Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Une souris rose
  • Une souris rose
  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
  • Contact

Paroles

On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

Rechercher

http://agauchepourgagner.fr

21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 22:31

NOAA-Nprime.jpg

Nous voilà tous occupés ce mercredi à nous renseigner sur des calculs à propos de trains et de quais de gare.

Suite à un article du Canard, voilà que la polémique monte. Les présidents de Région concernés s'insurgent, le ministre des Transports demande une enquête interne, des députés montent au créneau, Ségolène Royal fait une déclaration scandalisée. Les médias papier reprennent l'information en parlant de "couac", les journaux TV renchérissent sur cette erreur "incroyable".

Me voilà du coup à mon tour choquée par ces réactions.

Chère Ségolène, je lis que tu parles de décision "consternante", et aussi :

«Les régions ne paieront pas ces erreurs invraisemblables qui prouvent simplement qu'il y a des gens dans les bureaux parisiens qui sont beaucoup trop éloignés des réalités du territoire.»

Bon.

Qu'une enquête soit diligentée, d'accord.

Que l'on s'interroge sur la réforme qui a conduit à cette relation client/fournisseur entre la SNCF et RFF, certes, tant mieux.

Que les régions se défendent, on peut le comprendre. Quoique, on peut aussi trouver normal de moderniser des voies.

Mais pourquoi de telles réactions ?

On peut s'amuser de ce "couac", s'il y en a vraiment un.

Mais en ce cas je n'aimerais pas être responsable qualité à la SNCF ou à RFF. Car derrière, il y a des gens, qui ont travaillé sur de gros projets. Une erreur a pu avoir lieu quelque part. Je n'en sais rien. 

Et alors, même, chère Ségolène, chers camarades, mesdames messieurs les journalistes, n'en n'avez-vous jamais commis, vous ?

Bien sûr, vous n'avez probablement jamais travaillé sur de tels projets industriels, avec leurs contraintes, leurs objectifs de qualité, mais parfois aussi, leurs erreurs. Car l'erreur est humaine. Et ne mérite pas mépris. Car votre mépris et la pression retombent sur des personnes.

Prenons des exemples dans un autre domaine. Pourtant aussi une industrie de haute technologie, dans lequel l'erreur est soit interdite, soit vraiment très coûteuse : le spatial.

Peut-être certains se souviennent-ils de cette sonde martienne de la NASA qui fut perdue en 1999. Elle s'appelait Mars Climate Orbiter. Pourquoi perdue ? A cause d'une bête erreur de calcul, une centaine de kilomètres d'écart qui conduisit à sa destruction. Comment cela a-t-il été possible ? Des gens éloignés des réalités du territoire martien ? Non, une erreur d'unité, parce qu'une partie de l'équipe calculait dans le système métrique et une autre dans le système anglo-saxon.

Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus que l'erreur est humaine, et que même les process les plus rigoureux peuvent conduire à des "énormités", la photo qui illustre cet article. Bien connu de ceux qui travaillent dans le domaine, circulant dans des formations. Un cas d'école spectaculaire venant de la NASA. Il s'agit du satellite NOAA-N-Prime, qui en 2003 est tombé de tout son long en salle d'intégration chez Lockheed Martin lors d'une manoeuvre. Et pourquoi ? L'enquête publiée par la NASA (ici) l'indique : à cause de 24 boulons, devant fixer le satellite sur sa base, qui n'étaient pas en place. Incroyable, éloigné des réalités, etc etc etc. Une erreur qui a coûté non pas 50 millions d'euros, mais plus de 200 millions de dollar, en 2003.

Heureusement, dans un cas comme dans l'autre, pas de blessure humaine. Ce qui tout de même est l'essentiel.

J'arrête là la liste, qui pourrait être bien plus longue, de ces erreurs "incroyables".

Mais en réalité, dans notre problème de trains et de gares, y a-t-il eu erreur ? En lisant la presse, par exemple cet article du Monde, sans s'arrêter à son titre, on finit par en douter. Et par pencher plutôt vers un problème de communication et de patate chaude de financement qu'on se refile, entrainant des retards dans des décisions de mise aux normes qui auraient déjà dues être faites. En tant que voyageuse occasionnelle en train, je suis plutôt contente de savoir que, pour mon confort, les trains seront un peu plus larges.

Alors arrêtons de polémiquer et de dire n'importe quoi, n'importe comment. Oui Ségolène, là, tu m'as énervée tu vois.

Bien à toi.

 

Mise à jour : un article parmi d'autres qui apporte un éclairage sur cette erreur qui n'en est pas une : Non, SNCF n'a pas commandé 2000 TER trop larges

Partager cet article

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
commenter cet article

commentaires