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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 22:12

tortue.jpgIl est tout sauf original, pour un socialiste, de citer Jaurès. Mais j'avoue avoir eu besoin d'un léger réconfort, à force d'entendre ces jours ci les éternels même arguments, à propos du cumul des mandats ou autre évolution visant à la rénovation de nos pratiques politiques.

"L"histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir." Ouf. Car enfin, de la patience, il en faut tout de même une bonne dose.

Il y a deux semaines, Conseil Fédéral à Toulouse. Très consensuelle pour l'essentiel, sur le bilan très positif des primaires et l'envie de passer à la suite, la réunion s'est animée dès que des camarades ont présenté une motion proposant d'aller plus loin que les règles nationales sur le non cumul des mandats, pour les investitures aux législatives en Haute-Garonne. En entendant un certain nombre d'interventions favorables au mandat parlementaire unique, je me suis dit qu'on avançait, tout de même. Mais à en écouter d'autres, qu'on n'était pas couchés, à ce rythme, grosso modo la rénovation à la vitesse d'une tortue sous lexomil. Car enfin, on a bien le droit d'être défavorable au mandat unique, avec des arguments tout se discute. Mais entendre encore, par exemple, je résume, que le proposer c'est être anti-élus, alors ça, vraiment ! C'est un style d'arguments qui servent à surtout ne rien changer.

Nous les connaissons bien. Il y a le faux raisonnable : ce n'est pas le bon moment, c'est trop tôt, ou bien trop tard pour cette fois, on va risquer la prochaine élection si on fait ça, et comme il y a toujours une prochaine échéance, voilà, dans un siècle ou deux, on sera encore à en discuter. Il y a aussi le culpabilisateur : ouh, pas bien de proposer ça, quelle honte (variante plus aggressive : en citant une similarité avec l'extrême-droite ou au moins le mot démagogique), c'est vraiment la guerre contre les élus / la chasse aux vieux / la mort de l'Europe / limite nationaliste ( pour les débats sur le TCE ou l'élargissement ) / etc, à vous de trouver les autres ... ;-)

Bon, on a compris que les résistances sont toujours nombreuses et organisées. Et qu'il faudra être tenaces longtemps.

Quelques jours après, toujours à propos des investitures bien sûr, bam, même sorte de tollé, après la proposition d'Arnaud Montebourg de limiter l'âge de nos candidats à 67 ans (sa lettre à Martine Aubry est à lire ici). Mais que n'avait-il pas osé dire là !

Là aussi, on a entendu les faux raisonnables et les culpabilisateurs faire feu de tout bois, parfois primairement critiques ou méprisants.

Certains lui ont reproché de faire son intéressant. Je me demande pour ma part à quoi pourrait bien servir un Secrétaire National à la Rénovation silencieux dans ce contexte. Car enfin, lors de la convention Rénovation, votée par les militants socialistes, et qui engage donc le Parti, on avait bien discuté renouvellement et diversité, me semble-t-il ?

Bien sûr, on peut ne pas être d'accord avec cette limite d'âge. Certains ont en débattu sérieusement, par exemple en proposant plutôt une limitation du nombre de mandats dans le temps. Complètement d'accord avec cette proposition aussi. Sauf que, sur ce plan, rien n'avait bougé dans la convention sur la Rénovation, qui a acouché d'une limitation pour les présidents des exécutifs, mais pas pour les parlementaires.

(le rapport d'orientation de la commission Rénovation est consultable ici).

Mais vraiment, est-il raisonnable d'avoir à l'Assemblée une telle proportion de têtes grises, et certaines vraiment très grises, depuis x mandats ? Est-il raisonnable de laisser s'accentuer ce déséquilibre, au lieu de faire appel à la responsabilité de chacun pour tenter de l'atténuer ?

Car les faits sont tétus. On peut discuter des solutions et de leur mise en oeuvre, mais le déni me semble être le signe d'une totale déconnection avec la réalité.

Quelques lectures pour ceux qui en douteraient :

Une analyse du sociologue Louis Chauvel, qui montre l'état de vieillissement de notre Assemblée (merci à Franck). Ou une analyse de Rue 89 sur la crise démocratique.

Toute loi, même la plus juste, comporte ses risques d'effets de bord et d'exceptions. Il est facile de prendre prétexte de quelques détails à la marge pour ne surtout rien envisager de bouger. Mais ça ne résout rien.

A cette occasion, je suis allé revoir les textes des motions du congrès de Dijon, et oui, en 2003. Voilà un extrait de la motion C du NPS (courant d'Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, et Benoit Hamon, je le rappelle pour les jeunes et les oublieux) :

Le mandat national unique
Sans équivalent dans les grandes démocraties modernes, la tradition française du cumul des mandats doit être abandonnée. C'est un préalable. Les mandats nationaux doivent être des mandats uniques et les parlementaires se consacrer pleinement à la tâche pour laquelle ils sont élus. Cette réforme doit s'accompagner du maintien de l'élection dans le cadre d'une circonscription au scrutin majoritaire à deux tours, de l'instauration d'une dose de proportionnelle et d'un statut de l'élu. Enfin, pour assurer le renouvellement constant du personnel politique, les mandats, aussi bien locaux que nationaux, devront être limités dans le temps à la durée de trois mandats identiques consécutifs.

(le texte complet ici, rubrique Les documents).

Qu'on ne nous dise donc pas que sur ces sujets, Arnaud Montebourg, et ceux qui avec lui veulent faire évoluer la politique, sont des impatients, impétueux et intransigeants, incapables du moindre compromis ! Les faits, depuis, démontrent le contraire.

Pendant ce temps, dans l'opinion, émergent sans aucun doute de nouvelles exigences en terme de démocratie. Les idées d'Arnaud Montebourg ont trouvé écho parmi les citoyens. Faut-il être loin des réalités, ou totalement concentré sur la conservation personnelle d'un mandat, pour ne pas s'en rendre compte.

Le Parti Socialiste a, je le crois vraiment, progressé. Et n'oublions pas que nos pratiques démocratiques n'ont rien à voir avec celles de la droite. Mais quel dommage qu'il n'aille pas plus loin, et plus vite. La parité a avancé, attaquons nous donc au renouvellement. Quant à la diversité sociologique, alors là, que de chemins encore à défricher. Ce ne sont pas là de simples règles d'investitures qu'il faut changer, mais tout un tas de principes de fonctionnement qui excluent de fait beaucoup de catégories.

Dans la fable, rien de sert de courir... alors, continuons...

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 23:30

Une fois n'est pas coutume, sans rapport avec la politique, un peu de publicité sur ce blog. Pour un jeune ex-collègue devenu photographe professionnel sur Toulouse et sa région. Je ne vous vanterai pas la qualité de son travail, car je n'ai pas testé . Mais changer ainsi de métier n'est pas si courant, ni si simple. Cela méritait donc bien un salut amical et ces quelques mots pour inviter ceux que ça intéresse à aller voir le site de Mathieu Hoffman.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Couleur locale
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 08:00

IMG_1677.JPGC'était le 23 octobre 2008. Comme si c'était hier, je revois le mail de Guy Pavan, délégué cgt Molex, tombant comme un bref appel à l'aide sur quelques messageries syndicales de la métallurgie cgt de Haute-Garonne.

A l'occasion de ce triste anniversaire, France 3 Midi Pyrénées consacre une émission sur "Le cas Molex", à 23h50 ce mercredi 2 novembre sur France 3 Midi-Pyrénées. Pour ceux qui ne peuvent le voir, tout un dossier (archives vidéos et photos, interviews récentes) est sur le site de France 3 ici.

3 ans après, les MOLEX ne font bien sûr plus autant l'actualité. Pourtant, leur combat continue, sous d'autres formes. Et au delà de leur propre situation, ils restent dans la mémoire collective pour tout ce qu'ils ont apporté. Leur cas n'est hélas pas isolé, et la victoire, la vraie, celle qui aurait vu l'usine continuer avec une ampleur similaire, n'a pas été obtenue. Mais ils ont contribué à une prise de conscience du grand public, et sans doute de certains responsables et militants politiques : politique industrielle et désindustrialisation des territoires, financiarisation de l'économie et rôle des pouvoirs publics, mondialisation et code du travail, place des ouvriers de l'industrie dans une société qui devient de services et d'ingénieurs : autant de questions qu'ils ont contribué à poser de manière exemplaire.

Les Molex, pris par leur combat, ne l'ont pas mesuré sur le coup. Ils ont pu se rendre compte maintenant que ce n'était pas qu'un encouragement amical lorsque qu'alors je le leur disais. Je leur ai déjà dit aussi l'honneur et la fierté que ça a été pour moi de partager un bout de ce chemin avec "des gens debout". Je voudrais ici de nouveau leur rendre hommage, à ma manière, avec quelques souvenirs de ces trois années. Partiels, et subjectifs, tels qu'ils me reviennent.

Octobre 2008, l'annonce, et peu après la visite de Bernard Thibault devant et dans l'usine. Les projecteurs braqués sur "le cas d'école", La Dépêche du lendemain titrant "le dossier Molex à l'Elysée". Le temps du coup de massue, et de l'espoir qui nait de la lutte qui s'organise.

Novembre 2008, le pont sur le Tarn qui tremble sous l'impressionnante manifestation à Villemur. Des manifestations, il y en aura beaucoup où on verra les MOLEX en tête des cortèges, parfois avec les FREESCALE ou pas loin des CONTI. Les célèbres blouses connues partout en France, en Europe, et même jusqu'aux Etats-Unis. Des réunions à l'usine, pour ce qui me concerne, beaucoup aussi. Dans le minuscule local syndical souvent enfumé, mais où il faisait si bon pour la chaleur qu'on y recevait à chaque fois. Dans la salle du CE, multiples réunions, avec des responsables cgt qui ont traversé la France pour cela, avec des chercheurs ou les experts du cabinet Syndex pour réfléchir aux perspectives, que d'énergie aussi à discuter à l'écart des caméras.

IMG_0762.JPGNoel 2008, la tente qui se monte devant l'usine, juste avant les congés. De congés, point, pour les salariés qui se relaieront pendant deux semaines. Manifestations de solidarité très importantes, ça ne fera que commencer.

Avril 2009, ça se tend. Coup de colère devant la découverte de la préméditation de la fermeture et de la duplication secrète de l'usine aux Etats-Unis, les dirigeants retenus (en douceur, n'exagérons rien), médiation de la direction du travail, et coup de tonnerre avec l'assignation au Tribunal de Denis Parise, secrétaire du CE, pour séquestration. Molex qui méprisait souvent la loi française n'a d'ailleurs jamais hésité à saisir la justice, parfois de manière inédite, comme en attaquant le cabinet Syndex au motif qu'il mettait trop de temps pour remettre son rapport au CE ! Mobilisation immédiate en soutien, audience marquante où le procureur, fait rare au civil, s'était déplacé en personne pour dire combien était punissable la séquestration, et où Jean-Marc Denjean, avocat du CE de Molex, plaide pour la première fois que les voyous ne sont pas ceux qu'on accuse. Médiation ordonnée en Préfecture le soir même. Atmosphère étrange, séance surréaliste à laquelle j'assiste avec Xavier Petrachi pour les structures départementales et régionales cgt. Marcus Kerriou, dirigeant de Molex, prend une toute petite voix fatiguée mais ne veut rien céder, tellement que le Préfet en vient à s'énerver. Tension palpable sous les ors de la République. Minuit passées à la sortie place Saint-Etienne, plus de métro, une journée éprouvante, comme il y en aura bien d'autres.

Mai 2009, le PSE, disons le plan social (car Plan de Sauvegarde de l'Emploi, j'ai du mal ...), le PSE donc est suspendu. Bravo, me diront le soir des élus socialistes à une réunion le soir, comme si c'était moi qui l'avait obtenu. Mais alors ? Victoire, oui, mais ça n'a en rien empêché la suite. Voilà pourquoi je suis convaincue qu'il ne faut pas se contenter d'agir en aval avec des procédures, toujours longues. Mais en amont, sur les causes.

IMG_0117.JPGJuin 2009, en train de Montauban à Paris, jusque devant Bercy. La rencontre de la dernière chance, disaient certains, pour trouver une solution, un repreneur, oui ou non. Convivialité et inquiétudes. Actions et doutes. Au final, que de paroles de ce gouvernement, pour un dossier traité en réalité à la hache, parfois en prenant les salariés en traitre.

Juillet 2009, la grève illimitée devant l'usine. La 2e visite à Villemur de Bernard Thibault, sous le soleil. La réunion aux Greniers du Roy, où on parle des perspectives, incertaines. L'avenir donnera raison à ceux qui craignaient le pire.

IMG_0351.JPGAout 2009: encore le tribunal, des délégués assignés pour blocage. Les salariés votent la reprise du travail, mais ne pourront plus jamais rentrer dans leur usine, à part pour aller chercher leurs affaires une fois licenciés. Car voilà cette armada de vigiles devant la barrière, qui en empêchent l'entrée. Le motif : quelques oeufs lancés un soir, un coup de colère bien exploité. Pourtant, la justice dira qu'il n'y a pas lieu de fermer, l'inspection du travail fera des constats... Mais si à Freescale le Préfet envoya les CRS contre des salariés en colère, jamais il n'envoya quiconque dégager un accès qui aurait dû rester possible. Pire, en pleine Préfecture, ce sera Molex qui imposera sa  loi, obligeant par exemple l'expert du CE à aller dans une salle voisine.

Septembre 2009 : le repreneur enfin connu : HIG, un pur investisseur, quelques dizaines d'emplois seulement, et la menace de Molex, bien aidé par l'Etat, pour que les salariés acceptent le PSE. Soirée marquante devant l'usine. Les délégués qui reviennent de la Préfecture. Fatigués, sous pression depuis des jours et des mois. Chaque syndicat s'exprime. Le vote, à bulletins secrets, dans le silence. Le résultat : la majorité accepte, le pistolet sous la tempe. 11 mois de lutte qui se finissent. Les uns repartent en Préfecture pour négocier ce fichu PSE, les autres restent, ambiance d'enterrement, larmes, sms, même les journalistes sont effondrés. Le lendemain, Assemblée Générale devant l'usine, dernière réunion dans le local, avant de très beaux et dignes discours. Mais la mort dans l'âme et les yeux embués.

IMG_0207.JPGSeptembre 2009, peu après, le 1er concert, sur le parking à côté de l'usine. Moments chaleureux malgré tout. Moments d'émotion, quand nous revoyons à l'écran le montage de toutes ces photos. Pour ceux qui ont vécu ces instants, une page se tourne, douloureusement. Moment déplacé aussi avec la venue de Jean-Luc Mélenchon, qui parle comme un apparatchik, sans savoir à qui il s'adresse, des accords électoraux pour les régionales.

Octobre 2009, journées parlementaires du PS à Toulouse. J'y accompagnais Denis et Guy, qui ont parlé en commission. Cela a marqué les esprits, au vu des interventions ensuite en plénière. Peut-être une petite pierre pour une prise de conscience sur les problèmes de l'industrie. Guy disant : "tout le monde ne pourra pas devenir ingénieur". J'aimerais que le parti socialiste soit imprégné de ces réalités, que certains connaissent bien, pas de caricature, mais que beaucoup trop ignorent ou méconnaissent.

Mars 2010, le ministère autorise le licenciement des délégués, contre l'avis de la direction du travail. Un scandale et une contradiction de plus du gouvernement.

Avril 2010, les dirigeants de Molex au tribunal. Cette fois, Molex est sur le banc des accusés pour entrave au Comité d'Entreprise de 2007 à octobre 2008, et au pénal. Une audience très impressionnante. Devant le tribunal, sandwiches et boissons, les forces avant la bataille, la fraternité une nouvelle fois avant d'affronter la justice. Imaginez ces salariés licenciés au final, dans ce contexte que chacun a trouvé scandaleux, en train de chercher un autre travail ou désespérant d'y arriver, revenir alors chercher justice, mais aussi de nouveau confrontés à ce gâchis et tout ce que ça fait remonter de colère. La direction de Molex qui arrive. Ils ne passeront pas devant nous, mais les voitures, avec les gardes du corps, comme tout au long du conflit, iront faire le tour, sous les huées, pour entrer de l'autre côté.  Dispositif habituel, CRS nombreux à l'entrée des grilles, qui filtrent les entrées. Les places sont chères. Dans la salle d'audience, après la cohue bon enfant, le silence. Devant, Jean-Marc Denjean, avocat du CE. Les élus et les salariés derrière, les bancs sont pleins de ce côté, et sur une bonne part de l'autre travée, là où je trouve une place. De l'autre côté, les prévenus sont là, sous les flashs de la presse avant que l'audience démarre. William Brosnan, ex co-gérant de Molex Villemur, et son interprète puisqu'il ne parle pas français, et Philippe Fort, ex directeur général de Molex Villemur et à ce titre ex-président du Comité d'Entreprise, avec leurs avocats. Assis un peu derrière, Marcus Kerriou, et pas loin, son garde du corps toujours. Il n'est pas prévenu, puisque la plainte porte sur l'entrave avant l'annonce du plan social et son arrivée. La presse sortie, le silence est pesant, c'est comme si l'air pouvait être découpé au couteau tellement la tension est perceptible. Le fond de l'affaire, c'est que le CE soit informé et consulté suffisament tôt et non mis devant le fait accompli. Les avocats de Molex essaieront de faire jouer la procédure. Ils jouent l'irrecevabilité : il n'était pas anodin que la décision du ministère sur les licenciements des élus tombe si vite, et leur licenciement par Molex le même jour. Les élus CE sont licenciés, donc plus de CE, donc le CE n'est plus fondé à intervenir ! Mais le procureur indique le bien fondé de la demande initiale, l'audience se déroulera donc. On y entendra parler de ce fameux pacte de confidentialité, découvert pendant l'enquête pénale, qu'un certain nombre de cadres de Molex ont signé. Contre rémunération promise après la fermeture, ils se sont ainsi engagés à ne rien dire des projets de Molex. A l'audience, le juge cite les incroyables auditions par la police de plusieurs salariés et des accusés, révélant toute cette organisation méticuleuse pour préparer la fermeture. Mais un groupe qui se réunit avec achat du silence, c'est une mafia ! plaidera l'avocat Denjean. La réquisition du procureur était claire et nette. Les deux dirigeants seront condamnés. 6 mois de prison avec sursis, ce n'est pas rien. Reste que la grande Molex qui depuis les Etats-Unis a pris les décisions n'a pas encore été inquiétée.

molex pref 6avril2010Septembre 2010, liquidation judiciaire. Apprise presque par hasard, les délégués constatant un trou sur les feuilles de paye. Molex se dégengage de tout. L'état prend en charge certains financements, à travers diverses structures. Quant à se retourner contre Molex ou faire le nécessaire par exemple vis à vis des constructeurs français, c'est à ce jour une autre paire de manche.

Septembre 2010, le concert a lieu dans un parc à Villemur. Concert de lutte, avec les Grandes Bouches, et des délégations d'autres entreprises. Un CDROM offert gravé avec "La MOLEX", que souvent j'écoute. Et surtout les mots d'Armando Robles, syndicaliste américain, racontant leur occupation d'usine (filmée par Michael Moore dans  «Capitalism : A Love Story»). Le matin, les Prudhommes, pour déposer plainte des 198 salariés contre Molex pour licenciement abusif (toujours pas plaidée, Molex vient de demander un report, l'audience se tiendra début 2012). Le soir, ces mots sonores qui résonnent en espagnol dans la nuit de Villemur, ces moments partagés avec quelques salariés et journalistes au local de l'Association des Molex, une photo avec le casque d'Astérix, c'est ça aussi la solidarité internationale.

Décembre 2010, le film "Les Molex, des gens debout" projeté en avant-première à Villemur. Il a fait beaucoup découvrir, c'est une oeuvre utile, et sincère. Je l'ai dit à José Alcala, comme je lui ai dit ma déception de tout ce qu'il n'y avait pas dans son film : l'organisation du combat, les manifestations, les séances au tribunal, les victoires. Beaucoup d'émotion néanmoins ce soir là, et aussi de colère, car le débat politique n'était pas au niveau des enjeux.

IMG 1680Avril 2011, la commission de suivi de revitalisation, à Villemur, dans les locaux de VMI (Villemur Industries). Car tout de même, il reste une activité à Villemur. Lors de la dernière réunion à la Direction du Travail, la semaine dernière, le constat est là : 13 salariés à MIES, qui fait de la R&D, et 51 salariés à VMI, qui continue sur place l'activité de production, avec une baisse petit à petit de la part de Chiffre d'Affaire assurée par Molex, la préparation de la suite. Mais avec difficultés et pas mal de brouillard. Et n'oublions pas, Molex Villemur, avant, c'était des brevets, des machines, un savoir-faire, et 283 salariés. Malgré tout, la visite de VMI a été un moment fort. C'était la première fois, depuis longtemps, que nous revenions à l'intérieur de l'usine, pour moi, comme pour Denis Parise et Guy Pavan. Drôle d'effet, un peu d'appréhension, le coeur gros je crois, tous trois ensemble nous sommes rentrés. Réunion de bilan, on aperçoit la grande salle, bien vide par rapport à avant, mais on entend le bruit des machines. Sans cette lutte déterminée, il n'y aurait plus rien, c'est certain. Puis, nous descendons, pour une "visite". Pas besoin d'explications, mais les visages connus de salariés, si contents de voir ici Guy et Denis. Il y a le vide, les presses à l'arrêt, mais aussi ce qui tourne, les produits qui sortent. Moment très particulier, d'où je sors malgré tout plus contente qu'en entrant, mais au fil des bâtiments, avec tous ces souvenirs qui reviennent, comme un goût amer.

Comment a-t-on pu laisser des patrons voyous dépecer impunément cela ? Je ne le digère toujours pas.

Et après ? Impossible pour l'avenir de se contenter de compassion. Si la gauche gagne en 2012, elle devra agir pour éviter les futurs Molex. Et surtout qu'on ne me dise pas qu'il faudra être prudent, qu'on ne peut pas affronter la mondialisation et la finance seuls contre tous. Que ceux là aillent donc à Villemur-sur-Tarn, avant que la moitié du site ne soit bientôt rasé, pour voir ce que ça veut dire dans les faits. Il ne s'agit pas de tout promettre et ne rien tenir. Il s'agit de tenter de s'attaquer aux causes au lieu de ne chercher qu'à atténuer les conséquences.

"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent", écrivait Victor Hugo. MERCI et BRAVO donc aux MOLEX et à tous ceux de leur trempe pour faire vivre ces mots. C'est leur honneur que de s'être ainsi battu. C'est un devoir d'en parler et de travailler pour que cela soit encore utile.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 12:00

courge_spaghetti.jpgAprès l'activité des primaires, une petite pause faisait du bien, avant de passer à la suite.

Samedi dernier, actualité télé, pour une fois. Le matin, en terre toulousaine encore plus qu'ailleurs, avec la finaleu de ruguebi. 8-7, un excellent dernier match malgré les difficultés pour démarrer le parcours des qualifications, une défaite dont on sent bien qu'il n'a pas manqué grand chose pour qu'elle ne devienne victoire, la fierté de ce qui a été accompli, et l'envie de construire sur cette base pour l'avenir. Ca me rappelle un certain 17 % de premier tour...

L'après-midi, j'ai regardé le début de la convention d'investiture (faut pas pousser non plus, si je ne suis pas allée à Paris, ce n'est pas pour tout suivre devant mon écran alors que c'était quasiment l'été dehors). Elle a vu la page des primaires se tourner définitivement et François Hollande devenir officiellement notre candidat. J'attendais, comme beaucoup, un tel déroulement basé sur le nécessaire rassemblement. Pour gagner face à une droite qu'il ne faut jamais sous-estimer dans une élection, et une extrême-droite en embuscade dans des temps de crise qui sont pour elle un terreau exceptionnel, quel autre choix que le compromis pour avancer ? Peut-être les leçons de 2002, puis de 2007, ont-elles été enfin tirées. Certes, les ressentiments et les enjeux de pouvoir n'ont pas disparu. La politique n'est pas, plus que le reste, le monde des bisounours. Mais enfin, tout le monde, à part peut-être monsieur Copé, a reconnu tout de même que, malgré quelques dérapages et excès finalement anecdotiques, ces primaires ont été de haute tenue. J'espère que la campagne à venir sera de même niveau, dans un genre forcément différent.

En tout cas, les images de samedi dernier allaient dans le bon sens. J'ai regretté simplement qu'Harlem Désir ait dû laisser son mandat de premier secrétaire intérimaire aussi vite, dès le soir du vote. Son travail et la belle manière dont il l'a mené ont été largement apprécié, me semble-t-il. Il aurait été élégant qu'il puisse clore cette période différemment. Mais passons. Passons aussi sur quelques dénis de réalité. Pourquoi, chère Martine, après avoir cité tous les ex candidats séparemment, mettre "Manuel et Arnaud" ensemble dans un même sac, celui de ces petits jeunes qui ont défendu leurs convictions avec cohérence ? Pourquoi valoriser la réussite des primaires, en évitant soigneusement certains noms ? Cela a donné aux suivants l'occasion de remettre les choses à leur place. François Hollande a fait un résumé assez juste. Ces primaires, a-t-il dit, nous les devons "d'abord" à ceux qui en ont eu l'idée, "Arnaud, et d'autres", à ceux qui les ont acceptées ("de bon ou de mauvais gré, pour être parfois le bénéficiaire de l'entreprise" a-t-il précisé avec un certain humour), aux sympathisants qui ont tenu les bureaux de vote, à la direction et Martine Aubry première secrétaire qui les ont engagées, à Harlem Désir qui  les ont menées à bien. Et voilà. A part ça, Martine Aubry était très souriante et a dit aussi qu'elle sonnait la mobilisation générale derrière François Hollande. On peut comprendre un peu de ressentiment, espérons le provisoire.

Chacun des ex candidats est intervenu à la fois pour dire son engagement derrière le candidat Hollande et rappeler ses thèmes propres. A l'applaudimètre, c'est Montebourg qui gagne, avec un discours ancré à gauche conforme à sa campagne, selon Roland Cayrol qui analysait sur LCP. Ca fait plaisir - en même temps que fleurir quelques regrets... "Arnaud a installé dans la campagne des thèmes forts, qui m'ont enrichi", a dit François Hollande. C'est pourquoi, maintenant, il importe de s'attacher à ce que ces thèmes forts ne soient pas oubliés, et au contraire, qu'ils vivent encore plus forts.

Le bilan passe aussi par celui de l'entre-deux tours, qui n'a pas été le moment le plus simple, puisque celui d'un choix qui pour beaucoup d'entre nous n'était plus celui du coeur. Mais de la raison et de la confrontation à un réel insatisfaisant, mais ... réel. Comme il l'a fait à chaque étape, Arnaud Montebourg a expliqué ses choix : c'est la lettre à celles et ceux qui m'ont fait l'honneur de me soutenir. On partage ses choix, comme moi, ou pas, mais quoi qu'il en soit, n'est-ce pas tout de même une belle lettre politique ?

Et pour finir avec les bilans, ce n'est pas du copinage car je ne le connais pas, mais je vous invite à lire l'article de bilan sur le blog de Graoum, dit avec d'autres mots, une réflexion de l'intérieur en quelque sorte.

Mais bon, passons à la suite.  Ce sera d'abord la campagne, qu'il faudra mener avec ténacité.

Ce sera aussi, pour ce qui me concerne, poursuivre pour continuer à faire progresser les idées qui ont fait un tel bond dans cette campagne des primaires, parce qu'Arnaud Montebourg les a portées avec brio, sans doute, mais aussi parce qu'après toutes ces années de réflexion en vase un peu clos, elles étaient mûres pour rencontrer plus largement les citoyens et prendre une place centrale dans le débat public.

Alors, après parfois des temps de découragement avec le sentiment d'être toujours minoritaire, ce n'est pas au moment où un grand pas a été fait qu'il faudrait abandonner. Arnaud Montebourg a annoncé dans le Journal de Saone et Loire la création d'un mouvement politique pour la Nouvelle France. Débat d'idées, université populaire, revue, formation... Il y aura beaucoup à faire. Mais il se trouve que beaucoup d'entre nous sont déjà décidés à continuer à agir. Ce mouvement s'adresse aux militants socialistes mais aussi à tous les citoyens qui seraient intéressés par ce chemin là. Vous avez envie de participer ou au moins d'en savoir plus ? Prenez contact ! A travers ce blog si vous habitez la Haute-Garonne ou Midi-Pyrénées, sur les sites nationaux d'Arnaud Montebourg ou "Des Idées et des Rêves" sinon. A bientôt ?

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 13:17

Pourquoi fermer une unité de fabrication, qui produit aujourd'hui 8200 pièces par semaine, alors qu'elle en produisait 1500 à l'annonce du plan social et que ce même plan tablait sur une prévision de 3000 ?

Pourquoi licencier 821 salariés alors qu'on emploie massivement des intérimaires (585 en juin dernier, entre 400 et 500 en moyenne depuis des mois) ?

Pourquoi accepter un tel impact sur le bassin d'emploi toulousain (Freescale, avec ce 4e plan social ce serait 1300 emplois directs supprimés, sans compter les emplois induits) alors que l'entreprise dégage des bénéfices, que ce soit au niveau du groupe ou pour le site de Toulouse ?

Pourquoi accepter la fragilisation de toute la filière des semi-conducteurs en France en faisant une telle croix sur Midi-Pyrénées, elle-même fragilisée par le poids trop fort de la mono-industrie autour de l'aéronautique, alors que les besoins sont là et les technologies d'avenir ne demandent qu'à être développées ?

TLT (Télé Toulouse) était là jeudi dernier devant FREESCALE pour la conférence de presse.

 

 

Et aussi :

- l'article de La Dépêche : Pour les syndicats, la fermeture ne se justifie plus

- le site de la CGT Freescale

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 20:46

primairesBVP.JPGEt voilà, ça, c'est fait.

Après des mois de préparation, de longues semaines de débats (interminables dit la droite qui a compris un peu tard ce qui se jouait), en deux tours de scrutin, au final, plein succès pour ces primaires inédites. Un candidat a été désigné, légitimé par un processus démocratique transparent et moderne, par une participation très importante et un score net et incontestable.

De la journée d'hier, je retiens encore la bonne ambiance qui régnait dans les bureaux de vote. Peut-être y avait-il quelque stress dans les états majors, mais sur le terrain, entre militants, aucune tension, simplement peut-être l'envie d'en terminer et de passer à la suite, ce qui est bien compréhensible après tout ce temps passé.

Je retiens aussi le moment où, sur l'écran géant à la Fédération, nous voyons la déclaration claire et nette de Martine Aubry. Silence dans la salle et applaudissements, mérités, pour saluer cette intervention. Puis tous les candidats rassemblés autour de François Hollande. Quelques discussions animées dans la salle, mais rassemblement sera le mot de la soirée. Car maintenant, tout reste à faire.

Comme nous venons tout de même de vivre un évènement majeur, quelques images en souvenir de ces moments dans l'album photo.

Et toujours, tous les résultats, détaillés par département et bureau de vote, en ligne sur le site national ici.

 

Résultats de la Haute-Garonne (213 Bureaux de Vote des Primaires)

Votants : 83 923 (pour mémoire, 81 158 votants au 1er tour)

Blancs & Nuls : 739 voix

François Hollande : 47 812 voix - 57.48%

Martine Aubry : 35 372 voix - 42.52%

 

BVP de Lanta (pour Aigrefeuille, Saint-Pierre-de-Lages, Lanta, Bourg-Saint-Bernard, Vallesville)

Votants : 311

Blancs & Nuls : 1

François Hollande : 195 voix - 62.9%

Martine Aubry : 115 voix - 37.1%

 

BVP de Tarabel (pour Sainte-Foy d'Aigrefeuille, Lauzerville, Tarabel, Préserville, Aurin)

Votants : 383

Blancs & Nuls : 3

François Hollande : 214 voix - 56.32%

Martine Aubry : 166 voix - 43.68%

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 14:53

Nous voilà donc à l'heure du dernier choix.

Depuis dimanche, beaucoup d'interrogations, et, malheureusement, beaucoup trop d'énervements, stériles, et dangereux. Restons calmes et n'oublions pas l'objectif fondamental de ces primaires : permettre aux citoyens de gauche de choisir librement le candidat pour battre Sarkozy, la droite, et l'extrême droite, en 2012.

Je fais partie de ceux qui ont soutenu la candidature d'Arnaud Montebourg, à un moment où il ne pesait pas grand chose, et où il était plus confortable de faire d'autres choix. C'était le choix de mes convictions, le choix des idées et des rêves.

Je suis fière, comme socialiste, de notre première victoire collective : celle de l'appétit pour la politique que ces débats ont reveillé, celle de la participation du premier tour qui marque le niveau des espoirs à gauche.

Je suis fière, comme socialiste rénovatrice de longue date, de notre deuxième victoire : celles des idées, hier ignorées ou combatues, et qui aujourdh'ui ont fait un tel chemin, dans la population et au sein même du Parti Socialiste, que les deux finalistes ont dû, tous deux, les entendre et faire un pas vers elles.

Ces idées ne sont pas solubles dans un score, aussi bon soit-il. Nous aurons à coeur de continuer à les faire vivre, avec ceux qui voudront bien y contribuer.

A la veille du second tour, je constate, comme beaucoup l'ont souligné, que ni les expressions de l'entre-deux tours, ni les réponses écrites de Martine Aubry et de François Hollande, n'ont permis de faire émerger une significative différence de fond entre ces deux candidatures.

C'est pourquoi j'apprécie la position d'Arnaud Montebourg, consistant, après avoir donné la possibilité à chacun d'éclairer les choix, à ne pas donner de consigne de vote, tout en exprimant son choix personnel reposant sur un critère de rassemblement. C'est respecter celles et ceux qui ont voté pour ce qu'il portait, tout en prenant ses responsabilités. Je vous invite à lire l'interview dans Le Monde où il explique sa position.

Mon appel, pour dimanche, est simple : votez nombreux, pour donner au résultat une ampleur indiscutable. Et votez en citoyen, faites votre choix en conscience, et dans le respect des autres.

Le communiqué des soutiens hauts-garonnais d'Arnaud Montebourg est à lire ici.

Et pour mémoire : où trouver votre bureau de vote des primaires.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 21:27

rosesprimaires.jpgDimanche soir, ce sera la fin d'une séquence politique inédite, qui a passionné le pays, entrainé à gauche, exaspéré à droite. Avant que s'ouvre celle, plus classique, des longs mois avant la présidentielle qu'on espère de l'alternance, revenons un peu sur ces moments.

Comme il semble loin, le temps où un certain Montebourg, rénovateur minoritaire, proposait ces primaires à un parti où il se heurtait à indifférence, doutes, ou hostilité.

Finalement, ces primaires ont fait parti du projet de rénovation voté par les militants, devenant ainsi l'affaire de tout le PS.

Beaucoup de travail pour le national, les fédérations, des militants. Beaucoup de temps avant qu'on n'entre dans le vif du sujet, et, peut-être, que le Parti prenne la dimension de ce qu'il fallait faire. Beaucoup d'interrogations encore récemment dans les sections. Normal, c'est une révolution pour certains qui se sont sentis un peu dépossédés. Et aussi, une énorme logistique à mettre en place, et une première.

Mais quel résultat à ce stade !

Des débats passionnants et très suivis, une participation massive, des surprises ...

Dimanche dernier, pour le 1er tour, j'ai passé ma journée d'un bureau de vote à l'autre, comme déléguée départementale du candidat Montebourg. Incroyable journée, vraiment réconfortante. De Lanta à Villemur, de Montastruc à Grenade, de Bessières à Fronton, de Balma à Saint-Orens, de Verfeil à Castanet, partout, la même ambiance, affairée et joyeuse. Le matin, déjà, affluence inattendue. Déjà ici on appelle la Fédé pour demander du stock supplémentaire de bulletins. Ici une file d'attente dans le bureau, on se croirait un jour de vote républicain normal. Là des présidents inquiets, le numéro audiotel ne marche pas. Ici un problème d'inscrits sur les listes qui apparait, les consignes arrivent, les messages passent, les gens patientent, vraiment, les citoyens ont envie de voter. Pas de tension, que du bonheur démocratique. Quelque chose s'est levé, c'est sûr.

Dimanche soir, dès 19h, nous sommes quelques uns à la Fédération. Dans le bocal, la commission de récollement des votes, le sanctuaire est gardé. Les autres, dehors. Premiers résultats par sms, de petites communes : 1,2,3,4, l'ordre est le même, les pourcentages de même ordre. On va faire un gros score, ça se sent. La salle se remplit, les résultats arrivent, similaires. Puis à l'écran, ça se confirme au national. Première intervention, celle d'Arnaud Montebourg, rayonnant, et nous avec, dans un silence religieux.

 

On sent certains bien embétés, avec ce fou furieux de Mont'bourg, comme pourrait dire Copé... Certains contents, quel qu'ait été leur vote, sincèrement, ou moins. Qu'est-ce qu'on nous aime ce soir !!! Martine va-t-elle dire 6e république avant que François ne dise démondialisation ? ou l'inverse ? On s'amuse aussi entre soutiens de M ou F ...

Et maintenant ? m'écrivent alors en coeur un certain nombre de camarades en même temps qu'ils disent bravo.

Lundi soir, CDOP (Comité Départemental d'Organisation des Primaires). Longue réunion d'analyse des difficultés du 1er tour. Il y a encore du travail pour le dimanche d'après. Et ceux qui ont été sur le pont de 8h du matin, pour tout installer avant l'ouverture, jusqu'à pas d'heure le dimanche, pour faire enregistrer leurs résultats, seront de nouveau là dimanche ...

Retour trop tard pour voir l'intervention tant attendue sur France 2, de l'homme aux 17 %. Depuis la veille, ça discutait. Réunion des mandataires et du conseil de campagne lundi après-midi. Dans les territoires, nous avions pris la température et donné notre sentiment.

 

Mardi, manifestation contre les plans d'austérité. Dans le cortège toulousain, autour de moi, on discute beaucoup politique, ce qui n'est pas si fréquent. On y parle de la fameuse lettre juste publiée, on en apprécie le principe. N'en déplaise aux impatients, la primaire, ce n'est ni un congrès ni une investiture. Ce sont des ciyoyens qui votent, et ils sont contents d'être pris pour des êtres capables de raison et non des moutons.

Et maintenant ? Enfin, Aubry, quand même, c'est ta proximité naturelle, tu ne peux pas voter Hollande... Enfin, Hollande, quand même, c'est lui qui a la capacité à rassembler et il est en tête, il faut donner à notre candidat l'élan d'une large majorité ...

Oui mais bon, moi, mes camarades, j'attends le débat, et j'attends les lettres en réponse à celle-ci. Martine Aubry dit qu'elle ne changera pas et semble surtout agacée. Je ne peux me contenter qu'on me dise que son projet est montebourgo compatible à 90%. François Hollande dit qu'il a entendu le message des électeurs d'Arnaud Montebourg mais pas grand chose de plus. Je ne peux me contenter qu'on me dise qu'on respecte et tient compte de mon vote.

Mercredi soir, le débat. Un peu d'appréhension, on sent bien que ça se crispe. Il ne faudrait pas gâcher ce succès par l'énervement de la dernière ligne droite. Débat très différent des précédents, et je l'avoue, parfois, j'ai un peu fait autre chose (ça tombe bien, il y avait une conférence de presse à préparer pour Freescale). Finalement, rien de bien méchant, encore un débat de bonne tenue. Plus technique, un peu trop à mon goût, mais enfin, encore une fois, on parle politique. Après le débat, j'ai regardé l'analyse sur LCP. Intéressant de constater que les journalistes soulignent finalement ce qu'on disait avant le 1er tour : pas de grande différence sur le fond entre les deux candidats, surtout des différences de tempérament et de style. "Dérange-t-on des électeurs pour une question de tempérament?"... Dommage, dommage, que 17% n'aient pas suffi... Thierry Mandon sur LCP s'agace des postures de formules : gauche molle ou gauche solide, c'est énervant, dit-il, car cela masque une réalité de ce 2e tour : le réel mouvement des deux candidats vers une gauche différente de celles qu'ils incarnaient tous deux au départ.

Et maintenant ? Les médias n'en peuvent plus, un candidat qui ne dit rien, mais alors quoi ?

Un mot sur Ségolène Royal, émouvante dimanche soir, élégante et politiquement forte ce soir pour dire à David Pujadas sa déception et les raisons de son choix politique.

Nous sommes jeudi. En plus du débat, nous avons deux réponses écrites, que chacun peut lire, ici.

Et maintenant ?

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 08:28

La lettre d'Arnaud Montebourg aux deux candidats du 2e tour des primaires est ici.

 

Ce mercredi soir, dernier débat, 20h35 sur France 2, avec France Inter et Le Monde.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 21:42

Déjà deux jours depuis le 1er tour des primaires. Que tous ceux qui m'ont écrit depuis dimanche et à qui je n'ai pas encore pu répondre ne m'en veuillent pas : mon silence n'est que la conséquence de journées et de soirées aussi chargées que prenantes !

Mais alors, quelle période !

D'abord, les résultats, maintenant qu'ils sont définitifs.

Un mot là-dessus, car certains ont pu s'étonner du temps pour y accéder. Mais ces primaires, c'est une grosse machine. C'est organiser une élection avec des règles démocratiques du même type qu'une élection républicaine, mais sans les services de l'Etat. Et par rapport à une investiture interne à laquelle tous les militants socialistes sont habitués, ce sont des règles différentes et supplémentaires, avec un tel souci de garantir la sincérité et la transparence du scrutin que de multiples précautions ont été ajoutées.

C'est pourquoi, si les résultats nationaux ont été disponibles dans la soirée, il a fallu quelque temps pour que les résultats de tous les bureaux de vote soient officiellement validés par la Haute Autorité des Primaires, en prenant en compte les différents éléments (PV papier, transmission sur numéro spécial autiotel, transmission avec le fameux stylo électronique) dont la concordance était vérifiée.

Je n'ai pas besoin de dire l'immense satisfaction devant le succès de ce scrutin, avec près de 2 millions 700 000 personnes qui se sont déplacées. Ni ma grande joie des 17% obtenus par Arnaud Montebourg.

En Haute-Garonne, c'est encore mieux : 18 % sur l'ensemble du département - ce qui veut dire des scores supérieurs à 20% dans un certain nombre d'endroits, notamment, mais pas seulement, dans l'agglomération toulousaine. Quand on sait, comme se plaisait à le souligner La Dépêche, la liste des soutiens des élus ou de l'appareil qu'affichaient François Hollande ou Martine Aubry, on mesure d'autant plus ce qui s'est exprimé dimanche.

Tous les résultats, détaillés par département et bureau de vote, sont en ligne sur le site national ici.

 

Résultats de la Haute-Garonne (213 Bureaux de Vote des Primaires)

Votants : 81 158

Blancs & Nuls : 332 voix

Arnaud Montebourg : 14 565 voix - 18% 

Martine Aubry : 23 752 voix - 29% 

Jean-Michel Baylet : 811 voix - 1% 

Manuel Valls : 4 658 voix - 6% 

François Hollande : 31 562 voix - 39% 

Ségolène Royal : 5 810 voix - 7% 

 

BVP de Lanta (pour Aigrefeuille, Saint-Pierre-de-Lages, Lanta, Bourg-Saint-Bernard, Vallesville)

Votants : 337

Blancs & Nuls : 1

Arnaud Montebourg : 72 voix - 21%

Martine Aubry : 83 voix - 25%

Jean-Michel Baylet : 1 voix - 0%

Manuel Valls : 20 voix - 6%

François Hollande : 147 voix - 44%

Ségolène Royal : 14 voix - 4%

 

BVP de Tarabel (pour Sainte-Foy d'Aigrefeuille, Lauzerville, Tarabel, Préserville, Aurin)

Votants : 404

Blancs & Nuls : 1

Arnaud Montebourg : 77 voix - 19% 

Martine Aubry : 122 voix - 30% 

Jean-Michel Baylet : 4 voix - 1% 

Manuel Valls : 20 voix - 5% 

François Hollande : 159 voix - 39%

Ségolène Royal : 22 voix - 5%

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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