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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 00:13

J’ai commencé 2009 par une bonne petite grippe, qui m’a retenue éloignée de l’actualité politique et aussi de ce blog. Bon, voilà, grippe, ça, c’est fait, passons à la suite maintenant !

J’étais hier à la fédération pour les vœux de la direction fédérale. En ces jours de galette, il est encore temps de présenter des vœux, voilà donc les miens.
A ceux que j’aime, à ma famille, à mes amis, je souhaite, mieux vaut deux fois qu’une, une douce et heureuse année.
Mes pensées vont vers les socialistes, ceux qui sont sincères - et heureusement sont-ils nombreux : militants de base, comme on dit, capables de passer des soirées à discuter dans des salles généralement inconfortables plutôt que de rester chez soi, de distribuer des tracts pendant des heures par tous les temps après les journées de travail, de faire des kilomètres pour assister à des réunions ou à des manifestations dont la presse ne relèvera au mieux que deux minutes de petites phrases ; responsables du parti, de tous échelons, de tous courants, qui animent de leur mieux cette vieille et grosse machine ; élus de toutes sortes, petits ou grands, connus ou obscurs, qui malgré le discrédit porté sur l’action politique et la dureté de ce milieu ont gardé intactes leurs convictions, et passent beaucoup de temps et d’énergie les mains dans le cambouis, pour essayer rien moins que de changer le monde, chacun à leur place.

Elles vont vers mes camarades « rénovateurs », pour ces moments vécus ensemble, enthousiasmants et difficiles, pour ces idées partagées, ce que nous avons tenté de faire, pour ce que nous ferons encore, différemment. Et vers les autres, ceux avec qui parfois les débats ont été vifs et âpres, mais dans le respect des points de vue. Parce que rien n’est pire que le suivisme moutonnier, parce que rien n’est plus riche que deux socialistes se disputant sur le fond, quand ils s’écoutent et se respectent.

A tous ceux là, je veux dire ma camaraderie, ma fierté de partager cet engagement, et souhaiter une très bonne année, d’espoir, de solidarité, de renaissance peut-être de cette vieille maison souvent broyeuse de bonnes volontés humaines, mais que nous voulons faire vivre malgré tout parce que nous pensons qu’elle est la seule à pouvoir encore donner corps à notre idéal.

Aux autres socialistes - et hélas y en a-t-il, même si certains ont quitté le navire déjà - qui font passer leur intérêt personnel avant leurs convictions, qui vivent du parti plus qu’ils ne le font vivre, ceux qui visent une carrière, une once de ce pouvoir qui parfois rend fou, à ceux dont les opinions voguent, à ces responsables prêts à trahir leur camp pour un poste. A tous ceux là, qui salissent le beau mot de politique et celui encore plus beau de socialiste, je souhaite juste bien du plaisir à se regarder dans la glace.

A mes camarades de combat syndical, devant l’ampleur de la tâche et la difficulté de l’action, je souhaite une année riche et fraternelle.

A vous enfin, amis lecteurs qui me faites le plaisir de passer sur ce blog, mes remerciements, une bonne année, riche de lectures de toutes sortes et d’engagements pleins ici ou là.
Cette année c’est Hugo que je vais laisser parler, avec une dédicace particulière pour les salariés de Molex, pour leur lutte exemplaire.

 

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front.
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C'est le prophète saint prosterné devant l'arche,
C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d'être en ne pensant pas.
Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.
Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non,
N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ;
Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,
Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,
Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,
Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.
Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ;
Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ;
Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas,
Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ;
Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule,
Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va,
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,
Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme,
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme,
Pour de vains résultats faire de vains efforts,
N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts !
Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,
Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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