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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 19:37

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En ces temps difficiles, nos tribulations de pauvres militants socialistes avec les votes de la "Convention Europe" peuvent paraître un sujet bien dérisoire.

Pourtant, le sujet est tout sauf dérisoire. De la crise en Grèce aux négociations de libre échange UE-USA, en passant par l'attitude à avoir face aux panneaux solaires chinois, pas un jour sans que, d'une manière ou d'une autre, il ne s'insère dans notre quotidien, et au final pèse sur nos vies.

La question européenne est d'ailleurs majeure et complexe au sein du PS. Aussi loin qu'il m'en souvienne, c'est à dire depuis le lendemain de l'élection de Jacques Chirac en 1995, jour où j'ai pris ma carte, pas de débats plus virulents ou de clivages plus profonds que sur ce sujet là. Non sur l'Europe dont nous rêvons, mais sur le chemin à prendre pour parvenir à la construire.

Et pourtant, le 6 juin dernier, je n'ai pas voté. Non par flemme, pas du tout. Je me suis déplacée de quelques kilomètres, juste avant le dépouillement, pour dire la raison de mon refus de vote. C'est mal, diront certains. Elle est folle, diront d'autres. Que nenni mes camarades. Mais plus vieille de quelques années d'expérience, certes, et, maintenant que nous sommes de nouveau au pouvoir, de moins en moins patiente.

Il m'est revenu en mémoire un camarade, maintenant décédé, que j'ai connu alors que j'étais jeune militante puis secrétaire de la section de Balma. Il était souvent grognon et parfois coléreux, mais très sincère. Il s'appelait Jean Bertrand. J'ai donc repensé à lui, qui ronchonnait parce qu'on devait débattre de textes qu'on avait à peine eu le temps de lire, et qui de toute manière ne serviraient à rien, disait-il. Moi qui lisais et débattais, je le trouvais bien négatif. Et bien, et cela le ferait sourire, voilà que je commence à ressembler par moments à mon Jean Bertrand.

C'est que, il y a peu, je suis retombée sur d'anciens textes de congrès. Tiens, au hasard, le texte de la motion présentée par le Premier Secrétaire François Hollande au congrès de Dijon, en 2003. Je n'avais pas voté ce texte, ayant choisi la motion du NPS, Montebourg-Peillon-Hamon. Mais tiens, par exemple, c'est écrit là : "Nous devrons ouvrir dès notre retour au pouvoir le droit de vote aux élections locales aux citoyens non communautaires". Ou encore ici : "Nous devons proposer une loi qui interdise le cumul d'un mandat parlementaire et d'un mandat exécutif local". 2003. Et encore, je n'ai pas cherché avant...

J'ai aussi expliqué aux quelques camarades présents pourquoi je n'avais pas envie de voter sur un texte parlant entre autres d'union bancaire à l'échelon européen, alors qu'on semblait là-dessus se satisfaire dans notre pays d'une petite réformette (pour l'instant, j'ose encore croire que...).

Tout cela n'enlève rien à tout le travail que certains ont fait pour préparer cette convention et animer des débats toujours intéressants. Et la politique, avant de pouvoir se concrétiser en actes, commence forcément par des mots.

Mais voilà, au bout d'un moment...

Je n'ai pas été la seule dirait-on à faire des raisonnements de ce genre  : 27% de participation seulement dans ma petite section cantonale.

Et c'était sans imaginer la suite. Lors du dépouillement en section, nous avons bien discuté, et bien ri, en cogitant sur la manière de remplir la feuille de résultats sur les amendements. Mais les jours suivants, moins. Un seul texte est présenté au vote, sans alternative. Bon. Il faut voter pour ce texte, si on veut se prononcer sur des amendements. Bon. Mais au moment de compter les amendements, embrouillaminis sur la manière de compter leur score.

Ah, cétait bien la peine que je me déplace pour ne pas voter !

Bon, Harlem, et les autres, le soleil revient, reprenons nous.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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