Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Une souris rose
  • Une souris rose
  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
  • Contact

Paroles

On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

Rechercher

http://agauchepourgagner.fr

13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 08:46

Déjà près de six jours après le congrès fédéral. Le temps passe, mais à la veille de partir à Reims je dois avouer que je suis toujours ce matin dans la même perplexité. Et dans une inquiétude croissante.

Une chose me semblait claire : le message du vote. D’abord, le rejet du vieux parti et du statuquo. Claque ou fiasco, les mots ont varié mais les analyses convergeaient pour dire l’échec de la motion Delanoë, archi-favori au départ, avec l’appareil derrière lui. Même en Haute-Garonne, « terre de mission » soi-disant pour les autres, à peine 30 %, c’est vraiment peu. Et j’interprète le score de la motion Royal à l’inverse comme issu avant tout de l’envie de faire autrement, et avec d'autres.
Volonté de changement oui, mais pour quoi faire ? Rénover le PS, mais aussi lui redonner une ligne de gauche. Comment interpréter sinon les scores combinés de la motion Aubry et de la motion Hamon ? Sans compter que, si les votes se font sur les discours des derniers moments, on a bien assisté à un « recentrage à gauche » général, y compris côté Royal et de Delanoë.

Alors voilà, c’est simple, il faut rassembler le parti autour d’une ligne clairement à gauche, rénover ses pratiques et renouveler ses responsables !

Maintenant, comment faire avec ce résultat si fragmenté ? Là est la perplexité qui ne me quitte pas, et au contraire s’aggrave au fil des jours, des vraies déclarations et des faux suspenses.

Puisque la motion de Ségolène Royal est arrivée en tête, ce n’est pas de gaité de cœur, mais il me semblait logique que ce soit autour d’elle que cela s’organise. Un front anti-Royal ne me semblait pas être la réponse juste à vote, ni la solution qui permettrait au PS de se reconstruire.

Car puisqu’il n’y a pas de majorité claire, il faut bien une règle, et celle qui dit que c’est la motion de tête qui mène le jeu a l’avantage d’être simple. Et puisqu’il n’y a pas de majorité claire, il faut bien une synthèse, une vraie cette fois, pas une mollassonne comme au Mans si possible (penser à ne pas demander son avis à François Hollande). Mais cela suppose de la bonne volonté, et des compromis. Et je ne suis pas sûre que cela soit parti pour.

J’aurais attendu en effet que ces jours amènent une clarification. C’était à Ségolène Royal de proposer. Il me semblait qu’un premier secrétaire de compromis issu de sa motion, avec des amendements pour venir à une ligne plus à gauche, sur la question des alliances notamment, mais pas seulement, devraient être les pas faits pour construire ce rassemblement. Car avec 30% , on ne peut pas prétendre avoir raison seule sur toute la ligne.

Les premiers discours étaient rassembleurs. Mais la suite m’a un peu agacée. Un texte un peu creux, des fausses annonces et un passage sur TF1 pour finalement ne rien dire, ça me semble un peu court. Quelles que soient ses qualités, car elle en a, elle ne peut demander un chèque en blanc sur l’avenir du PS !

Alors c’est bien gentil de gagner du temps, mais ce n’est pas très engageant.

Du coup, on a l’impression que tout est figé, dans l’attente de ce qui se passera à Reims.

Benoît Hamon martèle qu’il est candidat avec ses 19%. J’aime bien Benoît, je l’ai apprécié depuis ce chemin ensemble au NPS, mais plutôt que de crier maintenant si fort avec 19%, pourquoi donc a-t-il choisi de présenter une motion seul, plutôt que de jouer le rassemblement avec Martine Aubry, comme la logique sur le fond aurait voulu ? Nous n’en serions alors probablement pas là. Et j’espère ne pas revoir encore une fois Henri Emmanuelli à la manœuvre, comme au Mans, après avoir fait le coucou dans le nid du NPS pour mieux rejoindre la motion Hollande.

Martine Aubry ne dit pas grand-chose, mais ça cogite ferme. J’espère qu’elle fera le bon choix au bon moment.

Quant au congrès fédéral, je n’ai pas trop envie d’y revenir, tant j’ai trouvé cette soirée triste. L’annonce de l’accord instantané entre les motions Delanoë et Hamon, en plus d’être inédit dans un congrès fédéral (pourquoi ne pas attendre que le congrès national ait eu lieu?), était tout de même, ainsi faite, très agressive, excluant tout de suite les autres. Je suis désolée en tout cas d’avoir eu raison quand je prévenais les camarades qui s’apprêtaient à voter motion C qu’ils risquaient d’avoir de mauvaises surprises après le vote. Je me demande ce que les militants de Haute-Garonne qui ont sincèrement voté pour cette motion et ce qu’elle défendait ont pensé …

Alors, allons-nous donc trouver la solution sur un coup de dé ou un coup de poignard à Reims ? Franchement, je ne trouve pas ça très sérieux.

Ayez une pensée pour les délégués qui vont partir, sans mandat vraiment, car c’est impossible,  à l’aveuglette, et devoir vivre ça en direct à Reims !

Ou plutôt exprimez-vous, sur ce blog ou par mail, donnez-moi votre sentiment avant le départ.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
commenter cet article

commentaires

André R 18/11/2008 20:54

En visite impromptue sur ce site, je lis un texte qui est un véritable charabia politicien.Ancré le parti à gauche, ça veut dire quoi pour vous ?Des mots, des mots toujours des mots et puis après de la tactique, de la magouille. C'est bien triste.Je vois aussi sur ce blog un article sur une entreprise qui ferme. Si les salariés de cette entreprise attendaient quelque chose de la gauche socialiste, ils ont du en prendre un coup sur la tête ce week-end.Mais qu'ils se rassurent le PS va se choisir un chef. Après, ils parleront peut être du bas peuple.  

Marie-Agnès Gandrieau 27/11/2008 13:47



André R : Je suis un peu désolée de ce commentaire qui fait
ressortir une triste image de la politique et de la gauche. Bien sûr, je reconnais volontiers qu’il y a de quoi se désoler et que le PS donne parfois, et en particulier ces derniers temps, une
image catastrophique. Tout le monde en a bien conscience dans le parti maintenant. Et il y a eu, en plus du découragement, de la colère aussi, à tous les étages.


Je pense aussi que nous n’avons pas toujours été à la hauteur par
le passé en effet, par exemple que nous avons trop tergiversé pour affronter un capitalisme financier de plus en plus féroce et mondialisé. C’est vrai que dans le cas de Molex, nous n’avons pas
pour nous une loi sur laquelle nous appuyer pour batailler – même si le CE d’un côté, et la mairie de Villemur et le Conseil Général de l’autre, entament des démarches juridiques. C’est dommage
que les socialistes n’aient pas voté ce genre de loi, c’est vrai. C’est pour ça que je fais partie de ceux qui depuis 2002 disent qu’ils nous faut changer, les pratiques du parti mais aussi notre
projet, pour être en phase avec les problèmes de ce siècle.


Bon, le congrès est fini, je ne cherche pas à vanter les mérites
de Martine Aubry, mais simplement j’ai apprécié qu’elle soit capable de dire, publiquement, que nous avions fait des erreurs, se mettant dans ceux qui en partagent la responsabilité. J’espère que
maintenant nous n’allons pas oublier ce qui s’est dit dans les votes, et réfléchir à un projet vraiment à gauche.


Vraiment à gauche, ça ne voudrait rien dire écrivez-vous ? Pour
moi, ça veut dire retrouver nos valeurs – de solidarité, de justice. Ca veut dire se rappeler pour qui nous agissons en priorité – les plus faibles, les plus pauvres, le peuple comme vous dites,
ce que nous avons parfois un peu oublié. Ca veut dire ne pas se tourner vers François Bayrou, qui veut une politique économique de droite – car non, droite et gauche ce n’est pas pareil. Ca veut
dire parler salaires, services publics, démocratie, syndicalisme, par exemple.


Alors oui, ce sont des mots, mais la politique, ça commence par
là: il faut bien réfléchir à ce qu’on veut faire et mettre des mots dessus, avant de faire des lois et de voir comment elles s’appliquent. Ces temps ci, nous nous sommes un peu regardé le nombril
avec les soucis internes, c’est vrai (même si les médias en rajoutent en focalisant beaucoup sur ça, par rapport à tout le reste qui se fait). Maintenant nous devrions revenir à faire de la
politique.


Alors après, magouilles de politicien, chacun est libre de penser
ce qu’il veut et d’exprimer ici son opinion, mais je n’aime pas ces mots là, ce genre de « tous pourris ». Bien sûr, comme partout, il y a cela, même des gens malhonnêtes, ou
incompétents, ou calculateurs, au PS comme dans tout groupe humain. Mais il y a aussi des militants qui passent des heures de leur temps pour ce à quoi ils croient, des élus formidables qui
veulent changer le monde et travaillent sans relâche. Alors pas d’amalgame !


Merci en tout cas, en visite impromptue, d’avoir exprimé une
opinion, même si elle ne me fait pas plaisir !



Etxe 14/11/2008 22:46

je n'ai que deux mots à dire : bra-vo ! je partage 100% de tes états d'âme et de ton analyse.30% de 55% de suffrages exprimés, ça ne suffit tout de même pas à se croire indispensable...je continue à rêver, ce que j'ai dit un soir dans ma section, d'un ticket Aubry-Hamon pour refondre le parti par la gauche. sans zorbanuelli ni françois masdam...bon, je déconne. bon courage pour ce congrès. et si tu te fais trop ch...., tu peux visiter la cathédrale ou les caves de la Veuve.bonnes bulles et à bientôt.