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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 22:31

horizonneigeux.JPGCertains en doutaient, mais ça y est, elle l'a fait : en Languedoc-Roussillon Hélène Mandroux a déposé sa liste au nom du Parti Socialiste, contre Georges Frèche.
Il n'y a pas eu d'accord avec les écologistes. La campagne s'annonce mouvementée.
Georges Frèche était déjà exclu du PS, mais aujourdh'ui la pression est mise, doucement, tout doucement, sur les socialistes qui se présentent sur sa liste.
On n'a pas fini de rire, jaune probablement.
Dans les réseaux militants, comme dans la presse, tout cela fait beaucoup causer. Sur la Coopol, le réseau social du PS, on ne compte plus les groupes anti-Frèche, mais aussi les groupes pro-Frèche. Les uns parlent d'honneur et de valeurs, les autres crient au scandale en invoquant le sacro-saint "respect du vote des militants", dans une querelle régionaliste contre les parisiens de Solférino.
Je suis bien entendu du côté des premiers. Je m'étais désolée ici de la position mi-chèvre mi-chou prise en décembre, saluant la voix alors un peu seule d'Arnaud Montebourg qui depuis longtemps s'est clairement positionné, et avec constance, contre le système Frèche. La décision de la direction nationale vient à mon avis un peu tard, à tous points de vue, mais elle est là, et donc bienvenue. La dernière déclaration de monsieur le président de région, si elle n'a pas été la pire de toutes, vient surtout après x autres, souvent un peu "borderline", parfois tout à fait, donc au final, clairement à côté. Cela a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Martine Aubry est montée au créneau comme il fallait. Ouf, et re-ouf. Et bon courage à Hélène Mandroux et à celles et ceux qui la soutiennent.
Cela dit, cette affaire, et la manière dont elle a été menée jusqu'ici, remet sur le tapis en effet la question de la démocratie interne.
A vrai dire, j'en ai un peu assez du "respect du vote des militants" mis à toutes les sauces. Nous l'avons entendu, à en devenir sourds, après le référendum interne sur le Traité Constitutionnel Européen, après que Laurent Fabius, et quelques autres, aient défendu le "Non" à l'opposé du vote du Parti... mais à l'identique du vote du peuple. J'avais alors pour ma part fait parti de ceux qui, ayant voté non, avaient choisi de ne pas faire campagne politique pour ce non, pour respecter le oui des militants, à mon grand désespoir. Mais impossible de distribuer un tract appelant à voter "Oui" quand on pensait profondément "Non". Certains ne l'avaient pas compris, confondant, à mon avis, l'attitude du démocrate et celle du bon petit soldat. Car si, dans une primaire présidentielle, on peut choisir un candidat, puis faire campagne pour un autre qui, étant du même parti, défendra peu ou prou les mêmes idées, comment défendre honnêtement une idée qui est à l'exact opposé de sa conviction profonde ?
D'ailleurs, au parlement, si une discipline de groupe est demandée, ce qui me semble normal puisqu'un parlementaire est élu sous une étiquette, la liberté de vote et la clause de conscience existent aussi.
Nous entendons aussi parler du "vote les militants" quand une décision d'un certain niveau se heurte au choix d'un autre niveau. Est-il normal que de bureaux parisiens en effet on décide à la place des militants locaux ? Souvent, on répond non. Mais quand il s'agit pour une Fédération de mettre son nez dans les affaires d'une section qui dérive, on trouve cela normal. Quand il s'agit d'un parachutage susceptible de faire gagner une élection, on réfléchit. Quand il s'agit de respecter des accords d'alliance, on râle, mais on fait avec. Quand il s'agit de tenter d'imposer un peu plus de parité ou de diversité à des endroits réfractaires, on proteste ou on trouve cela très bien, c'est selon.
Mais alors, si les militants de Languedoc Roussillon supportent le système Frèche, le Parti ne doit-il pas se préoccuper aussi de tous les militants de France à qui cela fait honte ?
Car enfin, il nous faut bien reconnaitre que le PS est un parti démocratique, certes, mais aussi parfois complètement sclérosé par des féodalités d'un autre âge. Les notables tout puissants, les cartes "alimentaires", les petits arrangements entre amis, voire entre ennemis quand il s'agit d'alliance temporaires de congrès ou d'enjeux de pouvoir, inutile de se masquer que c'est une réalité.
D'un point de vue théorique, c'est compliqué, car respecter le vote de militants dans un contexte peu démocratique, est-ce la démocratie, ou son contraire ?
Nous voilà donc condamnés, pour rénover ce parti, à affronter ces réalités, et donc à devoir accepter le fait que la théorie soit confrontée à des choix parfois complexes, pas toujours complètement cohérents, au cas par cas.
La pente est rude, mais la route est droite, comme disait Raffarin...

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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