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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:00
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Depuis une dizaine d'années, le réseau des AMAP (Association pour le Maintien de l'Agrigulture Paysanne) s'est développé en France. L'objectif : permettre le maintien de petites exploitations agricoles, en favorisant une agriculture non productiviste, pas forcément "bio" mais en tout cas respectueuse. Autrement dit, éviter de laisser mourir les petites fermes et de nourrir la population en faisant traverser la planète à des produits qu'on peut avoir à côté de chez soi, et de meilleure qualité à tous points de vue.
Le principe remonte aux Teiki japonais (littéralement "la nourriture avec la tête du fermier dessus") mis en place dans les années 60 comme alternative à une agrigulture qui recourait massivement aux produits chimiques. A partir des années 80, il s'est répandu aux Etats-Unis et au Canada, sous le nom du "fermier de famille". En France, c'est un couple d'agriculteurs de Provence, proches de la Confédération Paysanne, qui a créé la première AMAP en 2001. Depuis, le réseau s'est développé, avec le réseau des AMAP appelé Alliance, avec un très fort développement en Midi-Pyrénées.
Le système, alternative à l'économie classique, est un contrat de confiance entre "producteurs" et "mangeurs". Concrètement, dans l'AMAP dont je suis membre, le fonctionnement est basé sur contrat d'un an signé entre le producteur et chaque membre de l'AMAP. Le producteur est ainsi assuré d'un revenu fixe pour l'année. Il doit fournir chaque semaine un "panier", dont le contenu varie selon la saison, la météo, ... et les aléas. Le choix des légumes cultivés se discute avec le producteur chaque année (et chaque semaine car ça papote pendant les distributions!). La culture n'est pas bio, car le label est très contraignant, mais dans l'esprit : pas de pesticide, pas d'engrais chimiques,... En cas d'attaque massive de bestiole, les solutions non chimiques sont d'abord essayées. Si le problème persiste, le producteur demande aux adhérents de l'AMAP s'ils sont d'accord pour utiliser tel produit (avec le bio, c'est interdit, cela veut dire perdre la récolte). Notre producteur a sa ferme près de Montauban. Autour de l'agglomération toulousaine, tous les petits producteurs et maraîchers ont quasiment disparu. Les légumes frais sont ramassés le jour de la distribution. Le producteur est limité en nombre de paniers, lié à son exploitation et la taille de sa famille. Le réseau AMAP l'aide par des conseils, et favorise aussi la diversité des semences (ah, les multiples sortes de tomates anciennes!). La distribution des paniers se fait sans intermédiaire, le producteur amenant les caisses de légumes, les membres de l'AMAP s'organisant pour les répartir à tour de rôle.
Récemment j'entendais à la radio Cécile Duflot, interrogée sur le côté élitiste de la politique des Verts. Elle s'en défendait. Malgré tout, il y a parfois un côté Bobo dans certaines visions écologistes, collectives ou individuelles. Quand on voit le prix de certains produits "bio", on comprend vite que quand on est confronté aux fins de mois difficiles, on a d'autres urgences. Mais il n'y a pas nécessairement sélection par l'argent. Pour reprendre l'exemple de mon panier de légumes, depuis que nous nous fournissons ainsi, le budget nourriture a baissé. Sans doute en revanche faut-il avoir l'état d'esprit à se soucier de cela, et pas de savoir comment on va faire quand l'usine va fermer.
Je considère pour ma part que les deux urgences sont à traiter en même temps : l'urgence sociale, et l'urgence écologique (l'urgence démocratique étant la troisième). Qui mieux que le parti des socialistes devrait être capable de concilier tout cela ? Le PS avait pris beaucoup de retard dans ce domaine, sous-traitant longtemps aux Verts la composante écologique. Je me souviens de la contribution du courant NPS d'origine, celui d'Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Vincent Peillon..., qui pour la première fois introduisait fortement ces aspects. Bien minoritaires nous étions à ce congrès. Depuis, du chemin a été parcouru, tant mieux. Mais il en reste beaucoup. Et il ne faudrait pas, à l'inverse, d'un extrême à l'autre, que nous cédions aux sirènes des nouveaux intégrismes écologisto-électoralistes, et que la question sociale passe un peu à l'arrière plan. Une économie verte à développer, des services, oui, mais aussi une politique industrielle avec des usines qui produisent des biens.
Pour en savoir plus sur les AMAP : le site du réseau des AMAP de Midi-Pyrénées.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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