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  • : Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 23:21

J’étais jeudi à la présentation du comité de soutien départemental. Manifestation symbolique, occasion médiatique et moment de rassemblement, ce qui ne fait pas de mal. J’ai bien aimé l’intervention de Pierre Izard, président du Conseil Général, donc du comité de soutien. Il a dit la force du symbole, d’une femme, une socialiste, en position d’être élue présidente. Il a trouvé les mots pour balayer les doutes qui se sont exprimés un moment sur la valeur de notre candidate, en soulignant le procès en incompétence fait à une femme, s’incluant élégamment dans une formule du genre « nous les hommes, et dans ce parti » en une sorte de mea culpa collectif. Puisse le PS et la politique avoir progressé avec cette candidature. Mais encore faut-il que l’essai soit transformé.

J’ai senti le moral en hausse. Les discussions avec les camarades de tous horizons disent la même chose : l’espoir, le bon accueil que reçoivent les militants socialistes, une sorte de curiosité, une attente, partout, une ambiance particulière. Et dans les réunions publiques, le plein. D’après ce que je sais d’ailleurs de quelques taupes, dans le service d’ordre et dans la salle, au meeting de Limoges il y avait foule dans ce nouveau Zénith, pour une belle réunion avec une Ségolène qui a emballé son public.

Une attente, mais aussi de l’incertitude, et des interrogations. Un espoir, mais des doutes, et la crainte d’être déçu certainement. L’envie de renouveau, surtout, voilà ce que j’entends. Le vieux Parti Socialiste aurait bien dû l’entendre plus tôt, et s’y préparer bien avant ces derniers mois d’investiture, depuis 2002. Enfin, une page est en train de se tourner. Ségolène Royal incarne maintenant cet espoir de changement. Saurons-nous en convaincre une majorité d’électeurs ? Je crains le pire pour le pays si la droite est au pouvoir, mais aussi pour la gauche et le parti socialiste si nous échouons. C’est pour cela peut-être que les militants sont mobilisés. Pour ma part les sondages m’importent peu. Jamais ils ne m’ont découragée dans les moments où la tendance était en baisse, jamais ils ne me griseront dans les moments où elle en en hausse. Je ne leur fais pas confiance. A part peut-être quand ils soulignent le fort taux d’indécis. La campagne médiatique est très décevante, elle n’aborde pas grand-chose de fond. C’est pour tout cela qu’il n’y a qu’une chose à faire, pour nous militants : user nos chaussures et notre salive. C’est ce que nous ferons encore dans cette dernière ligne droite, comme nous en avons encore discuté jeudi soir en réunion de section à Sainte-Foy. Si chaque militant ou sympathisant socialiste peut convaincre un indécis, tout devient possible ...

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans En campagne
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Fan2Zaz 03/04/2007 11:02

Sympathisant socialiste je fus… Déçu de l’entité socialiste je suis devenu.
 


 

Déçu du soi-disant renouveau incarné par une « femme candidate » (comme si c’était un miracle !) alors que de nombreuses familles politiques présentent des femmes depuis de nombreuses années et qu’en insistant autant, on ne fait que montrer du doigt le côté pathétiquement réactionnaire de « l’éléphant » socialiste ;
 


 

Déçu de la façon dont ont été montré du doigt les « mauvais électeurs » qui, en s’éparpillant il y a 5 ans ont soi-disant empêché le « sacro-saint » Lionel d’accéder au second tour, permis à la droite extrême de prendre cette place et, pour couronner le tout, fait élire le « brigand de Corrèze » ;
 


 

Déçu de l’absence totale de remise en cause par rapport à ces échecs passés et du dénigrement systématique des mouvements contestataires qui ont, par exemple, rejeté un projet de traité européen que l’immense majorité des socialistes portaient en eux (et portent toujours d’ailleurs !) ;
 


 

Déçu de voir que dans un paysage politique aussi frivole où l’on sait que les électeurs n’hésitent pas à remettre en cause les dirigeants sortants, la gauche socialiste ne représente plus une alternative crédible au libéralisme sarkozyste totalitaire ;
 


 

Déçu, pour résumer, de voir le groupe socialiste s’autoproclamer seule force « gouvernante » de gauche, marginalisant par là les groupes se situant « à sa gauche » pour s’orienter vers un bipartisme à l’américaine dont il ne pourra sortir vainqueur ;
 


 

Historiquement, le PS a toujours gagné en lorgnant à sa gauche. Comment se peut-il que ses dirigeants l’aient oublié ?
 

Sans compter qu’il ne devrait même pas s’agir de victoire ou de défaite électorale, mais bel et bien de projet et de convictions ! Aujourd’hui, pour moi, être de gauche, c’est être « en rupture » avec la lente et dangereuse dérive que nous accompagnons depuis trop longtemps… et les socialistes ne représentent en aucun cas cette rupture ! Mieux, ils ne cessent de décrédibiliser ceux dont ils feraient mieux de s’inspirer…
 


 

Je suis de gauche et le resterai quoi qu’il advienne. Mais je ne suis plus sympathisant socialiste depuis bien longtemps… et ne suis pas prêt de le redevenir.

Marie-AgnÚs Gandrieau 16/04/2007 00:05

Votre phrase de conclusion ne peut bien sûr que m'attrister.Mais merci en tout cas d'avoir exprimé tout cela, avec clarté et fermeté mais sans aggressivité. Car je crois que nous souffrons à gauche de ne parfois pas savoir nous parler assez, même quand nous ne sommes pas d'accord.Sur le fond, je peux comprendre que le PS ait déçu. Je fais partie des socialistes qui, après le désastre du 21 avril 2002, ont considéré qu'il ne s'agissait pas d'un simple accident, mais que c'était le signe d'une crise bien plus grave. Que s'il pouvait aussi y avoir des raisons extérieures à notre défaite, elle venait avant tout de nous-même. Et qu'en conséquence il fallait refonder le parti, construire un Nouveau Parti Socialiste. Rénové, ancré à gauche. Lisez l'appel d'Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon, vous verrez qu'il ne s'agissait pas de montrer du doigt quinconque d'autre que notre propre incapacité.Depuis, nous avons tenté de convaincre, à travers deux congrès. Nous n'avons pas réussi à changer comme nous aurions voulu la ligne politique du parti. Dommage, et d'ailleurs, si nous avions été plus nombreux dedans, la tâche aurait été moins rude. Il me semble que nous avons tout de même fait progresser nos idées.Sur le référendum européen, je fais partie des socialistes qui ont voté non, et porté le débat fortement dans le référendum interne au parti. Certes, la majorité a voté oui, à 58%. C'est beaucoup, mais ce n'est pas l'ensemble du PS.Quant au renouveau, d'accord, le fait que Ségolène soit une femme ne doit pas nous faire croire que nous avons rénové ainsi le parti, à bon compte. Même si je ne bouderai pas mon plaisir, car c'est la première à être en situation d'être élue. Mais je crois, j'espère, qu'elle représente un renouveau pour d'autres raisons. Ainsi, elle a mis en avant la 6e république, celle dont François Hollande, avec sa majorité, ne voulait pas au congrès du Mans. Elle a d'un seul coup remis en arrière quelques éléphants.J'espère que nous serons en situation de revenir au pouvoir, pour battre la droite, d'abord, mais pour changer de politique, changer la politique. Et peut-être ainsi retrouver les déçus, qui sait ?
Appel aux militants pour construire ensemble un Nouveau Parti SocialisteJulien Dray, député de l'EssonneBenoît Hamon, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS)Arnaud Montebourg, député de Saône-et-LoireVincent Peillon, porte-parole du Parti socialiste
Notre parti, qui appartient à ceux qui l'ont choisi et qui lui donnent leur force militante, est en panne. Depuis le 21 avril, il est même en danger. Nous refusons de minorer l'ampleur de la défaite, de sous-estimer ses causes, ce qu'elles révèlent et ce qu'elles réveillent. Nous appelons nos camarades à participer, partout où ils se trouvent, à la rénovation dont il faut d'urgence multiplier les initiatives. Nous refusons l'enlisement qui s'installe dans la querelle artificielle entre l'ancien et le nouveau mondes. Nous 'acceptons pas que le débat des militants soit confisqué au seul profit des éléphants fédéraux ou nationaux. Partout, il faut exiger le débat, dans les sections et les fédérations, remettre les imaginations au travail, réfuter la religion du leadership qui étouffe les idées neuves. A compter de ce jour, le devoir d'inventaire doit également s'appliquer au Parti socialiste , donc à tous. Trop longtemps refoulés, les débats interdits nous sont rappelés dans la douleur par les citoyens : la République sans âme, l'Europe sans volontés, la société sans contrepoids au marché ni contre-pouvoirs aux féodalités. Pour peser, et orienter le futur Parti socialiste, il ne faut rien s'interdire. Surtout, affirmer le courage de la vérité, le choc des idées, et bien sûr l'écriture collective d' un texte fondateur pour notre Congrès. C'est notre devoir d'inventer. C'est ainsi que se bâtira le nouveau Parti socialiste. Alors, nous en serons fiers, durablement.