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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 23:46

Je n’ai pas encore trouvé le temps d’expliquer ici mon choix pour ce congrès, ces derniers jours où le rythme s’est accéléré soudain, depuis que nous sommes rentrés dans la dernière ligne droite. Cela n’est certes pas un mystère, en témoignent les références sur ce blog ou la liste des signataires sur le site national. Alors oui, j’ai signé la motion dont Martine Aubry est la première signataire, dès réception par mail le 24 septembre du texte présenté au Conseil National.

J’ai vécu en effet le dépôt des motions avec un grand soulagement. Autant que j’ai vécu assez difficilement la période précédente, notamment depuis La Rochelle.

Je vais revenir un peu en arrière, car un tel choix n’est ni un coup de tête ni un coup de dé, mais bien le fruit d’un cheminement politique.

J’ai d’abord logiquement adhéré à la démarche des reconstructeurs. Depuis Fouras à l’été 2007, l’idée avait fait son chemin parmi les rénovateurs qu’il fallait maintenant s’atteler à travailler avec d’autres pour réussir à faire changer ce parti. Cette idée ne fut pas simple à faire vivre. Il est en effet d’une certaine manière plus facile de rester « entre soi », groupe minoritaire partageant les mêmes idées. Mais force est de constater que depuis 2002, nous avons mis beaucoup d’énergie, brassé beaucoup d’idées, pris beaucoup de coups aussi, mais que malgré deux sévères défaites à la présidentielle et l’affaire du référendum européen, nous n’avons toujours pas réussi à être entendus. Bien sûr, nous avons fait progresser certaines idées. Mais pas, comme nous le pensions nécessaire, mis sur les rails un nouveau parti socialiste.

Arnaud Montebourg était venu début Juin à Portet, pour discuter avec nous de la situation politique complexe. Réunion nécessaire, mais réunion étrange, où on sentait bien l’entre-deux de la période. « Cela va être compliqué », voilà la phrase que j’ai retenue d’un camarade participant. Bien vu !

Mais malgré tout, le chemin s'est creusé. Rénover, refonder, reconstruire : peu à peu, ceux qui nous ignoraient, nous moquaient ou nous combattaient au départ ont utilisé des mots similaires pour dire la même chose : le PS va mal et il est maintenant urgent de le remettre au travail, et de le reconstruire, sans renier notre histoire mais sans refuser de voir l’ampleur des problèmes.

Voilà pourquoi, malgré les interrogations et les doutes, partagés avec mes camarades, et avec Arnaud d’ailleurs, j’ai adhéré à la démarche de ces reconstructeurs. Voilà pourquoi, ici en Haute-Garonne, j’ai signé le manifeste de ceux qui veulent, au-delà des courants, ouvrir portes et fenêtres, remettre cette fédération au travail et la faire respirer.

A l’été, je ne suis pas allée dans le Morvan, pour l’assemblée d’été des rénovateurs qu’une nouvelle municipalité a chassé de Fouras – trop compliqué dans l’agenda. Ni à La Rochelle – les places y sont chères, dans tous les sens du terme ! Je ne l’ai vraiment pas regretté, étant donné la tournure des évènements. Quel ridicule que ces péripéties d’alliances de dernière minute, jusqu’à la veille du dépôt des motions ! Vraiment, je veux bien que les médias en rajoutent et se focalisent sur ce genre de choses, mais quand même, quelle triste image!

Finalement, une motion de rassemblement a donc vu le jour, dans ce travail collectif qui s’est incarné en Martine Aubry, ce qui me convenait plutôt bien. Je n’avais pas de raison de me reconnaître dans une motion autour de Pierre Moscovici seul. Le choix qu’il a fait au final ne fait que me conforter dans cette drôle d’impression d’aventure personnelle.

J’ai regretté bien sûr que Benoît Hamon, avec ce qu’il reste du NPS, ne rejoigne pas aussi la motion Aubry. Je pensais que ce serait le cas. Nous avons tant en commun ! D’ailleurs, j’aurais pu aussi signer cette motion. Si je ne l’ai pas choisie, c’est parce que je crois que cette démarche, vu l’état actuel du parti, est improductive. C’est que le congrès du Mans n’est pas si loin. J’y étais déléguée de Haute-Garonne pour le NPS. J’ai donc vu de près l’attitude des uns et des autres. J’ai vu certains intransigeants prêts soudain à signer dans une terrible nuit une pseudo-synthèse mal ficelée, qui n’a pas tenu six mois. Nous verrons ce qui se passera à Reims, mais quoi qu’il advienne, je préfère que ce travail de rassemblement commence des mois avant, plutôt que de le garder pour la nuit des longs couteaux. Enfin, j’espère que nous nous retrouverons dès que possible.

Les motions « décalées », je n’en parle pas, car à ce stade de décomposition du parti, je sais gré à certains camarades d’avoir pris la peine de proposer une autre pensée – le pôle écologique par exemple, c'était bien. Mais je crois vraiment que l’enjeu n’est pas là.

Alors, Ségolène ou Bertrand ? Les deux ont des qualités de leader, c’est incontestable. Mais sans hésitation, pour le congrès, c’était ni l’un ni l’autre. D’abord au nom de la 6e république que je défends toujours, parce que l’enjeu n’est surtout pas de trancher un combat entre deux présidentiables qui ont cherché chacun à se mettre en avant, avant tout le reste.

Ségolène Royal m’a beaucoup déçue depuis la présidentielle. Je ne regrette absolument pas de l’avoir choisie alors comme candidate, je pense qu’elle a apporté un certain nombre de choses au parti et fait bouger des lignes, et j’en veux toujours à toute cette partie de l’appareil qui n’a pas levé le petit doigt pour la campagne. Mais depuis, je trouve qu’il n’est pas pertinent de continuer à jouer dans ce registre trop personnel.

Quant à Bertrand Delanoë, depuis la Rochelle 2007 où je l’ai vu se lancer dans un discours de futur premier secrétaire, avec tout ce qu’il fallait pour faire plaisir aux militants, au moment où nous sortions de la défaite, je me suis dit que rien ne changeait décidemment dans l’appareil.

Car pour moi, la motion Delanoë c’est l’appareil, le conservatisme version socialiste, traduit de manière éclatante par le soutien de François Hollande. Car si je n’ai rien contre Ségolène ou Bertrand, ni même François à titre personnel, j’ai en revanche beaucoup à reprocher à notre premier secrétaire pendant plus de dix ans, qui assume à ce titre le bilan du parti. Le grand étouffoir, le consensus mou, l’équilibrisme d’appareil, merci bien, cela suffit !

Voilà pourquoi la motion D. Parce que maintenant, vraiment il faut changer ! La situation est trop grave dans ce pays, nous avons une vraie responsabilité. Changer, j'aime le titre de cette motion, et j’aime la référence à la gauche et au mot socialiste dans le texte. J’aime l’emphase qui est mise sur le social et la nécessité de le remettre au cœur du projet. J’aime l’idée que sur l’Europe les vieux clivages soient dépassés, et ainsi que le sujet puisse être abordé, et non éclipsé. J’aime retrouver des fondamentaux de la révovation : la composante écologique, le passage vers la 6e république. J’aime la démarche collective. J’aime l’alliance de l’expérience qu’incarne Martine Aubry avec la nouvelle génération qu’elle met en avant – ainsi Cathy Lemorton, mandataire de la motion en Haute-Garonne, est aussi une des porte-paroles nationales.

Les motions ne sont que des mots, mais les mots ont un sens en politique. J’espère vraiment que ce congrès ne sera pas une guerre mais le début d’une reconstruction. Et que le parti, partout, va pouvoir se remettre à RES-PI-RER , et AGIR !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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