer un nouveau tract dans plusieurs communes du canton. Y compris certains de ceux que l’on appelle encore les « nouveaux » adhérents, et qui contrairement à ce que certains craignaient prennent toute leur part dans l’action militante. Nouvelle opération « tous sur le pont » ce week-end, dans de nombreuses communes. Cela a été dit en Bureau Fédéral vendredi, les tracts partent, les sections distribuent, on sent que les militants sont mobilisés. Tant mieux, car pour cette campagne le national a l’air d’assurer côté tracts, et on n’a pas fini de voir les socialistes sur les marchés. C’est drôle d’ailleurs comme on ne voit jamais de militants oumpistes ou centristes…
J'étais donc à Lanta encore ce samedi, avec la chance de pouvoir ainsi m’abriter sous les arcades du petit centre commercial. Malgré les doigts gelés, c’est un moment agréable toujours d’aller à la rencontre des gens. Surtout que nous ne sommes pas devant une gare ou une bouche de métro toulousaine, mais à un endroit où on croise beaucoup de connaissances, où les gens s’arrêtent pour discuter. Certains, souvent des personnes âgées, refusent de prendre notre tract avec un air plus ou moins grognon. Certains se rappellent que nous étions là d’autres fois et beaucoup semblent avoir plaisir à nous voir. Une vieille dame aux yeux pétillants me parle de sa jeunesse à la LCR, me dit qu’elle est communiste mais votera Ségolène dès le premier tour, par peur d’un 21 avril 2002 bis. Une jeune femme tout sourire nous interpelle sur l’histoire du drapeau, puis termine la discussion sur l’éducation et la scandaleuse garde à vue de la directrice d’école à Paris. Je n'avais pas réalisé mais c’est une collègue – c’est l’ennui d’être déléguée syndicale, je suis repérée... Une militante verte que je connais et apprécie reste un moment discuter avec nous. Une dame me fait part de son inquiétude et me demande si nous pensons que Ségolène peut gagner. Oui, nous le pensons ! Mais pour cela, il faut parler, expliquer, convaincre partout autour de soi, jusqu’au dernier jour. Les deux heures s’écoulent, entre tractage et papotages. Mes deux « jeunes » adorables camarades retraités sont déchaînés et vont distribuer d’un bon pas tout autour du parking. Un matin ordinaire, moments humains, moments militants où l’on se dit que plutôt que de rester au chaud chez soi, on aura fait tout ce qu’on aura pu …
Ca y est, elle a dit ! Devant 5000 élus ce dimanche, la candidate socialiste a développé ses propositions sur la question démocratique, et donné le numéro que nous attendions à cette république nouvelle. Nous voilà en route vers la 6e République !
Pourquoi est-ce important ? J’en entends dire que cela n’intéresse pas les gens, que c’est un débat de spécialistes, que ce ne sont pas les institutions qui vont résoudre les problèmes. Mais pardon, ce n’est pas d’institutions seulement dont on parle, c’est de dé-mo-cra-tie. C’est la question de savoir si nous voulons affronter sérieusement, pour mieux la combattre, la décrédibilisation dont souffre la politique, avec tous les extrêmes que cela entraîne. C’est la question des outils, que les rénovateurs ont abordé congrès après congrès : pour changer de politique, il nous faut d’autres moyens pour faire effectivement avancer notre volonté. On ne mène pas une politique de gauche avec les instruments forgés par la droite dans un autre siècle.
Qu’importe ce numéro ajouté ? Il compte beaucoup, parce qu’il marque la différence symbolique entre une réforme de la 5e et la « révolution douce », selon les mots d’Arnaud Montebourg, d’une 6e République, avec sa cohérence d’ensemble. Il compte énormément aussi pour beaucoup d’entre nous, socialistes rénovateurs, qui avons depuis 2002 avec le NPS d’abord défendu l’idée de 6e République. Nous nous sommes heurtés souvent dans le parti à l’incompréhension polie ou à la franche hostilité. Et je ne peux m’empêcher de revenir en pensée dans ces salles froides du congrès du Mans, où, derrière Arnaud Montebourg, nous avons refusé la synthèse que nous jugions insuffisante, notamment sur cette question où la majorité du parti faisait blocage, refusant le contenu comme le numéro. Que de temps perdu pour finalement s’apercevoir de l’importance de cette question, aujourd’hui abordée par tous dans cette campagne présidentielle. Mais quel plaisir aussi maintenant, de voir ce patient travail de conviction avoir fait son chemin, et finalement bougé les lignes. Vous voyez, amis lecteurs sympathisants socialistes, n’est-il pas utile d’adhérer à un parti, rien que pour cela, cette petite pierre que l’on peut apporter ? Et vous, qui trouvez que le retour des éléphants sur le devant de la scène est le signe de l’immobilisme, ne croyez-vous pas que cela change, tout de même ?
Qu’est-ce donc que cette 6e là ? Elle n’est pas la copie conforme de celle que les rénovateurs proposaient. C’est pour cela que nous aurons encore du travail à l’avenir. Mais c’est un pas très important, au contenu solide. Pour en savoir plus, voir les derniers articles sur le site de Rénover Maintenant. Et pour ceux qui aiment la lecture : "la constitution de la 6e République", par Arnaud Montebourg et Bastien François, édition Odile Jacob.
La 6e, tout le monde en parlait déjà ? Oui, mais pas du tout la même ! La 6e de Bayrou, par exemple, n’a rien à voir avec la nôtre. C’est un projet mal ficelé, un étrange animal : voir une analyse de ce "dahu institutionnel" sur le site de la C6R.
Savourons donc ce moment où la 6e se profile à l’horizon ! Mais pour cela, il faut que Ségolène Royal soit élue présidente !
Historique, a-t-on dit déjà à propos de la très forte mobilisation du 6 mars dernier. Historique aussi est l’organisation d’une telle journée de mobilisation européenne. Mobilisation autour d’Airbus, plus largement pour la défense de l’industrie aéronautique, spatiale et de défense, et encore plus largement contre un plan de restructuration qui inquiète toutes les populations des régions concernées, et scandalise beaucoup de monde.
Pour une fois, on parle ainsi d’Europe à travers ses salariés, et leur capacité à s’organiser ensemble, mais aussi à propos de politique industrielle et du rôle des états.
Des mobilisations de toutes sortes sont prévues en même temps dans tous les pays concernés. A Toulouse, cela prendra la forme d’un rassemblement interprofessionnel unitaire, vendredi 16 mars à partir de 9h00, devant le siège d’Airbus (rond point Bellonte à Blagnac).
