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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 21:05

JauresFede

Il y a cent ans, le 31 Juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné au Café du Croissant à Paris.

En cette année #Jaurès2014, et singulièrement ce jour, hommages et références se sont multipliés. Parfois légitimes et bienvenus. Mais parfois aussi, entre oublis et contresens, à force de récupérations plus ou moins culottées, un tantinet AGACANTS.

A droite, voire à l'extrème-droite, certains n'hésitent pas à s'y référer dans leurs discours. Alors même que les idées qu'ils défendent sont en totale opposition avec celles de Jaurès.

Au sein de la gauche, certains tentent une sorte de procès en légitimité. Mais à quoi cela rime-t-il ? "Jaurès n'aurait pas voté le pacte de responsabilité". Ou au contraire : "Jaurès le réformiste aurait voté le pacte de responsabilité". Ou encore : "Aujourd'hui, Jaurès serait social-démocrate". Mais enfin ! Quelle est cette hérésie ? Faire parler et penser les morts, un siècle après, dans un contexte totalement différent ? Cela me laisse perplexe...

Ceux qui contestent aux socialistes de ce temps le droit même de faire référence à celui qui est une de leurs figures historiques, partagée avec d'autres à gauche, quelles qu'aient été par la suite les divergences de route, me semblent tout autant à côté de la plaque que ceux qui, au PS, ne peuvent s'empêcher de caser dans toute intervention une citation de l'icône, par une sorte de réflexe pavlovien, sans réfléchir plus avant à ce qu'il nous a laissé en héritage et qui devrait servir à alimenter notre construction idéologique.

Jaurès l''humaniste. Jaurès le pacifiste. Jaurès le réformiste. Et Guesde le révolutionnaire, les deux tendances, qui déjà et encore s'affrontaient dans le mouvement socialiste. Jaurès assassiné, à la veille du début de la grande boucherie de 14-18.

Mais Jaurès, pour moi, c'est un lieu. Carmaux, où, me rendant à une réunion CGT Métallurgie, j'ai retrouvé là-bas, sur la tranquille place, dans les vieux locaux, la trace des luttes et l'esprit de cet homme, ce bourgeois philosophe qui compris et épousa la cause des mineurs de Carmaux ou de la Verrerie Ouvrière d'Albi.

Et si je ne devais citer qu'une phrase, ce serait ma préférée, celle qui sert à rester tenace dans les moments de doutes : "L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir".

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 13:01

boulierchinois.jpg

Bon sang mais c'est bien sûr !

La révélation m'est venue ce midi. Comme une évidence que, n'en doutons pas, des esprits malveillants auraient voulu nous cacher.

Notre adversaire n'a pas de visage, nous le savons tous maintenant.

Notre adversaire, c'est EXCEL.

HEIN ?

Mais oui, le célèbre tableur dont entreprises et particuliers ne peuvent plus se passer.

Sous ses airs d'efficacité tranquille, le rusé logiciel s'est déployé partout. Et je viens de découvrir qu'il a réellement pris le pouvoir.

Car sinon, comment expliquer toutes ces décisions qui semblent prises sous l'emprise de la calculette, en oubliant totalement que les conséquences touchent des gens ? Oui, des vrais gens qu'on ne peut pas réduire à une cellule de tableau.

L'adversaire est si puissant qu'il touche toutes les tendances politiques, droite et gauche confondues, et de nombreuses professions.

Quelques exemples pour vous en convaincre ?

Comment expliquer, sinon, la suppression de certains services publics, postes, hôpitaux, tribunaux, petites lignes SNCF ? Invoquer un ratio par habitant en appliquant des formules à des zones isolées, traiter villages et villes avec la même formule moulinette, ne peut être le fruit d'un cerveau humain raisonnable.

Comment expliquer, sinon, tous ces plans sociaux qui raisonnent "à l'envers" ? C'est-à-dire non pas en identifiant des postes à supprimer en raison de difficultés, mais en commençant par calculer des économies de coûts, avant d'en déduire un nombre de postes à supprimer ici ou là.

Comment expliquer, sinon, cette nouvelle baisse du taux du Livret A, épargne des gens ordinaires, des personnes âgées, des jeunes ? Bien sûr, un logiciel ne peut être sensible ni à ces petits impacts qui s'accumulent au quotidien pour ceux qui sont obligés de tout compter, ni à la portée symbolique des décisions.

Voilà pourquoi, je vous le dis, notre véritable adversaire, c'est bien EXCEL.

Je vous entends d'ici réagir : encore un coup de Bill Gates, la suprématie scandaleuse de Microsoft, et le Made In France dans tout ça, etc etc.

Bon, dans un prochain article, je vous dirai pourquoi le boulier chinois nous a conduit tout droit au pacte de responsabilité. Peut-être.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 21:18


Villemur

 

Villemur, Haute-Garonne, l'ex usine Molex, la nouvelle entreprise VMI...

Un endroit que le pays, et même au delà, a appris à connaitre. Un endroit cher à mon coeur.

Mais au delà du symbole, l'histoire n'est pas finie. Sous d'autres formes, avec d'autres objectifs, la lutte continue.

Pour qu'il n'y ait plus d'autres Molex, long est encore le chemin. 

 

 

Bernard Thibault vient ce 20 juin à la rencontre des salariés de VMI à Villemur sur Tarn (communiqué de la CGT)

  

 Une lutte d’ampleur nationale :


Cette lutte a été le reflet des licenciements dits boursiers. Si elle n’a pas réussi à aboutir totalement, cette lutte a quand même permis, alors qu’elle était vouée à être rayée de la carte, de préserver une activité qui emploie aujourd’hui 51 personnes avec de réelles perspectives de développement.

 

  

 Une décision judiciaire qui conforte la lutte des salariés :


Les salariés viennent de gagner aux prud’hommes ce qu’ils n’ont eu de cesse de crier partout où ils en ont eu l’occasion :  « Il n’y avait pas de raison économique à la fermeture du site de Villemur ».

  

Cette visite de Bernard THIBAULT s’inscrit dans la campagne que mène la CGT sur la reconquête industrielle. Elle pose la question de savoir :

· s’il faut seulement se féliciter d’une décision de justice longtemps après que tout est fini,

  ou

· s’il faut prendre des décisions avant que les licenciements où la fermeture ne soient prononcés.

 

   

 Les licenciements : ça suffit !


Aujourd’hui, de nombreuses entreprises qui enregistrent des bénéfices (Astrium, Sanofi, Carbone Savoie…), sont confrontées à des licenciements où à des fermetures : c’est inacceptable !!

 

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises vouées à la fermeture, retrouvent de l’activité grâce à la lutte et à la responsabilité des salariés (VMI, Pilpa, Fralib, M’Réal…).

 

Aujourd’hui, dans des  entreprises confrontées à des pactes de compétitivité ou autres mesures néfastes qui remettent en cause des acquis importants, la mobilisation importante des ouvriers permet d’imposer d’autres choix (SAM (Decazeville), BOSCH (Rodez),…).


Un rassemblement pour la reconquête industrielle:


C’est dans cette optique que Bernard Thibault viendra, vendredi 20 juin 2014, rencontrer les salariés de VMI (et ex Molex), pour saluer la décision de justice qu’ils ont obtenus aux prud’hommes et dire ainsi :

· STOP à la casse de l’industrie !

· Il ne faut pas d’autres Molex !

· C’est avant que les licenciements ne soient prononcés que les mesures doivent être prises !

 

Vendredi 20 juin 2014, à partir de 10h00


Devant VMI (ex MOLEX) rue Victor Hugo

 

Rassemblement pour la reconquête industrielle et le développement des services publics

 

En présence de Bernard Thibault, Philippe Martinez (FTM-CGT) et de nombreuses délégations d'entreprises qui font la une de l'actualité sociale.

 

Un pique-nique est prévu à la suite du rassemblement.

 

 

Bernard Thibault à Villemur, quelques uns de mes souvenirs :

Molex Villemur, les dégâts de la financiarisation

et 

Molex, 3 ans après


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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 22:31

NOAA-Nprime.jpg

Nous voilà tous occupés ce mercredi à nous renseigner sur des calculs à propos de trains et de quais de gare.

Suite à un article du Canard, voilà que la polémique monte. Les présidents de Région concernés s'insurgent, le ministre des Transports demande une enquête interne, des députés montent au créneau, Ségolène Royal fait une déclaration scandalisée. Les médias papier reprennent l'information en parlant de "couac", les journaux TV renchérissent sur cette erreur "incroyable".

Me voilà du coup à mon tour choquée par ces réactions.

Chère Ségolène, je lis que tu parles de décision "consternante", et aussi :

«Les régions ne paieront pas ces erreurs invraisemblables qui prouvent simplement qu'il y a des gens dans les bureaux parisiens qui sont beaucoup trop éloignés des réalités du territoire.»

Bon.

Qu'une enquête soit diligentée, d'accord.

Que l'on s'interroge sur la réforme qui a conduit à cette relation client/fournisseur entre la SNCF et RFF, certes, tant mieux.

Que les régions se défendent, on peut le comprendre. Quoique, on peut aussi trouver normal de moderniser des voies.

Mais pourquoi de telles réactions ?

On peut s'amuser de ce "couac", s'il y en a vraiment un.

Mais en ce cas je n'aimerais pas être responsable qualité à la SNCF ou à RFF. Car derrière, il y a des gens, qui ont travaillé sur de gros projets. Une erreur a pu avoir lieu quelque part. Je n'en sais rien. 

Et alors, même, chère Ségolène, chers camarades, mesdames messieurs les journalistes, n'en n'avez-vous jamais commis, vous ?

Bien sûr, vous n'avez probablement jamais travaillé sur de tels projets industriels, avec leurs contraintes, leurs objectifs de qualité, mais parfois aussi, leurs erreurs. Car l'erreur est humaine. Et ne mérite pas mépris. Car votre mépris et la pression retombent sur des personnes.

Prenons des exemples dans un autre domaine. Pourtant aussi une industrie de haute technologie, dans lequel l'erreur est soit interdite, soit vraiment très coûteuse : le spatial.

Peut-être certains se souviennent-ils de cette sonde martienne de la NASA qui fut perdue en 1999. Elle s'appelait Mars Climate Orbiter. Pourquoi perdue ? A cause d'une bête erreur de calcul, une centaine de kilomètres d'écart qui conduisit à sa destruction. Comment cela a-t-il été possible ? Des gens éloignés des réalités du territoire martien ? Non, une erreur d'unité, parce qu'une partie de l'équipe calculait dans le système métrique et une autre dans le système anglo-saxon.

Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus que l'erreur est humaine, et que même les process les plus rigoureux peuvent conduire à des "énormités", la photo qui illustre cet article. Bien connu de ceux qui travaillent dans le domaine, circulant dans des formations. Un cas d'école spectaculaire venant de la NASA. Il s'agit du satellite NOAA-N-Prime, qui en 2003 est tombé de tout son long en salle d'intégration chez Lockheed Martin lors d'une manoeuvre. Et pourquoi ? L'enquête publiée par la NASA (ici) l'indique : à cause de 24 boulons, devant fixer le satellite sur sa base, qui n'étaient pas en place. Incroyable, éloigné des réalités, etc etc etc. Une erreur qui a coûté non pas 50 millions d'euros, mais plus de 200 millions de dollar, en 2003.

Heureusement, dans un cas comme dans l'autre, pas de blessure humaine. Ce qui tout de même est l'essentiel.

J'arrête là la liste, qui pourrait être bien plus longue, de ces erreurs "incroyables".

Mais en réalité, dans notre problème de trains et de gares, y a-t-il eu erreur ? En lisant la presse, par exemple cet article du Monde, sans s'arrêter à son titre, on finit par en douter. Et par pencher plutôt vers un problème de communication et de patate chaude de financement qu'on se refile, entrainant des retards dans des décisions de mise aux normes qui auraient déjà dues être faites. En tant que voyageuse occasionnelle en train, je suis plutôt contente de savoir que, pour mon confort, les trains seront un peu plus larges.

Alors arrêtons de polémiquer et de dire n'importe quoi, n'importe comment. Oui Ségolène, là, tu m'as énervée tu vois.

Bien à toi.

 

Mise à jour : un article parmi d'autres qui apporte un éclairage sur cette erreur qui n'en est pas une : Non, SNCF n'a pas commandé 2000 TER trop larges

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 09:40

NouveauxChiensDeGarde.jpg
Le 4 mai dernier, LCP diffusait le documentaire "Les Nouveaux Chiens de Garde" de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat.

Devant mon écran, ce soir là, je fus à la fois scotchée par la qualité du film et vaguement écoeurée par ce qu'il montrait. Soirée édifiante et glaçante, à revoir les éléments de langage gentiment relayé par des médias complaisants, et les mêmes "experts" squatter les antennes, pour dire ce qu'il convient de dire. Choses connues, mais effrayantes à voir démonter.


 

AH ! Le point ALAIN MINC. Délicieux.

Incroyable en revanche fut le débat suivant le film (en ligne pour l'instant sur LCP ici). Je n'en crus pas mes yeux de voir Franz-Olivier Giesbert et Elie Cohen, ainsi que Dominique Wolton que j'ai découvert. C'est à dire ceux là même que le film dénonçait. Droit de réponse peut-être ? Mais pourquoi alors aussi unilatéral ?

Ces messieurs furent très durs contre ce film qu'ils n'ont pas aimé. Ben voyons ! J'ai fini par éteindre ma télévision.

Sur Twitter, autant d'énervement à voir ce débat que de louanges à regarder le film. Ou bien, la preuve par A+B de ce que le film dénonçait.


 

Et qui pour commenter "Les nouveaux chiens de garde" sur LCP ? Elie Cohen et FO Giesbert, deux des aboyeurs. Ouf. Tout rentre dans l'ordre.

ACRIMED non plus n'a pas aimé.

Le film sera rediffusé sur LCP le 18 mai à 20h30 et le 25 mai à 14h00. Ne le ratez surtout pas si vous ne l'avez pas encore vu.

Sorti en 2012, il fit plus de 250 000 entrées au cinéma, ce qui est remarquable pour un documentaire. Pourtant, il n'avait pas, jusqu'ici, fait les grands titres.

Pour toutes ces raisons, je voudrais vous parler de NADA.

Voici comment cette association, dont Gilles Balbastre est membre, se présente :

Depuis des décennies, des mouvements sociaux luttent contre la violence des politiques capitalistes et leur dociles auxiliaires : les médias serviles. Les chiens de garde aboient lorsque les salariés protestent, mordent lorsque la contestation descend dans la rue.
Mais, face à la meute, nous aussi Nous Avons Des Armes.
NADA est une association de loi 1901 qui a pour but d’auto-produire une information alternative à cette propagande parée de neutralité et d’objectivité. Pour mener à bien son projet, tout en assurant son équilibre et son autonomie, NADA recherche des moyens financiers et développe un système de financement participatif par le pré-achat de ses productions.

Lancé depuis plusieurs mois, le site n'a pas encore collecté assez de fonds pour terminer ses deux premiers documentaires, "Nous avons des armes" et "Cas d'école". Pour soutenir NADA financièrement, allez voir sur le site (ici).


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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 20:55

TrebesMichelBonnery5mai2014.jpg

Tristesse, car cette après-midi, au crématorium de Trèbes, près de Carcassonne, nous avons dit un dernier salut à Michel Bonnery.

Le ciel était bleu, avec quelques panaches de nuages que le vent d'autan étirait.

Avec les camarades qui étaient là, dehors, après la brève et sobre cérémonie, après "Les Copains d'abord", nous avons parlé de politique, d'écrevisses et de cassoulet. Car malgré la peine, voilà bien ce qui nous est venu en pensant à Michel Bonnery.

Socialiste il était, quelles qu'aient été parfois ses opinions sur le PS et donc ses choix, socialiste il restait. Un homme de convictions. Solides. Comme il l'était lui, comme il aurait dû le rester si la maladie n'avait pas fini par gagner.

Une présence, imposante, chaleureuse, tellement humaine. De la convivialité, même après les débats les plus virulents. L'un n'empêchait pas l'autre. Au contraire.

Michel Bonnery a été secrétaire de la section cantonale de Lanta. C'est lui qui m'y a accueillie lorsque nous avons déménagé. C'est à lui que j'ai succédé comme secrétaire de cette section. Il a été directeur de campagne aux législatives de Pierre Cohen sur la 3e circonscription d'alors. Il a été aussi, et peut-être surtout, maire de Tarabel, si attachante petite commune du Lauragais.

primaires2 01

Mais ce que je retiendrai de Michel Bonnery, même si la vie nous a éloignés, ce sont des attitudes, des moments simples, de l'homme et du camarade. Et voyez comme c'est bête, j'ai repensé, en écrivant un mot sur le registre des condoléances, à ce gâteau après une réunion, partagé en section, fait pour nous fêter, "Marie et Franck". Longtemps j'ai gardé à la maison cette pâte décorée en souvenir de ce moment. Bien sûr, j'ai dû un jour me résigner à la jeter.

Mais jamais nous n'oublierons Michel Bonnery.

En sa mémoire, pour Claudine et ses enfants, un chant de résistance, enjoué et triste.

 


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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 17:10

21avril2002

"Chacun se souviendra longtemps de cette soirée humiliante et douloureuse du 21 avril 2002".

Ainsi commence le texte de la motion C, intitulée "Pour un nouveau Parti socialiste", et soumise au vote des militants au congrès de Dijon, en mai 2003.

Et en effet, 12 ans après, l'image qui s'est affichée à 20 heures sur l'écran est encore gravée dans ma mémoire, comme dans celle, j'en suis sûre, de beaucoup de gens.

12 ans après, alors que le PS vient de subir une sévère défaite électorale, qu'avons-nous donc, nous socialistes, retenu de tout cela ?

Pour ma part, ce moment fut celui d'une inflexion. Arrivée au PS en 1995, le lendemain de l'élection de Jacques Chirac, sous le  coup de la colère et de l'envie d'agir, j'avais alors sagement choisi les motions majoritaires, dans le Parti de Lionel Jospin, puis de François Hollande. Après ce 21 avril là, j'ai fait le choix de la rupture, avec cette motion NPS qui voulait une remise en cause profonde du PS et de ses choix, et pas seulement une reconquête électorale dans la continuité. Je me souviens encore de l'appel dans la presse de ces jeunots qui s'appelaient Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Benoit Hamon, ... Une bouffée d'air frais, l'envie d'ouvrir grand portes et fenêtres. Beaucoup de réflexion, du travail, et un bon score au final, dans la joie et dans l'espoir.

(A ce stade, séquence nostalgie, un coucou amical à celles et ceux qui ont connu ces moments là, et qui j'espère partageront le sourire devant l'écran).

motionNPS

Mais 12 ans après, que de mots prononcés pour convaincre en sections, que de soirées et de week-ends, de congrès plus ou moins pénibles,... pour encore voir devant nous tant à changer. Depuis, Arnaud, Benoit, Vincent, ont été ministres, et c'est tant mieux. Le PS a engagé une certaine rénovation, organisé de belles primaires, commencé à limiter le cumul des mandats. La lutte contre la mondialisation libérale a progressé dans les esprits et s'incarne à Bercy. La réorientation des choix européens apparait de plus en plus comme une nécessité. Mais quelle lenteur ! Quelles pesanteurs ! Que de temps perdu en prudences et timidités, parfois en renoncements.

Il faut beaucoup de patience pour continuer la route. Beaucoup d'aveuglement diront certains. Beaucoup de ténacité jugeront d'autres.

Et puis, n'oublions pas un autre 21 avril, un autre anniversaire dont on peut au contraire marquer la mémoire avec joie. Celui du 21 avril 1944, il y a 70 ans : "Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes". 70 ans, seulement, une longue histoire, et là aussi, encore tant à faire pour l'égalité.

"L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir". Ma citation préférée du grand Jaurès.

MotionNPSLapinou

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 22:21

MolexNuit.jpg

C'était le 27 mars dernier.

Ce jeudi là, j'étais en grève, à l'appel de toutes les organisations syndicales d'Astrium Toulouse, contre le plan de suppressions de postes imposé par Airbus Group, ex EADS.

La manifestation du matin fut un succès, démontrant encore une fois la colère des salariés, du Capitole à Saint-Etienne devant la Préfecture.

Ce jeudi là, de retour au Capitole à midi, je croisais Jean-Luc Moudenc, alors candidat challenger, qui sortait d'une réunion avec les maires de droite de l'agglomération. Pierre Cohen, lui, alors maire, était venu exprimer son soutien. Bref, voilà, passons.

A 13h00, j'étais devant le Conseil des Prudhommes de Toulouse, où "les Molex", comme on dit toujours ici, avaient donné rendez-vous pour attendre le délibéré, dans la procédure voyant quelques 190 d'entres eux contester le motif du licenciement économique face à Molex.

Comme un air de retrouvailles sous le soleil, devant les grilles. Tous ces visages, souriants et sérieux à la fois. Ceux qui ont retrouvé du travail ailleurs. Ceux qui ont complètement changé d'activité. Ceux qui n'ont rien retrouvé du tout. Ce jeudi, un combat de plus. Plus de 5 ans après. 5 ans, vous rendez-vous compte ? Pour le principe, avant tout. Pour la reconnaissance du caractère abusif des licenciements. Parce que jamais, JAMAIS, ils n'ont reculé d'un pouce là-dessus. L'usine n'aurait jamais dû fermer, aucune raison, autre que l'appétit de quelques requins.

Ce jeudi là, une nouvelle fois, la justice leur a donné raison. Les licenciements sont reconnus "sans cause réelle et sérieuse" lit sur le perron l'avocat Jean-Marc Denjean. Les indemnités sont conséquentes, signe que la justice a clairement tranché. Applaudissements dans la cour. Une satisfaction de plus. Les médias sont là, nombreux, preuve que ce combat, dans sa force et sa dignité, dans sa légitimité et son exemplarité, a dépassé largement les frontières de Villemur-sur-Tarn.

Les bières, dans ce café qui a vu passer tant de syndicalistes, sont savoureuses. Moment de calme et de fraternité, qui contraste avec l'agitation médiatique du lendemain.

MolexGuyDenisCamille.jpg

Ce jeudi soir, direction Villemur, le local de l'Association. Plaisir de ces moments partagés, en ce jour de victoire. Savourés comme il se doit, après tous ces moments de lutte, et aussi d'amères défaites. Merci les copains et camarades, mille mercis de m'avoir invitée.

Et puis le retour. Je ne veux pas m'attarder. Mais tout de même. Ma voiture, venue ici tant de fois, connait le chemin par coeur. Il est tard, il fait nuit. Elle me mène devant l'usine. Les panneaux, maintenant, indiquent VMI. "Villemur Industrie". Le petit morceau d'activité que la mobilisation a permis d'arracher à la rapacité des fossoyeurs de l'industrie. Personne bien sûr, les places de parking devant sont toutes vides. Je me pose là un instant. Devant mes yeux, la même barrière, le même poste de garde, les mêmes murs. Mais comme tout semble éteint. L'air me semble soudain empli de fantômes, de mots de colère, de fraternité, d'espoirs, de rires et de larmes. Jours et nuits, matins et soirs, il y avait la vie, et là, le silence.

La justice a tranché une fois de plus. Les licenciements n'auraient pas dû avoir lieu. Mais voilà, tout le monde, ou presque, est dehors. Quel gâchis.

Alors maintenant, en ce nouveau moment du quinquennat, une seule question qui vaille : qu'avons-nous fait, ou qu'allons nous faire dans le mandat, nous socialistes au pouvoir, pour que cela ne puisse plus se reproduire ?

C'est simple, la politique, quand on se retrouve, un jeudi soir vers 23h00, à Villemur-sur-Tarn, devant une usine morte.

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 12:45

newrose

Nous y voilà donc.

Gouvernement Hollande, acte II.

Il y a seulement une semaine s'actait la si prévisible et sans appel bérézina des Municipales.

Beaucoup a déjà été dit et écrit en terme de constat. Je voudrais simplement souligner quelques points, à froid.

Du premier tour, je retiens le niveau record de l'abstention, cette fois pour une élection concernant pourtant l'échelon territorial et l'élu dont les Français se disent le plus proche : leur commune, leur maire. Le reste - déroute du PS, implantation grignotante du FN - et ce qui s'est passé ensuite ne doivent pas nous conduire à nous exonérer d'un questionnement sur la crise politique que cela révèle de nouveau. Cette abstention est un cri silencieux, et assourdissant. N'oublions pas de l'entendre, sur la durée, et pas seulement le soir sur les plateaux TV.

Du second tour, je retiens la forme de déni qui ressortait dans certains propos - certains, heureusement pas tous. Certes, les citoyens ont utilisé le bulletin de vote de cette élection locale contre les socialistes pour marquer leur mécontentement de la politique de François Hollande. Ne nions pas pour autant les causes locales. Je prendrai deux exemples, deux blessures de villes perdues qui me sont chères.

Limoges, où j'étais ce dimanche là, pour voir tomber à droite une ville dont le premier maire socialiste, Léon Betoulle, fut élu en 1912. C'est bien la volonté d'alternance qui a prévalu. Dans cette ville qui a connu trois maires en un siècle, les limougeauds ont remercié des élus cumulards à tous points de vue. Le maire battu, Alain Rodet, a d'ailleurs, et cela mérite d'être salué, indiqué le soir même qu'il portait la responsabilité de la défaite.

LimogesBénédictins

Et puis Toulouse, la ville rose, gagnée sur le fil en 2008, qui en un mandat s'est pourtant réveillée, mais où les électeurs ont choisi, et nettement, de redonner les clés au candidat UMP venu jouer la revanche. Impossible de penser que les questions de transport et d'urbanisme sont étrangères à ce choix. Le Conseil Fédéral du lendemain de 2e tour était comme sonné, et c'est bien compréhensible. Mais ne faisons pas l'économie d'une introspection sincère. Les mêmes qui s'insurgeaient avant les municipales quand une voix s'élevait pour critiquer des choix de François Hollande ne peuvent aujourd'hui lui mettre sur le dos toutes les défaites locales.

HollandeConseilFédéral

Des jours qui ont suivi, je retiens une chose qui m'agace, et des signes d'espoir.

Ce qui m'agace, c'est d'entendre les analyses du genre "nous devons mieux expliquer notre politique". Sans doute. Mais en tirer d'abord cette leçon, c'est à peu près comme quand Tom Enders reconnait avec les autres dirigeants d'Airbus Group des erreurs de communication sur l'annonce du plan de suppression de postes. Certes. Mais ni les salariés, ni les citoyens ne sont des imbéciles. Quand on est mécontent, d'un plan social ou d'une politique, on n'a pas envie d'entendre que c'est juste parce qu'on n'a pas compris. On a envie que ce qui mécontente change !

Alors, les signes d'espoir ? Ils sont fragiles. Soyons clairs : à ce jour, le PS est un astre éteint, machine électorale déconnectée, et perdante. Quant à Manuel Valls, pour faire court (et donc caricatural, pardon, tant pis), non, je ne l'aime pas. Malgré tout, certains signaux, qui se manifestent depuis une semaine, ici ou là, ouvrent des perspectives. J'attendrai bien sûr d'abord le discours de politique générale du nouveau Premier Ministre, demain mardi.

Car bien sûr, le casting compte. Et bien sûr, je me réjouis de certaines décisions pour ce nouveau gouvernement : le poids politique croissant d'Arnaud Montebourg, en charge du très important ministère de l'Economie, la promotion de Benoit Hamon, ces deux faits marquant la reconnaissance (enfin) d'une nouvelle génération, le maintien de Christiane Taubira, le retour de Ségolène Royal, écartée en tant que femme et pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec la politique, mais aussi le départ de Pierre Moscovici, et celui de Jean-Marc Ayrault, qui va pouvoir utilement s'occuper de son aéroport.

ReunionDIDR5avril2014

 

Mais l'essentiel reste le scenario. Allons-nous oui ou non entendre la demande d'une inflexion de ligne politique ? Au sein du Parti, cette demande se fait entendre plus fortement. La déculottée aidant, certainement, certains de ceux qui étaient silencieux, voire dans la défense à tout prix de la politique du gouvernement Ayrault, semblent s'être réveillés. La parole se libère, à tous les niveaux. Du coup, voilà qu'une centaine de députés exigent que le Parlement reprenne le poids qu'il devrait avoir, et avant le vote de confiance, font connaitre leur souhaits de changement de cap sur certains sujets fondamentaux. On ne peut que se réjouir de ce réveil. Espérons le sans trop d'arrière pensées, et durable dans le temps. Espérons que l'abstention et la montée du FN nous conduisent à investir de nouveau les questions citoyennes et institutionnelles. Espérons que l'équipe resserrée autour de Manuel Valls puissent vraiment peser sur les enjeux majeurs que sont l'Europe, la politique économique et sociale, l'emploi. Espérons que le temps du Parlement soit venu. Espérons que les lanceurs d'alerte, des militants aux ministres, soient à l'avenir mieux entendus. Espérons.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 14:59

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Je l'avoue, il est des mots, ou des expressions, qui me "sortent par les trous de nez", comme dit quelqu'un qui m'est cher.

Ce dimanche ensoleillé, que je passe à l'intérieur avec un zeste de légère fièvre, est parfait pour commencer mon abécédaire de ces agacements. Il n'est pas complet. Peut-être s'enrichira-t-il. Peut-être aurez-vous des idées à proposer ?

Allez, c'est parti.

Compétitivité : n.f. caractère de ce qui est compétitif, c'est à dire qui peut supporter la concurrence du marché. Notion initialement plutôt positive dans une économie de marché, aujourd'hui couramment utilisée négativement et à toutes les sauces, pour justifier des régressions sociales et plans de suppressions de postes, en amalgamant joyeusement compétitivité coût et hors coût, capacité à gagner des marchés face à la concurrence et objectifs de rentabilité financière.

Exemple : "Nous devons renforcer la compétitivité de nos activités spatiales et de défense". Tom Enders, CEO Airbus Group, voulant justifier les 5800 suppressions de postes en Europe. Airbus Group sur 2010-2013 c'est ça : Chiffre d'Affaire : +30%, EBIT (résultat d'exploitation): +216%, Carnet de Commande : +53%, Dividendes : +345 %.

Exemple : @VincentLamigeon L'ex-Astrium a réalisé 6% de marge en 2013. Pas mal pour une activité "pas compétitive du tout", selon le patron d'Airbus Defence fin 2013.

Doublon : n. m. assez méprisant, révélateur d'une vision dans laquelle les salarié-e-s sont des pions, qui parfois commettent la faute d'être sur des postes présentant des ressemblances, les fourbes, cela justifiant comme chaque personne de bon sens l'aura compris leur licenciement illico presto, bien fait pour eux.

Fête de la Femme : expression couramment employée chaque 8 mars par tous ceux qui n'ont toujours pas compris qu'il s'agissait d'une journée internationale de lutte pour les droits des femmes, souvent à conquérir, toujours fragiles. Et non du jour où les machos qui s'ignorent (les pires) se croient malins en célébrant la fââââmme éternelle et où certains commerces en profitent pour offrir des épilations à prix réduits.

Gagnant-gagnant : expression du vocabulaire DRH désignant un accord que le patronat voulait faire passer et qu'un ou plusieurs syndicat(s) peu regardant(s) ont signé après avoir fait changer 3 virgules (uniquement, car en cas de demande de changer des . voire de les mettre sur les i, on appellera cela une position idéologique, à laquelle bien entendu il conviendra de ne pas céder).

Exemple : le patronat a présenté aux syndicats un projet d'accord qu'il qualifie de "gagnant-gagnant" sur le pacte de responsabilité.

Optimiser : verbe transitif, et tranchant dans le vif, cherchant à nous faire croire que l'être humain est fait pour être mis dans des cellules de fichiers Excel et que l'on peut sans dommage chercher à le "gérer" en grignotant ici ou là du temps, de l'argent, de la qualité de vie.

Politique (faire de la) : expression utilisée comme raccourci noble pour "prendre une décision sur des critères purement politiciens". Souvent employée par des notables ou apparatchiks pour fermer le caquet des militants qui parlent un peu trop de convictions et principes.

Région (en) : expression employée par des journalistes parisiens pour désigner ce qui n'est pas Paris ou sa région, autrement dit la Province, sans pour autant heurter la sensibilité de ses ploucs de provinciaux des téléspectateurs et auditeurs de notre beau pays.

Sociales (charges) : Adjectif utilisé parce qu'on est bien obligés, sinon vous pensez bien, avec tout ce que ça coûte aux entreprises, qu'on ne s'embarrasserait pas avec ça. Avant, on disait "cotisations sociales". Mais ça, c'était avant.

Attention : ne pas confondre avec Social (plan), qui n'a rien de social, puisqu'il s'agit de plan de suppressions de postes, voire de licenciements. En novlangue renommé PSE, Plan de Sauvegarde de l'Emploi, qui détruit généralement bien plus qu'il ne sauve (en effet, la novlangue a pour but de masquer ce qui contrarie).

Travail (coût du) : expression utilisée matin, midi et soir par le Medef, relayée sans recul par les médias et un certain nombre de responsables politiques, hélas, visant à bien nous faire comprendre, à nous autres salariés, que nous sommes des boulets, et qu'en tant que tels nous n'avons qu'une chose à faire : accepter ce qu'on veut bien nous donner, et en silence. Expression qui a le don de faire bondir ceux qui travaillent et ne se considèrent pas comme un coût, mais plutôt comme ceux qui créent les richesses et qu'à ce titre il convient de justement rémunérer, nom de Zeus.

A noter : l'expression "coût du capital" est fortement déconseillée car elle révèle une mentalité de gauchissssse.

Volontariat : n.m., totalement imaginaire dans la réalité du salariat, le lien de subordination étant l'un des éléments caractéristiques du contrat de travail. Utilisé pour faire passer la pilule auprès des politiques qui pour beaucoup n'ont jamais connu ces réalités là.

Exemple : (Ce salarié d'un magasin de bricolage qui travaille de temps en temps le dimanche) s'inquiète néanmoins que la règle aujourd'hui posée sur la base du volontariat, ne devienne obligatoire, comme cela a été le cas dans d'autres magasins.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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