Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Une souris rose
  • Une souris rose
  • : Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
  • Contact

Paroles

On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

Rechercher

http://agauchepourgagner.fr

19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 10:42

Chère camarade,

Cher camarade, 

Dans quelques jours, tu vas voter pour le 75ème Congrès du Parti Socialiste.

Je veux te le dire avec force et même une certaine gravité : rarement un congrès aura été aussi important.

Car nous vivons sans nul doute la fin d’un système. Plus que d’autres encore, les Français souffrent, car ils subissent depuis des mois les politiques de Nicolas Sarkozy qui applique avec une détermination aveugle les recettes du libéralisme. Ne nous y trompons pas, l’intervention de l’Etat dans la crise financière n’est pour lui qu’une parenthèse, qui sera sans lendemain. Déjà le budget 2009 ajoute la crise à la crise, avec ses coupes sombres dans les budgets du logement et de l’emploi et un étranglement financier des collectivités locales.

- Le congrès de Reims doit être le congrès des Français.

Si je m’engage aujourd’hui en conduisant une motion, c’est que j’ai acquis la conviction, en sillonnant la France à la rencontre des militants, que l’attente des Français à notre égard est immense. Nous sommes le principal parti d’opposition. L’alternance se fera autour de nous ou ne se fera pas. A nous d’être à la hauteur !

Soyons-en certains : nous ne pouvons nous contenter de réponses classiques. Le monde a changé. Nos réponses doivent changer. Nous ne pouvons pas être les pompiers du libéralisme qui tentent d’en réparer tant bien que mal les dégâts. Nous devons reposer les questions essentielles sur le sens que nous voulons donner à nos vies et à notre destin commun. Nous devons être les architectes d’un modèle totalement nouveau qui marque le retour de la puissance publique, du local à l’Europe : l’Homme doit reprendre en main son destin qu’il a trop souvent abandonné au marché. C’est ce que nous proposons dans notre motion et nous n’avons pas attendu la crise financière pour nous en convaincre. Nous devons réarmer la puissance publique, mais aussi la moderniser pour être plus efficace et plus apte à prendre en compte les aspirations individuelles.

Mais changer nos réponses ne veut pas dire abandonner nos valeurs, que nous avons à tort parfois laissé s’émousser. Ce nouveau modèle, pour nous, doit placer la question sociale au cœur. Sauver l’Ecole de la République, redistribuer les richesses – en commençant par augmenter les salaires et en engageant une grande réforme fiscale –, restaurer le droit à l’emploi, au logement ou à la santé, sont des priorités absolues. J’y ajoute l’impératif écologique. A l’heure des pénuries de matières premières et de la crise énergétique, nous devons prendre la pleine mesure du changement de civilisation et traduire notre volonté en actes et en propositions. Garder nos valeurs, c’est aussi savoir prendre des positions courageuses comme, par exemple sur l’immigration, en refusant de cautionner par notre silence la peur de l’autre et l’intolérance.

Et puis, comment ne pas parler de l’Europe ? Elle fait partie de l’identité socialiste. Mon souhait le plus ardent est que se lève une nouvelle génération pour retrouver l’enthousiasme des pères fondateurs pour une Europe politique, sociale et humaniste, en son sein et au-delà des frontières. Une Europe qui défende des règles mais aussi la paix alors que les deux blocs risquent de s’affronter à nouveau et que le choc des civilisations défendu par Georges BUSH fait des dégâts considérables.

Oui, cher(e) camarade, si la motion que je conduis recueille une large adhésion des militants, nos valeurs, nous les retrouverons. Vous pouvez me faire confiance. J’ai le cœur bien ancré à gauche, et depuis longtemps. Et nos conquêtes - les congés payés, l’abolition de la peine de mort, la décentralisation, la parité, le PACS, le RMI, la CMU, l’APA, les 35H, la décentralisation… nous les assumerons, nous les défendrons avec fierté et nous les prolongerons !

- Le congrès de Reims doit être le congrès du renouveau du parti socialiste.

Si je m’engage aujourd’hui, c’est aussi parce que je crois profondément que nous ne regagnerons pas la confiance des Français si nous continuons à fonctionner comme avant au Parti Socialiste. Confrontés à cette crise du libéralisme et à cet échec patent de Nicolas Sarkozy, les Français devraient se tourner vers nous. Ils ne le font pas ! Nos candidats sont plébiscités dans les urnes localement. Ils sont boudés nationalement : cela fait 20 ans que nous n’avons pas gagné d'élection présidentielle et 11ans les élections législatives !

Oui, nous devons profondément changer. En commençant par dépasser les clivages du passé. Croit-on que nous avons la moindre chance d’être entendus des Français si nous ne nous entendons pas nous-mêmes ? Tout le monde dit : « il faut rassembler ». Nous, nous avons déjà apporté la preuve de notre volonté de fédérer en réalisant un large rassemblement. La motion D, c’est la motion du dépassement des anciens clivages et des vieilles querelles. Le Congrès de Rennes de 1990, le référendum interne de 2004, la primaire de 2006 : c’est fini. Tournons-nous vers l’avenir !

Au-delà, je veux un parti qui se remet au travail et qui retrouve le goût du débat. Nous proposons d’organiser cinq grandes conventions nationales pour bâtir notre projet. Un parti qui sait prendre des décisions et les faire respecter lorsque le débat a eu lieu. Je veux, nous voulons, un parti qui mettra en avant une nouvelle génération de militants aux couleurs de la France. Un parti dirigé par une équipe large, soudée, qui parle d’une même voix. Je veux un parti qui fait revenir les créatifs, les intellectuels, les syndicalistes et les militants qui se sont éloignés de nous. Un parti qui saura inventer une nouvelle alliance de toute la gauche pour préparer l’alternance. C’est l’enjeu central, le reste viendra après. La présidentielle ce n’est ni aujourd’hui, ni demain, mais après-demain et nous aurons des primaires aussi ouvertes que le permettra le dialogue avec nos partenaires. 

Cher(e) camarade, nous avons à construire l’avenir du Parti Socialiste, l’avenir de la gauche et l’avenir de la France. Tu peux compter sur mon entière détermination et sur celle des signataires de la motion D pour y mettre toute notre expérience et nos forces, et ne jamais nous détourner de cet objectif. 

Alors rejoins-nous et construisons cet avenir ensemble ! 

Martine AUBRY

Partager cet article

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
commenter cet article

commentaires