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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 15:55

robots34plans

Ce jeudi 12 septembre, Arnaud Montebourg et François Hollande présentaient 34 plans de reconquête pour dessiner la nouvelle France industrielle.

Le contenu est maintenant connu. Dans la foulée, une vidéo était diffusée. Largement vue, elle fut aussi largement commentée.

Le Huffington Post la qualifia de "surréaliste". A vrai dire, sans expliquer en quoi. Vendredi matin, sur France Inter Pascale Clark s'empara du sujet, pour se concentrer sur le clip. Il en sortait, en gros, que voir François Hollande avec un robot suscitait le "malaise", que le clip semblait sortir tout droit du "Soviet Suprême" et que tout cela "sentait le formol".

Je l'avoue, j'en ai été décontenancée. Car moi, je l'avais trouvée bien cette vidéo ! Certes, c'est de la propagande, donc forcément typée. Mais elle nous montre des gens, qui inventent, construisent, produisent. Des fusées, des satellites, des trains, des avions, des robots, des grues, des appareils médicaux, ... Elle nous rappelle que nous avons un passé industriel, parfois européen d'ailleurs. Et qu'il prend racine loin derrière nous, tant la politique industrielle a été laissée à l'abandon.

Mais finalement, me suis-je demandée, ces gens qui parlent ainsi, que connaissent-ils de ces réalités ? Ont-ils déjà mis les pieds dans une usine ou un bureau d'études ? Peuvent-ils comprendre qu'on puisse aussi se sentir fier de travailler dans l'industrie ? Et corrolairement, un peu blessée par le mépris qui en creux ressort de ce type de commentaires.

Savent-ils, par exemple, que dans mon entreprise, quand un satellite est lancé, des salariés qui ont participé au programme reviennent, parfois tard le soir, voire la nuit, pour assister à la retransmission du tir ?

Bah, privilège d'ingénieurs dans un domaine de haute technologie, objecteront-ils. L'industrie, ce sont des ouvriers qui brûlent des pneus pendant un plan social.

Sauf que, justement, dans l'industrie les luttes se font aussi pour l'outil de travail. Et la satisfaction de ce que l'on produit est en rapport avec la rage de le voir détruit par des financiers rapaces qui ont remplacé les industriels. Je me souviens de la première visite de l'usine Molex à Villemur avec Bernard Thibault . Moment important, jour de combat, et pourtant, transpirait aussi la fierté d'expliquer, en détails, ce qu'étaient ces connecteurs et comment fonctionnaient les presses.

Alors oui, c'est ce que j'ai ressenti surtout, moi, devant cette vidéo, une certaine fierté que tout cela soit ainsi valorisé.

Car revenons quelques années en arrière. L'industrie, c'était SALE, c'était VIEILLOT, c'était là mais c'était PAS TERRIBLE. Et puis, c'était SANS AVENIR, car l'avenir, c'était les SERVICES. Il fallait des usines sans salariés, produire en France c'était RINGARD et STUPIDE car ce qui était BIEN c'était la mondialisation HEUREUSE.

Aujourdh'ui, ce temps semble loin derrière nous. Les esprits ont bien évolué. Rendons en aussi un peu à César, c'est à dire à la cgt, qui depuis des années s'est battue pour défendre une politique industrielle. Depuis, la marinière du ministre, moquée par certains au départ, a fait du chemin, le Made In France est devenu un enjeu marketing. Démondialisation s'est mis à rimer avec relocalisations. Timidement, certes, mais au moins, l'industrie retrouve ses lettres de noblesse, le volontarisme politique est revenu et l'état se dit de nouveau stratège. 

Rien de désuet et pas de formol là-dedans. Il y a du boulot, c'est sûr. En tout cas, c'est en tant que salariée de l'industrie que je sais gré à Arnaud Montebourg et ceux qui ont oeuvré pour cette réhabilitation.

Le mot de la fin viendra de Luca Parmitano, astronaute ESA, actuellement en mission dans la Station Spatiale Internationale. Jeudi, justement, il racontait sur son blog sa journée avec deux robots. J'aime beaucoup sa conclusion, comme un écho venu de l'espace: "Sounds like science fiction, but little more than a hundred years ago so was flying. It may seem very futuristic - but the first day of the future is tomorrow". 

 
A lire aussi dans ma blogosphère :
La plaquette (en pdf) du Ministère du Redressement Productif 

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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