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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 20:28

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Ce dimanche verra donc la fin d’une période toute particulière et, je l’espère quoi qu’il arrive, de nouveaux départs, avec le premier tour des municipales. Evènement important bien sûr pour chacun tant les conséquences sont significatives sur la vie quotidienne.
Evènement important aussi pour le PS, parti d’élus, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, pour tous ces camarades engagés, simples militants ou élus connus, qui ont à cœur d’agir pour la vie publique et y consacrent un temps et une énergie que ceux qui les jugent sous-estiment parfois bien injustement. Le pire, parce que c'est le moment où intérêts personnels et manoeuvres peu reluisantes ont tendance à réapparaître. Et parce que d’une élection à l’autre, il y a toujours une bonne raison pour le Parti de ne pas se rénover. S’il est important que la gauche ait des élus qui portent ses valeurs partout sur le territoire, des petites communes aux grandes agglomérations, le seul horizon du PS ne peut être celui d’un socialisme municipal. Après ces élections devra donc venir le temps d’une vraie analyse et de la refondation du parti et de son projet politique.

En attendant les enjeux sont là. Je ne suis pas toulousaine, mais, sans parler du symbole national, tous les socialistes de l’agglomération sont concernés par la municipale à Toulouse, avec enfin une réelle chance de faire basculer la mairie avec la liste de gauche que Pierre Cohen a su rassembler. Les sondages ne sont que sondages, retenons notre souffle et rendez-vous dimanche soir.

Dans ma commune, c’est tout autre chose. Dans un village d’un peu plus de 800 habitants, l’élection n’est pas politique au sens partisan du terme, mais elle n’en est pour autant pas moins passionnée, et là aussi, pour le meilleur et pour le pire. La situation d’Aigrefeuille est un peu particulière, la maire sortante n’ayant pas été élue, mais désignée en cours de mandat suite au départ de la commune du maire élu. Deux listes se présentent donc, une conduite par la maire en place, avec peu de sortants, et une seconde qui s’est créée en opposition aux dernières années. Les deux réunions publiques ont montré que cette élection intéresse du monde – la salle des fêtes était pleine mardi comme jeudi. Je n’ai pas aimé dans cette campagne certains dérapages et abus ici ou là, suite logique de quelques tensions qui ont malheureusement traversé le village depuis quelques temps. J’ai bien aimé en revanche la réflexion que cela a apporté, sur le choix des projets et l’évolution du village, sur le fonctionnement de la mairie et la nécessité de communication et de concertation. J’ai aimé aussi les moments d’échanges à la fin des réunions. Comme beaucoup je connais et apprécie des gens sur chacune des listes. J’ai été frappée d’entendre si souvent exprimé, et de tous côtés, le souhait de retrouver l’esprit d’Aigrefeuille, celui d’un village où les gens se parlent, se respectent, participent à des activités ensemble. Pas facile de passer d’un petit village rural à une commune un peu dortoir qui accueillera bientôt 300 habitants de plus quasiment d’un seul coup, aux portes d’une agglomération envahissante.  J’espère donc sincèrement que dimanche, quels que soient les résultats, une page se tournera et que le climat deviendra plus paisible. Je pense que c’est possible, et j’espère que chacun y mettra du sien.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Couleur locale
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 23:23

Une fois n’est pas coutume, en quelque sorte un sujet professionnel sur ce blog. Mais surtout, pour ceux pour qui l’espace a conservé un peu de sa magie ou de son mystère, une manière de s’évader un peu des vicissitudes terrestres et peut-être de regarder le ciel autrement. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus que quelques dépêches d’agence, vous pouvez suivre le fil des évènements et tout savoir sur le lancement et la mise en service du laboratoire européen Columbus sur le Colombus blog de l’ESA (avec texte notamment en français) d'où vient la photo, ou la page de la NASA sur la mission Columbus, ou encore voir les images en direct sur NASA TV.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 10:32

Non ce n’est pas un choix, toutes ces pubs qui se sont affichées un temps sur ce blog. Mais la punition de mon hébergeur overblog pour un manque d’activité. Comme quoi la pub sur internet est vraiment chose pénible, agaçante, insupportable… Mais cela devrait disparaître à terme. Merci à mes lecteurs de leur patience. Il n’est pas très bien en effet de laisser un blog en sommeil. C’est que j’étais (pré)occupée par un certain nombre d’autres choses. Et aussi, je dois l’avouer, parce que j’avais du mal à écrire, mon état d’esprit politique mêlant une bonne dose de perplexité sur l’état de mon parti, un soupçon de découragement après ces années d’efforts où finalement rien, ou si peu, ne change, et une grosse louchée de colère contre les injustices et les coups durs qui pleuvent, et toujours sur les mêmes. La potion 2007 fut bien amère. Peut-être l’espoir pour 2008 ?

Merci au passage à Brigade Anti Pub pour l’image – un site sur lequel ceux que la publicité exaspère trouveront infos et logos de toute sorte.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Ce blog
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 23:11

Cet été le groupe socialiste du conseil régional a publié un communiqué s’inquiétant des chiffres relevés dans le registre national des cultures OGM publié par le Ministère de l’Agriculture. Au contraire d’un moratoire, la situation empire : en Midi-Pyrénées, la production de maïs génétiquement modifié MON 810 représente 72 % des surfaces nationales, avec plus de 15 000 hectares ! Maintenant le Grenelle de l’environnement se développe en réunions régionales. C’est incompréhensible, mais il n’y aura pas de réunion en région toulousaine. Peur des ours, peur d’aborder ici surtout le dossier OGM ? En politique,  la première exigence n’est-elle pas la cohérence, y compris celle de ne pas fuir le débat et les problèmes là où ils se trouvent vraiment ?

J’apprends que le même Grenelle de l’environnement était aujourd’hui à Chalons en Champagne pour une des 17 réunions publiques de consultations organisées dans les différentes régions. Il se trouve que dans quelques jours sera au tribunal de la même ville un maire à qui l’on reproche un arrêté interdisant la culture d’OGM en plein champ dans sa commune. Faut-il donc débattre d’un côté et se défendre au tribunal de l’autre ?

Voici le communiqué publié par la fédération PS de Haute-Marne pour cet élu que je ne connais pas mais à qui j’exprime, sur sa prise de position, ma solidarité. 

 

Grenelle de l’environnement à Châlons et OGM : pour la suspension des procédures à l’encontre de Gilles Desnouveaux, maire de Reynel !

La démarche du Grenelle de l’environnement engagée par le gouvernement sur une proposition émanant des associations environnementales semble pouvoir déboucher sur le déblocage du dossier OGM. Un cadre juridique stable, inspiré de l’expérience des pays voisins, et conforme aux directives européennes pourrait enfin voir le jour et nous nous en félicitons.

 

A l’heure où même la FNSEA envisage le gel de nouvelles cultures transgéniques jusqu'au vote d’une loi, il serait regrettable que la consultation de ce Lundi à Chalons, et plus largement la dynamique du Grenelle soit entachée du maintien d’une forme d’acharnement de la part des services de l’Etat par routine judiciaire. Un moratoire judiciaire est l’autre face de la même médaille.

Le 18 octobre, Gilles Desnouveaux, maire de Reynel (canton d’Andelot Blancheville, Haute-Marne), est convoqué à une audience du Tribunal Administratif de Châlons suite à l’arrêté interdisant la culture d’OGM en plein champ qu’il avait pris en 2004. Nous demandons la suspension pure et simple des procédures engagées à l’encontre de Gilles Desnouveaux, maire de Reynel, en attendant le vote de la loi et leur classement sans suite.

 

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 23:33

Pour les souvenirs partagés de ceux qui y étaient, et peut-être la curiosité des autres, en ligne (colonne de gauche de ce blog) quelques albums photo, dont quelques images de Fouras 2007.

Et pour mes plus fidèles lecteurs qui viendraient sur ce blog plus souvent que je n’y écris, vous avez la possibilité de vous abonner, pour être prévenu d’un nouvel article ou/et recevoir une lettre d’information.

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24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 19:17

Contre les franchises médicales, pour l’accès aux soins pour tous

 

Mobilisons-nous le 29 septembre

 

Rassemblement Place du Capitole

(10 h 30 – 12 h 30)

 

Franchises, non ! solidarité oui !

 

Premiers signataires : (Act’up31, AMP, Association Soleil 31, Attac Toulouse, Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des Femmes , Collectif Service Public31, Comité de Défense de l’Hôpital Public, FSU31, LCR31, Les Collectifs Unitaires Anti-libéraux 31, Les Communistes Unitaires 31, Ligue des Droits de l’Homme 31, LO 31,  Médecins du Monde Toulouse, UdCgt31, PCF31, PS31, Solidaires31, Syndicat de Médecine Générale…)

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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 08:00

Par où commencer ? Maintenant que mon ordinateur et ce blog daignent fonctionner, me revoilà avec la tête encore pleine de ces moments de rentrée politique, depuis l’assemblée de Rénover Maintenant à Fouras jusqu’au Conseil Fédéral de rentrée, en passant par l’université d’été de La Rochelle. Moments que j’aimerais faire partager un peu, tels que je les ai vécus, tant je trouve grand l’écart entre ce que l’on vit de l’intérieur et l’image que les médias en donnent ou celle que l’on s’en fait soi-même. Déjà plus d’actualité ? Mais pourquoi donc faudrait-il courir au rythme de la frénésie médiatique qui fait de l’instantané le seul horizon ? Je prendrai donc le temps de revenir, ce jour et plus tard sous d’autres angles, avec le recul que donnent quelques semaines, sur ces journées très politiques.

J’y partais avec beaucoup d’interrogations. J’en suis revenue plus riche de réflexion, de débats, d’échanges, de l’énergie que l’on peut puiser dans ces rassemblements militants. Mais aussi avec une certaine perplexité qui ne m’a pas quittée depuis.

De Fouras, lieu symbolique de rassemblement pour les rénovateurs depuis 2003, je retiens des images toujours différentes d’une année à l’autre, mais toujours plutôt réconfortantes. Si je devais en résumer l’esprit, pour moi ce serait : simplicité, cohérence, travail de fond.

A Fouras, on ne vient pas voir des leaders sur des estrades qui amènent à des militants bien disciplinés la bonne parole du jour. Bien sûr le discours de clôture d’Arnaud Montebourg est un moment qui compte. Mais à Fouras, la parole est libre. Et Arnaud, pendant deux jours, n’est pas en conférence de presse à balancer des petites phrases, mais dans la salle à écouter et noter ce qui se dit. Simplicité aussi dans l’organisation : on casse croûte dehors, on pique nique par terre, on grignote debout. Au repas du jeudi soir, pas de serveurs, mais les participants qui à tour de rôle assurent le service sous la houlette des chefs. Question de coût pour que cela soit plus accessible à tous (j’ai toujours été choquée par les montants des inscriptions à la Rochelle), tout en restant collectif. Du détail me direz-vous ? Peut-être, mais les détails reflètent parfois les pratiques et la conception que l’on a de l’engagement politique.

Du mercredi après midi, je retiens le climat d’interrogations sur la situation politique à gauche, l’état du PS, et ce que nous, rénovateurs, qui n’avons pas attendu la mode du moment pour parler de rénovation, pouvons y faire utilement.

J'ai apprécié la riche intervention de Stéphane Rozès, du CSA, sur l’analyse de la présidentielle. Il a souligné que cette campagne a marqué le retour du volontarisme politique : les Français ont voulu remettre la volonté politique à l’Elysée, résume-t-il. On est loin du calamiteux « le politique ne peut pas tout » de Lionel Jospin. Il a analysé la question des valeurs et de la gauche. Le pays serait à gauche sur le souhaitable (par exemple 2/3 des Français seraient pour une plus grande intervention de l’Etat), et à droite sur le possible (la capacité à résoudre vraiment les problèmes des gens). Les questions posées sont essentielles : celle du rapport au pouvoir, problème historique de la gauche. Celle du « socialisme municipal » : les socialistes sont-ils candidats aux élections intermédiaires ou à résoudre les problèmes de l’ensemble du pays ? Celle de la question que, au-delà de ce que notre cœur ou nos tripes nous font instinctivement répondre, tous les socialistes devraient se poser : qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? Pour lui, c’est faire en sorte que le souhaitable soit possible. Et pour cela, c’est proposer les outils de la transformation. J’ai aimé ce rappel - c’en est un pour ceux qui ont contribué aux motions qui développaient cette question des outils. Mais le parti a oublié cela, et préféré une sorte de « brume doctrinale ».

J’en retiens aussi l’ambiance générale, et les mots de Thierry Mandon, qui notait que nous, rénovateurs, étions ceux qui devions tenir et construire entre les deux dangers qui guettent les socialistes et auxquels beaucoup semblent céder : le découragement extrême et la volonté de tout casser. Difficile tâche, car en même temps, il y a urgence, et nous ne pouvons pas décréter le PS fermé pour 3 ans pour cause de rénovation.

Le jeudi fut le jour des ateliers, cette année d’une journée pour prendre le temps du débat, bonne idée. Ce travail de fond, ce chantier toujours ouvert pour construire un projet politique, ce souci de se questionner et non de rester dans des certitudes ou des réflexes, c’était je crois ce qui a fait notre originalité et notre force depuis le NPS de 2002. C’est ainsi qu’il nous faut encore et toujours poursuivre.

J’étais à l’atelier animé par Thierry Mandon « Rénover : quoi et comment », qui a commencé par un petit exercice. Sur un bout de papier, chacun devait mettre ce qu’il fallait changer (en dehors du premier secrétaire, ceci étant pour nous acquis depuis longtemps…). Un sondage pas du tout orthodoxe, mais intéressant parce qu’il permet de voir ce qui spontanément se dégage. C’est bien  la volonté de travailler sur le fond, très loin du micro-climat de combats de personnes qui entoure le PS, qui ressortait. Que changer ? Sur les thèmes que le PS doit en priorité creuser : d’abord la problématique sociale et les inégalités, mais aussi la question démocratique, le développement durable, les services publics et le rôle de l’état. Sur le parti lui-même, à Fouras en tout cas, chez les militants la révolte grondait, par rapport aux dirigeants et élus d’un parti qui en compte beaucoup. L’atelier sur la stratégie de rénovation a été plus précis : limitation du cumul des mandats y compris dans le temps, refus de la professionnalisation de la politique, volonté de transparence, nécessité d’un statut de l’élu, réflexion sur le nombre pléthorique d’élus, respect de la parole des militants…  Sur la méthode, c’est un parti que l’on veut plus ancré dans la réalité, plus crédible, avec plus d’éthique dans le comportement politique. Tout un programme ! Mais oui, la rénovation, ce n’est pas un petit coup de peinture pour faire semblant que ce soit plus joli, mais en gardant les mêmes idées (le même manque d’idée parfois), les mêmes dirigeants depuis 20 ans, et donc les mêmes comportements.

Pierre Radanne, ex président de l’ADEME, frappa l’assistance en commençant par nous dire que nous avions tous 20 ans. N’est-il pas vrai que la politique, c’est se projeter dans l’avenir ? Il a développé une vision écologique d’un tournant de civilisation, face auquel le politique devait reconstruire une promesse. G. Duval, d’Alternatives Economiques, a abordé la question des marges de manœuvres et de la mondialisation. L. Bouvet, universitaire, a présenté une analyse de l’évolution des autres partis socialistes européens.

Impossible de retranscrire ici tous ces débats. Ce sera le travail des mois à venir que de les poursuivre et enrichir.

Le mercredi soir, c’était moules-frites à 5 euros, histoire de manger ensemble, puisque que nous étions nombreux de tout Midi-Pyrénées. Le jeudi, repas dans la grande salle. Cette année, l’esprit était à la main tendue. Après cette nouvelle défaite, il est temps de travailler ensemble et de dépasser les courants, au sens en tout cas des écuries présidentielles. Avec tous ceux qui veulent vraiment que le parti change. Le camarade Moscovici se déplaça donc. Il ne dit à mon avis pas grand-chose de nouveau, il n’a pas été ovationné, mais il est venu, et nous l’avons écouté. Dommage que d’autres n’aient pas fait de même.

Le vendredi matin, synthèse des ateliers et discours de clôture. Impossible à résumer, ils sont en ligne sur le site de RM, notamment celui d’Arnaud Montebourg.

Le contraste fut grand, partant avec peine de Fouras où nous discutions au soleil ce vendredi après le dernier casse croûte, en arrivant à La Rochelle pour la grand messe : trop de monde, files d’attente interminables pour récupérer le badge, médias omniprésents. J’ai raté l’ouverture avec le discours de Ségolène Royal, ce qui n’est pas bien grave. Je suis arrivée dans l’amphi bondé pour entendre la représentante du MJS, ce qui était très bien.

Je craignais le pire en arrivant, entendant les radios qui ne parlaient que de la crise, de Ségolène, de François, de Bertrand, et des absents. Je fus rassurée de ce point de vue : ambiance de travail aussi, climat apaisé, plus d’écoute que d’habitude, plus d’intervenants extérieurs, une autocritique plus forte, éléphants absents mais militants nombreux, plus de parole, tout cela m’a agréablement surprise. En même temps, j’en suis repartie avec un sentiment de malaise et une certaine inquiétude. Car enfin, personne n’a le monopole de la rénovation - même si ceux d’entre nous qui depuis 2002 ont voulu rénover ce vieux PS ont peut-être une longueur d’avance, non dans la détention d’une quelconque Vérité, mais au moins dans la pratique des remises en question. Mais comment croire que ceux qui l’ont empêchée ces dernières années avec une telle énergie seront capables de la mener maintenant avec sincérité ? Comment ne pas voir derrière les mots et les postures les arrières pensées déjà si apparentes ? Ce sera dur, voilà ce que je me suis dit le dimanche en repartant.

Mais cela, ce sera au prochain épisode …

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 10:15

Il faut bien s’y faire, les vacances sont finies. Dernière ballade à vélo dimanche, l’eau verte du canal du midi, comme chantait Nougaro, avant une sorte de pré-rentrée professionnelle lundi, et pour cette fin de semaine la rentrée politique avec les universités d’été, Fouras d’abord, La Rochelle ensuite.

Un mois de juillet très chargé et les congés en Août m’ont éloignée de ce blog. Coupure volontaire aussi, car après des mois politiquement intenses à la conclusion difficile, il me semblait nécessaire de prendre un peu de recul.

Pendant ce temps, notre agité président vibrionnait de tous côtés, occupait sans relâche l’espace médiatique, jogging compris, débauchait quelques individualités soi-disant de gauche, lançait ses projets à droite toute, modifiait en direct la constitution pour une hyper-présidence au premier ministre inexistant, envoyait sa femme jouer la diplomate et se faisait détester par un certain nombre de responsables européens, et se faisait offrir (encore) des vacances de luxe à côté de son si cher ami Georges Deubeuliou.

Pendant ce temps, les socialistes … mais au fait que faisaient les socialistes ? Le goût pour la soupe de certains eu au moins le mérite de clarifier un peu le paysage (Sarkozy, le premier des rénovateurs du PS, comme ont écrit certains ?). Mais il reste tout à redessiner. Un certain nombre d’initiatives, dont les médias se sont peu fait l’écho, ont été lancées tout de même pendant l’été. Rénovation (la vraie) et rassemblement (sincère), saurons-nous et pourrons-nous transformer enfin et relever le parti ? C’est l’enjeu des mois à venir.

De La Rochelle, je n’en attends à vrai dire pas grand-chose, si ce n’est au moins prendre la température. La grand messe habituelle, curieusement intitulée « diagnostic pour la rénovation » (ne pas rire) sera sans doute différente, notamment en l’absence cette année d’un certains nombre de leaders nationaux qui étaient occupés ailleurs. Drôle de conception des responsabilités que de rater la rentrée politique de son parti. Doit-on comprendre que ceux là passent la main, et laissent d’autres générations reconstruire sur les décombres ? Et bien, c’est d’accord !

J’attends plus en revanche de Fouras. J’espère que cela sera encore un lieu de réflexion et d’espoir. Cette année, on sent bien que le cadre s’élargit. Tant mieux.

Avant d’y partir donc, les mots de Thierry Mandon pour présenter l’enjeu de ces 3 jours :

 

ASSEMBLEE D’ETE DE FOURAS 2007

« Gauche, année zéro ? »

Après notre 3ème défaite consécutive à l'élection présidentielle, le mot rénovation est devenu le passage obligé de tout discours socialiste. Cela n'effraie pas les militants du pôle rénovateur que nous sommes puisque de Dijon au Mans, nous n'avons cessé d’œuvrer pour cela.

 

Mais plutôt que  de se précipiter tête baissée vers les chantiers de la rénovation proposés par le Premier secrétaire, il convient de prendre le temps de faire un diagnostic lucide et sans concession de l'état de la gauche en France, au plan idéologique, programmatique, stratégique et organisationnel. Pas par goût exacerbé de l'autocritique, mais par volonté d'engager véritablement notre refondation dont chacun pressent qu'elle sera beaucoup plus ardue et longue que ne le croit l'actuelle direction du parti.

Il ne s'agit pas, en effet, de se contenter des quelques mini forums du parti, organisés en vase clos et coincés entre la rentrée et les municipales. De cette méthode nous connaissons par avance le résultat : la reconduction des mêmes erreurs et des mêmes responsables renforcés de quelques cautions jeunes pour faire crédible. Serait alors refermée la parenthèse présidentielle tandis que notre parti, installé confortablement dans son statut d'éternel opposant attendrait d'un vote sanction d'éventuelles victoires électorales aux scrutins intermédiaires. Acceptant tacitement une répartition des pouvoirs qui laisserait à la droite les victoires nationales, la gauche se recroquevillant sur ses bastions locaux, une telle méthode conduira inéluctablement à la marginalisation de notre parti et laissera les mains libres à Nicolas Sarkozy.

Notre ambition est tout autre. Nous pensons que cette nouvelle défaite présidentielle nous contraint pratiquement à repartir de zéro, d'où nos débats: "Gauche, année zéro?"

Doivent être passés au crible notre doctrine, inadaptée à la société dissociée dans laquelle nous vivons (sur ce point, relire absolument avant Fouras le diagnostic de la société française que nous avions écrit en 2005... et qui n'a jamais été discuté par le parti), notre stratégie politique qui doit privilégier un nouveau rapport à la société et à ses acteurs plutôt que de se poser classiquement la seule question des alliances, et la conception même de l'organisation de notre parti qui doit désormais accepter le fait présidentiel et s'adapter en conséquence sauf à se satisfaire durablement d'être contourné par l'extérieur.

Nous organiserons donc 3 tables rondes sur ces thèmes : Doctrine, Stratégie et Refondation du parti, au cours desquelles, avec quelques invités de qualité nous chercherons à identifier les points sur lesquels il faudra travailler dans les mois et années qui viennent. Nous chercherons aussi à associer largement à nos travaux des sympathisants et des citoyens engagés car le nouveau parti socialiste que nous voulons bâtir est d'abord un parti pleinement ouvert sur la société. Les participants à l'université d'été sont invités à préparer toute contribution écrite qu'ils jugeraient utiles et à envisager des prises de paroles de 5mn afin que l'expression soit la plus riche et la plus diverse possible.

Dans cet inventaire de la refondation de la gauche, nous ne partons pas de rien. Il y a les acquis de la campagne présidentielle qui aura, en quelques mois fait plus pour débloquer quelques sujets (mondialisation, Europe, développement durable, démocratie sociale et institutionnelle…) que le parti depuis 10 ans. Il y a aussi nos écrits de ces dernières années dont la lecture rétrospective fait du bien. Il y a enfin des camarades d'autres sensibilités qui souhaitent bâtir avec nous le pôle rénovateur et seront invités à nous dire comment ils voient sa construction.

Fouras 2007, université d'été de l'audace, de l'imagination et de l'optimisme de ceux qui croient la rénovation possible pour peu que l'on s'en donne les moyens et qu'on y consacre les efforts nécessaires. Fouras, si près de la Rochelle, si loin déjà.

Thierry Mandon
Porte parole de « Rénover, maintenant »

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 23:20

« Shadow cabinet », contre-gouvernement, peu importe la formulation. L’opposition qui se mettait en place, un esprit combatif, le sentiment d’une alternative, de nouvelles têtes, l’idée de Jean-Marc Ayrault avait de l’allure, et le mérite de donner un élan à ce groupe socialiste tout juste élu. Il n’a pas fallu une journée pour que cette idée là aussi soit sabotée de l’intérieur.

Mais enfin, camarades dirigeants socialistes, quand allez-vous cesser de saccager notre parti ?

« Toute classe dirigeante qui ne peut maintenir sa cohésion qu’à la condition de ne pas agir, qui ne peut durer qu’à la condition de ne pas changer, qui n’est capable ni de s’adapter au cours des événements ni d’employer la force fraîche des générations montantes, est condamnée à disparaître de l’histoire.»

Léon Blum (A l’échelle humaine)

Et à propos d’immobilisme : lisez le billet sur le Conseil National sur le blog de Marie-Laurence Davoine.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 23:31

Ce samedi fut politique, ici et là-haut, mais quel contraste !

En Haute-Garonne à RM 31 nous avions choisi d'organiser une journée autour de ce qui a fait la force des rénovateurs depuis 2002 : la réflexion politique avant la stratégie, les remises en question plutôt que le confort des certitudes.

Difficile de sacrifier à l’envie de repos un beau samedi ensoleillé, le premier libre après tant de week-ends bloqués pour cause d’élections. Voilà ce que je me disais ce matin là, en attendant sur un parking le camarade à qui j’avais donné rendez-vous. Et pourtant, plus de 150 personnes sont venues ce samedi là à Paulhac. Un bel encouragement !

Après une mise en route un peu laborieuse mais conviviale, sympathique et agaçante tradition socialiste, pour cause d’arrivées tardives, de café à prendre et de logistique à mettre en place, nous voilà écoutant Didier Cujives nous accueillir dans sa toute belle salle des fêtes.

Nous avions choisi de consacrer la matinée à trois ateliers de travail : un premier portait sur les thèmes « Emploi, économie et formation professionnelle, un autre traitait des « Mécanismes de solidarité, protections sociales, retraites, fiscalité » Je présidais pour ma part celui intitulé « Nouvelles institutions et démocratie sociale ».

Un autre de nos choix était de nous tourner vers l’extérieur, par des invitations élargies,  comme par le choix des intervenants. Car nous sommes de ceux qui croient que pour reconstruire il faut ouvrir portes et fenêtres pour écouter ce qui se pense ailleurs. Pour l'atelier que j'animais, j’avais donc invité Xavier Petrachi, Délégué Syndical Central CGT Airbus, camarade de combat syndical mais non politique, à nous apporter son regard sur la démocratie sociale. Emilie Marcovici, enseignante en droit public, qui a publié « La gauche et la Vie république » (éditions L’Harmattan) intervenait sur le volet institutionnel. Deux volets différents mais pourtant liés dans notre 6e république.

Le temps était compté, mais les interventions liminaires de nos invités furent très riches, comme les échanges qui suivirent. J’ai été frappée aussi de l’attention, du sérieux et de l’écoute des participants. Les échos des autres ateliers vont dans le même sens, et nous montrent, ce qui fait beaucoup de bien, que nous étions dans la bonne voie : celle qui met en valeur la partie la plus noble de la politique.

Il y a toujours une certaine frustration dans ce genre de réunion de ne pouvoir aller au bout de la construction politique. Il y a en effet tant à débattre et imaginer. C’est pourquoi nous avons décidé que ce ne serait qu’un début, plutôt un redémarrage. En complément du travail des rapporteurs présenté en fin de matinée (et bravo à Stéphan sur cet atelier pour ce difficile et très réussi exercice ) un compte-rendu sera diffusé, et surtout le travail se poursuivra, à Fouras et en Haute-Garonne après l’été par des commissions que nous ferons vivre.

Après ces heures de réflexion, il fit bon profiter du soleil et du buffet. Pas de tralala chez les rénovateurs, on se trouve sa table, son coin de pelouse ou on mange debout, le tout c’est de discuter ! La reprise en assemblée générale fut donc un peu difficile. Mais après les dernières gouttes de café, le silence revint pour écouter Xavier Petrachi, cette fois es-qualité de responsable syndical Airbus, et de retour du Bourget, nous faire part de l’actualité autour du tristement célèbre Power8 et ses conséquences, et Didier Cujives donner son point de vue de conseiller régional.

Au programme pour finir, rien de moins que la question de la rénovation du PS et de la reconstruction à gauche. Etienne Morin, président de RM 31, revenu de Paris où s’était préparé le conseil national, nous donna un éclairage sur la situation politique. Le premier bilan de la présidentielle commence à être tiré. Quelle place prendrons-nous maintenant dans ce parti ? Nous n’avons pas vocation à y rester minoritaires. Il nous faut travailler et construire, le plus nombreux possible, et avoir l’ambition de constituer un grand parti de la gauche. Et non, pour le moment, préjuger de qui incarnera cet avenir. La route sera longue et pleine d’ornières encore une fois, mais nous en avons l’habitude. Un peu de lassitude peut-être, comme l’impression de recommencer toujours, congrès après congrès. Mais aussi intacte l’impérieuse nécessité de la rénovation.

Pendant de temps là, à Paris, un Conseil National bien verrouillé, où notre ex-candidate avait cru bon de ne pas même se déplacer, accouchait d’un texte couru d’avance, expliquant combien il était important et urgent d’engager la rénovation du parti, à la sauce hollandaise assaisonnée de poivre et sel éléphantesque : en s’empressant de prendre bien le temps de ne surtout rien bouger… Car selon la formule d’un éditorialiste de Libé, au PS, depuis des années, « on ne change pas une équipe qui perd » …

Voilà pourquoi si la journée fut riche et réconfortante, la soirée fut un peu colère…

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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