Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Une souris rose
  • Une souris rose
  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
  • Contact

Paroles

On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

Rechercher

http://agauchepourgagner.fr

9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 19:17

130930-ouvert-le-dimanche-deligne.jpg

C'est la reproduction d'une affiche, qui orne les murs du local syndical depuis toujours, en tout cas, depuis que la cgt existe dans mon entreprise.

Parce que rien n'est jamais acquis, et parce que je l'aime beaucoup, je la partage avec vous en ce dimanche !

Camarade ouvrier,

Si tu veux que ton frère, l'employé de commerce, puisse jouir d'un peu de bien être,

abstiens toi d'acheter,

le dimanche et le soir après 7 heures.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 20:57

inondations.jpg-large.jpg

Normalement, c'est une route entre deux champs. Un peu en surplomb, avec un petit pont qui traverse un sage petit ruisseau.

Mais en cette fin d'après-midi, c'était le Lauragais terre d'aventures !

A chaque épisode pluvieux significatif, les fossés des coteaux sont pleins à ras bord, et dans la vallée certains champs gorgés d'eau se transforment en marécages ou en lacs, selon le cas.

Alors, ce jour de crue de Garonne à Toulouse, et de Haute-Garonne en mode vigilance pluies, c'était bien entendu l'option grand lac, dès ce matin.

Je repensé à ce compte-rendu de très ancien Conseil Municipal, reproduit dans un journal municipal. Où les deux communes des deux côteaux de chaque côté de la vallée bataillaient pour l'école. Les uns expliquaient que si les enfants de leur village étaient obligés d'aller à l'école du village d'en face, ce serait dramatique et terrible pour eux, le chemin direct étant impraticable 6 mois de l'année, en raison des inondations dans la vallée obligeant à faire des kilomètres de détour.

Et en cette fin d'après-midi, me voilà devant cette route inondée, me demandant si, oui ou non, ... Et oui, sous l'oeil du gentil monsieur du Conseil Général qui surveillait, et de la gendarmerie de l'autre côté, qui fermera la route peu après, ma brave petite Twingo a franchi l'obstacle \o/

Me voilà mûre pour Koh Lanta (attention, blagounette locale que seuls les autochtones comprendront). Mouarf.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Couleur locale
commenter cet article
1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:05

marsupulami

Le local était enfumé

Le café réchauffait les coeurs

Une usine allait fermer

Coup de massue, peurs et pleurs

Ils se battirent, elles luttèrent

Jamais ne mirent genou en terre

Chaleur d'Assemblées Générales

Silence glacé de Tribunal

Vite, le tract. Vite, le communiqué

Vite, la manif à préparer

Vite, l'avocat veut le dossier

Vite, réunion chez le Préfet

Vite. Cela fait des mois que ça dure

Qu'il est facile de jouer l'usure

L'usine a fermé, un morceau est resté

Ils et elles ont été licencié-e-s

Nouvelle vie pour certains

Et puis pour d'autres, non, rien

Mais pour tous dans le miroir ce reflet

La fierté de ce qui fut gagné

Ce qui n'a pas été cédé

Ce qui ne peut être effacé

Les doutes et les espoirs

Les coups et les victoires

Ils se battirent, elles luttèrent

Jamais ne mirent genou en terre

 

"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent" écrivait ce vieil Hugo.

Pour ceux qui se sont battus, se battent et se battront encore, pour les Molex, les Freescale, et tous les autres, ici ou ailleurs, ces quelques lignes.

2014, année Jaurès. Espérons que nous saurons être à la hauteur des mots qu'il nous a légués. "L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir".

Bonne année à toutes et tous, que 2014 vous soit combative et douce.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
commenter cet article
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 14:58

FeteDeLactionnaire.jpg

Cette fin d'année fiévreuse est le parfait moment pour se plonger dans quelques données économiques. Au point où en est ma tête, allons y.

Parce que ça commence à bien faire d'entendre parler de coût du travail. Mais pas d'une manière factuelle, raisonnée, économique. Pas pour réfléchir à la proportion de ce qui pèse sur les revenus du travail par rapport à ce qui pèse sur d'autres revenus. Non, quand on utilise cette expression, c'est la plupart du temps pour bien mettre en avant que nous, salarié-e-s, travailleurs-travailleuses comme disait Arlette, sommes un coût, un poids, un boulet qu'on se traîne, mais qu'il conviendrait de réduire, diminuer, si possible faire disparaître - ah, l'usine sans salarié, le rêve de certains...

Et bien non, nous ne sommes pas un coût, nous sommes ceux qui produisent les richesses et qu'il convient de correctement rémunérer pour cela.

Quelques graphiques sont donc bienvenus pour donner un autre éclairage. Merci de les faire passer à François Lenglet, qu'il puisse les avoir s'il veut les montrer dans le poste en support à ses brillantes analyses (car je ne crois pas qu'il soit syndiqué à la cgt). Les graphiques ont été faits à partir de données INSEE.

Je ne suis pas économiste, je m'exprime avec ma propre compréhension - les experts de passage sont libres d'apporter leurs commentaires.

Bon. Regardons par exemple l'évolution des dividendes par rapport aux indicateurs d'investissement et de salaires.

image-copie-1

La FBCF est la Formation Brute de Capital Fixe.

Définition INSEE : La formation brute de capital fixe (FBCF) est constituée par les acquisitions moins cessions d'actifs fixes réalisées par les producteurs résidents. Les actifs fixes sont les actifs corporels ou incorporels issus de processus de production et utilisés de façon répétée ou continue dans d'autres processus de production pendant au moins un an.

C'est un indicateur très utilisé qui donne une mesure de l'investissement, essentiellement matériel (par exemple achat de machines, bâtiments,...), réalisé pendant une année. Il intègre aussi certains investissements immatériels (par exemple achat de logiciels), mais pas tous. Il inclut ce qui concerne le simple renouvellement d'équipements usés ou obsolètes.

Pour le reste, les courbes se passent de commentaires, non ?

Regardons aussi l'évolution comparée de la part des salaires et des dividendes dans la Valeur Ajoutée.

image-copie-2

 

Définition INSEE : Valeur ajoutée : Solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.

La Valeur Ajoutée permet de mesurer la valeur ajoutée par une activité. C'est en gros la différence entre la valeur des produits (le Chiffre d'Affaire pour une entreprise) et la valeur des achats nécessaires à la réalisation du produit (consommations intermédiaires: marchandises, matières premières, services...). Sur ce supplément de valeur, l'entreprise doit rémunérer ses salariés, payer ses frais de fonctionnement (loyers par exemples), ses impôts et taxes, ses investissements, et rémunérer le capital...

Là aussi, les courbes sont plutôt éloquentes, ne trouvez-vous pas ?

Alors, le coût du capital, on en parle ? Augmenter les salaires, on y pense ?

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 17:29

francois-hollande-a-florange-photo-archives-julio-pelaez

Fort heureusement, le buzz est retombé.

Mais puisque c'est la trêve des confiseurs, voilà le moment de revenir sur ce sujet. Au calme.

L'annonce de la candidature d'Edouard Martin comme tête de liste PS de la circonscription Grand Est pour les Européennes m'a laissée pleine de perplexité et de sentiments mélangés.

C'est une satisfaction de penser que la voix d'un syndicaliste, un combattant, un métallo, un ouvrier, devrait, sauf problème, bientôt porter dans une enceinte politique. Et tout particulièrement le Parlement Européen, qui a tant besoin d'entendre parler d'industrie et de droits sociaux. Et qui a sans doute encore plus besoin d'avoir en son sein une diversité de parcours, représentatifs de la société, telle qu'elle est en réalité. Et non telle qu'elle s'apprend entre les bancs de SciencePo et les cabinets ministériels.

Edouard Martin, par ce qu'il est, par ce qu'il a porté, a toute légitimité pour cela. J'ai du respect pour ce que j'ai vu du combat de cet homme. Je sais combien toute lutte est dure. J'ai envie de lui faire confiance pour la volonté que je pense qu'il a de poursuivre autrement son engagement. En aura-t-il les moyens ? Il ne vient pas du sérail. Il n'en a donc pas les codes. Il n'en mesure sans doute pas les pesanteurs. Il ne s'est pas construit pas à pas, par des années de militantisme politique, un positionnement. José Bové, dans un fort intéressant article, dit que le Parlement Européen est un espace qui permet l'expression de ce genre de profil, plus que les parlements nationaux. Mais Bové était à mon avis, dès le départ, un politique avant tout. Pas sûr que le leader syndical soit de la même veine.

L'annonce a déchainé les critiques. Certaines, venant de droite, parfois caricaturales, laissent un arrière goût de mépris. KOA ? Un ouvrier député européen, vous n'êtes pas sérieux mon cher ? Allons, goûtez moi plutôt ce cigare, je les fais venir directement de La Havane par un confrère avocat. Pouf, pouf. Localement, certains ont parlé de trahison. Mais on découvre que le responsable FO qui parle tant envisage de se présenter sur une liste UMP. D'autres disent d'un autre côté être derrière Edouard Martin et fiers qu'il mène ce nouveau combat.

Je me garderai bien de juger à distance. Mais je me doute que les réactions sont contrastées, par expérience. Cela a été le cas lorsque Denis Parise, ex secrétaire du CE de Molex, a été candidat éligible sur la liste de Martin Malvy aux dernières régionales, en 2009. Je me souviens bien du coup de téléphone de Denis avant que la nouvelle ne soit connue. J'ai vu le bruit provoqué par cette décision soudaine. La jalousie, un peu. Il est tout de même assez amusant de constater que, dans la cgt, les camarades du Front de Gauche étaient les plus virulents, et que certains des mêmes ne trouvèrent rien à redire quand Guy Pavan, l'autre "leader charismatique" (oh Guy pardon, je sais que tu n'aimeras pas ça, mais j'ai mis les guillemets tu as vu?) fut candidat sur la liste Front de Gauche. Mais bien sûr, l'un fut élu, l'autre non. Et cette candidature posait légitimement question. Une phase était terminée à Villemur, mais la lutte des Molex n'était pas finie. D'un autre côté, j'ai vu aussi le soutien, la satisfaction, comme si ce combat là trouvait à travers cette candidature un nouveau prolongement, une nouvelle reconnaissance. L'espoir aussi, que cela allait faire bouger des choses, concrètement. Quel bilan finalement ? Denis dit qu'il a eu du mal à trouver ses marques. Chacun se fera son opinion. J'ai la mienne, mais je la garderai pour moi, pour plein de raisons que mes camarades de Haute-Garonne comprendront, je pense.

C'est pourquoi je n'ai pas été surprise de la tonalité des critiques. D'autant plus qu'il y a une grande différence entre Molex et Florange. C'est contre un gouvernement de droite, Estrosi et compagnie, que les reproches des Molex avaient été féroces. Les élus PS, Région, Département, Parlementaires, avaient été là pour soutenir la lutte. Chacun dans son rôle, mais pas de bisbille avec les responsables syndicaux, au contraire. Nous étions dans l'opposition. Alors qu'à Florange, qui a oublié les mots très durs d'Edouard Martin contre le gouvernement, contre François Hollande, contre Jean-Marc Ayrault, qui les trahissaient ? Bien sûr, il n'a pas traité ainsi tout le PS. Il n'a pas tari d'éloges sur l'action d'Arnaud Montebourg. Il a par le passé agi de sorte qu'on ne peut pas douter du fait que ses idées politiques sont proches de celles du PS, en général. Tout de même, cette apparente contradiction participe des critiques.

Mais ce qui me dérange en réalité n'est pas lié à Edouard Martin. Qui n'est qu'un homme, avec ses forces, que je pense grandes, et ses faiblesses, comme tout le monde. Ce qui me dérange est lié à mon parti.

Je passe sur la mascarade des investitures européennes. Car enfin, les militants concernés ont dû se demander pourquoi on les avait fait voter avant. Remarquez, nous, dans le Sud-Ouest, on n'a carrément pas voté, puisque le vote a été suspendu le jour J, en raison des remous créés par le don de la tête de liste à une "femme PRG" (sic). Pas mieux.

Mais surtout, quelle tristesse que de devoir aller chercher, et pour certains brandir comme une sorte de trophée, un Edouard Martin ? Le PS n'est-il pas capable de trouver en son sein ce genre de profils ? Et bien non, il n'en est pas, il n'en est plus capable. On parle de parité, de diversité, mais de diversité sociale, jamais. Pourtant la base militante du PS n'est pas du tout représentative de la société actuelle. Quant aux "cadres" ou aux élus, c'est encore pire. Cela est tellement pregnant qu'on ne s'étonnera pas de la proportion d'assistants parlementaires ou de gens travaillant dans des collectivités territoriales sur une liste, alors que deux personnes notoirement du même syndicat (la cgt, le 1er syndicat du pays, ndlr) est parait-il de nature à la déséquilibrer. Si si, je vous assure ! Je n'ai pas les statistiques nationales, si tant est qu'elles existent, mais il suffit de regarder dans ma Fédération: en section, au sein du Conseil Fédéral, encore pire du Bureau Fédéral, comptons, ne serait-ce que ça, la proportion de salariés du privé... Il faut dire que, dans le fonctionnement du Parti, rien n'est fait pour faciliter la vie des militants qui ont ce profil. Tout conduit à en favoriser d'autres, plus disponibles, présents dans des domaines où ils vont croiser Untel ou Machin à de multiples occasions, suffisamment libres dans leur travail pour pouvoir se libérer dans la journée, en dernière minute... Enfin bref, je m'égare. Mais c'est que ça m'énerve, savez-vous ?!

Alors oui, c'est désolant de devoir aller ainsi "débaucher" des gens, quelles que soient leurs qualités. A mes yeux ce n'est pas un signe d'ouverture d'esprit, c'est un signe de grande faiblesse. Les relations entre syndical et politique sont déjà complexes. Il y a des tensions, de la méfiance, de la suspicion parfois. Je trouve que ce genre de situation ne contribue pas à les apaiser.

Je connais pas mal de militants syndicaux, qui sont engagés dans un parti, PS, PCF, PG, et oui, j'en connais même qui sont à l'UMP. Si demain, quand un jour, ils se présentent à une élection politique, c'est une transition à gérer, mais pas une surprise. Les deux engagements sont deux faces d'une même personne, deux moyens différents, disctincts et complémentaires, d'agir. Mais se retrouver éligible, es qualité, du jour au lendemain, de plus tête de liste dans ce cas, c'est autre chose. Et c'est cela qui pose question.

Alors j'espère, j'espère qu'Edouard Martin sera bien élu, face à Nadine Morano et Florian Philippot, rappelons le. J'espère qu'il gardera sa parole forte, son coeur de métallo, ses réflexes de syndicaliste, et qu'il sera un bon député européen. 

J'espère aussi que le PS comprendra un jour la nécessité de se rénover de l'intérieur, pour ne pas être un astre mort, où rien ne bouge réellement, si ce n'est quelques coups d'éclats, vite éteints par le poids des notabilités et des intérêts de carrière.

C'est le jour, on a le droit de croire au Père Noël.

A lire dans ma blogosphère, des points de vue divers :

Edouard Martin devra s'adapter sans lâcher ses convictions, interview de José Bové

Edouard Martin : après l'acier capitalistique, l'airain de l'oligarchie politique, sur le blog mediapart de Philippe Marlière

Filippeti, Martin, Philippot, le parachustime et les ouvriers, sur le blog de SuperNo (via la revue de blogs de Sarkofrance)

Ces ex-secrétaires de CE surveillent les aides aux entreprises, sur le site de Actuel CE (via Bernard Domergue)

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
commenter cet article
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 22:16

mandela.jpg

C'était un vieux monsieur, malade et fatigué, déjà un peu ailleurs, comme on peut l'être à 95 ans.

Ce jeudi soir, il s'est éteint.

Et depuis, la planète partage un dernier salut à cet homme.

Rare et impressionnant.

Des chefs d'Etat du monde entier lui rendent hommage, des USA à la France des drapeaux sont mis en berne.

Des religieux de toutes sortes le saluent.

Des anciens vieux compagnons de route, un peu partout, le pleurent.

Sur les réseaux sociaux, des adolescents qui ne l'ont pas connu en activité en parlent comme d'une icône.

Des organismes qui d'ordinaire ne se mèlent pas de politique font exception pour lui, comme la NASA qui diffuse cette photo de son pays prise de la Station Spatiale Internationale.

Quel Mandela est le vôtre ?

Le mien est celui du "libérez Mandela", du Asimbonanga de Johnny Clegg, de ce visage inconnu que la prison rendait au monde, de ces années de transition où on se demandait ce qu'allait devenir l'Afrique du Sud.

Cet homme, certainement, a changé son pays, et le monde. Mais lui, au fil des ans, a évolué, mais pas changé, au fond.

Les images et les mots se succèdent, admirable trajectoire de vie.

Mandela1961.jpg

Ce jeune avocat impeccablement habillé.

Ce combattant au visage rond et dur à la fois, ce visage que longtemps on gardera en dernière référence.

1964, je n'étais pas née, mais j'ai entendu depuis cette voix enregistrée au procès de Rivonia, si émouvante, disant : "Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J'espère vivre assez pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir".

"Life, life", disaient-ils dehors après le verdict. Car si ce sont maintenant les 27 ans de prison que l'on retient, c'est à ce moment là la peine de mort que risquaient les accusés.

Ces mots lus par Winnie Mandela, de celui qui préféra l'enfermement à la trahison de son idéal. "Your freedom and mine cannot be separated. I will return."

mandela-1990.jpg

1990, ce point levé, ce visage que l'on découvre, quel choc.

Et 4 ans plus tard, cet homme rayonnant qui glisse un bulletin dans l'urne, pour la première fois de sa vie, à 75 ans.

Tant d'images, tant de symboles, tant de choix droits.

La prison plutôt que le renoncement. La réconciliation plutôt que l'alternance. Un seul mandat plutôt que le mandat de trop.

Il nous a émus. Il nous a mobilisés. Il nous a élevés.

Il continuera.

"Repose en paix Madiba. Nos coeurs, ton linceul" (Christiane Taubira).

 

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 16:52

image

Ras le bonnet.

Il y a de quoi être contrariée. Un si joli bonnet rouge, que j'aime beaucoup, mais que je vais être contrainte de laisser au placard quelques temps. Le temps qu'on oublie, je l'espère, ce qu'il symbolise ces temps-ci.

Loin de moi l'idée de mépriser tout ce qui s'exprime en Bretagne. Il est des désespoirs et des colères que je peux comprendre. Mais ce mouvement lui-même, sa revendication contre l'écotaxe, ses relents malsains, ceux qui l'animent, sa manière de procéder, non, vraiment non.

Ce sont les bretons qui en parlent le mieux. "Ce grand bal pour l’emploi était organisé par les pollueurs de nos rivières et de notre littoral, et par les exploiteurs de la force de travail bretonne", écrit ici ce breton de Locquirec à propos de la manifestation de Quimper.

Le compteur tourne en attendant : déjà 5 portiques et x radars détruits (40 radars vandalisés en Bretagne depuis début Novembre annonce ce dimanche la Préfecture de Région). Je me demande pourquoi le contribuable - y compris breton - devrait en supporter les coûts. Je me demande où est passé le ministre de l'Intérieur, si ferme parfois mais bien discret ces temps ci, comme le remarque Le Monde. Je me demande ce qu'on aurait dit si cela s'était passé dans le 9-3 et pas dans le 2-2. Je me demande ce que vont dire ceux qui ont refusé de voter l'amnistie sociale de syndicalistes qui ont bien chèrement payé leur lutte pour l'emploi. Je me demande...

Et pendant ce temps, à l'occasion du salon du Made In France, on s'aperçoit que bien du chemin a été parcouru dans les esprits sur notre modèle productif et la (dé)mondialisation. Et que c'est bien sur cela qu'il faut repenser nos politiques et mener bataille.

Décidemment, pour moi cette saison ce sera bonnet rayé ! #teamMarinière

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
commenter cet article
25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 21:12

image

Bon sang mais c'est bien sûr !

Cette évidence m'a sauté aux yeux ce vendredi soir, alors que je faisais un peu de rangement dans mon bureau.

Il y a deux jours, la présentatrice du Grand Soir 3 soulevait en effet un code du travail pour montrer comme il était GROS, sous le nez de ses invités, dont Karine Berger et Gérard Filoche, tous deux camarades, mais de points de vue opposés à propos de la réforme Sapin de l'inspection du travail.

Au passage, j'y ai appris que pour Karine Berger le rôle de l'inspection du travail devait être dorénavant de conseiller les entreprises. Ce qui ne manqua pas de m'étonner, moi qui croyait qu'il s'agissait d'abord de protéger les salariés et de faire respecter ce fameux code du travail.

Mais bref, cela fut l'occasion de remettre sur le tapis cette question que le Medef agite régulièrement : le code du travail serait trop gros, trop compliqué, trop contraignant, donc. "La liberté de penser s'arrête là où commence le code du travail", disait Laurence Parisot. Il faut le simplifier, c'est du bon sens, pensez donc ma bonne dame. En réalité, si on pouvait le supprimer ce serait mieux, mais il ne faut pas trop le dire pour ne pas effrayer le législateur potentiellement ami.

Le Medef, mais aussi donc certains journalistes. Avec des arguments de poids, objet à l'appui devant les caméras. Gérard Filoche eut beau faire remarquer que ces éditions incluaient tout un tas de commentaires et jurisprudences, le code lui-même n'ayant rien de si gros, peine perdue.

C'est donc avec certitude que je vous livre mon argument du vendredi. Voyez donc, comparez la taille de ces deux ouvrages, et concluez vous-même.

Il faut ab-so-lu-ment simplifier la langue anglaise.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 12:39

image

Je me souviens parfaitement de ce 14 octobre 2003.

Comme ce midi, il y avait distribution de tract.

Cette année là, j'avais quitté la CFDT, quelques mois auparavant, lorsque la confédération avait signé la réforme des retraites - et oui, déjà. Comme une partie de la section locale, et pour les mêmes raisons, pour rejoindre la CGT, tout juste créée sur le site de Toulouse.

Cette année là, nous étions en plein plan social - et oui, tiens donc. Pour ne pas affaiblir le mouvement, nous avions choisi d'attendre, pour annoncer officiellement nos départs, que la CFDT alors premier syndicat du site ait trouvé des remplaçants pour ceux d'entre nous qui étaient Délégués Syndicaux et dont les visages étaient connus sur les estrades.

Retraite ou PSE, je ne sais plus de quoi parlait ce tract. Mais je me revois aller à la cantine, pour prévenir les camarades que finalement non, je ne pourrai assurer mon créneau de distribution.

Car il y avait eu ce coup de fil, et une nouvelle fois, ce départ précipité pour Limoges.

10 ans après, les images restent de ce jour, des suivants, et de certains de ceux des mois qui ont précédé.

Ce couloir, avec au fond ce tableau de Ben. Ce froid glacial dans mes jambes et dans ma voix qui, je me demande encore comment, a réussi à lire deux belles lettres.

Oui, des images restent, celles-ci et d'autres du même genre.

Mais aussi, prenant peu à peu le dessus, celles des autres pages qui se sont tournées. Les vacances, la première neige, des rires, tout ce qui tient chaud, tout ce qui rend plus fort. Les chemins qui se tracent, la vie quoi.

Carpe diem.

Jamais je n'ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire 
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j'aime les mondes subtiles
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.

J'aime les voir s'envoler, 
Se colorer de soleil et de pourpre, 
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

A demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre?

Chantez en coeur avec moi: 
Savoir? Nous ne savons rien
Venus d'une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n'enseigne rien, lumière n'éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l'eau du rocher?

Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.

Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins 
Des chemins sur la mer

Antonio Machado

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
commenter cet article
12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 21:47

Depuis Juillet 2012, ils sont en lutte. C'est long, 15 mois.

Et pourtant, de manifestations en incertitudes, de colères en doutes, encore ces jours ci, toujours sur le pont

Un clip hommage à la ténacité et à l'imagination de ceux qui se battent pour leur emploi et pour l'avenir de leur métier.

Merci à Jacques Monteau, délégué cgt à Sanofi Toulouse, de me l'avoir fait découvrir.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article