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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 20:23

Voici les résultats du vote sur les motions en Haute-Garonne, collectés le jeudi soir dans la nuit, validés le vendredi midi en Bureau Fédéral (pas de souci sur le déroulement des votes, si ce n’est quelques cas marginaux de contestations sur la liste électorale du fichier national et des questions sur l’attribution des délégués des sections à la plus forte moyenne) et proclamés hier soir lors du Congrès Fédéral à Toulouse.

Inscrits : 6501

Votants : 4474

Motion A (B. Delanoë) : 29,7 %

Motion B (pôle écologique) : 1,2 %

Motion C (B. Hamon) : 22,8 %

Motion D (M. Aubry) : 23,9 %

Motion E (S. Royal) : 21,5 %

Motion F (Utopia) : 0,9 %

Rapport d’activités national :
Pour : 56,5 % - Contre : 13,1 % - Abstention : 30,6 %

Rapport d’activités fédéral :
Pour : 55,1 % - Contre : 15,5 % - Abstention : 29,7 %

 

Lors du congrès fédéral, surprise qui n’en n’est pas vraiment une pour ceux qui ont vécu le congrès du Mans, la motion C a annoncé son alliance avec la motion A, pour diriger cette fédération !

Prochaine étape : les discussions entre les motions nationales et le congrès à Reims à partir de vendredi prochain. J’irai en tant que déléguée de la motion D.

Voici pour les faits. Un peu de recul sera nécessaire pour les analyses. J’avoue que l’’optimisme n’est pas de mise après les résultats du vote et cette soirée… A suivre…

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 00:02
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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 20:30

Aujourd’hui tous les regards sont tournés vers un seul vote : celui qui a porté triomphalement Barack Obama à la tête des Etats-Unis. Vote historique, bien sûr. Le rêve de Martin Luther King concrétisé. Les difficultés viendront, peut-être les déceptions, mais savourons ce beau moment.

Dans ce contexte, le vote du PS demain peine à attirer l’attention.
De l’extérieur, j’imagine combien nos rituels de congrès peuvent paraître étranges, et parfois loin des préoccupations du moment. Et pourtant, c’est bien par le vote sur les motions que l’orientation politique du PS des prochaines années va se déterminer, et une nouvelle équipe prendre les commandes.

Dans le parti aussi, on dirait que le congrès peine à intéresser. On ne sent pas dans les sections l’enthousiasme ou la fébrilité des congrès précédents. Ou est-ce moi qui fatigue un peu, depuis 2002 que nous avons tenté de construire un nouveau PS, sans arriver vraiment à le faire ?
Pourtant, les dernières semaines ont été riches de réunions. Retour sur quelques moments en Haute-Garonne.

Le congrès démarre en fait avec les « contributions », textes préliminaires qui doivent donner lieu aux premiers débats. Mais c’était net, tout le monde attendait les motions. Les débats en section n’ont montré que lassitude et agacement des militants devant la situation du parti et le bal des égos qui se déchainait alors dans les pré-positionnements.

Après le dépôt des textes, les choses sérieuses ont commencé, mi-octobre, avec les premières réunions de motion. Des terrasses de café à la fédé le dimanche, et oui, car diffusion de l’information et présentations dans les sections ne s’organisent pas par magie !

Puis vint la présentation de la motion à la Fédération. La grande salle était pleine. Certains déjà décidés, d’autres venus pour se faire une opinion. Beaucoup avaient alors souligné les enjeux, la nécessité du changement, la satisfaction de se retrouver dans cette motion, venant de parcours très différents. Au risque de déconcerter de récents adhérents, à qui ses allusions étaient complètement étrangères. Mais qu’est-ce donc que ces tribus qui se retrouvent après des années de guerre ? Je conçois que cela a de quoi déconcerter. Mais enfin, il y a du vrai !

Se sont ensuite succédées les réunions de sections. On peut moquer le PS sur certains sujets, mais reconnaissons que le congrès offre un bel exercice de démocratie. Chaque section doit organiser une réunion de débat sur les motions. Les réunions se concentrant bien sûr les mêmes soirs, le jeu est de jongler avec les agendas pour envoyer des représentants présenter partout la motion…

Pour ma part, j’ai commencé à Toulouse 9, la section de Pierre Cohen maintenant. Ambiance policée, respect et écoute, c’était agréable, ce n’est pas toujours le cas. Peu de monde, sans doute pas seulement pour un problème de salle, car c’est ce qu’on a constaté partout : la participation aux réunions fut plutôt moyenne. Dès cette première réunion ont été abordées des questions récurrentes. Je m’amuse d’entendre à chaque congrès les mêmes phrases. Il n’y aurait pas vraiment de différences entre les motions ? Bon, d’accord, on est tous dans le même parti, il semble assez normal qu’on ait des idées en commun ! Mais c’est aussi une manière de masquer les différences, qui pourtant existent sur certains points de fond, pour mieux faire passer l’idée qu’il vaut mieux rester dans la continuité, au nom, entre autres, de la nécessité d’avoir un chef, un vrai, et un parti en ordre, dans une conception que je trouve, exprimée ainsi, bien militaire… Et c’est bien souvent la question du leadership qui a alimenté les débats.

Les différences de lignes sont un peu atténuées, parce qu’à l’approche du Congrès, et avec la crise sous notre nez, certains discours se sont un peu … réorientés ! Ceux qui se faisaient traiter d’archaïques en défendant une ligne ancrée à gauche paraissent maintenant en phase avec l’actualité. "Nous avons dû réviser nos analyses", ai-je entendu joliment dire. Tant mieux. Mais ne doit-on pas faire plus confiance à ceux qui n'ont pas eu à les changer, ces analyses ? Les représentants de la motion A peinèrent un peu à justifier le mot de libéral mis en avant un temps par Bertrand Delanoë, ceux de la motion E à expliquer la position de Ségolène Royal qui regarde vers le centre.

Cette même semaine, Martine Aubry vint à Portet. La salle du Confluent était pleine – 450 à 500 personnes. Pas mal pour une terre de mission ! Car c’est ce qu’on a annoncé de notre fédération. Les calculs se font ainsi, dans l’appareil et dans les médias, à coup de serpes. Drôle de conception du parti que de compter les voix selon le positionnement des élus qui "pèsent". Il est vrai que cela compte, c’est hélas assez évident, les choix se font parfois ainsi par une forme de légitimisme. D’ailleurs il est assez amusant que la motion Delanoë ait eu une liste de signataires longue comme un jour sans pain… avant même que la motion n’existe ! Mais enfin, ce sont les militants qui votent. Libre à eux de glisser le bulletin de leur choix, tout de même !
Les premières interventions à Portet étaient à l’image d’une nouvelle génération qui accède aux responsabilités : Thierry, Cathy, Joël. Martin Malvy ensuite, serein, une certaine hauteur sur les enjeux. Puis Martine Aubry, que  je redécouvrais, depuis Balma, en 1997. Un long discours, très peu sur le congrès, un discours politique d’opposition à la droite. Une intervention calme, mais claire et déterminée. Cela faisait du bien d’entendre ce discours de gauche d'une femme de convictions. Et j’ai aimé la formule, peu commune, de défendre une société plus douce, et d'entendre parler d’humanisme.

La semaine suivante, malgré les vacances scolaires le rythme n’a pas faibli. Le lundi je présentais la motion dans ma section. Le mardi, en revenant de Villemur, je filais à Verfeil. Le mercredi, je l'avoue, je n’ai pas eu le courage d’aller écouter Benoit Hamon. Avec la motion C je partage bien sûr beaucoup. Nous avons fait le chemin ensemble au début du NPS, c’est normal ! Dommage qu'on ne se soit pas retrouvés. Si je n’ai pas signé cette motion, ce n’est d'ailleurs pas tant sur le texte, mais parce que je pense une démarche de rassemblement plus pertinente. Et puis j’étais au Mans, j’ai vu Henri Emmanuelli et Benoit Hamon choisir une synthèse dont nous étions alors loin. Au passage, c’est parfois triste d’avoir raison trop tôt. J'entends dire maintenant de tous côtés que la synthèse du Mans était une erreur, une pseudo synthèse qui n’a servi à rien. Je me souviens encore des attaques qu’ont subies alors Arnaud Montebourg, le seul à ne pas la signer, et ceux qui ont fait de même avec lui. Peu importe maintenant, mais espérons en revanche qu'avec le recul cela servira à Reims...

Le jeudi, réunion départementale à la fédé, salle archi comble, interventions de haut niveau. Quelques chahuts lorsque les sujets ressassés de la discipline et des alliances avec le Modem revinrent encore sur le tapis. J’ai apprécié, la salle aussi apparemment, le recul de Marylise Lebranchu disant qu’il fallait arrêter entre motions de se jeter des noms à la tête.

J’ai terminé lundi en franchissant les frontières de la 3e circonscription pour Montrabé. Réunion vivante et animée, où on sentait encore de l'indécision. On a finalement peu parlé des textes, beaucoup des signataires et de la présidentielle. Je ne partage pas cette priorité. Il y a un temps pour tout, et s’il faudra que le projet s’incarne, ne faisons pas les choses à l’envers : le congrès n’est pas l’investiture !

Chacun s’accorde à dire que le PS est inaudible, qu’il faut le changer – même les camarades de la motion A dont le 2e signataire est François Hollande. Chacun dit qu’il faut travailler et rassembler – oui, mais faisons-le, et pas avec des mots d’exclusion et d’autorité. Chacun dit qu’il faut un PS à gauche – oui mais regardons les textes et les déclarations pour construire cette ligne clairement.

J’espère vraiment que nous arriverons à reconstruire ce parti. Nous n’avons pas le droit de décevoir, il y a trop de souffrances dans le pays. La tonalité des débats, moins agressive, me donne espoir que cela puisse se faire. Mais cela dépendra maintenant du résultat du vote. Je crois que la motion D, dans ce travail collectif autour de Martine Aubry, peut être la motion centrale autour de laquelle le changement pourra s’incarner et le rassemblement se faire.

Votez bien demain camarades, en conscience et dans le secret de l’isoloir…

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 17:48

La fermeture programmée de l’usine Molex de Villemur-sur-Tarn est maintenant une nouvelle connue en Haute-Garonne, mais aussi au niveau national puisque les projecteurs ont été braqués sur ce que Bernard Thibault, sur le site jeudi, a appelé « un cas d’école ».

Après une semaine galopante, entre travail (c’est une chance d’en avoir un stable, mais la pression n’en est pas moins là), réunions qui s’enchainent pour le Congrès, et actualité syndicale justement, je n’ai pu trouver de temps pour alimenter ce blog dans la semaine.

Je voudrais donc maintenant revenir sur une situation qui me touche triplement. En tant que citoyenne, comment accepter ces 300 emplois sacrifiés (283 CDI mais aussi des emplois précaires, sans compter l’impact indirect sur des sous-traitants) dans le bassin d’emploi de Villemur si fragile? En tant que militante politique, comment ne pas voir là tout ce que dénoncent ceux qui veulent lutter contre un libéralisme sans foi ni loi ? Et comment ne pas nous interroger, nous socialistes, sur ce que nous n’avons pas fait – et surtout sur ce que nous devrons faire maintenant. En tant que syndicaliste, là il s’agit agir, puisque je suis membre du bureau de l’USTM 31, l’union départementale des syndicats cgt de la métallurgie, qui recouvre l’aéronautique, le spatial, mais aussi l’automobile par exemple.

Le 23 octobre, le message de Guy Pavan, délégué CGT de Molex, tombe sur nos mails, lapidaire et terrible : ils viennent de recevoir les documents préparatoires pour un CE le 6 Novembre, avec à l’ordre du jour la cessation d’activité de Molex SARL. C’est un coup de massue. Les craintes sur l’avenir de l’usine étaient là et s’étaient amplifiées ces derniers temps. Mais de là à cette brutale annonce…

Car cela n’a rien à voir avec les conséquences de la crise qui se profile dans l’automobile. L’entreprise est bénéficiaire : 600 000 euros de bénéfices en 2007, 1,2 millions en 2008, et déjà le premier trimestre 2009 annoncé bénéficiaire (l’entreprise fonctionne sur l’année fiscale américaine qui démarre en juillet). Pour l’avoir visitée en totalité, je peux dire qu’elle n’est en rien vieillotte : elle est remplie de machines ultra-automatisées et flambant neuf ! Des audits faits récemment encore ont été positifs. La fermeture n’est en rien la conséquence d’une baisse de commandes : simplement, la production a été transférée peu à peu dans une usine créée en Slovaquie.

C’est bien ce qui fait froid dans le dos : avec le recul, on se rend compte que cette fermeture semble avoir été méticuleusement et froidement préparée, si ça se fait depuis le rachat il y a 4 ans de l’entreprise, et malgré les discours rassurants. Molex a été dépouillée peu à peu: les brevets, remontés au niveau du groupe, les bureaux d’étude, les services commerciaux. Quand les investissements ne sont plus faits et qu’on ne laisse rien d’autre que la production, il est facile ensuite de couper le lien en délocalisant pour une production à plus bas coûts et de dire qu’on ne trouve pas de repreneur ! Pire, récemment encore un nouveau produit était annoncé pour Villemur comme devant être la « vitrine » de Molex. Il est même annoncé qu’un contrat est passé entre le groupe Molex et un distributeur hollandais qui se chargerait de le vendre largement. Sauf que c’est une sorte de dépôt-vente, Villemur payant la fabrication et le transport, sans savoir quand ce serait vendu et même à quel prix ! Mais bizarrement, quand les salariés regardent dans les camions qui sortent, ils se rendent compte que ce sont les produits courants qui partent. Autrement dit, un stock de précaution est en train d’être constitué ! Et jusqu’à la mise en scène de l’annonce est terrible: la gendarmerie, les huissiers et la cellule psychologique, comme on dit, étaient là le jour de l’annonce aux délégués syndicaux !

Il parait que les dirigeants américains (Molex est un groupe US, détenu à un peu plus de 30% par les fondateurs, le reste par des fonds de pension) ne comprennent pas que ça se passe mal. Il faudrait  que les salariés continuent à travailler normalement jusqu’à la dernière minute et transmettent leur savoir-faire. On croit rêver d’entendre ce que nos camarades nous racontent. Mais ils ont la voix qui se brise et l’émotion qui les submerge parfois. Car ce n’est pas un rêve, mais bien la réalité, dure et cynique.

Pour autant, personne n’a envie de baisser les bras. C’est avec beaucoup de volonté que la résistance s’organise. Les organisations syndicales travaillent ensemble et il y a beaucoup de solidarité parmi les salariés. Y compris avec Labinal, l’autre entreprise du site, qui emploie environ 600 salariés, eux aujourd’hui dans le giron du groupe Safran.

Mardi 28, j’étais donc venue avec plusieurs camarades de l’USTM31 apporter notre soutien au syndicat de Molex, au théâtre de Villemur, archi bondé, pour une réunion publique, organisée par la mairie, où les syndicats ont pu expliquer la situation à la population et faire appel au soutien de tous, y compris des élus. Il y avait beaucoup d’émotion là aussi, et on sentait qu’il fallait que cela sorte. C’est que pour certains, l’usine c’est la vie du village, celle de leur famille. Et 300 familles sur 5000 habitants, c’est énorme. Mais il y avait aussi beaucoup de détermination à ne pas se laisser faire. Guy Pavan l’a bien exprimé : on ne sait pas si on gagnera, a-t-il dit, mais c’est bien contre la fermeture qu’il faut d’abord se battre, en montrant combien elle est injustifiée. Il sera temps, si cela ne réussit pas, de se mobiliser pour que les conséquences des suppressions d’emploi soient le moins dures possible. Toutes les voies sont à utiliser : la mobilisation des salariés et de la population, le soutien politique, la médiatisation, les recours juridiques – les syndicats ont fait appel à un cabinet d’expertise comme dans tout plan social, mais aussi à un avocat reconnu.

Jeudi 30, j’étais à Villemur toute la journée. Le matin pour une réunion exceptionnelle de l’USTM 31, pour analyser la situation avec le syndicat CGT Molex et réfléchir avec nos camarades aux actions possibles.

L’après-midi, parce que nous avions œuvré pour que Bernard Thibault, à Toulouse dans le cadre des Prud’hommes, vienne à Molex apporter le soutien de la CGT et contribuer à médiatiser plus largement la situation. La CGT Molex et Labinal avaient appelé à un débrayage à 15h00 pour l’accueillir. Plein succès, la quasi-totalité des salariés sont sortis, ainsi qu’une centaine de salariés de Labinal. La presse était là, ainsi que des délégations CGT venues en soutien, d’Airbus, Astrium, MicroTurbo, Latécoère, etc.
Pas de cinéma, mais un contact simple, et après les interviews, les photos et les discussions, Bernard Thibault a pris le micro de la petite sono, installée derrière la barrière puisque la presse n’était pas autorisée à entrer (merci à mon camarade Francis pour les photos). Il a dit bien sûr tout le soutien de la CGT et expliqué en quoi c’était un cas typique de la financiarisation dénoncée depuis longtemps. Il s’est surtout engagé à porter le dossier Molex directement à Sarkozy, qui rencontre lundi les confédérations en préparation du G20 sur la crise financière, et à le prendre au mot de ses déclarations sur les licenciements boursiers et les entreprises qui abuseraient de la situation. Forts applaudissements spontanés. Car il faut bien voir que si les délégués syndicaux ont vu les réactions se multiplier, c’était la première fois que sur le site même les salariés entendaient un soutien national ainsi exprimé. Le sentiment de ne pas se battre seuls, c’est déjà important. Thibault a été clair, le résultat est loin d’être garanti. C’est sûr, on connaît la propention de notre hyper-président à parler beaucoup et à agir moins. Nous verrons bien. Mais déjà, l’impact médiatique a été fort. « Le dossier Molex à l’Elysée », titrait la Dépêche le lendemain. Et Laurent Wauquiez interrogé sur la déclaration de Thibault a dit qu’il contacterait le préfet et les syndicats.

Bernard Thibault avait complètement modifié son agenda pour avoir le temps de discuter avec les salariés. Nous voilà donc partis pour une visite de l’usine, atelier après atelier. Moment un peu surréaliste, on avait un peu l’impression que l’usine était propriété des salariés et de la délégation cgt. La direction était avertie, mais invisible. Impressions contrastées : machines toutes propres, salariés « travaillant » ayant repris leur poste (le choix a été fait ne se pas poursuivre la grève générale des 2 premiers jours), expliquant le fonctionnement de ces magnifiques machines avec une certaine fierté. Mais aussi partout affichés les articles de presse, les petits dessins rageurs, les photos des ateliers avec les salariés victimes du 23 octobre. Et partout sur les tableaux officiels, saisissant contraste, ces indicateurs de performance en anglais. Au passage, un jeune intérimaire qui annonce que son contrat qui expirait le soir n’a pas été renouvelé.
Thibault a pris tout le temps, a discuté avec chacun, y compris à la pause café. Ce n’est pas parce que c’est mon syndicat, mais franchement je l’ai trouvé de nouveau impressionnant. C’est un aimant médiatique, c’est sûr. Mais c’est que sa parole est forte, claire, et sa présence à la fois imposante, et toute simple. Drôle d’impression que cette pause café fraternelle (occasion de le remercier pour la dédicace que quelques complices lui avaient demandée pour me souhaiter mon anniversaire en toute discrétion au congrès de Lyon de la Métallurgie…). La gravité n’empêche pas la camaraderie. Et je crois que c’est aussi de soutien moral que les salariés de Molex ont besoin.

Alors justement, le prochain rendez-vous est jeudi prochain 6 novembre, jour du CE. La municipalité organise une matinée « Villemur ville morte ». Les salariés de Molex débrayeront à 9h00 et accompagneront leurs délégués à la réunion du CE. Puis ils rejoindront par le premier pont le centre-ville, où rendez-vous est donné à la population, aux élus, aux délégations syndicales, bref à tous ceux qui veulent apporter leur soutien, à 10h00, place Saint-Jean. La manifestation rejoindra ensuite le site de Molex par l’autre pont, et des prises de parole auront lieu sur place vers midi.

Le jeudi soir, se tenait à la fédé la réunion départementale de présentation des motions. Car la vie continue, et le congrès aussi. Réunion très cadrée statutairement, tout un rituel d’équilibres de parole à respecter. Des intervenants nationaux s’étaient déplacés : Marylise Lebranchu, ancien ministre, Harlem Désir, député européen, David Assouline, sénateur, Christophe Carreshe, député… Et Kader Arif, qui animait en tant que premier secrétaire fédéral, malgré le timing très contraint a accepté de parler de Molex en début de réunion et m’a passé la parole pour un petit point et rappeler la manifestation du 6 novembre auquel la fédération invite à se joindre. Kader a exprimé aux syndicats le soutien du PS. De nombreux élus sont intervenus, par le biais de rencontres, de communiqués, de courriers à Christine Lagarde, à Nicolas Sarkozy, à la direction de Molex. Il faut en effet continuer à maintenir les dirigeants de Molex sous pression. Rien n’est jamais joué d’avance.

Merci à ceux qui ont lu entièrement cet article peut-être un peu long – mais ce n’est pas tous les jours qu’une entreprise de 300 personnes doit fermer ses portes en Haute-Garonne. Et c’est bien par la mobilisation, à tous les niveaux, et sous toutes ses formes, que l’on doit se battre.

Alors rendez-vous nombreux à Villemur, ce jeudi 6 novembre, 10 heures, place Saint-Jean !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 12:13

Martine Aubry animera une rencontre de présentation de la Motion D et répondra aux questions et interventions des militants

le mercredi 22 Octobre à 20h30 à Portet-sur-Garonne

à la salle du Confluent (Rue de l’Hôtel-de-Ville).

Plus d’informations de logistique, covoiturage sur la 3e circonscription : contactez-moi (contact en bas de page).

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Agenda
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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 10:42

Chère camarade,

Cher camarade, 

Dans quelques jours, tu vas voter pour le 75ème Congrès du Parti Socialiste.

Je veux te le dire avec force et même une certaine gravité : rarement un congrès aura été aussi important.

Car nous vivons sans nul doute la fin d’un système. Plus que d’autres encore, les Français souffrent, car ils subissent depuis des mois les politiques de Nicolas Sarkozy qui applique avec une détermination aveugle les recettes du libéralisme. Ne nous y trompons pas, l’intervention de l’Etat dans la crise financière n’est pour lui qu’une parenthèse, qui sera sans lendemain. Déjà le budget 2009 ajoute la crise à la crise, avec ses coupes sombres dans les budgets du logement et de l’emploi et un étranglement financier des collectivités locales.

- Le congrès de Reims doit être le congrès des Français.

Si je m’engage aujourd’hui en conduisant une motion, c’est que j’ai acquis la conviction, en sillonnant la France à la rencontre des militants, que l’attente des Français à notre égard est immense. Nous sommes le principal parti d’opposition. L’alternance se fera autour de nous ou ne se fera pas. A nous d’être à la hauteur !

Soyons-en certains : nous ne pouvons nous contenter de réponses classiques. Le monde a changé. Nos réponses doivent changer. Nous ne pouvons pas être les pompiers du libéralisme qui tentent d’en réparer tant bien que mal les dégâts. Nous devons reposer les questions essentielles sur le sens que nous voulons donner à nos vies et à notre destin commun. Nous devons être les architectes d’un modèle totalement nouveau qui marque le retour de la puissance publique, du local à l’Europe : l’Homme doit reprendre en main son destin qu’il a trop souvent abandonné au marché. C’est ce que nous proposons dans notre motion et nous n’avons pas attendu la crise financière pour nous en convaincre. Nous devons réarmer la puissance publique, mais aussi la moderniser pour être plus efficace et plus apte à prendre en compte les aspirations individuelles.

Mais changer nos réponses ne veut pas dire abandonner nos valeurs, que nous avons à tort parfois laissé s’émousser. Ce nouveau modèle, pour nous, doit placer la question sociale au cœur. Sauver l’Ecole de la République, redistribuer les richesses – en commençant par augmenter les salaires et en engageant une grande réforme fiscale –, restaurer le droit à l’emploi, au logement ou à la santé, sont des priorités absolues. J’y ajoute l’impératif écologique. A l’heure des pénuries de matières premières et de la crise énergétique, nous devons prendre la pleine mesure du changement de civilisation et traduire notre volonté en actes et en propositions. Garder nos valeurs, c’est aussi savoir prendre des positions courageuses comme, par exemple sur l’immigration, en refusant de cautionner par notre silence la peur de l’autre et l’intolérance.

Et puis, comment ne pas parler de l’Europe ? Elle fait partie de l’identité socialiste. Mon souhait le plus ardent est que se lève une nouvelle génération pour retrouver l’enthousiasme des pères fondateurs pour une Europe politique, sociale et humaniste, en son sein et au-delà des frontières. Une Europe qui défende des règles mais aussi la paix alors que les deux blocs risquent de s’affronter à nouveau et que le choc des civilisations défendu par Georges BUSH fait des dégâts considérables.

Oui, cher(e) camarade, si la motion que je conduis recueille une large adhésion des militants, nos valeurs, nous les retrouverons. Vous pouvez me faire confiance. J’ai le cœur bien ancré à gauche, et depuis longtemps. Et nos conquêtes - les congés payés, l’abolition de la peine de mort, la décentralisation, la parité, le PACS, le RMI, la CMU, l’APA, les 35H, la décentralisation… nous les assumerons, nous les défendrons avec fierté et nous les prolongerons !

- Le congrès de Reims doit être le congrès du renouveau du parti socialiste.

Si je m’engage aujourd’hui, c’est aussi parce que je crois profondément que nous ne regagnerons pas la confiance des Français si nous continuons à fonctionner comme avant au Parti Socialiste. Confrontés à cette crise du libéralisme et à cet échec patent de Nicolas Sarkozy, les Français devraient se tourner vers nous. Ils ne le font pas ! Nos candidats sont plébiscités dans les urnes localement. Ils sont boudés nationalement : cela fait 20 ans que nous n’avons pas gagné d'élection présidentielle et 11ans les élections législatives !

Oui, nous devons profondément changer. En commençant par dépasser les clivages du passé. Croit-on que nous avons la moindre chance d’être entendus des Français si nous ne nous entendons pas nous-mêmes ? Tout le monde dit : « il faut rassembler ». Nous, nous avons déjà apporté la preuve de notre volonté de fédérer en réalisant un large rassemblement. La motion D, c’est la motion du dépassement des anciens clivages et des vieilles querelles. Le Congrès de Rennes de 1990, le référendum interne de 2004, la primaire de 2006 : c’est fini. Tournons-nous vers l’avenir !

Au-delà, je veux un parti qui se remet au travail et qui retrouve le goût du débat. Nous proposons d’organiser cinq grandes conventions nationales pour bâtir notre projet. Un parti qui sait prendre des décisions et les faire respecter lorsque le débat a eu lieu. Je veux, nous voulons, un parti qui mettra en avant une nouvelle génération de militants aux couleurs de la France. Un parti dirigé par une équipe large, soudée, qui parle d’une même voix. Je veux un parti qui fait revenir les créatifs, les intellectuels, les syndicalistes et les militants qui se sont éloignés de nous. Un parti qui saura inventer une nouvelle alliance de toute la gauche pour préparer l’alternance. C’est l’enjeu central, le reste viendra après. La présidentielle ce n’est ni aujourd’hui, ni demain, mais après-demain et nous aurons des primaires aussi ouvertes que le permettra le dialogue avec nos partenaires. 

Cher(e) camarade, nous avons à construire l’avenir du Parti Socialiste, l’avenir de la gauche et l’avenir de la France. Tu peux compter sur mon entière détermination et sur celle des signataires de la motion D pour y mettre toute notre expérience et nos forces, et ne jamais nous détourner de cet objectif. 

Alors rejoins-nous et construisons cet avenir ensemble ! 

Martine AUBRY

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 23:46

Je n’ai pas encore trouvé le temps d’expliquer ici mon choix pour ce congrès, ces derniers jours où le rythme s’est accéléré soudain, depuis que nous sommes rentrés dans la dernière ligne droite. Cela n’est certes pas un mystère, en témoignent les références sur ce blog ou la liste des signataires sur le site national. Alors oui, j’ai signé la motion dont Martine Aubry est la première signataire, dès réception par mail le 24 septembre du texte présenté au Conseil National.

J’ai vécu en effet le dépôt des motions avec un grand soulagement. Autant que j’ai vécu assez difficilement la période précédente, notamment depuis La Rochelle.

Je vais revenir un peu en arrière, car un tel choix n’est ni un coup de tête ni un coup de dé, mais bien le fruit d’un cheminement politique.

J’ai d’abord logiquement adhéré à la démarche des reconstructeurs. Depuis Fouras à l’été 2007, l’idée avait fait son chemin parmi les rénovateurs qu’il fallait maintenant s’atteler à travailler avec d’autres pour réussir à faire changer ce parti. Cette idée ne fut pas simple à faire vivre. Il est en effet d’une certaine manière plus facile de rester « entre soi », groupe minoritaire partageant les mêmes idées. Mais force est de constater que depuis 2002, nous avons mis beaucoup d’énergie, brassé beaucoup d’idées, pris beaucoup de coups aussi, mais que malgré deux sévères défaites à la présidentielle et l’affaire du référendum européen, nous n’avons toujours pas réussi à être entendus. Bien sûr, nous avons fait progresser certaines idées. Mais pas, comme nous le pensions nécessaire, mis sur les rails un nouveau parti socialiste.

Arnaud Montebourg était venu début Juin à Portet, pour discuter avec nous de la situation politique complexe. Réunion nécessaire, mais réunion étrange, où on sentait bien l’entre-deux de la période. « Cela va être compliqué », voilà la phrase que j’ai retenue d’un camarade participant. Bien vu !

Mais malgré tout, le chemin s'est creusé. Rénover, refonder, reconstruire : peu à peu, ceux qui nous ignoraient, nous moquaient ou nous combattaient au départ ont utilisé des mots similaires pour dire la même chose : le PS va mal et il est maintenant urgent de le remettre au travail, et de le reconstruire, sans renier notre histoire mais sans refuser de voir l’ampleur des problèmes.

Voilà pourquoi, malgré les interrogations et les doutes, partagés avec mes camarades, et avec Arnaud d’ailleurs, j’ai adhéré à la démarche de ces reconstructeurs. Voilà pourquoi, ici en Haute-Garonne, j’ai signé le manifeste de ceux qui veulent, au-delà des courants, ouvrir portes et fenêtres, remettre cette fédération au travail et la faire respirer.

A l’été, je ne suis pas allée dans le Morvan, pour l’assemblée d’été des rénovateurs qu’une nouvelle municipalité a chassé de Fouras – trop compliqué dans l’agenda. Ni à La Rochelle – les places y sont chères, dans tous les sens du terme ! Je ne l’ai vraiment pas regretté, étant donné la tournure des évènements. Quel ridicule que ces péripéties d’alliances de dernière minute, jusqu’à la veille du dépôt des motions ! Vraiment, je veux bien que les médias en rajoutent et se focalisent sur ce genre de choses, mais quand même, quelle triste image!

Finalement, une motion de rassemblement a donc vu le jour, dans ce travail collectif qui s’est incarné en Martine Aubry, ce qui me convenait plutôt bien. Je n’avais pas de raison de me reconnaître dans une motion autour de Pierre Moscovici seul. Le choix qu’il a fait au final ne fait que me conforter dans cette drôle d’impression d’aventure personnelle.

J’ai regretté bien sûr que Benoît Hamon, avec ce qu’il reste du NPS, ne rejoigne pas aussi la motion Aubry. Je pensais que ce serait le cas. Nous avons tant en commun ! D’ailleurs, j’aurais pu aussi signer cette motion. Si je ne l’ai pas choisie, c’est parce que je crois que cette démarche, vu l’état actuel du parti, est improductive. C’est que le congrès du Mans n’est pas si loin. J’y étais déléguée de Haute-Garonne pour le NPS. J’ai donc vu de près l’attitude des uns et des autres. J’ai vu certains intransigeants prêts soudain à signer dans une terrible nuit une pseudo-synthèse mal ficelée, qui n’a pas tenu six mois. Nous verrons ce qui se passera à Reims, mais quoi qu’il advienne, je préfère que ce travail de rassemblement commence des mois avant, plutôt que de le garder pour la nuit des longs couteaux. Enfin, j’espère que nous nous retrouverons dès que possible.

Les motions « décalées », je n’en parle pas, car à ce stade de décomposition du parti, je sais gré à certains camarades d’avoir pris la peine de proposer une autre pensée – le pôle écologique par exemple, c'était bien. Mais je crois vraiment que l’enjeu n’est pas là.

Alors, Ségolène ou Bertrand ? Les deux ont des qualités de leader, c’est incontestable. Mais sans hésitation, pour le congrès, c’était ni l’un ni l’autre. D’abord au nom de la 6e république que je défends toujours, parce que l’enjeu n’est surtout pas de trancher un combat entre deux présidentiables qui ont cherché chacun à se mettre en avant, avant tout le reste.

Ségolène Royal m’a beaucoup déçue depuis la présidentielle. Je ne regrette absolument pas de l’avoir choisie alors comme candidate, je pense qu’elle a apporté un certain nombre de choses au parti et fait bouger des lignes, et j’en veux toujours à toute cette partie de l’appareil qui n’a pas levé le petit doigt pour la campagne. Mais depuis, je trouve qu’il n’est pas pertinent de continuer à jouer dans ce registre trop personnel.

Quant à Bertrand Delanoë, depuis la Rochelle 2007 où je l’ai vu se lancer dans un discours de futur premier secrétaire, avec tout ce qu’il fallait pour faire plaisir aux militants, au moment où nous sortions de la défaite, je me suis dit que rien ne changeait décidemment dans l’appareil.

Car pour moi, la motion Delanoë c’est l’appareil, le conservatisme version socialiste, traduit de manière éclatante par le soutien de François Hollande. Car si je n’ai rien contre Ségolène ou Bertrand, ni même François à titre personnel, j’ai en revanche beaucoup à reprocher à notre premier secrétaire pendant plus de dix ans, qui assume à ce titre le bilan du parti. Le grand étouffoir, le consensus mou, l’équilibrisme d’appareil, merci bien, cela suffit !

Voilà pourquoi la motion D. Parce que maintenant, vraiment il faut changer ! La situation est trop grave dans ce pays, nous avons une vraie responsabilité. Changer, j'aime le titre de cette motion, et j’aime la référence à la gauche et au mot socialiste dans le texte. J’aime l’emphase qui est mise sur le social et la nécessité de le remettre au cœur du projet. J’aime l’idée que sur l’Europe les vieux clivages soient dépassés, et ainsi que le sujet puisse être abordé, et non éclipsé. J’aime retrouver des fondamentaux de la révovation : la composante écologique, le passage vers la 6e république. J’aime la démarche collective. J’aime l’alliance de l’expérience qu’incarne Martine Aubry avec la nouvelle génération qu’elle met en avant – ainsi Cathy Lemorton, mandataire de la motion en Haute-Garonne, est aussi une des porte-paroles nationales.

Les motions ne sont que des mots, mais les mots ont un sens en politique. J’espère vraiment que ce congrès ne sera pas une guerre mais le début d’une reconstruction. Et que le parti, partout, va pouvoir se remettre à RES-PI-RER , et AGIR !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 20:05

Les camarades intéressés par la motion D

" Changer la gauche pour changer la France "

sont invités à une réunion de présentation de la motion et d’échanges

à Toulouse le lundi 13 Octobre à 20h30 à la Fédération

En présence de Catherine Lemorton, Françoise Imbert, Jean-Louis Idiart et Gérard Bapt, députés de Haute-Garonne, ainsi que des animateurs départementaux de la motion.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Agenda
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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 18:53

Je voudrais revenir sur le dernier Conseil Fédéral. Il a été quasiment entièrement consacré au mauvais score en Haute-Garonne des Sénatoriales qui ont eu lieu la semaine d’avant. Il était bien normal que ce résultat décevant soit commenté. Il est vrai aussi sans aucun doute qu’il y a eu des comportements qui posent problème. Fallait-il pour autant ce déchainement de mots et cette tension attisée? Ne peut-on pas, dans cette fédération, poser les problèmes, en discuter, tirer les enseignements sans anathèmes ni invectives ? C’est un peu fatiguant à la longue… et ça ne fait pas avancer les choses d’un iota ! Et plutôt que régler des comptes et se regarder le nombril, je trouverais plus utile un PS capable de prendre à bras le corps les préoccupations du moment.

Deux points d’actualité ont tout de même été évoqués.

D’abord la situation à Castanet, où les employés municipaux se défendent contre les attaques brutales du maire sur leur temps de travail.

Ensuite sur la situation à Airbus, qui de nouveau est revenue sous les feux de l’actualité, avec l’annonce de la création de sa filiale Aérolia.

Je me suis sentie presque mal à l’aise, par contraste dans ce climat tendu, d’intervenir pour présenter ce point. Mais je suis heureuse qu’il ait été été mis à l’ordre du jour et qu’un travail régulier puisse être fait sur ce dossier. Le sujet me tient à cœur, peut-être pour commencer par proximité professionnelle au sein du groupe EADS. Mais au-delà, parce je le trouve emblématique. En raison du poids économique et social d’Airbus sur la région, mais aussi parce que derrière la vitrine technologique, on trouve les problèmes qui se posent dans de nombreuses entreprises : financiarisation au détriment de la politique industrielle, précarité, externalisations, délocalisations, plans sociaux…

Le tristement célèbre plan Power8 prévoyait au départ plusieurs volets, notamment la suppression de 10 000 emplois et la vente de sites, en France ceux de Méaulte et de Saint-Nazaire.

Au mois de Juin, une réunion s’est tenue à la Fédération, réunissant dans ce même lieu des délégations des 5 syndicats d’Airbus, Pierre Cohen, Martin Malvy, Pierre Izard (représenté par Bertrand Auban) et de nombreux parlementaires de Haute-Garonne. L’objectif était de faire un nouveau point sur la situation de l’époque et d'échanger les analyses, mais aussi de s’inscrire dans un travail de fond permettant un contact suivi, et autant que nécessaire, entre les syndicats et le PS.
De nombreux communiqués ont été produits par nos élus. L’organisation d’une table ronde sur l’aéronautique a été demandée au gouvernement – restant pour l’instant sans réponse.

Depuis, le plan Power8 Plus (quelle poésie !) a été annoncé fin Août. Avec l’échec de la négociation engagée avec Latécoère pour le rachat des sites, suite à l’arrêt de la vente des sites allemands (pour résumer), a été annoncée la création d’une filiale nommée finalement Aérolia. Elle sera chargée de l’aérostructure (mécanique et composite) et regroupera des salariés de Méaulte, de Saint-Nazaire, mais aussi du Bureau d’Etude de Toulouse, chargés à ce jour de la pointe avant. Cette filiale est considérée comme un fournisseur de rang 1. Elle pourrait être mise en concurrence avec d’autres entreprises, mais aussi avec d’autres filiales, allemandes notamment. La direction d’EADS a clairement laissé entendre qu’il s’agissait d’une étape vers une prochaine vente d’ici quelques années. Et la création d’une usine « low-cost » en Tunisie par Aérolia a bien été confirmée. Cela pose donc d’une part des problèmes d’un point de vue industriel. Cela pose aussi le problème social du statut des salariés « filialisés ». A Toulouse, 150 salariés environ ont changé de situation au 1er octobre, petits pions transférés d’une société à une autre, sans choix possible, et environ autant devraient l’être plus tard, pour une création effective des filiales au 1er Janvier 2009.

Conformément à ce qui a été discuté ce soir là, ci-dessous le communiqué émis le 29 septembre, le jour où se tenait à Airbus un Comité Central d’Entreprise sur le sujet.

Je sais qu’il a été transmis aux gens concernés, et qu’il a été apprécié. Tant mieux. C'est bien une des raisons d'être d'un parti que d'être au plus près des préoccupations des gens qu'il est censé représenter.
J’en profite au passage pour rendre hommage à mes camarades du syndicat CGT d’Airbus, qui se démènent sur de nombreux sujets, avec beaucoup de persévérance, dans un contexte difficile pour la CGT, comme dans de nombreux endroits dans le groupe EADS, notamment ceux venant de l’ex-Aerospatiale. J’espère qu’ils seront un peu plus payés de retour aux prochaines élections professionnelles, ce ne serait que justice – et je pense un bien pour l’ensemble des salariés d’Airbus.

 

FEDERATION DU PARTI SOCIALISTE DE LA HAUTE-GARONNE

COMMUNIQUE de PRESSE

Le PS de Haute-Garonne réitère ses préoccupations sur le plan Power8Plus et le processus de création de la filiale Aerolia avec la délocalisation d’une usine low-cost en Tunisie.

Nous exprimons notre soutien aux salariés d’Airbus, et notamment aux salariés toulousains directement concernés, à qui l’on veut imposer très rapidement un transfert dans cette filiale, et qui ont manifesté leur légitime inquiétude.

Nous espérons à tout le moins que la direction d’EADS, dans le respect du dialogue avec les organisations syndicales d’Airbus, ne reviendra pas sur les engagements pris au moment du projet de vente à Latécoère, concernant le libre choix donné à chaque salarié de rester salarié Airbus ou d’être transféré dans une filiale.

Sur le plan industriel, nous ne pouvons qu’être très inquiets devant les menaces que font peser les annonces de délocalisation et la création d’une filiale dont la direction d’EADS indique déjà que ce n’est qu’une étape vers une future vente. Cette logique d’externalisations et de démantèlement est une menace pour la pérennité de l’industrie aéronautique européenne, comme pour tout le tissu industriel en Midi-Pyrénées, avec de nombreux emplois concernés à Airbus et chez ses sous-traitants.

L’état actionnaire d’EADS porte une lourde responsabilité dans ce dossier.

Nous attendons toujours la réponse à la demande formulée à François Fillon d’organiser une table ronde sur l’avenir de l’aéronautique avec l’ensemble des interlocuteurs concernés. Nous prendrons toutes dispositions pour faire aboutir cette démarche.

 

Pierre COHEN Maire de Toulouse  - Martin MALVY - Président du Conseil Régional - Pierre IZARD - Président du Conseil Général

Les Parlementaires de la Haute-Garonne : Bertrand AUBAN , Jean-Jacques MIRASSOU,  Kader ARIF, Catherine LEMORTON, Gérard BAPT, Martine MARTINEL, Françoise IMBERT, Monique IBORRA, Patrick LEMASLE, Jean-Louis IDIART

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Couleur locale
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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 23:49





Et bien, ce n’est finalement pas de politique que j’ai envie principalement de parler ce soir.
Bien sûr, les discussions entre socialistes bruissent ces temps ci des interrogations autour du congrès. Et cette fois, nous y voilà, nous entrons dans la dernière phase, la vraie en réalité, avec le dépôt tant attendu des motions qui seront finalement bien 3 + 1 + 2, si l’on se résume selon la vision qu’en donnent les médias. Mais après tout, je n’ai pas partagé, faute de blog, tout ce qui s’est passé les semaines précédentes, et nous n’en sommes guère plus loin, puisqu'encore à parler de X qui s’allie avec Y et finalement pas Z, ou l’inverse ... La situation est certes un peu clarifiée, les motions elle-même sont là (si si, on est censés débattre sur la ligne politique, et pas juste sur le nom du leader charismatique qui nous fera gagner à coup sûr en 2012…), maintenant nous allons voir plus sérieusement dans les jours à venir.
Le courant rénovateur de Haute-Garonne réunit de nouveau ses responsables demain. Ce sera intéressant d’échanger les différentes analyses dans ce moment charnière.
Les commentaires vont bon train aussi depuis dimanche sur les sénatiorales qui en Haute-Garonne, à contre-courant du national, ont vu le PS non pas gagner le 5e siège, mais en perdre deux, entre PRG et dissidence… Jeudi se tient un Conseil Fédéral, et je crois bien qu’on en parlera. Pas sûre que cela permette d’aborder le congrès dans un climat serein.
C'est donc plutôt de syndicalisme dont je vais dire un mot.
Tiens, au passage, pourquoi ne pas rappeler ici que les statuts du PS prévoient que tout adhérent soit syndiqué, au syndicat de son choix bien entendu. Hum ? Il ne s’agit pas simplement de se mettre en conformité avec des statuts (quoique, les militants sont prompts, à raison souvent, à rappeler aux responsables nationaux leur manque de respect des règles du parti … à chacun son niveau pour respecter les règles). Mais surtout comment le PS pourrait-il être représentatif de ceux qu’il est censé défendre, si ses adhérents ne sont pas impliqués sur le terrain, y compris dans le monde du travail à travers les organisations syndicales ?
J’étais cette après-midi à la conférence de presse de l’UD CGT de Haute-Garonne qui présentait les listes pour les élections prud’hommes du 3 décembre prochain. La presse ne s’est pas déplacée en masse, c’est bien dommage. L’enjeu est pourtant de taille. Pour l’institution elle-même, et donc le monde du travail, d’abord. Les prudhommes sont en effet, faut-il s’en réjouir ou s’en attrister, une justice très sollicitée. Quelques chiffres ont été rappelés à cette occasion. En Haute-Garonne,  5e ou 6e tribunal prud’hommes de France en terme d’importance, selon les moments, ce sont environ 25000 salariés qui ont été concernés sur le mandat précédent, dont environ 13500 ont obtenu une décision favorable sur environ 19000 décisions rendues. C’est hélas très long : 15 mois de délai de jugement en moyenne à Toulouse. En Haute-Garonne ce sont près de 400 000 salariés qui sont appelés à voter, 18 millions sur toute la France. Cela concerne donc beaucoup de monde. En terme de représentativité, ces élections seront par ailleurs un baromètre très important. Je ne veux pas faire de prosélytisme syndical sur ce blog plutôt politique, mais je le dis comme je le pense : face à cette droite brutale, je crois qu’il serait important que la cgt, premier syndicat de salariés, amplifie encore ses résultats. Il me semble que cela donnerait une capacité de résistance supplémentaire. En tout cas, je ferai cette campagne là aussi !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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