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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 15:35

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Voilà une chose que je partage avec Manuel Valls.

Oui, j'aime l'entreprise !

Mais peut-être pas tout à fait de la même manière.

Peut-être parce que, moi, j'y travaille.

Jamais je n'aurais pensé qu'un Premier Ministre nommé par un Président socialiste irait se faire ovationner devant le MEDEF. Oui, o-va-tion-ner. Le MEDEF, cette organisation syndicale, pas plus représentative que ça, qui allie provocation et dogmatisme, mais avance ses pions, toute heureuse de trouver des oreilles si attentives à ses pleurs récurrentes.

Oui, j'aime l'entreprise, mais pas celle où la rapacité des financiers a pris le pas sur l'innovation et l'investissement long-terme des industriels. Pas celle qui jongle avec stock-options, retraites chapeaux et ce que pudiquement on nomme "optimisation fiscale", tout en faisant porter sur ses salariés, réduits à des facteurs de coût, le poids de ses exigences gloutonnes qui ne profitent qu'à quelques uns.

Il fut un temps où, pour le Parti Socialiste, l'entreprise semblait, à l'inverse, être le MAL, autant que le Service Public était le BIEN. Par quel étrange chemin en arrive-t-on à la caricature inverse, où l'on encense, non l'entreprise, mais quelques uns de ses dirigeants, qui pourtant ont une conception totalement contradictoire avec les intérêts de ce que les socialistes sont censés défendre ?

Car l'entreprise ne peut être réduite à un patron du CAC40 fumeur de cigares. L'entreprise, c'est aussi le petit patron de PME ou de TPE qui créée l'activité, le jeune fondateur de startup qui galère face à des banques qui ne veulent pas l'aider à développer son idée en attendant un Chiffre d'Affaire, le dirigeant élu de la SCOP, petite ou grosse. Et surtout, l'entreprise, ce sont aussi ces millions de salariés qui produisent les richesses. Sans eux, sans nous, rien à redistribuer.

Et pourtant, c'est avec de plus en plus de difficultés que le travail se fait. Voilà qu'il faudrait être de plus en plus précaire, mobile, flexible, agile, ... Plus contraint, plus stressé. Moins payé, moins protégé, si possible.

Comment accepter alors toutes ces déclarations donnant le sentiment d'un tel déséquilibre dans les choix politiques ? Comment supporter que des milliards soient distribués d'un côté, en en espérant un retour automatique, avec une sorte de naïveté confondante, alors que l'on rabiote de l'autre, par un moyen ou un autre, le pouvoir d'achat de ceux qui ne vivent pas de rente, mais de leur force de travail ? Comment ne pas hurler, quand on a adhéré au discours du Bourget, d'entendre un Premier Ministre défendre non l'entreprise, mais les affaires devant des financiers à Londres ? Comment accepter, alors que chômage et précarité amènent tant de malheurs dans les foyers, de voir un ministre du Travail porter une parole qui instille la sale idée que les chômeurs seraient pour beaucoup des profiteurs, ou que les mécanismes de représentation du personnel seraient avant tout un frein à l'emploi ? Comment supporter qu'un ministre de l'économie, sous prétexte de modernisation et de chasse aux tabous, c'est bien commode, veuille encore s'attaquer à des fondamentaux au risque de fragiliser un peu plus les salariés déjà tant malmenés ?

Trop, c'est trop.

Au moment où les Etats Généraux du PS invitent militants et sympathisants à redéfinir l'identité socialiste, et à répondre par exemple à la question "quelle doit être notre conception de l'entreprise?", je suis frappée de voir combien nous sommes réduits à être sur la défensive. Nous voilà à nous réjouir qu'un gouvernement à majorité socialiste dise qu'il ne remettra pas en question les 35 heures, ou que le Premier Secrétaire du parti majoritaire exprime l'opposition du PS à la libéralisation des seuils sociaux. Cela va mieux en le disant. Mais cela devrait aller sans dire !

Mais enfin, ce n'est pas ça la gauche ! C'est le mouvement, pas la destruction de ce que des siècles de luttes sociales ont construit ! C'est le progrès social pour le plus grand nombre, pas la frilosité pour tenter de résister aux coups de boutoirs de quelques uns !

Au secours !

Ressaisissons-nous, il en est encore temps.

Car là-bas, tranquillement, l'extrême-droite guette nos faux pas, et tisse sa vilaine toile sur les cendres de nos renoncements.

 

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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