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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 08:00

Par où commencer ? Maintenant que mon ordinateur et ce blog daignent fonctionner, me revoilà avec la tête encore pleine de ces moments de rentrée politique, depuis l’assemblée de Rénover Maintenant à Fouras jusqu’au Conseil Fédéral de rentrée, en passant par l’université d’été de La Rochelle. Moments que j’aimerais faire partager un peu, tels que je les ai vécus, tant je trouve grand l’écart entre ce que l’on vit de l’intérieur et l’image que les médias en donnent ou celle que l’on s’en fait soi-même. Déjà plus d’actualité ? Mais pourquoi donc faudrait-il courir au rythme de la frénésie médiatique qui fait de l’instantané le seul horizon ? Je prendrai donc le temps de revenir, ce jour et plus tard sous d’autres angles, avec le recul que donnent quelques semaines, sur ces journées très politiques.

J’y partais avec beaucoup d’interrogations. J’en suis revenue plus riche de réflexion, de débats, d’échanges, de l’énergie que l’on peut puiser dans ces rassemblements militants. Mais aussi avec une certaine perplexité qui ne m’a pas quittée depuis.

De Fouras, lieu symbolique de rassemblement pour les rénovateurs depuis 2003, je retiens des images toujours différentes d’une année à l’autre, mais toujours plutôt réconfortantes. Si je devais en résumer l’esprit, pour moi ce serait : simplicité, cohérence, travail de fond.

A Fouras, on ne vient pas voir des leaders sur des estrades qui amènent à des militants bien disciplinés la bonne parole du jour. Bien sûr le discours de clôture d’Arnaud Montebourg est un moment qui compte. Mais à Fouras, la parole est libre. Et Arnaud, pendant deux jours, n’est pas en conférence de presse à balancer des petites phrases, mais dans la salle à écouter et noter ce qui se dit. Simplicité aussi dans l’organisation : on casse croûte dehors, on pique nique par terre, on grignote debout. Au repas du jeudi soir, pas de serveurs, mais les participants qui à tour de rôle assurent le service sous la houlette des chefs. Question de coût pour que cela soit plus accessible à tous (j’ai toujours été choquée par les montants des inscriptions à la Rochelle), tout en restant collectif. Du détail me direz-vous ? Peut-être, mais les détails reflètent parfois les pratiques et la conception que l’on a de l’engagement politique.

Du mercredi après midi, je retiens le climat d’interrogations sur la situation politique à gauche, l’état du PS, et ce que nous, rénovateurs, qui n’avons pas attendu la mode du moment pour parler de rénovation, pouvons y faire utilement.

J'ai apprécié la riche intervention de Stéphane Rozès, du CSA, sur l’analyse de la présidentielle. Il a souligné que cette campagne a marqué le retour du volontarisme politique : les Français ont voulu remettre la volonté politique à l’Elysée, résume-t-il. On est loin du calamiteux « le politique ne peut pas tout » de Lionel Jospin. Il a analysé la question des valeurs et de la gauche. Le pays serait à gauche sur le souhaitable (par exemple 2/3 des Français seraient pour une plus grande intervention de l’Etat), et à droite sur le possible (la capacité à résoudre vraiment les problèmes des gens). Les questions posées sont essentielles : celle du rapport au pouvoir, problème historique de la gauche. Celle du « socialisme municipal » : les socialistes sont-ils candidats aux élections intermédiaires ou à résoudre les problèmes de l’ensemble du pays ? Celle de la question que, au-delà de ce que notre cœur ou nos tripes nous font instinctivement répondre, tous les socialistes devraient se poser : qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? Pour lui, c’est faire en sorte que le souhaitable soit possible. Et pour cela, c’est proposer les outils de la transformation. J’ai aimé ce rappel - c’en est un pour ceux qui ont contribué aux motions qui développaient cette question des outils. Mais le parti a oublié cela, et préféré une sorte de « brume doctrinale ».

J’en retiens aussi l’ambiance générale, et les mots de Thierry Mandon, qui notait que nous, rénovateurs, étions ceux qui devions tenir et construire entre les deux dangers qui guettent les socialistes et auxquels beaucoup semblent céder : le découragement extrême et la volonté de tout casser. Difficile tâche, car en même temps, il y a urgence, et nous ne pouvons pas décréter le PS fermé pour 3 ans pour cause de rénovation.

Le jeudi fut le jour des ateliers, cette année d’une journée pour prendre le temps du débat, bonne idée. Ce travail de fond, ce chantier toujours ouvert pour construire un projet politique, ce souci de se questionner et non de rester dans des certitudes ou des réflexes, c’était je crois ce qui a fait notre originalité et notre force depuis le NPS de 2002. C’est ainsi qu’il nous faut encore et toujours poursuivre.

J’étais à l’atelier animé par Thierry Mandon « Rénover : quoi et comment », qui a commencé par un petit exercice. Sur un bout de papier, chacun devait mettre ce qu’il fallait changer (en dehors du premier secrétaire, ceci étant pour nous acquis depuis longtemps…). Un sondage pas du tout orthodoxe, mais intéressant parce qu’il permet de voir ce qui spontanément se dégage. C’est bien  la volonté de travailler sur le fond, très loin du micro-climat de combats de personnes qui entoure le PS, qui ressortait. Que changer ? Sur les thèmes que le PS doit en priorité creuser : d’abord la problématique sociale et les inégalités, mais aussi la question démocratique, le développement durable, les services publics et le rôle de l’état. Sur le parti lui-même, à Fouras en tout cas, chez les militants la révolte grondait, par rapport aux dirigeants et élus d’un parti qui en compte beaucoup. L’atelier sur la stratégie de rénovation a été plus précis : limitation du cumul des mandats y compris dans le temps, refus de la professionnalisation de la politique, volonté de transparence, nécessité d’un statut de l’élu, réflexion sur le nombre pléthorique d’élus, respect de la parole des militants…  Sur la méthode, c’est un parti que l’on veut plus ancré dans la réalité, plus crédible, avec plus d’éthique dans le comportement politique. Tout un programme ! Mais oui, la rénovation, ce n’est pas un petit coup de peinture pour faire semblant que ce soit plus joli, mais en gardant les mêmes idées (le même manque d’idée parfois), les mêmes dirigeants depuis 20 ans, et donc les mêmes comportements.

Pierre Radanne, ex président de l’ADEME, frappa l’assistance en commençant par nous dire que nous avions tous 20 ans. N’est-il pas vrai que la politique, c’est se projeter dans l’avenir ? Il a développé une vision écologique d’un tournant de civilisation, face auquel le politique devait reconstruire une promesse. G. Duval, d’Alternatives Economiques, a abordé la question des marges de manœuvres et de la mondialisation. L. Bouvet, universitaire, a présenté une analyse de l’évolution des autres partis socialistes européens.

Impossible de retranscrire ici tous ces débats. Ce sera le travail des mois à venir que de les poursuivre et enrichir.

Le mercredi soir, c’était moules-frites à 5 euros, histoire de manger ensemble, puisque que nous étions nombreux de tout Midi-Pyrénées. Le jeudi, repas dans la grande salle. Cette année, l’esprit était à la main tendue. Après cette nouvelle défaite, il est temps de travailler ensemble et de dépasser les courants, au sens en tout cas des écuries présidentielles. Avec tous ceux qui veulent vraiment que le parti change. Le camarade Moscovici se déplaça donc. Il ne dit à mon avis pas grand-chose de nouveau, il n’a pas été ovationné, mais il est venu, et nous l’avons écouté. Dommage que d’autres n’aient pas fait de même.

Le vendredi matin, synthèse des ateliers et discours de clôture. Impossible à résumer, ils sont en ligne sur le site de RM, notamment celui d’Arnaud Montebourg.

Le contraste fut grand, partant avec peine de Fouras où nous discutions au soleil ce vendredi après le dernier casse croûte, en arrivant à La Rochelle pour la grand messe : trop de monde, files d’attente interminables pour récupérer le badge, médias omniprésents. J’ai raté l’ouverture avec le discours de Ségolène Royal, ce qui n’est pas bien grave. Je suis arrivée dans l’amphi bondé pour entendre la représentante du MJS, ce qui était très bien.

Je craignais le pire en arrivant, entendant les radios qui ne parlaient que de la crise, de Ségolène, de François, de Bertrand, et des absents. Je fus rassurée de ce point de vue : ambiance de travail aussi, climat apaisé, plus d’écoute que d’habitude, plus d’intervenants extérieurs, une autocritique plus forte, éléphants absents mais militants nombreux, plus de parole, tout cela m’a agréablement surprise. En même temps, j’en suis repartie avec un sentiment de malaise et une certaine inquiétude. Car enfin, personne n’a le monopole de la rénovation - même si ceux d’entre nous qui depuis 2002 ont voulu rénover ce vieux PS ont peut-être une longueur d’avance, non dans la détention d’une quelconque Vérité, mais au moins dans la pratique des remises en question. Mais comment croire que ceux qui l’ont empêchée ces dernières années avec une telle énergie seront capables de la mener maintenant avec sincérité ? Comment ne pas voir derrière les mots et les postures les arrières pensées déjà si apparentes ? Ce sera dur, voilà ce que je me suis dit le dimanche en repartant.

Mais cela, ce sera au prochain épisode …

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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