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  • : Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 12:25

 

0416 carmaux 2786Carmaux, place Jean-Jaurès, lundi dernier. J'y étais, pour un meeting en plein air de François Hollande, sous la haute figure de Jaurès. J'aime cette ville où maisons et ruelles sont chargées de l'histoire des luttes des mineurs et où on croit encore entendre la voix de Jaurès. La dernière fois que je m'étais rendue à Carmaux, c'était pour une réunion syndicale Métallurgie Midi-Pyrénées. Nous étions à l'Union Locale qui abrite le syndicat des mineurs. Aux murs, textes et photos rappellent ces combats. Le combat n'est plus, mais cette histoire là est tellement porteuse d'énergie et de forces que j'y puise à chaque fois de nouvelles raisons d'engagements.

De l'engagement, il y en avait ce lundi sur la place noire de monde. Il y avait aussi de la détermination, dans les mots affirmés de François Hollande. De l'espoir, presque palpable dans l'écoute du public bravant l'air frisquet et les grondements d'orage. De l'attente, à l'image de ces moments où, après le meeting, une haie dense s'est formée pour accompagner François Hollande, à pied, puis en voiture. De la simplicité dans ce départ en voiture suivi par une foule bonne enfant et joyeuse dans une petite rue bondée. Tout à l'opposé d'un candidat UMP adepte du bling-blig, qui rencontre des figurants dans ses déplacements ou se réfugie dans un café à Bayonne.

"On va gaaa-gner ! " , "Fran-çois, président ! " , entendait-on.

0416 carmaux 2806

Oui mais, pourtant, à J-3, rien n'est joué.

Les sondages, vraies analyses ou subtiles manipulations, ne font pas l'élection.

L'abstention estimée est importante à ce jour. Les sondeurs nous parlent des indécis, qui hésitent encore, et des mobiles, qui changent encore de candidat. Ceux là existent bien, nous en avons rencontré dans les discussions de porte-à-porte.

Tout cela ne peut que nous engager à la plus grande prudence, comme à la plus tenace mobilisation.

On a dit de cette campagne qu'elle était inintéressante. Il est vrai que les débats de fond n'ont finalement pas été au niveau de ceux que l'on a suivi au moment des primaires citoyennes. La faute à qui ? Peut-être bien à ce candidat sortant, qui à défaut de bilan présentable tire la campagne vers le caniveau avec agressivité et mauvaise foi et dont la ligne politique s'apparente à celle d'une girouette droitisante. On peut à l'inverse débattre du projet du candidat Hollande, qui l'a exposé au Bourget, a publié ses 60 engagements, a chiffré son programme, et présenté son Agenda du changement pour la première année de mandat. On peut discuter du projet, mais pas nier qu'il est solide et sérieux.

Malgré cette frustration de débat, à défaut d'adversaire à la hauteur, j'ai trouvé cette campagne diverse, animée et joyeuse. En plus des actions traditionnelles, meetings et autres distributions, sont apparues d'autres formes d'actions, ouvertes et variées. Le porte-à-porte, difficile parfois mais passionnant toujours.

 

 

Les stands-ups, lancés par Arnaud Montebourg pendant la campagne des primaires, manière de dire que la politique se fait à la rencontre des citoyens, et dont la caravane a repris la route pour François Hollande.

 

 

La campagne internet, qui a pris une place importante dans cette élection, du site tradionnel aux riposte party à Paris, et même décentralisée par exemple à Toulouse.

 

 

 

( Quelques images sont dans l'album de campagne 2012. )

Sur tous les terrains, un parti cette fois rassemblé, la même envie de ne pas laisser échapper la victoire. 5 ans, et même 16, que beaucoup attendent cela. Pas le droit de se tromper, après tant d'années de destructions de toutes sortes (à part, naturellement, pour ceux du Fouquet's).

A gauche également, la dynamique est réjouissante.

Philippe Poutou fait entendre sa voix. Je ne partage pas du tout la stratégie politique du NPA. Mais pour moi, Poutou est aussi le syndicaliste de Ford entendu à Villemur à un concert de soutien des Molex. Qu'il soit candidat est une manière de faire partager certaines réalités. Son "on séquestre en groupe" culte pendant "Des Paroles et des Actes" , je le comprends.

Eva Joly, et surtout l'écologie, méritait mieux que cette campagne.C'est certainement une femme courageuse, et bravo pour sa phrase de son dernier meeting hier : «A elle [Marine LePen] et ses partisans, je veux dire que nous sommes chez nous, nous les Françaises et les Français, les métèques venus des quatre coins du monde pour faire France. Nous les Bretons, les Polacks, les portos, nous les ritals et les espingouins, nous les youpins, les nègres, les bougnoules et les Norvégiennes ménopausées, nous sommes chez nous!».

Quant à Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg rappelait récemment notre "cousinage". Entre cousins, si on se chicane, c'est pour rire. Mais contre le méchant voisin, adversaire d'en face, on s'épaule, même si on est pas d'accord sur tout. C'est pourquoi je me réjouis de la progression du Front de Gauche. Puisse-t-elle lui permettre de passer devant le FN d'autant plus dangereux qu'il a été banalisé. C'est pourquoi aussi je me suis toujours refusée à répondre aux attaques contre-productives de certains militants qui me semblent se tromper d'adversaire. C'est toujours unie que la gauche gagne, pas divisée.

Alors maintenant, c'est l'heure du choix.

Je n'aime pas l'expression "vote utile". Tout vote l'est, et tout choix est respectable (enfin, presque - vous me suivez ?). En revanche, j'aime bien l'idée du vote gagnant. Car c'est bien le sujet. Ne nous trompons pas d'élection. La question est : qui peut débarrasser le pays de Nicolas Sarkozy et mettre les idées de gauche au pouvoir ? Je suis convaincue que seul François Hollande en a la capacité. Alors dès dimanche, ni abstention, ni dispersion : assurons le 22 avril le premier pas vers la victoire de toute la gauche le 6 mai.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans En campagne
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commentaires

Jacky 19/04/2012 15:28


A la question "qui peut débarrasser le pays de Nicolas Sarkozy et mettre les idées de gauche au pouvoir ?", je répondrai par celui qui veut augmenter les salaires
et inverser la prédominance du capital sur le travail dans les richesses produites. Le tournant a été pris en 1983 par un gouvernement socialiste qui a imposé la rigueur. Oui, reprenons la
revendication CGT du SMIC a 1700 euros et tout de suite. Revenons à la retraite à 60 ans à taux plein.... Il ne faut pas se tromper d'adversaire, mais il ne faut pas non plus se tromper de
programme. La gauche ce n'est pas que des "idées" ou des "valeurs". Ce doit être du concret et tout de suite. On a beaucoup raillé Sarko, mais lui dès qu'il a été élu, il a renvoyé l'ascenceur
aux riches et aux nantis avec son bouclier fiscal de plusieurs milliards. Je ne suis pas du tout sur qu'Hollande en fera de même avec les pauvres et les malandrins ! Au nom du réalisme
économique, des contraintes européennes... de toutes ces idées de gauche quoi. Osons réellement le changement avec un gouvernement de salut public (8 millions de personnes sous le seuil de
pauvreté). Osons les rouges !

Marie-Agnès Gandrieau 20/04/2012 17:07



Le rouge est une bien belle couleur, que personnellement j'ai fierté à porter au sein du mouvement social, et que je respecte comme proche cousin politique même si je porte là le rose


Mais pour ce qui est de la préseidentielle, au delà du fait que sincèrement je ne crois pas que JLM soit en capacité de battre un Sarkozy, je suis d'accord qu'il ne faut pas se tromper de
programme, et qu'il faut du concret, mais je n'en tire pas la même conclusion de vote. Hollande a un programme clair, il a gardé son cap, tout en tenant compte de ce qui s'est exprimé dans les
primaires avec les 17% d'Arnaud Montebourg, par ex. sur le thème de la lutte contre la finance. Ce projet a beaucoup en commun avec celui du FdG, même si JLM ne le dit pas ainsi. Sur le contenu,
on peut ne pas être d'accord ou trouver que c'est insuffisant sur certains points. Et il y aura toujours besoin, si les urnes sont favorables, d'un mouvement social capable de dire quelles sont
les réalités concrètes qu'il faut traiter. Mais on peut aussi trouver que ce programme est crédible et saluer le fait que FH ne s'engage que sur ce qu'il pourra tenir. Car (re)faire 1981 pour
(re)faire 1983 ensuite, ce n'est peut-être pas non plus une très bonne idée... Jaurès, l'idéal et le réel, on y revient toujours !


Merci d'avoir laissé ce commentaire en tout cas - même si la fin de la campagne officielle ce soir laisse peu de temps au débat.