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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 12:47

« Tout ça pour ça ! ». Cri du cœur d’un assesseur, ce 3 décembre au soir. C’est que la journée avait été longue dans le gymnase glacé de l’école Guillaumet à Toulouse, depuis 7h30 du matin à tenir les bureaux de vote, jusqu’à la clôture du scrutin à 18h00, sans interruption, même pas pour la pause déjeuner qui s’est résumée aux quelques chips, pâté et fromage sur pain tout aussi glacé, avalés entre deux votants. Sans parler du dépouillement, très long à cause des votes par correspondance (plus que de votes physiques dans mon bureau). A 22h30 nous étions encore sur place - sans compter la soirée électorale ensuite à la Bourse du Travail.

La déception était donc là de voir que malgré le vote par correspondance, les salariés n’ont pas jugé utile de participer à ce scrutin pourtant si important. Et encore, on était plutôt dans les 30 à 35% dans ces bureaux, soit environ 10% de plus qu’au national. Il faudra bien en analyser les causes. C’est un fait que l’organisation du scrutin a été déplorable. Nous avons constaté de nombreuses erreurs, dans les inscriptions, dans l’envoi des cartes d’électeurs, dans le matériel de vote par correspondance. La campagne institutionnelle a été quasi inexistante. Tout cela est assez désinvolte. Ceux qui veulent la disparition de cette institution déjà très attaquée, et craignent la montée en puissance d’un syndicat qu’on ne peut facilement mettre dans sa poche, auraient-ils voulu dévaluer le vote ? Malhonnêteté ou incompétence, comme disait l’autre, chacun se fera son opinion.
Malgré cela, nous n’échapperons pas à d’autres questions. Sans doute l’organisation pratique du vote doit-elle être revue. Les bureaux de vote sur le lieu de travail ont montré des taux de participation de plus de 50%. Il va bien falloir y réfléchir, même si cela pose d’autres problèmes, principalement celui du contrôle dans les petites entreprises où les syndicats sont absents. Cela pose aussi question à tous les syndicats. Dans les bureaux où j’étais, la plupart des autres syndicats de mon entreprise n’ont envoyé personne comme assesseur. La démocratie a un coût, ce serait bien de l’assumer, pas seulement en présentant des candidats et distribuant quelques tracts. Si la CGT n’avait pas été là ce mercredi, le scrutin n’aurait pas pu se dérouler dans la plupart des bureaux de l‘école ! Comment peut-on espérer convaincre les gens de voter, si les responsables syndicaux eux-mêmes ne se mobilisent pas ?

Malgré tout cela, j’ai du mal à comprendre pourquoi la participation est si faible. Dans mon entreprise, les syndicats sont bien présents, des tracts ont été distribués, il y avait des candidats connus, le matin même encore un message de rappel était envoyé par la direction… comment se fait-il que nos collègues n’aient pas pris une demi-heure de leur temps pour aller voter, ou mettre une enveloppe à la poste, alors qu’ils votent massivement pour les élections CE/DP ? Pression au travail, sentiment d’inutilité, fatalisme, repli sur soi, méconnaissance de l’institution… Nous devrons réfléchir, syndicalement, et politiquement, sur cette abstention.
Malgré cette déception, l’ambiance était à la fête à la Bourse du Travail et le lendemain matin dans les syndicats CGT avec les résultats définitifs. Car même si les médias en ont dit juste trois mots et sont passés à autre chose (là aussi, quelle responsabilité!) et si la droite, bien entendu, a tenté de le minimiser en focalisant sur la participation, avec dès le matin la remise en cause du mode de scrutin, les résultats sont là : la CGT reste en tête mais surtout se renforce, en progressant nettement, en pourcentage (34% avec les résultats définitifs), mais aussi en voix et en sièges.

En Haute-Garonne aussi, la CGT est largement en tête. Pour le conseil de Saint-Gaudens, avec 43% (et 38% dans la section Encadrement). Pour le conseil de Toulouse, avec près de 34%, la CGT progresse aussi, au total et dans chacune des 5 sections, et gagne au total 6 sièges. Les résultats détaillés sont sur le site du ministère du travail.

Grande satisfaction aussi localement. Dans le bureau de vote où j’étais, pour la section Encadrement, où votent pour l'essentiel les salariés de EADS Astrium et du CNES, mais aussi les sociétés de service comme C-S, IBM, ou la clinique Saint-Jean du Languedoc, c’est la CGT qui arrive en tête ! La CGT premier syndicat des cadres, et oui c’est possible, la preuve (au passage je réponds à tous ceux qui m’ont posé la question: non, je ne suis pas élue, j’étais en neuvième position, mais il aurait fallu un sacré score tout de même!). Les temps changent, les mentalités aussi.

Alors oui, ces résultats sont aussi très encourageants. Face à la casse sociale organisée par la droite sarkoziste, le renforcement de la CGT me semble, au-delà de ma carte syndicale, un élément important de résistance. Et pour élargir le sujet, c’est la preuve qu’avec un vrai travail de terrain et une ligne sans ambiguïté, on est convaincant (oui, suivez mon regard…).

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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commentaires

M. 06/12/2008 20:02

Ce qui paraît incroyable c'est aussi que l'on écarte des scrutins les chômeurs qui ont travaillé et ont cotisé...