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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 23:08

Demain s’ouvre à la salle Mermoz, aménagée pour cette occasion exceptionnelle, le procès d’AZF. Pour tous les toulousains, même ceux qui n’en ont pas souffert directement, c’est un moment important, des années après ce 21 septembre 2001 que personne ici n’a certainement oublié.

J’étais cette après-midi sur les hauteurs de Pech David, lieu de loisir et point de vue sur la ville et cette zone de l’Onia. Les bâtiments de la SNPE sont toujours là en bord de Garonne. Un peu plus loin, le cancéropole sort de terre. Au milieu, sur cette zone verte, flotte le souvenir de cette usine dont il ne reste rien. En voyant les avions survoler sans égard le quartier du Mirail avant d’atterir à Blagnac dont on devinait les pistes, je me suis dit que rien ne changeait, que l’activité humaine faisait parfois peu de cas de ces mêmes humains, en tout cas de certains. M'est revenue en mémoire aussi cette réunion publique du PS, à Balma me semble-t-il, où tout un groupe de salariés d’AZF était monté sur scène pour dire leur point de vue. Car après le traumatisme, vinrent aussi les débats : défense de l’emploi et activité industrielle, écologie et risques pour la population, dilemne.

Espérons vraiment que ce procès, qui sera finalement filmé, permettra d’avancer.


J’ai retrouvé un mail envoyé rapidement le lendemain à des amis qui venaient aux nouvelles. Tel qu'il a été écrit, un simple instantané de ce jour, avant que l'on sache même toute l'étendue de la catastrophe. Vu du côté de la ville qui a eu de la chance, juste pour se souvenir.

 

Ca va , pour nous aucun dégat .

Par contre , on est passé ce midi du côté de l'Onia, là où est , où était je devrais dire, l'AZF , et c'est vraiment ahurissant . Toute une partie rasée, et les immeubles en face comme éventrés, sans vitres, déglingués . Les écoles sur l'ile du Ramier aux toitures complètement défoncées. Et les vitrines des magasins sur la zone commerciale plus loin, le long de la RN 20, par terre . Le centre ville, on n'a pas vu, mais il parait que c'est aussi tombé sec . Bref,  les images, c'est rien à côté de ce que ça donne en vrai .

 

Nous on n'est pas du tout dans ce secteur à nos boulots. Et surtout, entre il y a des coteaux de Pech David et Rangueil, ce qui fait qu'on n'a pas reçu le souffle autant qu'il s'est propagé vers le Nord. Quand même, quelques bouts de plafonds tombés dans quelques bureaux . Par contre, on a eu sacrément peur. On a senti l'explosion. On a chacun cru que c'était quelque chose qui se passait dans notre batiment . Une armoire tombée dans le bureau au-dessus. Un avion qui franchit le mur du son. Une explosion quelque part . On était un peu désemparés sans info juste après. On n'est pas sortis, on a vu par contre des entreprises autour qui sortaient . J'ai appelé Franck, personne, juste l'acceuil qui m'a dit qu'ils évacuaient. Après plus de nouvelles , tous les téléphones étaient coupés, saturés . Les infos vraies et fausses circulaient par la radio . On a tous pensé à un attentat d'abord. Puis on a parlé de Blagnac, parce qu'autour ils ont évacué. On a parlé aussi d'explosions à divers endroits du centre ville . En fait, c'était tellement fort que chacun a cru que c'était son batiment qui était touché . Après on a entendu les infos par la radio. On a appris que c'était l'Onia , et on a su qu'il y avait un nuage . On l'a vu, nous un petit bout , parce que grâce au vent c'est parti de l'autre côté. On n'a eu qu'un résidu, mais il était bien gros et bien jaunâtre . Et on ne savait pas ce que c'était, surtout . On est restés confinés jusqu'à nouvel ordre .

Certains sont partis, c'était un peu la panique, les gens ont appris que certaines écoles évacuaient et avaient peur pour leurs gamins. Les autres sont restés, à attendre . Après on a su que le risque toxique était écarté, on a continué à travailler, si on peut dire. Bref, de drôles de moments, vraiment, surtout au début .

 

Voilà. Pour nous donc ça va très bien , mais une journée quand même sous le choc. Grosse frayeur, petites inquiétudes, et un traumatisme pour toute la ville .

Tous les Toulousains depuis 10 ans disaient qu'un jour ça péterait, mais que ça arrive comme ça, quand même , c'est pas croyable .

On en est à 26 morts et au moins 20 disparus, et plus de 600 blessés encore soignés .

Et des dégats considérables. Une 20aine de lycées et écoles fermés, dont 2 complètement détruits je crois . Et tout à l'avenant .

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Couleur locale
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