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  • : Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 14:48

Journées et soirées ont été plus que remplies la semaine dernière entre travail, syndicat et politique. Avec du temps préservé pour la vie privée, il en restait peu pour écrire sur ce blog. Les lecteurs militants comprendront, je pense, qu’on ne peut être partout pendant une campagne. Les autres se diront d'ailleurs peut-être qu’il est encore temps de participer, chacun à sa manière. Il faut croire ensuite que mon ordinateur aussi avait besoin de repos. Ou est-ce déjà le signe de Nicolas Sarkozy étendant son ombre liberticide jusque sur ma connection internet et ma souris… ?

En ce 1er mai pluvieux, retour enfin sur une semaine un peu folle, pour quelques impressions militantes.

Lundi soir, Conseil Fédéral, dense et riche d’expressions diverses. La grande joie d’effacer 2002 a été savourée. La déception du score de Nicolas Sarkozy a fait place à l’analyse après une nuit de sommeil. Tout le monde en convient, son score relativement élevé est dû à un transfert des électeurs du FN. Et peut-être étions tellement dans une dynamique que nous avons cru sans oser nous l’avouer pouvoir créer la surprise. Maintenant, point n’est besoin de sortir de Sciences Po pour voir que ce sont les électeurs de François Bayrou qui vont faire la différence. Si l’on veut bien considérer alors que ces électeurs se répartissent entre électeurs de droite, électeurs de gauche qui devraient y revenir, et électeurs « au centre », il en résulte que si nous allons chercher ceux là, c’est gagné, et le danger Sarkozy écarté. Car enfin, comment des chrétiens-démocrates, des électeurs centristes modérés, pourraient-ils voter pour quelqu’un comme Sarkozy, avec son discours extrême-droitisant, son comportement autoritaire, son projet d’une société durcie, sa vision de l’humain dévoilée entre autres par ses propos sur le déterminisme génétique ? C’est pourquoi, si je pense que ce sera serré, je ne pense pas du tout que ce soit perdu. Car au-delà des calculettes, on sait que c’est une dynamique qui emporte la victoire, et pas l’arithmétique. Il faut donc bien continuer à porter le pacte présidentiel, rester sur nos valeurs et notre projet, tout en dénonçant celui du candidat le plus dangereux que la droite ait porté depuis bien longtemps. Nous devons porter les espoirs de toute la gauche spontanément rassemblée, tout en prenant en compte le vote Bayrou. Cela ne fait pas particulièrement plaisir à ceux qui veulent un PS ancré à gauche. Mais avons-nous un autre choix ?

Mardi, Ségolène Royal en meeting à Montpellier, que j’entends avant d’aller à la réunion de ma section, parle aux partis de gauche qui ont appelé à voter pour elle avec clarté, et fait applaudir particulièrement Arlette Laguiller. C’est bien, car ce n’est pas parce que nous sommes bien obligés de prendre en compte le vote centriste que nous devons oublier que nous sommes avant tout la gauche. Il était bon que cela soit ainsi rappelé. Les journalistes parlent d’alliance avec l’UDF, mais ce n’est pourtant pas ce qui est dit - à part par quelques socialistes qui en effet le voudraient. Mais ce n’est pas la position exprimée ni par la candidate ni par le PS. La démarche vis à vis de Bayrou me semble intelligemment menée en tout cas. Risquée, un peu troublante parfois avec ses repères mouvants, il est vrai. Gardons nous de trop en faire et d'aller trop loin. Mais le fait est que toute la semaine Nicolas Sarkozy a été sur la défensive, l’initiative étant de notre côté et l’énervement du sien.

Mercredi, premiers débats à distance. Sarkozy sur TF1, Ségolène sur France 2. Certes, je suis partisane, mais tout de même, quelle différence. Ceux qui me connaissent savent que je n'ai pas le profil d'une fan. Mais je dois dire qu’au fil du temps Ségolène m’étonne. La prestation était sans faute, elle a parlé avec aisance, avec force et conviction parfois, avec sérénité souvent. Elle a été claire et habile dans son lien avec Bayrou. Elle a défendu pied à pied un projet de gauche. Qu’elle continue ! Bayrou dans l’après-midi a tenu sa conférence de presse. Les spectateurs du journal de France3 n’auront retenu d'un surprenant reportage que le « ni l’un ni l’autre » prévisible. Les autres auront bien entendu que si François Bayrou ne sait pas pour qui il va voter, il commence à savoir pour qui il ne votera pas. Et les médias ont souligné combien ses critiques envers Sarkozy ont été dures. J’espère que ceux qui ont voté pour lui, libres qu’ils sont, y réfléchiront bien, puisqu’ils n’ont pas eux, de circonscription à défendre en juin…

Jeudi, pause champêtre à Ramonville. Nous étions nombreux, militants et sympathisants de la 3e circonscription, à nous retrouver à l’invitation de Pierre Cohen, pour un pique-nique improvisé qui nous a permis de reprendre quelques forces et de préparer la suite. Ca devait commencer ce vendredi, avec l’arrivée des tracts et affiches. Mais partie remise, le matériel n’était pas arrivé vendredi jusqu’à Toulouse, grrrrr !

Samedi, le fameux débat Royal-Bayrou. « Bavasseries » a dit Sarkozy. Quel démocrate ! Ségolène Royal avait à mon avis beaucoup à perdre à cette rencontre. C’était audacieux, et au final c’était bien. Ce qui y a surtout gagné, c’est la politique. Il n’y avait ni agressivité ni connivence, ni reniement ni manœuvre. Bien sûr, il s’agissait de convaincre des électeurs. Mais avec cette démarche inédite la campagne y a gagné en fond et en clarté. Ségolène Royal a mené le débat de belle manière, affirmant son projet, l’affinant parfois, cherchant a montrer des convergences, sans rien renier lorsqu’il y avait divergence. Car oui, le programme économique de François Bayrou est de droite, je n’ai pas changé d’avis là-dessus. Il n’empêche que ses électeurs peuvent être sensibles, lui aussi d’ailleurs, à une certain conception de la république. Surtout en contraste avec ce que propose le candidat qui veut liquider 68 et prône les valeurs de l’ordre tout en accusant la gauche de faillite morale. Enfin, un jour, car la veille j’ai failli m’étrangler en l’entendant dire que son projet était bâti sur les valeurs de tolérance, de liberté et d’humanisme ! Les réactions sont là pourtant. Ainsi la Ligue des Droits de l’Homme par un communiqué limpide appelle à voter Ségolène Royal.

La mobilisation sur le vote Royal ne doit pas faiblir, aucune voix de gauche ne doit manquer pour battre Sarkozy, et les électeurs de François Bayrou doivent choisir la société qu’ils veulent. Car ne pas choisir, avec ces enjeux, est-ce possible ? Il n’est pas temps d’arrières pensées, de préparer un prochain congrès ou les prochaines échéances électorales. La victoire est possible, ne nous laissons pas démoraliser ! La victoire est nécessaire, aussi, car nous savons la société qui nous attend sinon. Toutes nos forces de conviction doivent être jetées dans ces derniers jours, partout où nous sommes. Au travail, camarades et amis !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans En campagne
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commentaires

Minnelli 03/05/2007 12:06

Avis d'un ami que je fais mlien : Face à Sarkozy, Ségolène c'est la République. Il n'y a donc pas d'hésitation possible. Arlette Laguiller l'a compris plus vite que les salons parisiens.

Marie-AgnÚs Gandrieau 03/05/2007 23:59

Belle formule.Pas d'hésitation possible, c'est ce que je me dis sur plusieurs plans. Je peine sincèrement à croire qu'on puisse voter majoritairement pour ce Sarkozy là. Et pourtant il reste à convaincre, encore et encore. Puisse les électeurs avoir réagi comme Arlette cette fois...Les commentaires vont bon train sur le débat d'hier. Pour ma part j'ai trouvé Ségolène très combative et une nouvelle fois dominant les débats, face à un Sarkozy certes gardant ses nerfs à force de contrôle, mais souvent très petit garçon, déconcerté et bousculé, regardant les journalistes comme demandant un soutien, et comble de la bizarrerie politique n'utilisant pas 3 mn de temps de parole ! Quand je pense qu'on craignait que notre candidate ne tienne pas le choc et se fasse manger toute crue par le redoutable bretteur qu'est Sarkozy... Elle a montré pugnacité et maîtrise politique. Sincérité de convictions aussi je crois face au "summum de l'immoralité politique". Elle a raison de le dénoncer, c'est vrai !Et vous, qu'en avez-vous pensé ?

Claudie Moine 02/05/2007 08:19

J'étais hier à Charléty .Une marée humaine ! Quelle ambiance ! Une France multicolore qui veut gagner et qui a bruyamment et longuement ovationné Ségolène .C'est elle l'avenir de la France .

Marie-AgnÚs Gandrieau 03/05/2007 23:43

Merci beaucoup Claudie de nous faire partager cela de l'intérieur. A distance, malgré l'écran de ma télé, j'ai ressenti aussi une émotion en regardant quelques moments de ce meeting. D'abord l'ambiance, Têtes Raides, Cali, et tous les autres ... on se serait cru à un super Taratata ! Et ça m'a fait le même effet : du bien, de voir cette France là, celle qu'on aime, celle qui vit sans la peur de l'autre. Fraternelle, le mot a été dit plusieurs fois, et ça se ressentait. Et puis comme un frisson à l'arrivée de notre candidate portée par cette foule que l'on sentait enthousiaste et forte. Encore un bien beau meeting, encore une réussite. Alors, encore quelques jours, et ...