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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 23:25

molex_fini.jpgC'est vendredi matin que la nouvelle est tombée.
Le ministère du travail a donc autorisé, contre l'avis de l'inspection du travail, le licenciement des 23 élus et mandatés qui restaient jusqu'ici les derniers salariés de Molex. Les lettres de licenciement devraient suivre dans la semaine.
La décision serait politique, avais-je écris
ici  en faisant un point sur la situation, le jour où les délégués étaient reçus à la direction régionale du travail.
Et bien, nous sommes fixés. Et même plus tôt que prévu.
Etait-il donc si urgent d'en terminer avec les derniers de Molex ? Est-ce un hasard si cette décision arrive peu avant le 6 avril, date à laquelle doivent comparaître en correctionnelle deux des anciens dirigeants pour délit d'entrave au CE ?
Je suis scandalisée et écoeurée.
Molex avait décidé qu'il n'était pas utile que la loi française ou le code du travail s'appliquent, faisant souvent référence à ce qui se passait aux Etats-Unis.
La justice lui a de multiples fois donné tort. Molex avait attaqué l'expert du CE en justice au motif qu'il demandait trop d'informations (on croit rêver en y repensant) : perdu. A l'inverse, le TGI a donné raison au CE contre Molex et ordonné la suspension du PSE dans l'attente d'une justification économique qui n'est jamais venue. Molex qui refusait de payer les salaires l'été dernier après la reprise du travail, suite à une grève longue et à la fermeture mouvementée de l'usine, a été condamné aux Prudhommes. Je ne parle pas des multiples entorses aux procédures, faites d'un bout à l'autre dans ce dossier hors norme.
L'Etat est intervenu pour dénoncer ces comportements. Les mots les plus durs ont été prononcés sur le groupe Molex, y compris par Christian Estrosi, ministre de l'industrie, ou François Fillon, dans une intervention où il avait pris Molex comme mauvais exemple.
Mais l'Etat et ses services, aussi, ont laissé faire, voire accompagné.
Il me revient en mémoire cette période si tendue, où, prenant prétexte de quelques oeufs lancés sur un dirigeant devant l'usine, tout le monde s'est retrouvé de nouveau au tribunal, et Molex a décidé la fermeture pure et simple de l'usine. Comment oublier ces nombreux vigiles privés aux portes de l'usine, interdisant même aux délégués de rentrer prendre la moindre affaire. Il a fallu que l'inspection du travail intervienne une nouvelle fois pour au moins régler un minimum, mais l'usine est bien restée fermée, alors que la justice ne l'avait pas autorisé.
Il me revient aussi cette dure soirée où, le pistolet sur la tempe, les salariés ont mandatés leurs élus pour aller, la mort dans l'âme, signer le PSE en échange d'un accord de reprise minimaliste. Un accord dans lequel l'Etat signait l'acceptation du chantage de Molex, conditionnant la reprise à la signature du PSE avant le soir minuit, l'ultimatum est écrit noir sur blanc. Dans les locaux de la préfecture cette nuit là, Molex pouvait par exemple interdire à l'expert du CE d'assister à une réunion, hors de toute légalité, et avoir gain de cause.
Et maintenant, le ministère cède au recours de Molex.
Il y a vraiment de quoi être en colère.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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