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  • : Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 23:28

Hélas, je crains qu'il ne soit pas original de répondre oui. Il ne me plait pas d’écrire cela. La droite est mon adversaire politique. Pour autant je trouve très grave pour la démocratie, en plus de la banalisation de l’extrême droite, de considérer le candidat de la droite que l’on appelle républicaine comme un danger. Mais je le pense.

Certains médias, pas tous d’ailleurs, ont souligné les relents soulevés par les propos de Nicolas Sarkozy sur le déterminisme génétique pour la pédophilie ou le suicide des jeunes. Mots hors contexte ? Voire. Rappelons nous la proposition du ministre de l’intérieur d’alors, dans le plan de prévention de la délinquance, d’un fichage des enfants à la maternelle, pour dès 3 ans détecter les futurs délinquants. Cela nous rappelle de bien sombres heures.

Ce ne pourrait n’être qu’un dérapage de fin de campagne, si on n’avait l’éclairage de cinq ans d’action. J’aimerais revenir sur l’intervention de Marylise Lebranchu à Saint-Orens, au cours de laquelle elle a dressé un bilan assez glaçant.

Elle a rappelé comment la droite a peu à peu mis les questions de « sécurité » sur le devant de la scène politique. Chirac le premier qui a parlé d’insécurité un 14 juillet 2001, puis a laissé faire ses troupes. Le 11 septembre est ensuite passé par là, avec toutes ses conséquences sur le développement de la peur. Tout le monde se souvient aussi du célèbre  petit pépé à la maison brûlée, tournant en boucle sur les écrans à la veille des élections de 2002.

Le portrait qui a été brossé fut celui  d’un Sarkozy inquiétant.

Un Sarko qui a fait glisser la justice vers le terrain de la vengeance. Ces derniers jours d’ailleurs, je l’entendais dire encore qu’il serait le président des victimes.

Un Sarko qui a abandonné la laïcité, par une sorte de nouveau partage : la police dans la rue, les imams dans les immeubles.

Un Sarko qui a fait se développer un pays de rafles. Le mot rafles est fort, certes, et il a donné lieu d’ailleurs à discussions avec la salle. Est-il trop connoté de sinistre mémoire ? Peut-être. Mais quel autre mot pour parler de ce à quoi est contrainte la police, qui va faire du « ramassage » devant les Restos du Cœur ?

Un Sarko qui est en train d’organiser une société de plus en plus violente, parce que cela l’arrange. Au bilan, il y aura eu 10 000 personnes de plus en prison de 2002 à 2004. Or, on le sait, la prison est criminogène. Dans quel état d’esprit envers la société seront-ils, ceux qui vont sortir maintenant, surtout avec l’état honteux dans lequel sont nos prisons ? En revanche, pendant que la police est  massivement dans les rues, pour ces démonstrations de force ou de présence, elle n’est pas ailleurs. La lutte contre la criminalité mafieuse n’a absolument pas avancé. Rien contre le blanchiement d’argent sale, rien contre la corruption.

Au passage ce soir là un grand moment politique. Suite à l’affirmation du risque lié au fait que Sarkozy souhaite le développement des écoles religieuses, il y eu une question sur les écoles musulmanes, les défendant, avec sous jacent le fait que l’islam soit discriminée par rapport aux autres religions. Avec respect, mais clarté, vint en réponse une nette et belle déclaration de l’ancienne garde des Sceaux sur l’école de la république, expliquant pourquoi elle était contre les écoles religieuses, quelles qu’elles soient. Sans démagogie, sans craindre d’affronter, mais par les idées, l’interlocuteur dans la salle, en faisant appel à ses souvenirs de petite fille de l’école publique en Bretagne qui allait jeter des marrons sur les gamins du privé pour parler du rêve d’une même école pour tous les enfants.

Dans cette campagne qui sent parfois mauvais dans cette dernière ligne droite, comme une bouffée d’idéal républicain.

Et pour finir sur une note optimiste, si cet article reflétait peut-être une certaine gravité : rien n’est fait, le peuple a les moyens par son bulletin de vote de choisir la société et le dirigeant qu’il veut. Ca commence ce dimanche.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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