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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 16:33

C'est ce vendredi matin, alors que j'étais à Liehberr Aerospace à Toulouse pour une réunion syndicale, que nous avons appris la bonne nouvelle :  Airbus a été condamné en appel pour discrimination raciale à l'embauche.
Froul Louzaï a travaillé à Airbus, sur le site de Saint-Eloi à Toulouse, comme intérimaire. Il a saisi la justice pour discrimination raciale, accusant Airbus de ne pas l'avoir embauché à l'issue de plusieurs périodes d'intérim au seul motif de son origine.
Il est soutenu par la CGT, ainsi que par la Halde, qui a plaidé devant le Tribunal, ce qui est significatif. La Halde en effet procède à une enquête approfondie et ne s'engage de cette sorte qu'assez rarement. C'est dire si le dossier est solide autant que d'importance, au delà du seul cas de Froul Louzaï.
C'est donc une bonne nouvelle pour la lutte contre les discriminations de manière générale, et notamment à l'embauche.
C'est bien sûr aussi une bonne nouvelle pour lui et ceux qui se sont engagés à le soutenir. Il me revient en mémoire ce jour où nous nous sommes trouvés à manger quelque part à Toulouse, après une réunion syndicale à la Bourse du Travail, avec des camarades de la cgt Airbus et Froul Louzaï. Cela devait être fin 2008 (et oui les procédures juridiques sont scandaleusement longues) et ils venaient d'apprendre une précédente décision défavorable, aux prud'hommes sans doute, je ne me souviens plus exactement. Mais je me souviens que la gorge était serrée.
Il y a des dossiers qui sont plus difficiles que d'autres à faire reconnaître devant la justice. Tout syndicaliste le sait et se doit d'en avertir tout salarié qui va au tribunal. Mais malgré tout, quand on est certain de son bon droit au point d'engager de telles démarches, il est très dur d'entendre les arguments qui sont opposés et très dur de ne pas gagner.
Vous trouverez plus d'informations sur l'historique du dossier sur le site de la CGT Airbus, rubrique discrimination - c'est encore tout frais pour y trouver ces dernières nouvelles mais cela viendra aussi probablement sous peu.
Le communiqué de la CGT Airbus et de la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie CGT est en ligne ici.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 22:31

horizonneigeux.JPGCertains en doutaient, mais ça y est, elle l'a fait : en Languedoc-Roussillon Hélène Mandroux a déposé sa liste au nom du Parti Socialiste, contre Georges Frèche.
Il n'y a pas eu d'accord avec les écologistes. La campagne s'annonce mouvementée.
Georges Frèche était déjà exclu du PS, mais aujourdh'ui la pression est mise, doucement, tout doucement, sur les socialistes qui se présentent sur sa liste.
On n'a pas fini de rire, jaune probablement.
Dans les réseaux militants, comme dans la presse, tout cela fait beaucoup causer. Sur la Coopol, le réseau social du PS, on ne compte plus les groupes anti-Frèche, mais aussi les groupes pro-Frèche. Les uns parlent d'honneur et de valeurs, les autres crient au scandale en invoquant le sacro-saint "respect du vote des militants", dans une querelle régionaliste contre les parisiens de Solférino.
Je suis bien entendu du côté des premiers. Je m'étais désolée ici de la position mi-chèvre mi-chou prise en décembre, saluant la voix alors un peu seule d'Arnaud Montebourg qui depuis longtemps s'est clairement positionné, et avec constance, contre le système Frèche. La décision de la direction nationale vient à mon avis un peu tard, à tous points de vue, mais elle est là, et donc bienvenue. La dernière déclaration de monsieur le président de région, si elle n'a pas été la pire de toutes, vient surtout après x autres, souvent un peu "borderline", parfois tout à fait, donc au final, clairement à côté. Cela a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Martine Aubry est montée au créneau comme il fallait. Ouf, et re-ouf. Et bon courage à Hélène Mandroux et à celles et ceux qui la soutiennent.
Cela dit, cette affaire, et la manière dont elle a été menée jusqu'ici, remet sur le tapis en effet la question de la démocratie interne.
A vrai dire, j'en ai un peu assez du "respect du vote des militants" mis à toutes les sauces. Nous l'avons entendu, à en devenir sourds, après le référendum interne sur le Traité Constitutionnel Européen, après que Laurent Fabius, et quelques autres, aient défendu le "Non" à l'opposé du vote du Parti... mais à l'identique du vote du peuple. J'avais alors pour ma part fait parti de ceux qui, ayant voté non, avaient choisi de ne pas faire campagne politique pour ce non, pour respecter le oui des militants, à mon grand désespoir. Mais impossible de distribuer un tract appelant à voter "Oui" quand on pensait profondément "Non". Certains ne l'avaient pas compris, confondant, à mon avis, l'attitude du démocrate et celle du bon petit soldat. Car si, dans une primaire présidentielle, on peut choisir un candidat, puis faire campagne pour un autre qui, étant du même parti, défendra peu ou prou les mêmes idées, comment défendre honnêtement une idée qui est à l'exact opposé de sa conviction profonde ?
D'ailleurs, au parlement, si une discipline de groupe est demandée, ce qui me semble normal puisqu'un parlementaire est élu sous une étiquette, la liberté de vote et la clause de conscience existent aussi.
Nous entendons aussi parler du "vote les militants" quand une décision d'un certain niveau se heurte au choix d'un autre niveau. Est-il normal que de bureaux parisiens en effet on décide à la place des militants locaux ? Souvent, on répond non. Mais quand il s'agit pour une Fédération de mettre son nez dans les affaires d'une section qui dérive, on trouve cela normal. Quand il s'agit d'un parachutage susceptible de faire gagner une élection, on réfléchit. Quand il s'agit de respecter des accords d'alliance, on râle, mais on fait avec. Quand il s'agit de tenter d'imposer un peu plus de parité ou de diversité à des endroits réfractaires, on proteste ou on trouve cela très bien, c'est selon.
Mais alors, si les militants de Languedoc Roussillon supportent le système Frèche, le Parti ne doit-il pas se préoccuper aussi de tous les militants de France à qui cela fait honte ?
Car enfin, il nous faut bien reconnaitre que le PS est un parti démocratique, certes, mais aussi parfois complètement sclérosé par des féodalités d'un autre âge. Les notables tout puissants, les cartes "alimentaires", les petits arrangements entre amis, voire entre ennemis quand il s'agit d'alliance temporaires de congrès ou d'enjeux de pouvoir, inutile de se masquer que c'est une réalité.
D'un point de vue théorique, c'est compliqué, car respecter le vote de militants dans un contexte peu démocratique, est-ce la démocratie, ou son contraire ?
Nous voilà donc condamnés, pour rénover ce parti, à affronter ces réalités, et donc à devoir accepter le fait que la théorie soit confrontée à des choix parfois complexes, pas toujours complètement cohérents, au cas par cas.
La pente est rude, mais la route est droite, comme disait Raffarin...

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 21:21

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La campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy avait marqué le retour, avaient dit les commentateurs, du volontarisme politique. Depuis, on a constaté surtout que les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Je ne laisserai pas faire ci !... Pas question de ça !... Les déclarations flamboyantes n'ont pas manqué. Les actes ont rarement suivi. A Gandranges, les salariés ont élevé une plaque à la mémoire des promesses non tenues d'un président qui s'était engagé sur l'avenir de l'usine.
Un exemple parmi d'autres, que j'ai vécu de près: le comportement de Christian Estrosi, ministre de l'industrie, et élève appliqué de la méthode du patron, dans le dossier Molex. Les déclarations ont parfois été tonitruantes. Il est allé jusqu'à menacer Molex de boycott. Tout ça pour en arriver à un accord de reprise en trompe l'oeil dans le dos des salariés. Fin décembre encore, le ministre se félicitait dans la presse d'avoir obtenu le règlement du problème sur le congés de reclassement. Car Molex, mesquin jusqu'au bout, fait des difficultés pour le paiement de l'indemnité de reclassement pour les ex Molex embauchés chez VMI, Villemur Industries, la nouvelle société issue de l'accord de reprise. En fait, il y a encore quelques jours, la question n'était pas du tout réglée et quelques pressions se faisaient jour, mettant dans la balance l'autre question non réglée, la prorogation des mandats des élus pendant la période de reclassement.
Bref, beaucoup d'agitation, peu de résultat. On peut regretter que beaucoup de journalistes se contentent de relayer les déclarations sans les mettre en perspective. Malgré tout, à force, cela va peut-être commencer à se voir ?

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:00
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Depuis une dizaine d'années, le réseau des AMAP (Association pour le Maintien de l'Agrigulture Paysanne) s'est développé en France. L'objectif : permettre le maintien de petites exploitations agricoles, en favorisant une agriculture non productiviste, pas forcément "bio" mais en tout cas respectueuse. Autrement dit, éviter de laisser mourir les petites fermes et de nourrir la population en faisant traverser la planète à des produits qu'on peut avoir à côté de chez soi, et de meilleure qualité à tous points de vue.
Le principe remonte aux Teiki japonais (littéralement "la nourriture avec la tête du fermier dessus") mis en place dans les années 60 comme alternative à une agrigulture qui recourait massivement aux produits chimiques. A partir des années 80, il s'est répandu aux Etats-Unis et au Canada, sous le nom du "fermier de famille". En France, c'est un couple d'agriculteurs de Provence, proches de la Confédération Paysanne, qui a créé la première AMAP en 2001. Depuis, le réseau s'est développé, avec le réseau des AMAP appelé Alliance, avec un très fort développement en Midi-Pyrénées.
Le système, alternative à l'économie classique, est un contrat de confiance entre "producteurs" et "mangeurs". Concrètement, dans l'AMAP dont je suis membre, le fonctionnement est basé sur contrat d'un an signé entre le producteur et chaque membre de l'AMAP. Le producteur est ainsi assuré d'un revenu fixe pour l'année. Il doit fournir chaque semaine un "panier", dont le contenu varie selon la saison, la météo, ... et les aléas. Le choix des légumes cultivés se discute avec le producteur chaque année (et chaque semaine car ça papote pendant les distributions!). La culture n'est pas bio, car le label est très contraignant, mais dans l'esprit : pas de pesticide, pas d'engrais chimiques,... En cas d'attaque massive de bestiole, les solutions non chimiques sont d'abord essayées. Si le problème persiste, le producteur demande aux adhérents de l'AMAP s'ils sont d'accord pour utiliser tel produit (avec le bio, c'est interdit, cela veut dire perdre la récolte). Notre producteur a sa ferme près de Montauban. Autour de l'agglomération toulousaine, tous les petits producteurs et maraîchers ont quasiment disparu. Les légumes frais sont ramassés le jour de la distribution. Le producteur est limité en nombre de paniers, lié à son exploitation et la taille de sa famille. Le réseau AMAP l'aide par des conseils, et favorise aussi la diversité des semences (ah, les multiples sortes de tomates anciennes!). La distribution des paniers se fait sans intermédiaire, le producteur amenant les caisses de légumes, les membres de l'AMAP s'organisant pour les répartir à tour de rôle.
Récemment j'entendais à la radio Cécile Duflot, interrogée sur le côté élitiste de la politique des Verts. Elle s'en défendait. Malgré tout, il y a parfois un côté Bobo dans certaines visions écologistes, collectives ou individuelles. Quand on voit le prix de certains produits "bio", on comprend vite que quand on est confronté aux fins de mois difficiles, on a d'autres urgences. Mais il n'y a pas nécessairement sélection par l'argent. Pour reprendre l'exemple de mon panier de légumes, depuis que nous nous fournissons ainsi, le budget nourriture a baissé. Sans doute en revanche faut-il avoir l'état d'esprit à se soucier de cela, et pas de savoir comment on va faire quand l'usine va fermer.
Je considère pour ma part que les deux urgences sont à traiter en même temps : l'urgence sociale, et l'urgence écologique (l'urgence démocratique étant la troisième). Qui mieux que le parti des socialistes devrait être capable de concilier tout cela ? Le PS avait pris beaucoup de retard dans ce domaine, sous-traitant longtemps aux Verts la composante écologique. Je me souviens de la contribution du courant NPS d'origine, celui d'Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Vincent Peillon..., qui pour la première fois introduisait fortement ces aspects. Bien minoritaires nous étions à ce congrès. Depuis, du chemin a été parcouru, tant mieux. Mais il en reste beaucoup. Et il ne faudrait pas, à l'inverse, d'un extrême à l'autre, que nous cédions aux sirènes des nouveaux intégrismes écologisto-électoralistes, et que la question sociale passe un peu à l'arrière plan. Une économie verte à développer, des services, oui, mais aussi une politique industrielle avec des usines qui produisent des biens.
Pour en savoir plus sur les AMAP : le site du réseau des AMAP de Midi-Pyrénées.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:23

coopolVoilà, je suis allé voir ce week-end ce qu'était donc cette fameuse CooPol, la coopérative politique du PS dont Martine Aubry avait annoncé la mise en service lors de ces voeux.
Réseau social à la Facebook, outil de campagne à la Obama, lieu de production politique collective, tout ça à la fois.
Oulala, j'entends d'ici mes lecteurs les moins jeunes, ou les moins "branchés" (l'âge ne fait pas tout, la preuve : un jeune monsieur de 82 printemps de ma connaissance s'est mis il y a peu à internet) me dire qu'ils ne comprennent rien à ce que je raconte.
Pas de panique, je crois que je suis moi-même d'une génération qui commence déjà à se sentir un peu décalée avec certaines technologies.
Je suis donc allé voir avec curiosité, mais aussi avec un peu de méfiance, ce que c'était que ce machin qui devait faire entrer mon parti dans la totale modernité.
Je m'y suis inscrite et n'y ai fait que quelques pas, je réserve donc mon opinion sur la durée.
J'y vois déjà un point très positif : cette organisation en réseau est une manière de casser les pesanteurs de l'appareil, en permettant de mettre en lien directement des personnes d'horizons différents. Ainsi, plus de secrétaire de section filtrant des informations (car l'information, pour certains, c'est le pouvoir). Plus de difficulté à pouvoir contacter directement tel ou telle responsable (à un certain niveau, car les plus occupés ne pourront probablement pas traiter tout cela directement), puisqu'on peut écrire à tout inscrit.
C'est aussi peut-être un moyen d'ouverture aux sympathisants qui, sans adhérer, pourraient contribuer à enrichir le PS.
Je suis un peu plus perplexe quant à l'outil d'organisation militante. Sans doute, pour les jeunes du MJS, ou les urbains très "connectés", est-ce un plus, dès maintenant. Mais pour les autres, on n'en est pas là. Impossible donc demain d'utiliser cet outil exclusivement.
Sur la construction collective, l'avenir dira ce que ça donne. Formidable outil qu'internet pour diffuser de l'information (à condition qu'il n'y en ait pas partout, sinon on s'y noie!) ou partager des réflexions. Mais à un moment, il faut qu'il y ait synthèse et construction. Pour l'instant, j'ai surtout l'impression d'un foisonnement, ce qui est déjà bien, mais pas suffisant. On y trouve déjà quelques groupes de soutien à Truc ou Bidule, c'est bien dommage.
Et même si, demain, nous étions tous connectés, j'espère que ce n'est pas le mode de fonctionnement qui deviendra privilégié. Pour moi, internet est un outil supplémentaire, mais ce n'est pas la vraie vie. Dans la vraie vie, on se rencontre, on discute, on s'appelle.
Je passe sur l'agacement du vocabulaire : les inscrits peuvent devenir des "coopains". Cela fait un peu ado, non ? Camarades, ça fait trop vieux, ou quoi ?
Enfin, à suivre attentivement, que ceux qui veulent se faire une opinion aillent y jeter un oeil.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 23:22

Ca va quand même mieux en le disant comme ça.

Communiqué du Bureau National du 26 janvier 2010

Réuni à Paris le mardi 26 janvier, le Bureau national du PS a adopté à l'unanimité sa position sur la réforme des retraites.  Dans le débat qui s'engage dans notre pays, le PS est rassemblé pour défendre un système juste et solidaire, basé sur la retraite par répartition.
La retraite par répartition, c'est-à-dire la solidarité entre les générations, est au cœur du modèle social de notre pays et constitue le socle fondamental de notre système de retraites. Nous devons le défendre et le sauvegarder. Or, les réformes du système de retraite de 1993 et 2003 n’ont réglé ni le problème du financement, ni celui du niveau des pensions qui ne cesse de se dégrader, ni permis de prendre en compte pleinement la situation des carrières longues, la pénibilité et les différences d’espérance de vie.
Au total, notre système de retraite n’est aujourd’hui pas financé durablement et n’assure pas un niveau de vie décent au plus grand nombre des retraités. Cette situation est aggravée par le très faible taux d’emploi des plus de 50 ans, une personne sur deux étant au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits à la retraite.
C’est pourquoi la réforme du système de retraite qui sera discutée à partir de cette année est décisive. Le Parti socialiste prendra toute sa part dans le débat sur l’avenir des retraites.
Le Parti socialiste rappelle que les organisations syndicales doivent, être au premier rang, les interlocuteurs privilégiés du gouvernement en ce qui concerne les retraites. Cela étant posé, le Parti socialiste est prêt à débattre sur cette question majeure pour notre pays. Nous pensons que si la question des retraites doit être traitée, elle ne doit pas faire oublier les actions prioritaires nécessaires sur les salaires, l’emploi et les réponses à apporter pour sortir de la crise.
Pour que le débat ait lieu dans de bonnes conditions, trois temps devraient être respectés.
Le premier est celui, à partir des travaux du COR, d’un diagnostic, qui doit être autant partagé que possible notamment avec les organisations syndicales, sur la situation des retraites en France.
Sur la base de ce diagnostic, devra s’engager un dialogue national au cours duquel chacun, partenaires sociaux, formations politiques, doit pouvoir exprimer ses propositions qui devront être discutées et négociées, en particulier avec les organisations syndicales.
Enfin, un vrai débat devra avoir lieu au Parlement, qui ne saurait être ni précipité, ni tronqué, ni mené dans l’objectif de passer en force pendant l’été comme ce fut le cas en 1993 et 2003.
L’avenir du système de retraites et les réformes nécessaires dépendront fortement de l’évolution de la démographie, de la croissance, de l’emploi et de la masse salariale. Le Parti socialiste rappelle d’ores et déjà les grandes orientations qu’il défendra et ses priorités pour la période 2012-2020 :

- la sauvegarde du système par répartition, fondé sur la solidarité entre les générations, qui nécessite de répondre à des besoins de financement de 25 milliards d’euros à horizon 2020 (compte tenu de l’augmentation du nombre de retraités, de l’allongement de la durée de la vie et de la diminution du nombre de cotisants) ;

- un niveau de pension permettant aux retraités de vivre correctement, alors que celles-ci ont baissé de 20% depuis la réforme Balladur et devrait baisser de 25% à nouveau dans les années à venir ; 1 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros ; 

- l’introduction de nouvelles ressources dans le système, alors que la droite n’a jamais pris d’initiative sur ce plan. Il s’agit notamment de : l’élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, le prélèvement de cotisations sur les stocks-options et autres rémunérations non assujetties (5 milliards d’euros de recettes possibles selon le rapport de la Cour des comptes) et l’alimentation du fonds de réserve des retraites. 

- le maintien de l’age légal du départ à la retraite à 60 ans, c’est à dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons. 

- nous voulons faire en sorte que les salariés qui ont occupé des emplois pénibles puissent bénéficier d’une retraite anticipée, par exemple en majorant d’un coefficient les trimestres travaillées dans ces conditions. Le traitement des emplois pénibles était un engagement de l’Etat dans l’accord signé avec certaines organisations syndicales, il doit être un préalable des nouvelles discussions.

- Nous savons aussi que l’accroissement de l’espérance de vie, associée à une arrivée plus tardive sur le marché du travail, entraîne un départ réel à la retraite à 61, 62 ans…L’âge moyen de départ à la retraite est aujourd’hui en moyenne de 61,6 ans, mais nous voulons que les salariés puissent faire valoir leurs droits à la retraite dès lors qu’ils ont cotisé le nombre de trimestres requis, ce qui signifie que pourraient partir à 58 ou 59 ans par exemple des salariés qui ont commencé à travailler tôt.

- des mesures vigoureuses et effectives pour le maintien dans l’emploi des plus de 50 ans : le taux d’emploi des plus de 55 ans est de 35% ; une personne sur deux est au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits. Cela pèse sur les recettes des caisses de retraite, en raison des cotisations non perçues, autant que sur les droits des salariés concernés.
Le Parti Socialiste souhaite travailler la question des retraites dans une approche plus large : l’organisation des temps tout au long de la vie. Comment donner à chacun la possibilité de mieux organiser les temps de la vie dans le cadre de garanties collectives ? Comment faire de l’allongement de l’espérance de vie un progrès et non pas une contrainte pour la société ? Comment donner aux seniors une place active dans la société ? Comment prendre en charge la dépendance ? Autant de questions sur lesquelles nous voulons travailler tout au long de cette année, et dont nous souhaitons débattre également avec les organisations syndicales.
Le Parti Socialiste rencontrera les organisations syndicales dans les semaines qui viennent pour entendre leur analyse et leurs propositions.
A partir du diagnostic partagé dont il demande qu’il soit établit, de ses priorités, et du dialogue qu’il aura lui même engagé avec les organisations syndicales, le Parti socialiste fera connaître ses propositions. Il évaluera les propositions du Gouvernement également à l’aune de la méthode qu’il aura mis en oeuvre pour préparer la réforme et du résultat de ses négociations avec les organisations syndicales.
Fort de ces orientations et de ces objectifs, le Parti socialiste présentera ses propres propositions, après les avoir fait valider par les militants selon les modalités prévues par ses règles internes.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:54

Bouyer est une entreprise située à Montauban qui travaille dans le domaine de la sonorisation de puissance (par exemple, pour le ferroviaire).
Entreprise au départ familiale, revendue pour un temps au groupe américain Tyco, elle a été cédée en 2008 au groupe allemand Funkwerk.
Depuis des années, les salariés ont lutté pour défendre l'emploi face à des plans sociaux qui se sont succédés. Des victoires juridiques ont été obtenues devant les tribunaux.
Malgré tout cela, le dernier PSE en date ("Plan de Sauvergarde de l'Emploi", c'est bien le nom officiel d'un plan social, très joli, mais très inapproprié) concerne les 126 salariés restants, l'entreprise ayant été mise en redressement judiciaire depuis mi-janvier suite à la décision de dépôt de bilan prise par le groupe. Ainsi, ce serait à la collectivité, et non au groupe actionnaire, qui pourtant ne manque pas de ressources financières, de payer le coût du plan social.
Le carnet de commandes n'est pas vide, mais voilà encore un site industriel qui disparaitrait, détruit par le manque d'investissement et les choix financiers.
La situation des salariés est de plus très difficile au point que l'expert mandaté par les représentants du personnel a tiré la sonnette d'alarme.
Pour en savoir plus et manifester votre soutien aux salariés en signant la pétition :
le site Sauvons Bouyer .

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 23:51

Juste pour le plaisir de partager des mots qui me parlent et me touchent.
Ecrits il y a quelques années, mais toujours de triste actualité.
J'aime cette manière de dire ces choses. Même si l'ensemble est plutôt fataliste. Ce qui est parfois la réalité, c'est vrai. Mais pas toujours.
Il me revient en mémoire une des nombreuses réunions syndicales à Villemur-sur-Tarn. La cgt de Molex, un délégué de la SBFM, venu exprès de Bretagne pour apporter son expérience et son soutien. La SBFM est depuis devenue Fonderie de Bretagne, reprise par Renault, avec tous les salariés, après des mois de rude bataille pour l'emploi. Une belle victoire, même si l'avenir est encore fragile. Les Molex n'ont pas obtenu ce que leur détermination aurait dû emporter, mais les machines sont là, les salariés aussi, les camarades encore et toujours revendicatifs, mardi dernier encore devant la Cité de l'Espace à Toulouse.
Chapeau bas pour tous ceux là, et pour tous les autres qui comme eux vivent ainsi debout.




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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 22:43

Alors là non ! Le coup de 2003, bis repetita ?
Je n'ai pas été trop surprise d'entendre François Chérèque commencer à céder du terrain avant même d'avoir commencé les négociations sur les retraites. C'est en effet en raison de l'attitude de la CFDT lors des grands mouvements contre la réforme Fillon de 2003 que j'ai, comme beaucoup alors, rendu ma carte pour adhérer à la CGT qui venait de se créer sur le site de Toulouse dans mon entreprise- pour cela, merci François, mais pour le reste, merci bien !
J'ai en revanche bondi en entendant la phrase de Martine Aubry reprise en boucle dans les média, semblant capituler d'avance sur la retraite à 60 ans. Merci à Benoit Hamon, porte parole du parti, tout de même, d'avoir réagi immédiatement en rappelant que ce n'était pas la position tranchée du PS, ni par sa direction, ni par ses militants.
Peut-être le sens de la phrase initiale, hors du contexte, a-t-il été un petit peu caricaturé. Il n'en reste pas moins que se positionner ainsi avant même de démarrer les discussions, sur un élément aussi symbolique, en donnant l'impression d'être prêt à reculer, ce dont évidemment la droite s'est emparé tout de suite, me semble incompréhensible. C'est aussi forcer les organisations syndicales à entrer dans ce débat sur la défensive et bien plus tôt que prévu.
Comme socialiste, je suis pour le moins perplexe. Comme syndicaliste, je suis furieuse.
Certes, il y a parfois, sur le dossier retraites, des positions corporatistes. Certes, la question n'est pas simple. Mais je crois surtout que certains s'acharnent à vouloir la rendre compliquée tout en proposant des solutions bien simplistes.
Pas besoin en effet d'être un grand mathématicien pour savoir qu'un raisonnement juste partant d'hypothèses fausses ou incomplètes aboutira forcément à une conclusion erronée.
Or, tout est fait par la droite depuis de nombreuses années pour marteler qu'il n'y a pas d'autres solutions que baisser les pensions (vous n'y pensez pas!), augmentez les cotisations (impossible) ou allonger la durée de cotisation (c'est donc la seule possibilité, entre la peste, le choléra et la grippe A, vous choisissez quoi ?). Ce qui me désole, c'est quand à gauche aussi on semble parfois oublier certaines réalités.
Par exemple, c'est bien gentil de parler de retraite à 61 ou 62 ans, quand l'âge moyen de départ effectif est autour de 58 ans, et quand on sait les difficultés de garder ou retrouver un emploi des plus de 50 ans. Dans le privé, ce n'est pas la loi, c'est l'entreprise aujourd'hui qui décide, et on sait comment ! Allonger la durée de cotisation et reculer l'âge légal de départ, c'est aussi en réalité conduire à une baisse du niveau des pensions.
On se demande aussi pourquoi le temps gagné par les progrès de la médecine en espérance de vie devrait se transformer en temps travaillé. Et les gains de productivité, ils servent à quoi ? Pour l'instant, à augmenter les revenus financiers, en témoigne l'écart croissant avec la part des revenus du travail. Une fatalité ? Non, le choix de certains.
On se demande encore pourquoi on ne parle que de dépenses et de démographie (ce qui de plus est contestable car des analyses montrent que le problème de vieillissement n'est qu'un pic à passer), mais pas d'autres recettes. L'emploi doit être le premier levier, bien sûr, car si on pense qu'un taux de chômage élevé est une fatalité, autant arrêter tout de suite de faire de la politique. Et l'assiette de calcul des cotisations, qu'on peut tout à fait élargir en faisant peser moins sur le travail, encore une fois. On oublie aussi ?
Alors bon, il faut être sérieux, et savoir de quoi on parle. Pénibilité, carrières longues, cas particuliers, certes. Mais d'abord les fondamentaux !
Pour finir quelques repères pour se raffraichir la mémoire :
- 1982, François Mitterrand, la retraite à 60 ans
- 1991, le livre blanc sur les retraites de Michel Rocard prépare le terrain...
- 1993, la réforme Balladur sur le régime général. Les salariés du privé paient très cher : passage de 37,5 à 40 ans de cotisations, calcul de la retraite sur les 25 meilleures années au lieu de 10 ( 25 ans !!! ) notamment.
- Gourvernement Jospin : rien ne se fait, merci Lionel
- 2003, lois Fillon. Les fonctionnaires passeront en 2008 à 40 ans de cotisations. 41 ans en 2012 comme pour le régime général ( 41 ans !!! la retraite à taux plein à 65 ans pour ceux qui démarrent comme moi à 24 ans après quelques années d'étude dont le rachat est à un prix prohibitif !). Bonjour le PERCO, des dispositifs pour faciliter la retraite par capitalisation arrivent.
- 2010, ... à nous tous de l'écrire !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 22:57

Demain 19 janvier se tient à la Cité de l'Espace à Toulouse la réunion de synthèse publique dans le cadre des états généraux de l'industrie, pour ce qui concerne leur déclinaison régionale en Midi-Pyrénées.
Rappelons-nous, en 2009, boum, la crise, Nicolas Sarkozy découvrait les problèmes de l'industrie en France et décidait de lancer de quoi trouver une solution illico presto. Son ministre Estrosi découvrait, lui, ce qui se passait par exemple à Molex, le cas d'école, et décidait de faire semblant de trouver une solution dans le dos des salariés et de leurs organisations syndicales. Bref, beaucoup d'agitation.
Je caricature, je suis partisane, je fais un procès d'intention ?
D'accord, voyons le positif : on parle enfin de politique industrielle dans le débat public.
L'objectif annoncé était de "mettre en place une concertation très large, permettant de recueillir les contributions du plus grand nombre afin de définir les mesures d'une nouvelle politique industrielle en France". Ce dispositif devait permettre "de déterminer, avant le 15 décembre, les forces et faiblesses de l'Industrie en France puis de définir un plan d'actions détaillées en faveur d'une nouvelle politique industrielle en France."
La CGT a mis son poids sur cette question et a au moins obtenu cela. Cela fait suite à de nombreuses mobilisations l'année dernière, parfois défensives, suite à un certain nombre de plans sociaux emblématiques (Molex ou Freescale pour ne parler que des plus connus ici en Haute-Garonne), mais aussi offensives, comme par exemple le premier sommet social de la Mecanic Valley, organisé en octobre 2009 à Figeac et qui avait obtenu un beau succès, ou encore les 30 000 manifestants le 22 octobre à Paris pour une manifestation sur la politique industrielle.
Mais on ne peut que constater que le résultat est pour l'instant bien décevant.
Les états généraux ont été déclinés dans les régions, sous la forme d'ateliers de travail sur différents thèmes, le tout bouclé prestement, une réunion pour le diagnostic, une pour les propositions, avant la synthèse publique de demain.
Sur le site de la DRIRE, on trouve une synthèse des discussions des ateliers.
Il est facile de constater que c'est une vision très patronale, qui reflète d'ailleurs la composition majoritaire des participants à ces ateliers, et en conséquence la tonalité générale des débats.
C'est pourquoi, considérant que la parole des salariés n'a pas été entendue, la cgt appelle à un rassemblement, demain mardi 19 janvier, à partir de 9h00, devant la Cité de l'Espace.
Au PS, on parle aussi de politique industrielle, et c'est heureux.
Ce qui s'est passé à Molex ou à Freescale a ainsi été au moins l'occasion dans la Fédération de Haute-Garonne d'aborder concrètement ces questions qui ont souvent été, selon moi, peu ou mal appréhendées par un parti où les salariés du privé et de l'industrie sont sous-représentés. Au plan national, lors des journées parlementaires à Toulouse, j'avais accompagné Guy Pavan et Denis Parise, syndicalistes tous deux également emblématiques du combat de Villemur, qui avaient accepté d'être auditionnés par la commission des affaires sociales. De quoi remuer les parlementaires et peser sur les débats, avait dit la rapporteuse.
Le Bureau National s'est exprimé récemment sur les Etats Généraux par un communiqué.
Il y a vraiment matière à réfléchir sur ces questions. Et beaucoup à agir pour que les dogmatismes du Medef, qui ont les leviers pour se répandre dans les têtes et la puissance dans certains lieux de pouvoir dont les représentants des salariés sont écartés, puissent être contrecarrés.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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