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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 18:06

ANcolor.jpgLundi soir se tenaient dans chaque circonscription de Haute-Garonne les Assemblées Générales des militants des sections socialistes concernées, en vue de la présentation des candidatures aux investitures pour les législatives, avant les votes prévus le 1er Décembre, et si besoin le 2 pour le 2e tour.

Dans la 10e circonscription, la presse s'était fait l'écho des "polémiques" en cours suite à la décision des instances nationales de réserver l'investiture à des candidats issus de la "diversité", comme on dit. L'AG de lundi était donc particulière, et tendue, comme on pouvait s'y attendre. La Dépêche donne son compte-rendu de cette AG.

Je suis toujours partagée, entre l'envie de transparence et la réserve que je m'impose ici, quand il s'agit de réunions internes qui méritent à mon sens certaines précautions - sinon, plus de vie collective possible, si le moindre propos interne peut se retrouver public.

Mais là, au point de publicité où nous en sommes, j'aimerais tout de même y revenir. Car s'il est vrai que des oppositions fortes se sont exprimées, elles sont loin d'être unanimes.

Sur le fond, cette situation soulève plusieurs problématiques : nos principes de démocratie interne, la question de la "discrimation positive" et celle de la diversité.

Sur la méthode, je comprends la déception de Gilbert Hébrard, qui avait annoncé sa candidature il y a quelques temps, avait commencé à y travailler, et se voit en dernière minute contraint d'y renoncer.

Je comprends, et je partage, le reproche que beaucoup ont fait lors de l'AG, d'un calendrier trop tardif, qui donne l'impression d'un verrouillage de dernière minute, et engendre un sentiment de dépossession du choix des militants. Puisque finalement, nous n'aurons même pas à voter ce jeudi, selon la décision du Bureau National. Il aurait été bien mieux, et logique, que cette question soient traitée par exemple en même temps que celle de la parité. C'est la responsabilité de la direction nationale que ce calendrier. Ce n'est en tout cas pas celle de Kader Arif qui a reconnu cette difficulté.

Certes, cette manière de procéder heurte nos exigences démocratiques.

Mais ne nous cachons pas derrière les questions de forme, même légitimes, pour masquer les problèmes de fond.

Pour ma part, ce qui me heurte encore plus, c'est le constat de l'écart entre la représentation nationale et la diversité du pays, à tous les sens du terme. Et le constat que, sans une politique volontariste, donc en partie autoritaire, rien ne change là non plus, pour de multiples raisons de toutes sortes de conservatismes.

Car enfin, je ne suis pas membre des instances nationales, je ne connais pas les détails de cette affaire. Mais posons-nous donc la question : pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Et quand nous en sommes là, faut-il rester sans agir ?

Au moment où Arnaud Montebourg avait soulevé la question du renouvellement, à travers l'âge des candidats, certains lui avaient reproché de mettre cela sur la table tardivement. Il avait répondu que, le parti reprenant ses vieilles mauvaises habitudes, il était de sa responsabilité de le dire.

Alors oui, j'aurais aimé que tout cela se fasse plus sereinement, plus en amont.

Et oui, je serai vraiment satisfaite quand tout naturellement seront investis des militants divers, homme et femmes, de toutes origines, de toutes catégories sociales, de tous âges. A l'image de la société tout simplement.

Mais en attendant, avons-nous un autre choix que d'imposer quelque peu au forceps ces nécessaires changements ?

Il me revient en mémoire une des premières fois où, toute récente adhérente socialiste, j'ai été confrontée à un débat sur la parité. J'étais alors contre ces "quotas", trouvant tellement humiliant que je puisse d'abord être considérée comme une femme, avant de l'être pour ce que je pourrais faire ou dire. J'ai changé d'avis, quand je me suis rendu compte du "plafond de verre", en politique comme ailleurs, qu'il fallait combattre, ou quand j'ai entendu certains propos dans des instances fédérales.

Kader l'a quelque peu évoqué l'autre soir. Il serait bien réducteur, et humiliant, de réduire son parcours à un critère de "diversité".

Cela dit, ne nions pas l'importance du symbole en politique.

Je me souviens encore : j'étais secrétaire de la section de Balma, dans les rues, lors d'une discussion politique, cet homme me disant combien l'avait marqué, et son bonheur, que ce soit un nommé Kader Arif qui ait été élu 1er secrétaire fédéral du PS de Haute-Garonne.

Ne nions pas non plus la réalité des difficultés concernant ces citoyens pas tout à fait comme les autres, en réalité. Devant les portes de certaines entreprises, on réalise que ceux qui y entrent sont globalement bien blancs. Un seul exemple qui parlera, je l'espère, dans la région : Airbus, condamné pour discrimination à l'embauche.

Des portes restent à ouvrir, beaucoup de portes. Malgré les aléas de ces jours ci, ce sera, je l'espère, notre honneur que d'avoir contribué à le faire. Nous n'avons que trop tardé, ne perdons plus de temps maintenant pour avancer.

Après la parité et la diversité, il restera encore les portes de la diversité sociale à ouvrir, celles qui font qu'à l'Assemblée Nationale on trouve en comparaison des autres parcours si peu de salariés du privé, en général, sans même parler des ouvriers. Je le disais dans un article précédent, cela passera par une volonté de même style, sans doute, mais aussi par une rénovation de nos pratiques, bien en amont. Mais j'y reviendrai plus tard.

Quoi qu'il en soit, faisons attention aux mots.

Le débat est normal, et ces questions sont difficiles, parce qu'elles touchent à des principes importants, sans compter les personnes qu'elles peuvent blesser.

De plus, le charcutage de la droite a créé des circonscriptions nouvelles, dont différentes parties, urbaines et rurales, en tout cas diverses elles aussi, se découvrent. Habitant le canton de Lanta, petite fille de paysans devenue ingénieur, je vis cette dualité : d'un côté de chez moi, je vois les collines du Lauragais, celui des villages aux vieilles pierres et de la terre que j'aime à aller toucher parfois; de l'autre, les lumières de l'agglomération que la commune vient juste de rejoindre, les bouchons sur les petites routes en direction du travail et de la vie sociale. La 10e circonscription redécoupée est issue de ces deux mondes qui parfois peinent à se rejoindre.

C'est ainsi que j'interprète le mot "parachutage" employé pour Kader Arif. Car je ne peux croire que Kader, militant depuis des années de Castanet, commune centrale du canton du même nom, si important dans la circonscription, soit ressenti comme, en quelque sorte, un étranger dans cette circonscription... La "machine à perdre", c'est d'abord nous, socialistes, qui pourrions la lancer si nous n'y prenons garde.

Mais je suis d'un naturel optimiste. Les tensions passées, je fais confiance à notre intelligence collective pour surmonter cela, et aller conquérir ensemble la victoire en mai, puis en juin, une victoire qui du coup, n'en sera que plus savoureuse.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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