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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 10:45

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Je les ai retenus, parce qu'ils tenaient mon téléphone, que j'ai utilisé illico presto pour appeler celui qui m'avait envoyé ce SMS sur les aveux de Jérôme Cahuzac. Histoire de m'assurer que nous n'étions plus le 1er avril. Mais les bras, à moi aussi, m'en sont moralement tombés. Et les arêtes de ce qui n'était hélas pas un poisson me restent depuis en travers de la gorge.

Mais comment est-ce possible ? Comme beaucoup, je fus d'abord sidérée. Certes, il y avait l'enquête de Médiapart. Mais j'avoue qu'il me semblait tout aussi incroyable que ces journalistes se soient à ce point trompés qu'il me semblait incroyable, et stupide, qu'un ministre affirmant son innocence avec tant d'aplomb puisse ainsi effrontément mentir. L'erreur est humaine, même pour des journalistes sérieux, me disais-je donc à ce stade, mettant mes doutes sur le compte de mon inimitié politique pour la ligne portée par Jérôme Cahuzac.

Avec la sidération vint la colère. Le coup de gueule de Gérard Filoche, empli de rage et d'émotion, reflète bien le sentiment de désarroi et de trahison que, comme beaucoup de socialistes, j'ai ressenti. Tout ce temps, toute cette énergie consacrés à militer et mener campagnes, sans aucun autre intérêt que celui de défendre des convictions, tout cela foulé aux pieds avec le "tous pourris" qui ne manque pas de ressurgir, le discrédit de nouveau jeté sur la parole politique qui n'en avait vraiment pas besoin, le lit des populismes un peu plus creusé.

Loin de moi l'idée d'en rajouter sur l'homme Cahuzac. Je me méfie de ceux qui tirent soudain sur un homme à terre. Comme je regarde avec distance les journaux qui, après avoir ignoré ou critiqué Médiapart, font maintenant des unes indignées.

Pour autant, impossible de ne pas faire preuve de la plus grande sévérité. Comment peut-on faire de la politique en cachant un compte en Suisse ? Comment peut-on être le ministre chargé de lutter contre la fraude fiscale en étant soi-même fraudeur ? Comment peut-on sans honte défendre la rigueur budgétaire pour les autres en ayant son matelas malhonnêtement gonflé ? Comment peut-on ensuite se sentir assez intouchable pour mentir ainsi au risque de se faire prendre le doigt dans le pot de confiture ? 

Non, vraiment, je ne digère pas ces manquements. Peut-être est-on plus exigeant quand on est de gauche. Et c'est tant mieux.

"Une faute impardonnable, un outrage fait à la République" a dit François Hollande dans son intervention ce jour, avec l'annonce de quelques mesures de salubrité publique, qui, si elles ne règlent pas toutes les questions, font avancer l'exigence de transparence démocratique.

Certes, on ne peut tout prévenir. Il est aussi injuste de renvoyer tout le monde dans le même sac en ignorant la masse des élus et militants honnêtes, que, par exemple, de vouloir supprimer la sécurité sociale au motif que quelques uns abusent du système. Mais si on ne veut pas revivre un 21 avril 2002, ou pire, il sera aussi essentiel d'apporter des réponses à toutes les questions de principes pour une république exemplaire et rénovée (la sixième?) que d'apporter des solutions à la crise, au chômage et à tout ce qui ronge nos sociétés.

Quelques points de satisfaction surnagent dans ce marasme. Il existe des médias indépendants capables de mener des investigations majeures (merci Mediapart et le Canard Enchaîné). Il existe une justice capable de poursuivre son travail. Et quelques jours après que nous ayons vu certains à droite mettre en cause un juge après la mise en examen d'un Nicolas Sarkozy, on ne peut que le souligner.

A lire aussi sur le sujet : le point de vue d'Anticor.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 11:13

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Il y a des moments où, je l'avoue, voyant les enjeux de pouvoir prendre le pas sur les convictions, les mesquineries et coups bas sur la camaraderie, les déceptions et couleuvres sur la fierté de voir changer la vie, j'en viens à me demander pourquoi, finalement, consacrer du temps et de l'énergie à l'engagement politique.

Heureusement, il y a aussi ces moments où la fraternité rencontre l'évidence de la nécessité du combat politique, comme syndical, qu'elles qu'en soient les formes.

Mardi dernier 19 mars était un de ces moments. J'étais à l'ABC à Toulouse, à l'avant-première du dernier film de José Alcala "Encore debout", à l'invitation des copains de Molex, que je remercie une fois de plus, pour cela et pour le reste.

Peut-être avez-vous vu le premier, "Molex, des gens debout", qui a été diffusé largement et a rencontré un beau succès il y a deux ans. Le contexte était très différent. Tout cela était encore "à chaud". Je revois la projection à Villemur où je l'avais découvert. J'entends encore le silence, avec le choc pour tous de voir ces images si sensibles et l'émotion qui s'en dégageait. Pour ma part, j'avais été déçue de ne pas revivre à travers ce film la construction de la lutte menée par les Molex. Ce n'était pas le propos, mais pour un certain nombre de ceux qui avaient contribué à l'action, ce film magnifiquement humain était une sorte de frustration. J'ai réalisé ensuite combien il était aussi utile, à travers le regard de tous ceux qui ont découvert grâce à lui un certain nombre de réalités de l'industrie et mis des visages sur le mot "financiarisation".

J'ai ressenti ce deuxième opus très différemment. Bien sûr, il y a toujours de l'émotion à revoir certaines images, de la colère pour d'autres. Mais le temps passant, le recul est venu, pour celui qui filme comme pour ceux qui s'expriment. Si bien, l'un comme les autres. La mise en parallèle de deux dossiers importants, celui de Molex et celui de Célanese, est très intéressante. La proximité de José fait toujours des merveilles pour capter l'aspect humain de tout cela, mais la réflexion se développe à travers les propos, à mes yeux forts et pertinents, des acteurs de ces drames, au sens de l'interpellation politique.

Molex et Célanese ont disparu du devant de la scène médiatique, même si d'importants combats continuent encore à être menés. Mais les fruits de ces combats n'ont pas disparu. Ils doivent nous interpeller, nous militants et responsables politiques : au delà du soutien, qui a été massif et constant, que faisons nous, maintenant, vraiment, urgemment, pour éviter ça ?

Ce film a été diffusé samedi sur France3 Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Il sera rediffusé jeudi 28 mars à 8h50. A voir pour ceux qui le peuvent !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 20:51

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Je reproduis ici une tribune de Paul Allies, secrétaire national adjoint à la rénovation au PS, publiée dans Libération et sur son blog sur Mediapart.

 

Ce 1er mars, la direction du Parti socialiste a adressé à ses cadres et à ses parlementaires une circulaire sur «les modalités de désignation des candidats aux élections municipales de 2014». Il n’y est nulle part question de l’organisation d’une primaire citoyenne. Les socialistes l’ont pourtant pratiquée pour l’élection présidentielle les 9 et 16 octobre 2011 ; ils avaient alors jugé que sa réussite avait été essentielle dans l’élection de François Hollande le 6 mai 2012. Le débat sur l’opportunité d’en reprendre le principe en l’adaptant au scrutin municipal a donc bien lieu d’être. En témoignent la contribution de Terra Nova en janvier sur«les primaires de conquête» (dont un des auteurs est Matthias Fekl, député socialiste du Lot-et-Garonne), mais aussi la résolution adoptée le 2 mars par la commission nationale «rénovation» du PS (dont une quinzaine de secrétaires et responsables fédéraux). Alors, pourquoi un tel déni partisan de ce qui restera comme une étape essentielle dans l’histoire du PS ?

Le recours à une primaire ouverte à toutes les formations de gauche et à tous les citoyens n’est pas qu’une opération de circonstance. Il repose sur un principe participatif qui remet en cause le modèle du parti fermé tel que construit par la social-démocratie à la fin du XIXe siècle. Il vise à transformer l’organisation politique d’une avant-garde éclairée ou supposée telle, en formation ouverte à la société. En cela il affronte deux questions.

D’abord celle de la crise d’une démocratie de moins en moins représentative. L’Assemblée nationale élue en 2012 ne compte que 27 % de femmes, dix députés issus de l’immigration et un seul ouvrier. Dans les municipalités, c’est pire puisqu’elles ne comptent que 0,4 % d’ouvriers. Et les femmes ne représentent que 10 % des maires des villes de plus de 3 500 habitants. L’éloignement social des citoyens vis-à-vis du pouvoir central et local ne cesse de s’accroître.

Ensuite vient la question de «faire la politique» dans un contexte de révolution cybernétique où la masse et la vitesse de l’information échangée invalident les pouvoirs hiérarchiques et oligarchiques. La rétention des choix programmatiques ou politiques par 200 000 adhérents ne se justifie plus. Il y a un autre horizon au militantisme dans la mobilisation des convictions et leur partage civique. La primaire présidentielle a entraîné 3 millions d’électeurs, heureux de conquérir un nouveau droit dans une élection pourtant anachronique.

L’application de la procédure aux municipales devrait être une nouvelle étape dans la marche rénovatrice des socialistes. Dans un contexte politique singulièrement difficile, elle serait la preuve d’une confiance dans la mobilisation populaire sans laquelle il n’y aura pas de changement, surtout si la loi sur le non-cumul des mandats ne s’applique pas. La direction du Parti socialiste a la mémoire courte, elle s’aveugle en préférant oublier la primaire et, avec elle, l’imagination démocratique qui a tant compté dans la dernière bataille présidentielle.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Table ouverte
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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 19:03

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C'est l'actualité récente venant de Suisse avec sa votation sur les rémunérations abusives qui m'a inspiré le choix de l'illustration de ce 8 mars. Il s'agit d'une affiche de la campagne de la votation qui finalement a accordé le droit de vote aux suissesses, en ... 1971. Histoire de rappeler que des droits qui semblent tellement évidents ne sont finalement que récents, et ne seraient certainement pas tombés tous crus s'il n'y avait pas eu des combats pour les obtenir. Histoire de se redire, aussi, qu'il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup à faire...

Cette année, en France "le 8 mars c'est toute l'année" nous dit le gouvernement. J'aime bien ce slogan qui a le mérite de tenter de sortir de la journée alibi. Ce n'est pas si simple, et loin d'être gagné quand on voit les débats portant sur l'appelation de cette journée. Bernard Pivot sur Twitter l'a souligné avec humour il y a quelques jours :

Me suis fait remonter les bretelles. Ce n'est pas "la journée de la femme", mais "la journée internationale des droits des femmes".

En effet, l'expression "journée de la femme" est souvent utilisée en raccourci familier. Moi même, je dois faire mon mea-culpa, je l'ai écrit ici. Mais c'est aussi le reflet d'une vision qui vise à gommer de cette journée toute référence à son origine féministe et sociale. Dans le vocabulaire international, on parle de Women's day, mais l'ONU qui a fait son choix traduit en journée internationale de la femme. C'est enfin une dérive marketing, du genre à offrir une rose à LA femme comme le fait remarquer Olympe.

Bref, maintenant plus d'excuse ;)

Quoi qu'il en soit, c'est l'occasion d'aller se remettre en tête quelques données sur l'état des inégalités hommes-femmes sur l'Observatoire des inégalités.

Bonne journée à toutes et tous !

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 00:16

 

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Appel de la Cgt et de Force Ouvrière

Les deux confédérations CGT et FORCE OUVRIERE réaffirment leur opposition résolue aux principales dispositions contenues dans l’accord interprofessionnel sur l’emploi du 11 janvier 2013.

 Cet accord refusé par deux des trois grandes confédérations syndicales organise une plus grande flexibilité pour les salariés, un recul de leurs droits individuels et collectifs au bénéfice des employeurs.

 La lutte contre le chômage appelle une rupture avec les politiques d’austérité et de rigueur préjudiciables à l’emploi en qualité et en quantité.

Le gouvernement annonçant son intention de retranscrire dans la loi un mauvais accord pour les droits sociaux, la CGT et FORCE OUVRIERE décident d’appeler les salariés à se mobiliser et à exprimer leur désaccord en direction du gouvernement, des députés et des sénateurs.

Les deux confédérations appellent leurs organisations territoriales et professionnelles à créer les conditions de la mobilisation la plus large possible au travers de rassemblements, de manifestations et arrêts de travail dans les régions, départements et localités : le 5 MARS prochain.

Cette journée doit exprimer un refus de l’austérité et de la flexibilité ; l’exigence de réponses nouvelles pour les droits sociaux, l’emploi, l’augmentation des salaires et des pensions.

En Haute-Garonne, manifestation à TOULOUSE, 10h30, place Jeanne d'Arc, à l'appel des organisations CGT - FO - FSU - Solidaires (lire l'appel unitaire ici).

 

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Agenda
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 20:40

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L'ANI (Accord National Interprofessionnel) du 11 janvier 2011 dit de "sécurisation du marché de l'emploi" prévoit dans son article 18 la mise en place d'accords dits de "maintien dans l'emploi". En voici l'introduction :

Article 18 – Accords de maintien dans l’emploi

Afin de maintenir l’emploi, en cas de graves difficultés conjoncturelles rencontrées par une entreprise, il convient de se doter, à côté de dispositifs existants tels que le chômage partiel, de la possibilité de conclure des accords d’entreprise permettant de trouver un nouvel équilibre, pour une durée limitée dans le temps, dans l’arbitrage global temps de travail / salaire/ / emploi, au bénéfice de l’emploi.

( Consulter le texte de l'ANI et l'annexe sur l'article 18 ici ).

Je voudrais partager une expérience concrète sur ce sujet, à travers l'exemple de Continental et du plan qui avait été proposé en 2010 aux salariés de Continental Automotive France, pour les sites de Toulouse, Foix et Boussens, et que j'avais suivi de près au titre de mes responsabilités syndicales Métallurgie CGT.

Début 2010, la direction de Continental annonçait un plan visant à une réduction de 8% du "coût du travail" en échange d'une "garantie de l'emploi" jusqu'en 2015. Nous étions alors en pleine crise. En Haute-Garonne, nous avions déjà connu les annonces de Molex et de Freescale (Freescale étant situé quasiment en face de Continental Toulouse) qui ne devaient pas grand chose à la crise mais jetaient une chape d'angoisse sur les salariés de l'industrie, alors que l'Ariège était depuis longtemps touchée par la désindustrialisation. Malgré ce contexte, à Continental, après du chômage partiel en 2009, les sites concernés dégageaient des bénéfices conséquents. Le dossier devint national et les médias s'emparèrent de ce qui fut appelé, à raison, un chantage à l'emploi. CFDT et CGT, majoritaires ensemble, utilisèrent leur droit d'opposition pour s'opposer au plan, signé par des syndicats minoritaires. Après plusieurs mois, pas mal de péripéties et beaucoup de tensions, le plan fut finalement abandonné.

Aujourd'hui, 3 ans après, la direction de Continental communique largement sur les excellents résultats et les perspectives favorables de l'entreprise. Tant mieux ! Pourtant, que n'a-t-on pas entendu alors sur les risques majeurs et l'irresponsabilité à ne pas signer cet accord.

Dans l'entreprise, on connut des Assemblées Générales plus qu'houleuses, des attaques directes contre des délégués, une pétition organisée par des salariés "apolitiques" qui demanda la démission des élus du CE. Un référendum fut organisé, posant question aux syndicats majoritaires, qui finalement choisirent d'appeler à son boycott (pour se replonger dans l'ambiance, ici page 5, un article écrit dans le Journal de la Fédération Métallurgie CGT). Tensions, inquiétudes, tout était là. C'est qu'au plus fort des menaces, 1000 emplois furent mis en balance (dans un entretien à La Dépêche du directeur du site, que d'ailleurs je ne retrouve plus en ligne, mais qui est bien paru le 9 octobre 2010). En dehors de l'entreprise aussi, les pressions furent palpables. J'ai souvenir d'une réunion de médiation en Préfecture, où le président du CESR, pourtant médiateur, mit tout son poids pour tenter de convaincre de la qualité de ce plan. J'ai souvenir de ces élus s'interrogeant sur l'emploi, et convaincus que si les sites français ne signaient pas ils seraient fermés ou durement touchés au détriment des sites allemands.

Pourquoi rappeler ces épisodes ? Parce que j'ai parfois l'impression que certains ont du monde du travail une vision, disons, bisounoursique ! La démocratie sociale, oui. Mais ôter la protection de la loi pour forcer le contrat dans des domaines touchant aux fondamentaux du contrat de travail, alors que l'on sait combien les conditions de ces choix sont rarement sereines et équitables, est injuste et dangereux. Car oui, dans l'industrie (pour ne parler que de ce que je connais), il y a toujours eu, et il y a encore, des discriminations syndicales qui mettent la pression sur les récalcitrants et des syndicats "maison" prêts à tout accompagner. Et oui, il faut beaucoup de ténacité et de courage pour ne pas céder aux inquiétudes concernant son emploi et entamer ce qui est toujours un difficile et incertain bras de fer. 

Mais ce n'est qu'un exemple, me rétorquera-t-on. Soit, en voilà un autre : Continental Clairoix. Les syndicats signèrent un accord de ce type en 2007. En 2009, pourtant, Continental décidait de la fermeture du site. Bosch, General Motors, les exemples célèbres ne manquent pas. Peut-on comprendre alors que le mot confiance n'ait en ce domaine pas de sens ?

On me dira que c'est un compromis, qu'il offre des garanties. Je n'ai rien contre les compromis, au contraire, c'est l'essence de la négociation. Mais pas à n'importe quel prix. Quant aux garanties, regardons-y bien. Un article pris  dans l'annexe à l'article 18 de l'ANI m'interpelle :

Article 10 - Procédure de mise en cause

 Compte tenu de la spécificité des accords de maintien dans l’emploi, et des situations qu’ils ont pour objet de redresser, il est nécessaire, par dérogation au régime des accords à durée déterminée, de prévoir des modalités de mise en cause ou de modification :

- à l’initiative de l’employeur qui fait état d’une détérioration importante de la situation économique, ne permettant pas d’atteindre les objectifs fixés en poursuivant l’application de l’accord

- à l’initiative des organisations syndicales de salariés en cas de conflit sur le non-respect de l’accord,

- à l’initiative de l’une ou l’autre partie en cas d’amélioration significative de la situation de l’entreprise, justifiant une telle mise en cause.

Certes, on prévoit une remise en cause positive. Mais la remise en cause par l'employeur "en raison d'une détérioration importante de la situation économique" me rappelle trop la formule du plan de Continental : "pas de licenciements contraints, sauf cas de force majeure". Une garantie, ça ?

Et pour finir, la position du PS de Haute-Garonne sur la situation à Continental, à l'époque.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 11:07

C'est grâce à un article du Populaire que j'ai découvert ce clipA destination des jeunes générations, un autre regard que celui des historiens pour faire vivre le devoir de mémoire. Si paisible la Glane, si glaçante la folie des hommes.

Réalisateur : Pascal Lemoine.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 10:01

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Aujourd'hui au Sénat est discutée la proposition de loi dite d'amnistie sociale, visant à "amnistier les faits commis à l'occasion de mouvements sociaux et d'activités syndicales ou revendicatives ainsi qu'à l'amnistie des sanctions disciplinaires".

Cette proposition du groupe communiste part d'un assez mauvais pied puisqu'elle a été rejetée en commission. Elle doit de plus surmonter un fort handicap : l'attitude de Jean-Luc Mélenchon. Allez, tant pis, je vais faire bondir les militants du Front de Gauche et un certain nombre de mes amis. Mais j'en ai vraiment assez des invectives, des caricatures et des menaces du camarade Mélenchon. "Ceux qui ne votent pas la loi d'amnistie sociale ne sont pas de gauche", a-t-il dit, entre autres amabilités. Bien sûr, la stratégie est connue et ne date pas d'aujourd'hui ni même d'hier. Du nom du parti à la cravate rouge, tout est fait pour tenter de s'approprier la gauche, la vraie, la pure, celle qui ne se salit surtout pas les mains. Mais à un moment, ça commence à bien faire ! Pourtant, comme beaucoup de socialistes, je partage avec les militants du Front de Gauche un certain nombre de valeurs et d'idées, et sans doutes d'attentes et de déceptions. Mais j'ai aussi des désaccords, ou des choix différents - normal, sinon nous serions tous dans le même parti. Vais-je pour autant les traiter d'abrutis, d'irresponsables ou de traîtres à la cause quand je ne suis pas d'accord avec eux ? Au delà de l'agacement et des tensions que cela génère, c'est complètement contre-productif. Le PCF d'ailleurs ne s'y est pas trompé, lui qui n'est pas sur cette attitude d'agression systématique.

C'est pourquoi je voudrais dire à mes camarades socialistes que j'espère qu'ils passeront au delà de la publicité négative et des oukases pour adopter cette proposition de loi.

Rappelons-nous, pendant la présidence Sarkozy, les organisations syndicales étaient montrées du doigt, l'action revendicative combattue, les syndicalistes fichés, alors que les injustices mettaient tant de gens dans la rue. Dans le cadre de mes responsabilités syndicales, j'ai passé un temps fou dans les tribunaux. Parfois à l'initiative de syndicats attaquant eux-même en justice contre un PSE. Mais trop souvent aussi pour soutenir des camarades traînés individuellement devant un tribunal en tant que représentants d'une action collective. Je ne prendrai qu'un exemple, bien connu ici en Haute-Garonne mais aussi dans tout le pays : Molex, bien sûr, le "cas d'école". Personne n'a oublié les qualificatifs de patrons voyous utilisés contre les dirigeants de Molex (d'ailleurs ensuite condamnés en justice). Personne, je crois, n'a en tête que les Molex, pendant leurs 11 mois de lutte, se sont mal comportés. Et pourtant, plusieurs fois les animateurs du mouvement se sont retrouvés devant les tribunaux.

Une première fois parce qu'il y a eu "séquestration", et oui. Le candidat Poutou avait fait rire les médias avec son fameux "on séquestre en groupe" dans une émission politique. Pourtant c'était alors une réalité dans un certain nombre de conflits. Petit rappel d'un précédent article :

Avril 2009, ça se tend. Coup de colère devant la découverte de la préméditation de la fermeture et de la duplication secrète de l'usine aux Etats-Unis, les dirigeants retenus (en douceur, n'exagérons rien), médiation de la direction du travail, et coup de tonnerre avec l'assignation au Tribunal de Denis Parise, secrétaire du CE, pour séquestration. Molex qui méprisait souvent la loi française n'a d'ailleurs jamais hésité à saisir la justice, parfois de manière inédite, comme en attaquant le cabinet Syndex au motif qu'il mettait trop de temps pour remettre son rapport au CE ! Mobilisation immédiate en soutien, audience marquante où le procureur, fait rare au civil, s'était déplacé en personne pour dire combien était punissable la séquestration, et où Jean-Marc Denjean, avocat du CE de Molex, plaide pour la première fois que les voyous ne sont pas ceux qu'on accuse. Médiation ordonnée en Préfecture le soir même. Atmosphère étrange, séance surréaliste à laquelle j'assiste avec Xavier Petrachi pour les structures départementales et régionales cgt. Marcus Kerriou, dirigeant de Molex, prend une toute petite voix fatiguée mais ne veut rien céder, tellement que le Préfet en vient à s'énerver. Tension palpable sous les ors de la République. Minuit passées à la sortie place Saint-Etienne, plus de métro, une journée éprouvante, comme il y en aura bien d'autres.

Une deuxième fois, pour blocage :

Aout 2009: encore le tribunal, des délégués assignés pour blocage. Les salariés votent la reprise du travail, mais ne pourront plus jamais rentrer dans leur usine, à part pour aller chercher leurs affaires une fois licenciés. Car voilà cette armada de vigiles devant la barrière, qui en empêchent l'entrée. Le motif : quelques oeufs lancés un soir, un coup de colère bien exploité. Pourtant, la justice dira qu'il n'y a pas lieu de fermer, l'inspection du travail fera des constats... Mais si à Freescale le Préfet envoya les CRS contre des salariés en colère, jamais il n'envoya quiconque dégager un accès qui aurait dû rester possible. Pire, en pleine Préfecture, ce sera Molex qui imposera sa  loi, obligeant par exemple l'expert du CE à aller dans une salle voisine.

J'aimerais que ceux qui ont soutenu et encensent encore maintenant le combat des Molex se souviennent aussi de cela.

Alors oui, devant l'injustice et la violence sociale, des gens paisibles et honnêtes, parce qu'ils sont autant déterminés que désespérés, peuvent être conduits à des actions que la loi réprouve. Une amnistie sociale, ce n'est pas passer sur tout, surtout avec une proposition de loi qui peut prendre des précautions dans ce qu'elle amnistie. C'est une manière de marquer une autre vision du mouvement social, qui a ses défauts et ses faiblesses, mais aussi ses honneurs.

Camarades, faites fi de la cravate rouge et des postures politiciennes, votez donc cette loi s'il vous plaît.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 20:38

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Ce qu'il y a de pratique à avoir de la fièvre, c'est qu'on est indulgent avec vous. Enfin, normalement.

Mon délire du jour est donc public. Sait-on jamais, le ridicule ne tuant pas, à titre d'exorcisme, ça pourrait marcher...

J'aurais pu l'appeler "Marie et les carottes grippées de Patagonie", en hommage à Lewis Trondheim - mais je craindrais d'être impudente. Ou "Arnaud et ses combats de Titan" - mais je craindrais d'être lourde. Heu... "Pensées fiévreuses du 21 février 2013" ira très bien.

Voilà, début et fin de ma carrière artistique.

Portez-vous bien et mort aux miasmes.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 21:57

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Tout est dans le titre pour le jeu du dimanche soir ...

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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