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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 12:45

newrose

Nous y voilà donc.

Gouvernement Hollande, acte II.

Il y a seulement une semaine s'actait la si prévisible et sans appel bérézina des Municipales.

Beaucoup a déjà été dit et écrit en terme de constat. Je voudrais simplement souligner quelques points, à froid.

Du premier tour, je retiens le niveau record de l'abstention, cette fois pour une élection concernant pourtant l'échelon territorial et l'élu dont les Français se disent le plus proche : leur commune, leur maire. Le reste - déroute du PS, implantation grignotante du FN - et ce qui s'est passé ensuite ne doivent pas nous conduire à nous exonérer d'un questionnement sur la crise politique que cela révèle de nouveau. Cette abstention est un cri silencieux, et assourdissant. N'oublions pas de l'entendre, sur la durée, et pas seulement le soir sur les plateaux TV.

Du second tour, je retiens la forme de déni qui ressortait dans certains propos - certains, heureusement pas tous. Certes, les citoyens ont utilisé le bulletin de vote de cette élection locale contre les socialistes pour marquer leur mécontentement de la politique de François Hollande. Ne nions pas pour autant les causes locales. Je prendrai deux exemples, deux blessures de villes perdues qui me sont chères.

Limoges, où j'étais ce dimanche là, pour voir tomber à droite une ville dont le premier maire socialiste, Léon Betoulle, fut élu en 1912. C'est bien la volonté d'alternance qui a prévalu. Dans cette ville qui a connu trois maires en un siècle, les limougeauds ont remercié des élus cumulards à tous points de vue. Le maire battu, Alain Rodet, a d'ailleurs, et cela mérite d'être salué, indiqué le soir même qu'il portait la responsabilité de la défaite.

LimogesBénédictins

Et puis Toulouse, la ville rose, gagnée sur le fil en 2008, qui en un mandat s'est pourtant réveillée, mais où les électeurs ont choisi, et nettement, de redonner les clés au candidat UMP venu jouer la revanche. Impossible de penser que les questions de transport et d'urbanisme sont étrangères à ce choix. Le Conseil Fédéral du lendemain de 2e tour était comme sonné, et c'est bien compréhensible. Mais ne faisons pas l'économie d'une introspection sincère. Les mêmes qui s'insurgeaient avant les municipales quand une voix s'élevait pour critiquer des choix de François Hollande ne peuvent aujourd'hui lui mettre sur le dos toutes les défaites locales.

HollandeConseilFédéral

Des jours qui ont suivi, je retiens une chose qui m'agace, et des signes d'espoir.

Ce qui m'agace, c'est d'entendre les analyses du genre "nous devons mieux expliquer notre politique". Sans doute. Mais en tirer d'abord cette leçon, c'est à peu près comme quand Tom Enders reconnait avec les autres dirigeants d'Airbus Group des erreurs de communication sur l'annonce du plan de suppression de postes. Certes. Mais ni les salariés, ni les citoyens ne sont des imbéciles. Quand on est mécontent, d'un plan social ou d'une politique, on n'a pas envie d'entendre que c'est juste parce qu'on n'a pas compris. On a envie que ce qui mécontente change !

Alors, les signes d'espoir ? Ils sont fragiles. Soyons clairs : à ce jour, le PS est un astre éteint, machine électorale déconnectée, et perdante. Quant à Manuel Valls, pour faire court (et donc caricatural, pardon, tant pis), non, je ne l'aime pas. Malgré tout, certains signaux, qui se manifestent depuis une semaine, ici ou là, ouvrent des perspectives. J'attendrai bien sûr d'abord le discours de politique générale du nouveau Premier Ministre, demain mardi.

Car bien sûr, le casting compte. Et bien sûr, je me réjouis de certaines décisions pour ce nouveau gouvernement : le poids politique croissant d'Arnaud Montebourg, en charge du très important ministère de l'Economie, la promotion de Benoit Hamon, ces deux faits marquant la reconnaissance (enfin) d'une nouvelle génération, le maintien de Christiane Taubira, le retour de Ségolène Royal, écartée en tant que femme et pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec la politique, mais aussi le départ de Pierre Moscovici, et celui de Jean-Marc Ayrault, qui va pouvoir utilement s'occuper de son aéroport.

ReunionDIDR5avril2014

 

Mais l'essentiel reste le scenario. Allons-nous oui ou non entendre la demande d'une inflexion de ligne politique ? Au sein du Parti, cette demande se fait entendre plus fortement. La déculottée aidant, certainement, certains de ceux qui étaient silencieux, voire dans la défense à tout prix de la politique du gouvernement Ayrault, semblent s'être réveillés. La parole se libère, à tous les niveaux. Du coup, voilà qu'une centaine de députés exigent que le Parlement reprenne le poids qu'il devrait avoir, et avant le vote de confiance, font connaitre leur souhaits de changement de cap sur certains sujets fondamentaux. On ne peut que se réjouir de ce réveil. Espérons le sans trop d'arrière pensées, et durable dans le temps. Espérons que l'abstention et la montée du FN nous conduisent à investir de nouveau les questions citoyennes et institutionnelles. Espérons que l'équipe resserrée autour de Manuel Valls puissent vraiment peser sur les enjeux majeurs que sont l'Europe, la politique économique et sociale, l'emploi. Espérons que le temps du Parlement soit venu. Espérons que les lanceurs d'alerte, des militants aux ministres, soient à l'avenir mieux entendus. Espérons.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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