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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 21:28

mortemart.jpg

Evolution de la plateforme, et quelques modifications à cette occasion.

En espérant revenir ici dans un état correct sous peu...

En attendant, je vous laisse avec cette image de Mortemart, en Limousin, au début de ce printemps me semble-t-il.

PS : finalement, après avoir lu ici ou là, il semble qu'il soit urgent d'attendre. Dites OverBlog, vous me faites peur là...

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Ce blog
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 20:34

Villemur.jpg

Et oui, quand c'est fini, ça continue. Ils ont tous été licenciés. Certains ont retrouvé du travail. Quelques uns à VMI, Villemur Industrie, sauvée du désastre, d'autres ici ou là, dans des domaines parfois très différents. Et certains, non.

Les Molex. Quelqu'un, un jour, m'a fait une réflexion sur cette manière, étrange selon lui, d'appeler des gens. C'est méconnaitre l'attachement des salariés à leur outil de travail, quand on ne le leur vole pas. C'est aussi méconnaitre le formidable esprit de lutte collective qui s'est développé. Tous différents, mais ensemble. Les Molex. Les Conti. Les Freescale. Etc. hélas.

Bref, les Molex seront ce jeudi 11 juillet une nouvelle fois devant un tribunal. Le Conseil des Prud'hommes de Toulouse va juger sur le fond, enfin, après les recours procéduriers vainement tentés par la direction de Molex, les dossiers des 190 ex salariés qui ont contesté le motif économique de leur licenciement, et donc la fermeture de l'usine de Villemur-sur-Tarn.

Le 30 mai dernier, une nouvelle décision de justice favorable est déjà tombée : le licenciement des anciens représentants du personnel a été annulé par le Tribunal Administratif de Toulouse. Rappelons que c'est Eric Woerth, alors ministre du Travail, qui en 2010 avait annulé la décision de l'inspection du travail qui, elle, avait refusé les licenciements au motif que la raison économique n'avait pas été justifiée. Il avait ainsi autorisé le licenciement des représentants du personnel.

Au delà de la satisfaction d'avoir, une nouvelle fois, eu justice, même 3 ans après, il est intéressant de noter que le délibéré souligne que l'analyse de la réalité de la justification économique ne pouvait se borner à celle de Molex SARL, c'est à dire la seule usine de Villemur, sans tenir compte de la situation du groupe Molex. Extrait :

MolexDelib.jpg

Et pour un résumé des épisodes précédents, voir sur ce blog Molex, 3 ans après.

Et donc, non, l'affaire Molex, ce n'est pas fini.

La CGT appelle à un rassemblement de soutien devant le TGI de Toulouse, place du Salin, ce jeudi 11 juillet 2013 à partir de 12 heures.

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 11:59

tchin.jpg

Au diable soucis et contrariétés, bonjour l'été !

Un peu d'insouciance dans toutes ces choses sérieuses.

Tchin tchin ce vendredi soir, en l'honneur de mamzelle T. et de son bac bien en poche, ça se fête !

A tous les nouveaux bacheliers, une page se tourne, profitez !

A ceux qui ont la chance d'être en congés quelque part au soleil, savourez !

A ceux qui lundi au travail pourront se garer sur un parking déjà bien vidé, commencez à destresser !

Aux autres, pour qui l'été ne veut pas dire vacances, pour toutes sortes de raisons, une pensée, un peu de poésie.

Carpe diem.

Le temps s'échappe à tire-d'ailes ? Sois sans peur.

Et l'heureux sort n'est pas éternel? Sois sans peur.

Profite de l'instant que te vaut la Fortune.

Sans regret, sans regard vers le ciel, sois sans peur.

Aujourd'hui sur demain tu ne peux avoir prise.

Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise.

Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir

car nul ne sait comment nos demains se déguisent.

Omar Kayyam (Perse, XIIe siècle) (via Le Club des Poètes)

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 10:42

 

 

Comme j'aimerais que ce soit le tube de l'été !

J'ai plaisir à partager avec vous ce clip en langue des signes, réalisé par des artistes sourds sur le titre "Indignez-vous" du groupe HK et les Saltimbanks, en hommage, bien entendu, à Stéphane Hessel (production Les yeux pour entendre).

A diffuser sans modération. Et merci à Guy Pavan qui me l'a fait découvrir.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 21:46

19juin2013.jpg

Lourd et pesant était le ciel au-dessus des hauts murs de Saint-Etienne ce midi à Toulouse.

A l'image de l'ambiance des discussions devant la Préfecture, où la CGT appelait à un rassemblement, à la veille de la deuxième Conférence Sociale.

On y parlait naturellement retraites. P....n, 44 ans !

Je vous avoue que, depuis quelques jours, je ne décolère pas, en entendant les "bien entendu" et les "c'est inéluctable" de ceux qui voudraient faire croire qu'il n'y aurait pas d'alternative à l'allongement de la durée de cotisations.

Allez donc expliquer à des ex Molex, mis dehors, avec une moyenne d'âge élevée, et dont beaucoup n'ont pas retrouvé de travail, qu'il est "inéluctable" de travailler plus longtemps.

Allez donc expliquer à un jeune diplômé, que l'on a incité à faire des années d'étude, qu'il devra encore être au travail à 67 ans, et, "bien entendu", performant et engagé, comme disent les DRH.

Tous vous riront au nez. Jaune.

Car alors que certains élus s'accrochent à un mandat jusqu'à vouloir mourir en place, dirait-on, la réalité pour beaucoup de salariés est que devenir un "senior" signifie connaître le chômage ou vivre dans son inquiétude, à partir de 55, 50, voire 45 ans.

N'oublions pas en effet que (par ordre d'apparition à l'écran) l'âge moyen de cessation d'activité n'est PAS l'âge légal de départ à la retraite (60 ans) qui n'est PAS l'âge moyen de départ à la retraite qui n'est PAS l'âge de liquidation de la retraite à taux plein (65 ans).

Et au delà de cette incohérence, est-ce le modèle de société que porte la gauche ? Les progrès conduisant à l'allongement de l'espérance de vie doivent-ils conduire de manière "inéluctable" à consacrer plus de temps de vie au travail ?

Voulons-nous appliquer le modèle allemand où papy et mamy bossent dur ?

Qu'une reforme soit discutée, personne ne le conteste - les réformes de droite n'ayant, comme prévu, rien réglé du tout.

Mais pas comme ça, pas avec ce rouleau compresseur venu du MEDEF, à coup de "bien entendu" évacuant la question des ressources.

La discussion doit démarrer sur d'autres bases. Lisez les propositions de la cgt. Ou un article de 2010 de la Fondation Copernic, 10 contre-vérités sur les retraites, toujours d'actualité.

Mais je m'inquiète sans doute inutilement en ce qui me concerne. Il y a peu, alors que nous discutions, dans une réunion PS, des règles de non-cumul pour les prochaines échéances, j'ai pu entendre qu'en ce domaine il ne pouvait, BIEN ENTENDU, y avoir de rétroactivité.

Puis-je donc égoïstement être rassurée, moi qui, embauchée, à 25 ans moins 3 mois, ai signé pour 37 ans 1/2 de cotisations et un calcul sur les 10 meilleures années ? Les réformes ne pourront pas m'être appliquées en changeant les règles rétroactivement. Hé hé hé. Bien entendu !

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 19:37

europarapluie.jpg

En ces temps difficiles, nos tribulations de pauvres militants socialistes avec les votes de la "Convention Europe" peuvent paraître un sujet bien dérisoire.

Pourtant, le sujet est tout sauf dérisoire. De la crise en Grèce aux négociations de libre échange UE-USA, en passant par l'attitude à avoir face aux panneaux solaires chinois, pas un jour sans que, d'une manière ou d'une autre, il ne s'insère dans notre quotidien, et au final pèse sur nos vies.

La question européenne est d'ailleurs majeure et complexe au sein du PS. Aussi loin qu'il m'en souvienne, c'est à dire depuis le lendemain de l'élection de Jacques Chirac en 1995, jour où j'ai pris ma carte, pas de débats plus virulents ou de clivages plus profonds que sur ce sujet là. Non sur l'Europe dont nous rêvons, mais sur le chemin à prendre pour parvenir à la construire.

Et pourtant, le 6 juin dernier, je n'ai pas voté. Non par flemme, pas du tout. Je me suis déplacée de quelques kilomètres, juste avant le dépouillement, pour dire la raison de mon refus de vote. C'est mal, diront certains. Elle est folle, diront d'autres. Que nenni mes camarades. Mais plus vieille de quelques années d'expérience, certes, et, maintenant que nous sommes de nouveau au pouvoir, de moins en moins patiente.

Il m'est revenu en mémoire un camarade, maintenant décédé, que j'ai connu alors que j'étais jeune militante puis secrétaire de la section de Balma. Il était souvent grognon et parfois coléreux, mais très sincère. Il s'appelait Jean Bertrand. J'ai donc repensé à lui, qui ronchonnait parce qu'on devait débattre de textes qu'on avait à peine eu le temps de lire, et qui de toute manière ne serviraient à rien, disait-il. Moi qui lisais et débattais, je le trouvais bien négatif. Et bien, et cela le ferait sourire, voilà que je commence à ressembler par moments à mon Jean Bertrand.

C'est que, il y a peu, je suis retombée sur d'anciens textes de congrès. Tiens, au hasard, le texte de la motion présentée par le Premier Secrétaire François Hollande au congrès de Dijon, en 2003. Je n'avais pas voté ce texte, ayant choisi la motion du NPS, Montebourg-Peillon-Hamon. Mais tiens, par exemple, c'est écrit là : "Nous devrons ouvrir dès notre retour au pouvoir le droit de vote aux élections locales aux citoyens non communautaires". Ou encore ici : "Nous devons proposer une loi qui interdise le cumul d'un mandat parlementaire et d'un mandat exécutif local". 2003. Et encore, je n'ai pas cherché avant...

J'ai aussi expliqué aux quelques camarades présents pourquoi je n'avais pas envie de voter sur un texte parlant entre autres d'union bancaire à l'échelon européen, alors qu'on semblait là-dessus se satisfaire dans notre pays d'une petite réformette (pour l'instant, j'ose encore croire que...).

Tout cela n'enlève rien à tout le travail que certains ont fait pour préparer cette convention et animer des débats toujours intéressants. Et la politique, avant de pouvoir se concrétiser en actes, commence forcément par des mots.

Mais voilà, au bout d'un moment...

Je n'ai pas été la seule dirait-on à faire des raisonnements de ce genre  : 27% de participation seulement dans ma petite section cantonale.

Et c'était sans imaginer la suite. Lors du dépouillement en section, nous avons bien discuté, et bien ri, en cogitant sur la manière de remplir la feuille de résultats sur les amendements. Mais les jours suivants, moins. Un seul texte est présenté au vote, sans alternative. Bon. Il faut voter pour ce texte, si on veut se prononcer sur des amendements. Bon. Mais au moment de compter les amendements, embrouillaminis sur la manière de compter leur score.

Ah, cétait bien la peine que je me déplace pour ne pas voter !

Bon, Harlem, et les autres, le soleil revient, reprenons nous.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:31

Comme dirait mon grand oncle Tonton Georges : "internet, c'est merveilleux".

Voilà que par la magie des réseaux sociaux, je peux depuis Toulouse lire le Popu.

Et voilà qu'ainsi je découvre cette vidéo, qui, nous dit-on, fait le buzz à Limoges. Tournée avec un drone par la société Koox Production, bravo à eux, pour la mairie.

Limoges, une ville à la mauvaise réputation par la faute du Maréchal Joffre.

Mais une ville d'art et d'histoire. Capitale des arts du feu, de l'émail à la céramique industrielle. Une ville de gauche, de combats, de résistance. La ville du congrès fondateur de la CGT. Une ville à la campagne, à taille humaine, où ceux qui y habitent disent apprécier le cadre et les conditions de vie.

J'arrête tout de suite tous ceux qui ici pensent que le Nord commence à Montauban. Tut tut, le Limousin, pays d'Oc, sud de la Loire.

Bref, j'espère que vous apprécierez !

Spéciale dédicace et grosses bises à toute ma famille (eh les filles, JE VOUS VOIS). Une pensée pour ceux avec qui j'ai partagé ces années Gay-Lu. Un clin d'oeil à Serge P., camarade cher à mon coeur et ex cheminot ("ah, la gare de Limoges!...").

Quant à moi, après cet hommage, je vais pouvoir reprendre les râleries habituelles. Promis, la prochaine fois que l'on perd 3 ou 4 degrés dans ces 300 kms ou que nous errons à trouver un café ouvert le dimanche. 

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 17:20

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Si l'on m'avait dit qu'un jour la marinière deviendrait un symbole politique, j'aurais bien ri.

Comme a ri, par exemple, un ministre délégué (que je ne citerai pas car je l'aime bien depuis ces lointaines années du NPS) en découvrant cette maintenant célèbre couverture.

Un sénateur qui voudrait tant être ministre (que je ne citerai pas car chacun l'aura reconnu) a trouvé cela ridicule, ce qui ne nous a pas étonnés.

Et pourtant, derrière ce buzz médiatique, un acte politique, visant à faire réfléchir sur la nécessité de "reconnecter nos deux parties du cerveau, celui du consommateur et celui du citoyen".

N'en déplaise à cet autre ministre chantre de l'autorégulation exigeante à la sauce Medef (que je ne citerai pas, car ... bon), partisan d'une ligne si prudento-prudente, voir immobilo-immobile, le "made in France" a marqué les esprits.

Ainsi, sur mon bureau professionnel, j'ai posé un petit souvenir, acheté dans une petite boutique parisienne. De retour d'une réunion nationale des responsables départementaux du mouvement "Des Idées et Des Rêves" des amis d'Arnaud Montebourg, comment aurais-je pu résister ?

madeinfrance2.jpg

Sans vouloir faire de publicité particulière, je ne résiste pas non plus au plaisir de vous faire partager cet étonnant courrier reçu récemment. "Arnaud en rêve en marinière, on peut le faire", m'écrit la CAMIF. Rassurez-moi, cette lettre ne m'a pas été spécialement adressée ?...

Ainsi donc, sous des dehors humoristiques ou l'accroche commerciale, une vraie réflexion économique et politique. La démondialisation en actes.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Rénovation
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 13:21

goutte_eau.jpg

C'était une goutte d'eau. Du genre discrète, facilement noyée dans une pluie de mauvaises nouvelles. Elle était pourtant de celles qui font déborder le vase.

Elle s'appelait "amnistie sociale". Elle fut renvoyée en commission. Autrement dit, enterrée sans fleurs ni couronnes. Pourtant, pas de financement à trouver, pas de contrainte européenne à respecter, rien. Une petite loi de rien du tout. Juste un signe à donner.

Le signe fut donné, il est vrai. Dans le sens opposé. A ce moment là, le vase déborda, et s'en alla alors grossir le courant des déceptions formé en ce même temps par la loi dite "de sécurisation de l'emploi". Applaudie par le Medef, contestée par le premier syndicat de salariés du pays, issue d'un accord minoritaire au moment de sa signature, qui ne devint majoritaire, de justesse, au sens de la représentativité, que par le miracle qui vit la CFTC, contre toutes attentes, rester représentative. Contestée aussi au sein du Parti Socialiste, au point qu'un certain nombre de députés, après avoir travaillé à l'amender, ne la votèrent pas. Peu de monde à l'Assemblée pour ce projet de loi qui ne concernait que des millions de salariés et touchait au Code du Travail, qui devrait être pour des socialistes une sorte de Bible. Me semblait-il. La loi fut donc votée, vite fait mal fait.

De l'eau coula alors sous les ponts de Mai. Las, au retour de congés, nouvel avis de tempête sur océan de crises sociales. Revoilà une nouvelle réforme des retraites en vue, et revoilà, entre autres, un nouvel allongement de la durée de cotisation. Comme en 2003, où des vagues de mécontents, dont les socialistes, avaient manifesté contre la réforme Fillon. En vain, d'ailleurs. On ne peut reprocher à François Hollande d'avoir promis monts et merveilles sur les retraites. Mais quand on est salarié, la perspective de voir le poteau encore reculer, alors que les retraites complémentaires viennent d'être désindexées dans l'indifférence générale, et que tous les chiffres disent la difficulté des "seniors" de rester dans l'emploi, est particulièrement insupportable.

Voilà bien de la grogne, me direz-vous. C'est que nous sommes le lundi de Pentecôte. Frisquet, mais bien ensoleillé enfin, ce serait pourtant le moment de profiter sereinement d'un jour de congé. Oui mais voilà. Il a fallu, justement, poser un jour de congé, grâce à monsieur Raffarin qui nous imposa 7 heures de travail gratuit. "Si, en 2007, nous devions revenir aux responsabilités, nous déciderions de revenir au jour férié" disait ainsi le 1er mai 2005 le Premier Secrétaire. Me voilà soudain reconfortée : l'année prochaine, c'est certain, ce sera fait, et tout ira mieux.

En attendant, je vous laisse. Je dois prendre encore un peu de repos. Histoire d'être en forme pour le travail, demain, et les quelques 20 années censées me rester à être performante. En espérant éviter un poste en Aquitaine ou en Région Parisienne, que je ne pourrai maintenant refuser, loi de "sécurisation" oblige, même si mon contrat de travail mentionne Toulouse.

Une goutte d'eau, vous dis-je.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 12:21

roserose.jpg

Jean-Luc, cher camarade,

Je me décide à prendre la plume, enfin, le clavier, pour te dire ce que j'ai sur le coeur.

Je sais que je prends ainsi le risque de me faire incendier par tout un tas de gens, sincères pour la plupart, au motif que je suis vraiment une indécrottable socialo qui décidemment n'a rien compris, et s'attaque au seul capable de sauver le pays. En résumé.

Etant donné que je me suis déjà fait traiter, dans une instance du PS, de quasi communiste, de plus trop sensible à la voix de mon syndicat, la CGT, un jour où je défendais une motion sur la nationalisation de Florange, ça fera un équilibre.

Car cher camarade, il se trouve que je partage avec toi, et avec d'autres du Front de Gauche, un certain nombre d'idées, en effet. 

C'est pourquoi je t'en veux d'autant plus de la manière, toute personnelle, dont tu les défends.

Je t'en ai voulu de quitter le PS, après toutes ces années, justement au moment où il aurait été bien utile, et possible, de renforcer au contraire ce qu'on appelle par simplification "la gauche du parti". J'ai trouvé d'ailleurs bien commode et quelque peu cavalier que tu partes avec ton mandat de sénateur, qui n'avait été obtenu que par le soutien de l'appareil de ce Parti que tu dénonçais.

Je me suis rendu compte ensuite que les grands écarts ne te faisaient pas peur. Je me souviens de ce jour où je t'ai croisé à Villemur-sur-Tarn, au concert de soutien des Molex. Nous étions là, quelques uns, syndicalistes, politiquement divers, tous blessés par la conclusion de cette lutte difficile. Sans nous connaître, alors qu'on ne t'avait pas spécialement vu là-bas avant, tu as commencé à nous parler, avec vigueur... de la scandaleuse attitude du PS dans la constitution de listes, pour des régionales me semble-t-il. Nous en étions tous génés, je te l'assure.

Je n'ai pas aimé le choix de ce nom "Parti de Gauche", donneur de leçon et récupérateur, plein de mépris pour ceux qui ne sont pas parmi les purs méritant d'être reconnus comme constituant la Gauche, la vraie, la seule, bien sûr.

Pourtant, j'ai suivi avec quelque espoir et une certaine bienveillance ce que devenait le Front de Gauche. Malgré toi, pour la parole qui est portée, pour les convictions que beaucoup de militants que j'estime et respecte défendent avec persévérance. Il n'est pas facile d'être minoritaire, je le sais bien pour le vivre depuis des années au sein de mon parti. Pourtant la Gauche a besoin de toutes ses forces, y compris des minoritaires. Elle a besoin d'être en débats, d'être secouée, de se cogner aux réalités. Elle n'a pas besoin de lorgner vers son centre, mais au contraire d'écouter ce qui se dit sur sa gauche. Ce n'est pas parole d'évangile, et non, je ne suis pas communiste. Mais c'est parole qui compte, qui se soucie de ceux que nous, à gauche, et ensemble, avons vocation à défendre. En ces temps difficiles, ces temps de crise(s) et de déception(s), c'est parole indispensable, je le crois sincèrement.

Mais là, cher camarade, permets moi de te dire que tu prends une pente bien curieuse.

Je n'aime pas qu'on te caricature ou qu'on rebondisse par de petites polémiques sur tes propos. Je ne te pense pas populiste. Et je me souviens trop de la blessure que j'ai ressentie, à entendre dans mon parti accuser de collusion avec le FN ceux d'entre nous qui alors contestaient l'élargissement précipité de l'Europe, par exemple, pour faire de tels amalgames.

Mais j'ai vraiment du mal à accepter ce qui, je pense, n'est qu'une posture. Mais insupportablement dangereuse.

Que tu fasses sentir ta réticence à appeler à voter Hollande au second tour, soit. Mettons cela sur le compte de la déception personnelle. Que tu refuses de participer au gouvernement, admettons. Reconnais qu'il est tout de même plus facile de critiquer de l'extérieur que d'avoir à se salir les mains dans le cambouis avec ceux qui sont aux manettes. Mais passons. Les critiques sont venues, et c'est normal. Que tu y aies ajouté de plus en plus d'agressivité, au point que le Parti Communiste se soit démarqué à plusieurs reprises de tes propos, ça l'est moins. Après l'ère sarkozyste, emplie de tensions et de divisions, avons-nous vraiment besoin de ce climat là ? Je suis d'accord avec toi que "parler dru", comme tu dis, n'est pas un défaut, et qu'au contraire l'abus de cette novlangue technocratique, déconnectée et assoupissante, dont certains responsables politiques usent, est mortifère. Mais parler dru n'est pas agresser en permanence. Et les mots ne sont pas innocents, surtout venant d'un homme comme toi, cultivé et connaissant l'histoire.

Je n'aime pas, mais alors pas du tout, ton "coup de balai" qui se veut purificateur. Je n'aime pas ta manière de surfer sur les mécontentements ni tes tentatives de récupération. Elles pourraient prêter à sourire, ni elles n'étaient pas si dangereuses, dans cette période qui commence à avoir beaucoup de points communs avec les années 30.

Vois-tu, je suis favorable à l'instauration d'une 6e République. Depuis des années, j'ai défendue cette idée, avec un certain Arnaud Montebourg qui en a co-écrit une constitution, et quelques autres, à un moment où c'était assez peu entendu au sein du Parti Socialiste, et où, d'ailleurs, je n'ai pas souvenir de t'avoir, toi, entendu sur le sujet. Autant je me désole que le premier secrétaire d'alors, François Hollande, en ait rejeté l'idée comme le numéro, autant je me réjouis que d'autres partis en promeuvent l'idée, autant je reste plus que perplexe devant ta façon de l'utiliser maintenant. Et tiens, encore une étrangeté : tu nous parles de moralisation, mais tu es opposé à la publication transparente du patrimoine des élus - alors qu'un Charles de Courson accepte de montrer sa déclaration remplie au journal de France2 ?

Alors oui, vraiment je t'en veux, de surjouer les grandes gueules au risque de décourager ceux qui pourtant émettent les mêmes critiques que toi, d'être dans l'aigreur destructrice plutôt que dans la construction, de souffler sur les braises d'une démocratie abimée et d'un pays qui souffre, tout à ta stratégie personnelle, jouant avec le feu.

Voilà, cher camarade, ce que je voulais te dire. C'est peut-être parler un peu dru. Et sans doute dans le vide. Mais au moins, cela m'a soulagée.

Et pour finir, je t'offre cette citation attribuée à Fidel Castro : "Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés; avec le pouvoir, ils survivent rarement."

Amitiés socialistes.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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