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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 12:21

Vous avez raison mes camarades, j’ai quelque peu délaissé ce blog. Difficile de trouver le temps de travailler, d’agir et encore ensuite d’en parler. La période était chargée à tous points de vue, avec un certain nombre de changements, notamment, pour ne parler que du plan politique, depuis que j’ai été désignée déléguée fédérale aux entreprises et à l’industrie. Maintenant, avec de nouveaux outils, une organisation adaptée et un certain nombre de choses sur les rails, j’espère pouvoir retrouver un rythme plus satisfaisant.

Je voudrais aujourd’hui parler de cette lamentable campagne des européennes. Je ne me considère pas comme un brave petit soldat prêt à porter inconditionnellement la bonne parole, et je ne pense pas avoir mis dans ma poche l’esprit critique que portaient ceux qui voulaient un PS rénové ces dernières années. Ce n’est pas parce que j’ai choisi Martine Aubry au dernier Congrès, ou parce que je fais partie de la direction fédérale et que j’essaie d’y tenir honnêtement mon rôle, que le PS serait soudain devenu parfait. Je le dis donc simplement comme je le pense : je suis atterrée par l’écart entre ce que j’ai vécu comme campagne sur le terrain et de l’intérieur, et ce qui en ressort dans les médias. Voilà ce que je trouve vraiment lamentable, cette non campagne européenne dans le débat public.

Certains me rétorqueront que c’est facile de rendre les médias responsables et qu'iil faudrait peut-être d'abord balayer devant sa porte. D’accord, le débat sur le TCE a divisé les socialistes et certes laissé des traces. Tout n’a pas été réglé, et sans doute la crainte de réanimer les divisions inutiles sur un sujet en partie derrière nous a-t-elle anesthésié un peu le débat.

Mais enfin, je vais prendre un exemple concret. Ségolène sera-t-elle avec Martine en terre nantaise et laquelle avait la plus jolie veste blanche ? Voilà le genre de sujet qui a tenu en haleine une grande partie de la presse et fait les gros titres de la campagne. Alors que si on ne parle que des meetings, il y avait par exemple énormément à dire sur le grand meeting d’ouverture de campagne le 24 avril à Toulouse, qui a fait quelques tristes lignes dans La Dépêche.
J’y étais, dans cette belle Halle aux Grains, salle emblématique redevenue ce que je ne savais même pas qu’elle avait été, un lieu important du débat politique. Laissez-moi en dire, avec le recul, quelques mots, tant cette journée toulousaine me semble représenter ce que porte le PS dans ces européennes.

La journée avait commencé pour moi à midi à la salle Osette. Martine Aubry avait souhaité rencontrer des syndicats, et dans la région c’était ceux d’EADS, Airbus et Astrium, que l’on avait naturellement invités. J’étais impliquée au titre de ma délégation dans l’organisation de ce moment et j’ai donc bien sûr assisté à cette réunion. Tous les syndicats s’étaient déplacés, ce qui en période électorale n'était pas évident. Exercice délicat, car le temps est compté. C’était un moment d’écoute, plutôt studieux, la presse ayant été volontairement tenue à l’écart pour éviter le mélange des genres. Un moment raccourci puisqu’une rencontre avec les salariés de Molex, qui étaient ce matin là encore à la Préfecture, s’est ajoutée au programme initial. Drôle d’impression pour moi que de voir mes collègues et camarades dans ce contexte, remplacés ensuite dans un aimable chaos par les responsables syndicaux de Molex, l’expert du CE et leur avocat, accompagnés de nombreux salariés qui les avaient suivis, que j’ai l’habitude de voir dans le contexte syndical. Je pense que ce moment était utile, parce qu’il contribue à apporter médiatisation et soutien au combat des Molex. C’est un soutien de poids que celui de la première secrétaire du PS, qui a d'ailleurs ensuite continué à suivre le dossier, et de Poule Nyrup Rassmussen, président du PSE, ancien syndicaliste. Soutien qui s’est exprimé clairement sur la ligne défendue par les syndicats, au niveau national et européen, comme bien entendu par la bouche de Martin Malvy, Pierre Izard et Pierre Cohen, suite à la question très claire de Denis Parise, secrétaire du CE. Quant à la médiatisation, pas de problème : la presse a soudain déboulé, c’en était effrayant, mais pour Molex c’est justement utile !

La soirée s’annonçait comme une sorte d’étape obligée pour les militants, le premier meeting dans un climat de grande passivité, des représentants des 27 qui devaient parler, ça va être long, mais il faut bien y aller, voilà un peu ce qu’on ressentait dans les discussions. Et bien, je dois dire que ce fut un meeting mémorable. J’en retiens encore l’ambiance exceptionnelle. Des drapeaux multiples, PS, PSE, MJS, drapeau catalan. Un slogan répété, que j’aime beaucoup pour l’Europe : « people first, citoyens d’abord ». « Mar-tine , Mar-tine !!! ». Martine Aubry combative et avec un discours toujours très politique, et ça fait du bien. Mais surtout un déroulement extraordinaire, qui a vu les représentants des 27 membres du PSE intervenir, quelques mots en Français, en anglais, dans leur propre langue, ou mélangé. On se serait cru à l’Eurovision : c’était long, mais ça passait vite et on attendait la suite impatiemment. Et au contraire de l’Eurovision, pour moi c’était le symbole de l’avenir. La représentation d’une Europe faite avec et pour des hommes et des femmes, et non une abstraction technocratique. La démonstration concrète d’un rassemblement, d’une force en mouvement. Car on ne l’a pas assez dit : le PSE est porteur d’un même programme, travaillé et porté à 27, avec 7 priorités pour les 100 premiers jours suivant l’élection si le PSE était majoritaire. Alors bien sûr, il y a des différences entre nous, et le PS français n’est pas toujours entendu sur tout. Mais ce qu’on a vraiment senti ce soir là, c’est un parti trans-national, partageant des valeurs, avec un vrai discours de gauche, et montrant sa capacité de rassemblement et sa force potentielle. Car c’est bien gentil de présenter une liste dans une élection à la proportionnelle. Mais pour quoi faire ensuite ?

Inoubliable enfin l’intervention de Martin Schultz, président du groupe PSE au parlement européen. Pleine d’émotion et de hauteur de vue, resituant la construction européenne dans son histoire avec les horreurs des guerres et son aspiration à la paix. Racontant par exemple comment lui, un allemand, pouvait être élu par un autre socialiste espagnol je crois dont le grand-père avait été tué. Impossible à raconter, mais jamais encore je n’avais vu autant d’émotion palpable à un meeting, un frisson silencieux parcourant 2000 personnes suspendues à ces mots se levant vraiment spontanément pour applaudir.

Voilà l’Europe que nous voulons, voilà ce que j’aurais aimé voir dans les médias. On peut ne pas être d’accord avec les propositions du PSE, les trouver trop ci ou pas assez ça. Mais on ne peut ignorer ce que les socialistes représentent, c'est-à-dire la seule force d’alternance possible qui permettrait de changer vraiment la majorité au parlement.

La droite a refusé le débat, bien entendu, les « petites listes » ont pris de l’espace et la campagne se termine ce jour par une polémique avec Cohn Bendit agitée bien pitoyablement par Bayrou qui décidemment ne recule devant rien pour préparer son 2012 à lui.

Mais l’enjeu n’est pas là. Alors dimanche, déplacez-vous, et réfléchissez bien à ce à quoi vous voulez que serve votre bulletin.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans En campagne
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