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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 20:30

Aujourd’hui tous les regards sont tournés vers un seul vote : celui qui a porté triomphalement Barack Obama à la tête des Etats-Unis. Vote historique, bien sûr. Le rêve de Martin Luther King concrétisé. Les difficultés viendront, peut-être les déceptions, mais savourons ce beau moment.

Dans ce contexte, le vote du PS demain peine à attirer l’attention.
De l’extérieur, j’imagine combien nos rituels de congrès peuvent paraître étranges, et parfois loin des préoccupations du moment. Et pourtant, c’est bien par le vote sur les motions que l’orientation politique du PS des prochaines années va se déterminer, et une nouvelle équipe prendre les commandes.

Dans le parti aussi, on dirait que le congrès peine à intéresser. On ne sent pas dans les sections l’enthousiasme ou la fébrilité des congrès précédents. Ou est-ce moi qui fatigue un peu, depuis 2002 que nous avons tenté de construire un nouveau PS, sans arriver vraiment à le faire ?
Pourtant, les dernières semaines ont été riches de réunions. Retour sur quelques moments en Haute-Garonne.

Le congrès démarre en fait avec les « contributions », textes préliminaires qui doivent donner lieu aux premiers débats. Mais c’était net, tout le monde attendait les motions. Les débats en section n’ont montré que lassitude et agacement des militants devant la situation du parti et le bal des égos qui se déchainait alors dans les pré-positionnements.

Après le dépôt des textes, les choses sérieuses ont commencé, mi-octobre, avec les premières réunions de motion. Des terrasses de café à la fédé le dimanche, et oui, car diffusion de l’information et présentations dans les sections ne s’organisent pas par magie !

Puis vint la présentation de la motion à la Fédération. La grande salle était pleine. Certains déjà décidés, d’autres venus pour se faire une opinion. Beaucoup avaient alors souligné les enjeux, la nécessité du changement, la satisfaction de se retrouver dans cette motion, venant de parcours très différents. Au risque de déconcerter de récents adhérents, à qui ses allusions étaient complètement étrangères. Mais qu’est-ce donc que ces tribus qui se retrouvent après des années de guerre ? Je conçois que cela a de quoi déconcerter. Mais enfin, il y a du vrai !

Se sont ensuite succédées les réunions de sections. On peut moquer le PS sur certains sujets, mais reconnaissons que le congrès offre un bel exercice de démocratie. Chaque section doit organiser une réunion de débat sur les motions. Les réunions se concentrant bien sûr les mêmes soirs, le jeu est de jongler avec les agendas pour envoyer des représentants présenter partout la motion…

Pour ma part, j’ai commencé à Toulouse 9, la section de Pierre Cohen maintenant. Ambiance policée, respect et écoute, c’était agréable, ce n’est pas toujours le cas. Peu de monde, sans doute pas seulement pour un problème de salle, car c’est ce qu’on a constaté partout : la participation aux réunions fut plutôt moyenne. Dès cette première réunion ont été abordées des questions récurrentes. Je m’amuse d’entendre à chaque congrès les mêmes phrases. Il n’y aurait pas vraiment de différences entre les motions ? Bon, d’accord, on est tous dans le même parti, il semble assez normal qu’on ait des idées en commun ! Mais c’est aussi une manière de masquer les différences, qui pourtant existent sur certains points de fond, pour mieux faire passer l’idée qu’il vaut mieux rester dans la continuité, au nom, entre autres, de la nécessité d’avoir un chef, un vrai, et un parti en ordre, dans une conception que je trouve, exprimée ainsi, bien militaire… Et c’est bien souvent la question du leadership qui a alimenté les débats.

Les différences de lignes sont un peu atténuées, parce qu’à l’approche du Congrès, et avec la crise sous notre nez, certains discours se sont un peu … réorientés ! Ceux qui se faisaient traiter d’archaïques en défendant une ligne ancrée à gauche paraissent maintenant en phase avec l’actualité. "Nous avons dû réviser nos analyses", ai-je entendu joliment dire. Tant mieux. Mais ne doit-on pas faire plus confiance à ceux qui n'ont pas eu à les changer, ces analyses ? Les représentants de la motion A peinèrent un peu à justifier le mot de libéral mis en avant un temps par Bertrand Delanoë, ceux de la motion E à expliquer la position de Ségolène Royal qui regarde vers le centre.

Cette même semaine, Martine Aubry vint à Portet. La salle du Confluent était pleine – 450 à 500 personnes. Pas mal pour une terre de mission ! Car c’est ce qu’on a annoncé de notre fédération. Les calculs se font ainsi, dans l’appareil et dans les médias, à coup de serpes. Drôle de conception du parti que de compter les voix selon le positionnement des élus qui "pèsent". Il est vrai que cela compte, c’est hélas assez évident, les choix se font parfois ainsi par une forme de légitimisme. D’ailleurs il est assez amusant que la motion Delanoë ait eu une liste de signataires longue comme un jour sans pain… avant même que la motion n’existe ! Mais enfin, ce sont les militants qui votent. Libre à eux de glisser le bulletin de leur choix, tout de même !
Les premières interventions à Portet étaient à l’image d’une nouvelle génération qui accède aux responsabilités : Thierry, Cathy, Joël. Martin Malvy ensuite, serein, une certaine hauteur sur les enjeux. Puis Martine Aubry, que  je redécouvrais, depuis Balma, en 1997. Un long discours, très peu sur le congrès, un discours politique d’opposition à la droite. Une intervention calme, mais claire et déterminée. Cela faisait du bien d’entendre ce discours de gauche d'une femme de convictions. Et j’ai aimé la formule, peu commune, de défendre une société plus douce, et d'entendre parler d’humanisme.

La semaine suivante, malgré les vacances scolaires le rythme n’a pas faibli. Le lundi je présentais la motion dans ma section. Le mardi, en revenant de Villemur, je filais à Verfeil. Le mercredi, je l'avoue, je n’ai pas eu le courage d’aller écouter Benoit Hamon. Avec la motion C je partage bien sûr beaucoup. Nous avons fait le chemin ensemble au début du NPS, c’est normal ! Dommage qu'on ne se soit pas retrouvés. Si je n’ai pas signé cette motion, ce n’est d'ailleurs pas tant sur le texte, mais parce que je pense une démarche de rassemblement plus pertinente. Et puis j’étais au Mans, j’ai vu Henri Emmanuelli et Benoit Hamon choisir une synthèse dont nous étions alors loin. Au passage, c’est parfois triste d’avoir raison trop tôt. J'entends dire maintenant de tous côtés que la synthèse du Mans était une erreur, une pseudo synthèse qui n’a servi à rien. Je me souviens encore des attaques qu’ont subies alors Arnaud Montebourg, le seul à ne pas la signer, et ceux qui ont fait de même avec lui. Peu importe maintenant, mais espérons en revanche qu'avec le recul cela servira à Reims...

Le jeudi, réunion départementale à la fédé, salle archi comble, interventions de haut niveau. Quelques chahuts lorsque les sujets ressassés de la discipline et des alliances avec le Modem revinrent encore sur le tapis. J’ai apprécié, la salle aussi apparemment, le recul de Marylise Lebranchu disant qu’il fallait arrêter entre motions de se jeter des noms à la tête.

J’ai terminé lundi en franchissant les frontières de la 3e circonscription pour Montrabé. Réunion vivante et animée, où on sentait encore de l'indécision. On a finalement peu parlé des textes, beaucoup des signataires et de la présidentielle. Je ne partage pas cette priorité. Il y a un temps pour tout, et s’il faudra que le projet s’incarne, ne faisons pas les choses à l’envers : le congrès n’est pas l’investiture !

Chacun s’accorde à dire que le PS est inaudible, qu’il faut le changer – même les camarades de la motion A dont le 2e signataire est François Hollande. Chacun dit qu’il faut travailler et rassembler – oui, mais faisons-le, et pas avec des mots d’exclusion et d’autorité. Chacun dit qu’il faut un PS à gauche – oui mais regardons les textes et les déclarations pour construire cette ligne clairement.

J’espère vraiment que nous arriverons à reconstruire ce parti. Nous n’avons pas le droit de décevoir, il y a trop de souffrances dans le pays. La tonalité des débats, moins agressive, me donne espoir que cela puisse se faire. Mais cela dépendra maintenant du résultat du vote. Je crois que la motion D, dans ce travail collectif autour de Martine Aubry, peut être la motion centrale autour de laquelle le changement pourra s’incarner et le rassemblement se faire.

Votez bien demain camarades, en conscience et dans le secret de l’isoloir…

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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