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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 22:43

Alors là non ! Le coup de 2003, bis repetita ?
Je n'ai pas été trop surprise d'entendre François Chérèque commencer à céder du terrain avant même d'avoir commencé les négociations sur les retraites. C'est en effet en raison de l'attitude de la CFDT lors des grands mouvements contre la réforme Fillon de 2003 que j'ai, comme beaucoup alors, rendu ma carte pour adhérer à la CGT qui venait de se créer sur le site de Toulouse dans mon entreprise- pour cela, merci François, mais pour le reste, merci bien !
J'ai en revanche bondi en entendant la phrase de Martine Aubry reprise en boucle dans les média, semblant capituler d'avance sur la retraite à 60 ans. Merci à Benoit Hamon, porte parole du parti, tout de même, d'avoir réagi immédiatement en rappelant que ce n'était pas la position tranchée du PS, ni par sa direction, ni par ses militants.
Peut-être le sens de la phrase initiale, hors du contexte, a-t-il été un petit peu caricaturé. Il n'en reste pas moins que se positionner ainsi avant même de démarrer les discussions, sur un élément aussi symbolique, en donnant l'impression d'être prêt à reculer, ce dont évidemment la droite s'est emparé tout de suite, me semble incompréhensible. C'est aussi forcer les organisations syndicales à entrer dans ce débat sur la défensive et bien plus tôt que prévu.
Comme socialiste, je suis pour le moins perplexe. Comme syndicaliste, je suis furieuse.
Certes, il y a parfois, sur le dossier retraites, des positions corporatistes. Certes, la question n'est pas simple. Mais je crois surtout que certains s'acharnent à vouloir la rendre compliquée tout en proposant des solutions bien simplistes.
Pas besoin en effet d'être un grand mathématicien pour savoir qu'un raisonnement juste partant d'hypothèses fausses ou incomplètes aboutira forcément à une conclusion erronée.
Or, tout est fait par la droite depuis de nombreuses années pour marteler qu'il n'y a pas d'autres solutions que baisser les pensions (vous n'y pensez pas!), augmentez les cotisations (impossible) ou allonger la durée de cotisation (c'est donc la seule possibilité, entre la peste, le choléra et la grippe A, vous choisissez quoi ?). Ce qui me désole, c'est quand à gauche aussi on semble parfois oublier certaines réalités.
Par exemple, c'est bien gentil de parler de retraite à 61 ou 62 ans, quand l'âge moyen de départ effectif est autour de 58 ans, et quand on sait les difficultés de garder ou retrouver un emploi des plus de 50 ans. Dans le privé, ce n'est pas la loi, c'est l'entreprise aujourd'hui qui décide, et on sait comment ! Allonger la durée de cotisation et reculer l'âge légal de départ, c'est aussi en réalité conduire à une baisse du niveau des pensions.
On se demande aussi pourquoi le temps gagné par les progrès de la médecine en espérance de vie devrait se transformer en temps travaillé. Et les gains de productivité, ils servent à quoi ? Pour l'instant, à augmenter les revenus financiers, en témoigne l'écart croissant avec la part des revenus du travail. Une fatalité ? Non, le choix de certains.
On se demande encore pourquoi on ne parle que de dépenses et de démographie (ce qui de plus est contestable car des analyses montrent que le problème de vieillissement n'est qu'un pic à passer), mais pas d'autres recettes. L'emploi doit être le premier levier, bien sûr, car si on pense qu'un taux de chômage élevé est une fatalité, autant arrêter tout de suite de faire de la politique. Et l'assiette de calcul des cotisations, qu'on peut tout à fait élargir en faisant peser moins sur le travail, encore une fois. On oublie aussi ?
Alors bon, il faut être sérieux, et savoir de quoi on parle. Pénibilité, carrières longues, cas particuliers, certes. Mais d'abord les fondamentaux !
Pour finir quelques repères pour se raffraichir la mémoire :
- 1982, François Mitterrand, la retraite à 60 ans
- 1991, le livre blanc sur les retraites de Michel Rocard prépare le terrain...
- 1993, la réforme Balladur sur le régime général. Les salariés du privé paient très cher : passage de 37,5 à 40 ans de cotisations, calcul de la retraite sur les 25 meilleures années au lieu de 10 ( 25 ans !!! ) notamment.
- Gourvernement Jospin : rien ne se fait, merci Lionel
- 2003, lois Fillon. Les fonctionnaires passeront en 2008 à 40 ans de cotisations. 41 ans en 2012 comme pour le régime général ( 41 ans !!! la retraite à taux plein à 65 ans pour ceux qui démarrent comme moi à 24 ans après quelques années d'étude dont le rachat est à un prix prohibitif !). Bonjour le PERCO, des dispositifs pour faciliter la retraite par capitalisation arrivent.
- 2010, ... à nous tous de l'écrire !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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