Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Une souris rose
  • Une souris rose
  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
  • Contact

Paroles

On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

Rechercher

http://agauchepourgagner.fr

12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 17:21
Quant on n'a rien à cacher...

C'était ce samedi après-midi, à une des entrées du centre commercial.

L'agent de sécurité venait de me demander d'ouvrir mon sac à main. Fermement, mais fort gentiment.

Bon. C'est son métier, et dans le contexte, bon bon.

J'ouvre donc mon sac. Tout de même, comme ça fait la 2e fois en 10 minutes qu'on me le demande, je lui dis que ça commence à être un peu lourd de devoir montrer à tout le monde ce que contient mon sac à main.

Mon sac à main, hein. Pas un sac à dos ou une valise. C'est à dire un petit objet où l'on range tout un bric à brac d'objets encore plus petits et très personnels. Pas de quoi y ranger de kalachnikov. Rappelons aussi que les agents de sécurité ne sont PAS des forces de police ou de gendarmerie, et que tout citoyen est en droit de refuser d'obtempérer. La base.

Enfin voilà, par principe, je lui dis mon point de vue. "Je sais, mais nous avons des consignes", me répond-il, toujours aussi gentiment.

Je comprends bien. Rien à dire sur son attitude. On cause, voilà tout.

Mais voilà qu'arrivent deux jeunes gens. L'un s'empresse de sortir ses gants, ou je ne sais quoi, pour montrer ce qu'il a dans son casque de moto. Et se mêle de la discussion. "Mais c'est normal, quand on n'a rien à cacher".

Je tente un échange sur le thème des principes... "Mais vous avez quelque chose à cacher?".

Heu... comment dire...

J'ai hésité à lui proposer de me suivre à la librairie toute proche, histoire de lui offrir 1984 ou autres Meilleur des Mondes. Je me suis demandé si, dans un autre contexte, il m'aurait dénoncée à la Police de la Pensée pour attitude suspecte.

Un gars gentil, certainement. Comme on en croise beaucoup, de ces gens qui, vous sortant une tonne d'arguments sur l'efficacité-dans-le-cas-où, vous expliquent pourquoi c'est tout de même bien d'avoir des caméras de surveillance, pas grave qu'on puisse vous suivre à la trace numérique par vos cartes bleues, téléphones, actions internet, etc... Et bien BIZARRE TOUT DE MEME d'avoir envie de pouvoir être libre d'être à un endroit connu de vous seule, en train de faire ce que vous voulez sans que personne, homme ou machine, ne puisse le savoir.

"LA GUERRE, C'EST LA PAIX !

LA LIBERTE, C'EST L'ESCLAVAGE !

L'IGNORANCE, C'EST LA FORCE !"

Pourtant, j'ai un esprit et des réflexes de scientifique. J'ai beaucoup lu, mais ne prétends pas avoir une grande culture littéraire ou philosophique. Mais ce "quand on n'a rien à cacher", terrible novlangue de plus en plus répandue, me fait froid dans le dos.

Et si, au lieu de vouloir apprendre "le code" (sic) à la jeunesse, on insistait un peu plus sur les armes de la pensée ? Et si, on lieu de vouloir tout "optimiser" dans la vie des gens, on les aidait à prendre du recul ?

Voltaire, Orwell, Huxley pour tous !

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 21:48

29 avril 1945, les Françaises votent (crédit INA)

Le 21 avril 1945, les Françaises votaient pour la première fois.

70 ans. Plusieurs générations, et si peu de temps en même temps au regard de l'histoire.

70 ans après, d'autres droits ont été conquis. Jamais facilement. Et toujours sujets à des tentatives de remises en cause.

70 ans après, des inégalités ont été réduites, mais tant d'autres perdurent.

En politique, encore tellement de chemin à parcourir.

26,9% seulement de député-e-s.

Dans les Conseils Régionaux et maintenant Départementaux, la parité gagnée par la volonté législative de la gauche. Mais seulement 1 femme présidente de Région, 10 femmes présidentes de Conseil Départemental.

Long est le chemin...

Pour en savoir plus :

- Les inégalités entre les femmes et les hommes, 2015, l'Observatoire des Inégalités

- Chiffres clés de l'égalité entre les femmes et les hommes, ministère des Droits des Femmes

 

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 21:19

grosse fatigue

Comme une grosse fatigue, après l'annonce par le gouvernement du choix du consortium sino-canadien pour la privatisation de l'aéroport de Toulouse Blagnac - oui, privatisation, appelons un chat un chat.

Je suis purement et simplement scandalisée par ce choix.

Je ne vois pas une seule bonne raison qui le justifierait, mais au contraire tout un tas de raisons qui le rendent inacceptable.

Le principe même de cette "ouverture du capital", pour reprendre les éléments de langage du ministre Emmanuel Macron, posait déjà question. Pierre Izard, président PS du Conseil Général de Haute-Garonne, l'exprime très clairement dans son communiqué : "ce qui s'avère être la privatisation d'un équipement public stratégique majeur".

Certains rétorquent que ce n'est rien de grave, juste une "concession". Quand bien même cela ne serait "que ça". On a vu le résultat avec les autoroutes. Sommes-nous en train de nous préparer les futurs problèmes de concession des aéroports ? Et les gares, pour quand ?

La question économique est la première qui a fait réagir à Toulouse, de par la proximité avec Airbus et autres ATR. Airbus et l'aéroport sont en effet intimement liés, de chaque côté des pistes que l'entreprise utilise pour son activité. La CGT d'Airbus a tiré la sonnette d'alarme, et Jean-Louis Chauzy, président du CESR Midi-Pyrénées, a été le premier à taper du point sur la table. Des parlementaires de Haute-Garonne ont fait état de leurs craintes, et se sont dit rassurées par des engagements sur la consession de l'utilisation des pistes et des locaux par Airbus. Jusqu'au jour de l'annonce, de nombreuses voix se sont élevées pour dissuader le gouvernement du choix du plus offrant.

Une fois le choix chinois annoncé, on nous expliqua qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que toutes les garanties avaient été apportées vis à vis d'Airbus, et que c'était fantasme malvenu que de s'inquiéter de l'arrivée de ces capitaux chinois juste à côté d'un de nos fleurons industriels. Il est vrai qu'Airbus a construit une usine en Chine, et a bien d'autres raisons de s'inquiéter de l'espionnage industriel. Mais il est un fait que l'on a appris récemment que de grandes oreilles chinoises avaient été déployées en région parisienne. Je note aussi que le maire socialiste de Mérignac s'est empressé de dire que l'aéroport de Bordeaux-Mérignac n'était pas à vendre, et de parler de la proximité avec Dassault. Et Jean-Louis Chauzy résume avec bon sens la question : "imaginerait-on que les USA laissent s'installer à Seattle à côté de Boieng des investisseurs chinois ?".

Alors oui, je pense moi aussi que parler de patriotisme économique et industriel, en l'occurrence européen, a un sens. Je partage l'avis, par exemple, de Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l'économie, qui a dit son malaise de vendre à des structures étrangères non-européennes des infrastructures stratégiques. Et je ne partage pas le point de vue de ceux qui disent que le fait que ce groupe soit chinois n'est pas le problème. Si, c'est aussi un problème.

Certes, un des gros problèmes, unanimement souligné, tient à la nature du consortium gagnant. Un groupe canadien, Lavalin, que la Banque Mondiale a radié pour 10 ans de ses projets, et deux fonds chinois qui soulèvent de nombreuses questions. No comment.

L'autre point noir majeur concerne l'environnement et l'aménagement du territoire. Car ce groupe déclare vouloir tripler le traffic de Blagnac. Non mais ça va pas ? Les associations de riverains parlent évidemment de catastrophe. Mais au delà des riverains, c'est toute l'agglomération qui se sent concernée. Des citoyens à qui personne n'a demandé s'ils étaient d'accord pour que leur aéroport devienne un second Roissy ! Au delà de la métropole même, c'est toute la région qui s'inquiète, voyant ressurgir le sujet d'un 2e aéroport qui avait soulevé de fortes oppositions et avait fini par être abandonné. Car évidemment, Blagnac étant enclavé proche de la ville centre, comment concevoir de tripler son traffic sur place ?

Avec toutes ces inquiétudes exprimées, le gouvernement, et certains qui l'accompagnent, voudraient nous rassurer. L'Etat et les collectivités restent majoritaires avec 50,1%. Il faut être bien ignorant du fonctionnement des entreprises, ou bien malhonnête, pour lier le contrôle effectif et le strict pourcentage de parts. Ce n'est pas cela qui détermine la prise de contrôle, enfin ! Exemple local pour ceux qui ne seraient pas familiers avec ces notions: au sein d'EADS, anciennement Matra, la famille Lagardère qui avait le contrôle alors qu'elle était minoritaire. Pierre Izard ne s'y est pas trompé dans son communiqué, ni Martin Malvy qui après l'annonce s'est soucié d'un pacte d'actionnaire qui garantirait le contrôle de la puissance publique. Louable intention. Et nécessaire. Mais j'ai franchement beaucoup de mal à croire que de tels investisseurs vont débourser 300 millions d'euros sans vouloir avoir le contrôle. Médiapart se fait maintenant l'écho d'un tout autre pacte. Il sera crucial de savoir ce qu'il en est. Mais ce qui est dit me semble hélas bien vraisemblable.

Nous en revenons donc là. Le contrôle. Je citerai un camarade socialiste, ayant travaillé à l'aéroport, rappeler cette imparable logique : "Qui contrôle l'aéroport contrôle les créneaux horaires. Qui contrôle les créneaux horaires contrôle le business". Il suffit de voir ce qu'il en est des priorités sur les pistes pour comprendre, par analogie : à Blagnac, les avions Air France sur les pistes les plus proches, quand à Heathrow, c'est British Airways qui est favorisé.

D'autres soulignent même le risque industriel. Laisser le gouvernement chinois disposer d'une plateforme en Europe, un pied à terre pour le fret en quelque sorte, c'est condamner définitivement l'espoir de remonter une industrie dans le pays, disent-ils.

Le dernier problème est tout aussi majeur, bien que moins mesurable. C'est le sentiment de braderie, de renoncement, d'abandon, qui s'est répandu dans la population. Le succès de l'initiative de financement participatif de la plateforme de crownfunding Wiseed est révélateur. 18,5 millions de "promesses de dons", c'est à dire de déclarations d'intention de participer au rachat de 10% des parts de l'Etat. C'est un message assourdissant ! Et oui, les fondateurs de Wiseed sont gens très sérieux. Les donateurs tout autant. J'en étais, comme beaucoup de citoyens, non pour faire une affaire (bien que cela ne soit pas interdit, l'aéroport étant très rentable), mais pour marquer, comme beaucoup de haut-garonnais que je connais, un attachement à ne pas laisser ainsi partir "notre" aéroport. Je suis d'ailleurs très déçue que Bercy n'ait pas semblé prêter grande attention à l'offre qui a été déposée officiellement. Mais quoi qu'il en soit, reste le message, et reste le sentiment de dépossession. Il suffit d'aller discuter avec des toulousains pour le mesurer.

Alors oui, le maire UMP de Toulouse est content du choix du gouvernement. Il semble que l'affaire lui permette de financer certaines de ses promesses de campagne, si l'on comprends bien. Plus triste, le 1er Secrétaire du PS qui voit dans l'expression des oppositions des postures en vue de notre prochain congrès. Mais non Jean-Christophe, enfin, vraiment tu fais erreur.

Ce choix est scandaleux, je le maintiens. Et s'il se confirme dans les faits, nombreux sont ceux qui risquent à mon avis d'en payer les conséquences, à court, moyen ou long terme.

Est-il encore temps d'arrêter cela ?

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 12:09

CPH    

Le 14 Octobre dernier, le Sénat adoptait en première lecture le projet de loi relatif à la désignation des conseillers prud'hommes. Il sera examiné par l'Assemblée Nationale, à partir du 12 Novembre, en commission, puis en séance publique le 20 Novembre. Ayant été présenté en procédure accélérée par le gouvernement, il pourrait ne faire l'objet que d'une seule lecture.

L'objet de ce projet de loi est d'autoriser le gouvernement à transformer l'élection prud'hommale en une désignation, et ce, par ordonnance.

Art. 1 (extrait) : Le Gouvernement est autorisé, dans les conditions prévues à l'article 38 de la Constitution et dans un délai de dix-huit mois à compter de la promulgation de la présente loi, à prendre par ordonnance les dispositions relevant du domaine de la loi prévoyant la désignation des conseillers prud'hommes en fonction de l'audience des organisations syndicales de salariés définie au 5° de l'article L. 2121-1 du code du travail et de celle des organisations professionnelles d'employeurs définie au 6° de l'article L. 2151-1 du même code. 

Sur la forme comme sur le fond, ce projet de loi me semble inapproprié, et fort regrettable venant d'un gouvernement de gauche.

Sur la forme, je ne comprends pas que la suppression d'une élection au suffrage direct puisse être envisagée par décret, et discutée dans le cadre d'une procédure accélérée.

Sur le fond, les arguments utilisés me semble étonnants.

Cette élection serait trop chère, pour un taux de participation trop faible. Mais à ce compte là, quelles élections politiques va-t-on bientôt supprimer ?

On peut réfléchir aux moyens de diminuer son coût. Même si le qualificatif "trop cher", pour une élection dont le rapport Richard indique qu'elle est revenue à 4,77€ par inscrit en 2008 (à comparer d'ailleurs aux 4,73€ par inscrit de la présidentielle 2007), me semble assez contestable. La démocratie a un coût, en effet. Faut-il s'en plaindre et ne raisonner que par ce biais ?

On peut surtout réfléchir aux moyens d'améliorer la participation. Lors de la dernière élection, le faible niveau de la campagne d'information avait été souligné. Le refus des entreprises d'organiser l'élection sur place conduit à des freins supplémentaires.

Mais, c'est bien connu, quand on veut tuer son chien, on l'accuse d'avoir la rage.

Le deuxième type d'argument est basé sur la mise en place de la représentativité syndicale. L'élection serait remplacée par une désignation, sur la base des résultats de représentativité, maintenant qu'ils sont établis. Franchement, je ne comprends pas ce mélange.

Lorsque les salariés votent aux élections professionnelles, ils votent pour élire ceux qui vont les représenter au quotidien pour les demandes et problèmes face à la DRH, s'exprimer en leur nom au moment de certains choix économiques, lors d'un plan social, ou pour la négociation des accords d'entreprise, ainsi que pour la gestion du Comité d'Etablissement ou d'Entreprise. Imaginer que ce même vote détermine en même temps les conseillers chargés de juger les litiges portés en justice me semble une vraie bizarrerie. Imaginerait-on de désigner les députés sur la base des résultats des municipales ?

D'autre part, ce raisonnement exclut de fait tous ceux qui n'élisent pas de représentants du personnel ou n'étaient pas pris en compte dans les calculs de représentativité. Notamment tous les chômeurs. Est-ce juste ?

Alors oui, la justice prud'hommale souffre de difficultés. Comme le reste de la justice, des délais insupportables. Une réforme de son fonctionnement visant à la pérenniser et à l'améliorer n'est pas à contester. Mais il faudra alors faire le bilan des moyens, peu à peu réduits, mis à disposition pour cette justice, si importante pour tant de salariés.

Evidemment, en consultant les statistiques, on peut comprendre que les organisations patronales cherchent à affaiblir cette juridiction. 71% des jugements donnent raison aux demandeurs, c'est à dire aux salariés (une infime partie des demandes venant des employeurs). A noter aussi que lorsqu'il y a appel, les jugements sont majoritairement confirmés par les juges professionnels, ce qui devrait faire taire les critiques sur la qualité du jugement des conseillers prud'hommaux.

Alors non, supprimer d'un trait de plume une élection directe ne me semble pas une solution en terme d'efficacité et de justice. Alors que c'est un recul en terme de démocratie.

Pour en savoir plus :

- le dossier législatif sur le site du Sénat

- le dossier législatif sur le site de l'Assemblée Nationale

- le rapport Richard

- le rapport Lacabarats

- les statistiques de la juridiction sur le site du ministère de la Justice

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:48

 RemiFraisse.jpg

Un jeune homme de 21 ans est mort à Sivens, dans ce beau département du Tarn.

J'en suis très triste.

Mais aussi choquée d'entendre ces réactions qui me semblent tellement décalées.

Choquée du temps qu'il a fallu pour que l'Etat manifeste sa compassion aux proches de ce jeune Rémi Fraisse.

Choquée d'entendre certains responsables EELV comme Noël Mamère s'exprimer en utilisant cette mort pour demander l'arrêt du projet. De deux chose l'une : ou bien le projet est mauvais, et il faut l'arrêter (ce que je crois compte tenu des éléments que je connais; mais n'étant pas très au fait du dossier, ni concernée localement, je me garderai d'avoir un avis définitif). Ou bien il est bon, et aussi dramatique que soit cette mort, l'utiliser comme argument me semble assez malsain.

Choquée tout autant d'apprendre qu'un rapport, bien tardivement sorti, donne raison à ceux qui sont venus pacifiquement dire leur rejet de ce projet pour le moins mal ficelé.

Choquée, et même scandalisée, des propos du président du Conseil Général du Tarn, qui déclare "Mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête". Comment peut-on dire une chose pareille ?

Choquée des propos de François Fillon qui fait une sorte d'amalgame accusatoire entre écologistes qui défendent une cause et casseurs ou extrémistes qui l'exploitent, et au passage lui nuisent.

Choquée de la réaction de Jean-Luc Mélenchon qui sans attendre les conclusions demande la démission du ministre de l'Intérieur.

Ne peut-on pas, simplement, raison garder en ces tristes et graves circonstances ?

Le père de Rémi Fraisse appelle au calme. Ne peut-on pas l'entendre ? Ne pas tout mélanger ? Faire les choses dans l'ordre et avec respect ?

Oui, ce soir, triste, et vaguement écoeurée.

 

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 13:01

boulierchinois.jpg

Bon sang mais c'est bien sûr !

La révélation m'est venue ce midi. Comme une évidence que, n'en doutons pas, des esprits malveillants auraient voulu nous cacher.

Notre adversaire n'a pas de visage, nous le savons tous maintenant.

Notre adversaire, c'est EXCEL.

HEIN ?

Mais oui, le célèbre tableur dont entreprises et particuliers ne peuvent plus se passer.

Sous ses airs d'efficacité tranquille, le rusé logiciel s'est déployé partout. Et je viens de découvrir qu'il a réellement pris le pouvoir.

Car sinon, comment expliquer toutes ces décisions qui semblent prises sous l'emprise de la calculette, en oubliant totalement que les conséquences touchent des gens ? Oui, des vrais gens qu'on ne peut pas réduire à une cellule de tableau.

L'adversaire est si puissant qu'il touche toutes les tendances politiques, droite et gauche confondues, et de nombreuses professions.

Quelques exemples pour vous en convaincre ?

Comment expliquer, sinon, la suppression de certains services publics, postes, hôpitaux, tribunaux, petites lignes SNCF ? Invoquer un ratio par habitant en appliquant des formules à des zones isolées, traiter villages et villes avec la même formule moulinette, ne peut être le fruit d'un cerveau humain raisonnable.

Comment expliquer, sinon, tous ces plans sociaux qui raisonnent "à l'envers" ? C'est-à-dire non pas en identifiant des postes à supprimer en raison de difficultés, mais en commençant par calculer des économies de coûts, avant d'en déduire un nombre de postes à supprimer ici ou là.

Comment expliquer, sinon, cette nouvelle baisse du taux du Livret A, épargne des gens ordinaires, des personnes âgées, des jeunes ? Bien sûr, un logiciel ne peut être sensible ni à ces petits impacts qui s'accumulent au quotidien pour ceux qui sont obligés de tout compter, ni à la portée symbolique des décisions.

Voilà pourquoi, je vous le dis, notre véritable adversaire, c'est bien EXCEL.

Je vous entends d'ici réagir : encore un coup de Bill Gates, la suprématie scandaleuse de Microsoft, et le Made In France dans tout ça, etc etc.

Bon, dans un prochain article, je vous dirai pourquoi le boulier chinois nous a conduit tout droit au pacte de responsabilité. Peut-être.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 21:18


Villemur

 

Villemur, Haute-Garonne, l'ex usine Molex, la nouvelle entreprise VMI...

Un endroit que le pays, et même au delà, a appris à connaitre. Un endroit cher à mon coeur.

Mais au delà du symbole, l'histoire n'est pas finie. Sous d'autres formes, avec d'autres objectifs, la lutte continue.

Pour qu'il n'y ait plus d'autres Molex, long est encore le chemin. 

 

 

Bernard Thibault vient ce 20 juin à la rencontre des salariés de VMI à Villemur sur Tarn (communiqué de la CGT)

  

 Une lutte d’ampleur nationale :


Cette lutte a été le reflet des licenciements dits boursiers. Si elle n’a pas réussi à aboutir totalement, cette lutte a quand même permis, alors qu’elle était vouée à être rayée de la carte, de préserver une activité qui emploie aujourd’hui 51 personnes avec de réelles perspectives de développement.

 

  

 Une décision judiciaire qui conforte la lutte des salariés :


Les salariés viennent de gagner aux prud’hommes ce qu’ils n’ont eu de cesse de crier partout où ils en ont eu l’occasion :  « Il n’y avait pas de raison économique à la fermeture du site de Villemur ».

  

Cette visite de Bernard THIBAULT s’inscrit dans la campagne que mène la CGT sur la reconquête industrielle. Elle pose la question de savoir :

· s’il faut seulement se féliciter d’une décision de justice longtemps après que tout est fini,

  ou

· s’il faut prendre des décisions avant que les licenciements où la fermeture ne soient prononcés.

 

   

 Les licenciements : ça suffit !


Aujourd’hui, de nombreuses entreprises qui enregistrent des bénéfices (Astrium, Sanofi, Carbone Savoie…), sont confrontées à des licenciements où à des fermetures : c’est inacceptable !!

 

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises vouées à la fermeture, retrouvent de l’activité grâce à la lutte et à la responsabilité des salariés (VMI, Pilpa, Fralib, M’Réal…).

 

Aujourd’hui, dans des  entreprises confrontées à des pactes de compétitivité ou autres mesures néfastes qui remettent en cause des acquis importants, la mobilisation importante des ouvriers permet d’imposer d’autres choix (SAM (Decazeville), BOSCH (Rodez),…).


Un rassemblement pour la reconquête industrielle:


C’est dans cette optique que Bernard Thibault viendra, vendredi 20 juin 2014, rencontrer les salariés de VMI (et ex Molex), pour saluer la décision de justice qu’ils ont obtenus aux prud’hommes et dire ainsi :

· STOP à la casse de l’industrie !

· Il ne faut pas d’autres Molex !

· C’est avant que les licenciements ne soient prononcés que les mesures doivent être prises !

 

Vendredi 20 juin 2014, à partir de 10h00


Devant VMI (ex MOLEX) rue Victor Hugo

 

Rassemblement pour la reconquête industrielle et le développement des services publics

 

En présence de Bernard Thibault, Philippe Martinez (FTM-CGT) et de nombreuses délégations d'entreprises qui font la une de l'actualité sociale.

 

Un pique-nique est prévu à la suite du rassemblement.

 

 

Bernard Thibault à Villemur, quelques uns de mes souvenirs :

Molex Villemur, les dégâts de la financiarisation

et 

Molex, 3 ans après


Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 09:40

NouveauxChiensDeGarde.jpg
Le 4 mai dernier, LCP diffusait le documentaire "Les Nouveaux Chiens de Garde" de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat.

Devant mon écran, ce soir là, je fus à la fois scotchée par la qualité du film et vaguement écoeurée par ce qu'il montrait. Soirée édifiante et glaçante, à revoir les éléments de langage gentiment relayé par des médias complaisants, et les mêmes "experts" squatter les antennes, pour dire ce qu'il convient de dire. Choses connues, mais effrayantes à voir démonter.


 

AH ! Le point ALAIN MINC. Délicieux.

Incroyable en revanche fut le débat suivant le film (en ligne pour l'instant sur LCP ici). Je n'en crus pas mes yeux de voir Franz-Olivier Giesbert et Elie Cohen, ainsi que Dominique Wolton que j'ai découvert. C'est à dire ceux là même que le film dénonçait. Droit de réponse peut-être ? Mais pourquoi alors aussi unilatéral ?

Ces messieurs furent très durs contre ce film qu'ils n'ont pas aimé. Ben voyons ! J'ai fini par éteindre ma télévision.

Sur Twitter, autant d'énervement à voir ce débat que de louanges à regarder le film. Ou bien, la preuve par A+B de ce que le film dénonçait.


 

Et qui pour commenter "Les nouveaux chiens de garde" sur LCP ? Elie Cohen et FO Giesbert, deux des aboyeurs. Ouf. Tout rentre dans l'ordre.

ACRIMED non plus n'a pas aimé.

Le film sera rediffusé sur LCP le 18 mai à 20h30 et le 25 mai à 14h00. Ne le ratez surtout pas si vous ne l'avez pas encore vu.

Sorti en 2012, il fit plus de 250 000 entrées au cinéma, ce qui est remarquable pour un documentaire. Pourtant, il n'avait pas, jusqu'ici, fait les grands titres.

Pour toutes ces raisons, je voudrais vous parler de NADA.

Voici comment cette association, dont Gilles Balbastre est membre, se présente :

Depuis des décennies, des mouvements sociaux luttent contre la violence des politiques capitalistes et leur dociles auxiliaires : les médias serviles. Les chiens de garde aboient lorsque les salariés protestent, mordent lorsque la contestation descend dans la rue.
Mais, face à la meute, nous aussi Nous Avons Des Armes.
NADA est une association de loi 1901 qui a pour but d’auto-produire une information alternative à cette propagande parée de neutralité et d’objectivité. Pour mener à bien son projet, tout en assurant son équilibre et son autonomie, NADA recherche des moyens financiers et développe un système de financement participatif par le pré-achat de ses productions.

Lancé depuis plusieurs mois, le site n'a pas encore collecté assez de fonds pour terminer ses deux premiers documentaires, "Nous avons des armes" et "Cas d'école". Pour soutenir NADA financièrement, allez voir sur le site (ici).


Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 22:21

MolexNuit.jpg

C'était le 27 mars dernier.

Ce jeudi là, j'étais en grève, à l'appel de toutes les organisations syndicales d'Astrium Toulouse, contre le plan de suppressions de postes imposé par Airbus Group, ex EADS.

La manifestation du matin fut un succès, démontrant encore une fois la colère des salariés, du Capitole à Saint-Etienne devant la Préfecture.

Ce jeudi là, de retour au Capitole à midi, je croisais Jean-Luc Moudenc, alors candidat challenger, qui sortait d'une réunion avec les maires de droite de l'agglomération. Pierre Cohen, lui, alors maire, était venu exprimer son soutien. Bref, voilà, passons.

A 13h00, j'étais devant le Conseil des Prudhommes de Toulouse, où "les Molex", comme on dit toujours ici, avaient donné rendez-vous pour attendre le délibéré, dans la procédure voyant quelques 190 d'entres eux contester le motif du licenciement économique face à Molex.

Comme un air de retrouvailles sous le soleil, devant les grilles. Tous ces visages, souriants et sérieux à la fois. Ceux qui ont retrouvé du travail ailleurs. Ceux qui ont complètement changé d'activité. Ceux qui n'ont rien retrouvé du tout. Ce jeudi, un combat de plus. Plus de 5 ans après. 5 ans, vous rendez-vous compte ? Pour le principe, avant tout. Pour la reconnaissance du caractère abusif des licenciements. Parce que jamais, JAMAIS, ils n'ont reculé d'un pouce là-dessus. L'usine n'aurait jamais dû fermer, aucune raison, autre que l'appétit de quelques requins.

Ce jeudi là, une nouvelle fois, la justice leur a donné raison. Les licenciements sont reconnus "sans cause réelle et sérieuse" lit sur le perron l'avocat Jean-Marc Denjean. Les indemnités sont conséquentes, signe que la justice a clairement tranché. Applaudissements dans la cour. Une satisfaction de plus. Les médias sont là, nombreux, preuve que ce combat, dans sa force et sa dignité, dans sa légitimité et son exemplarité, a dépassé largement les frontières de Villemur-sur-Tarn.

Les bières, dans ce café qui a vu passer tant de syndicalistes, sont savoureuses. Moment de calme et de fraternité, qui contraste avec l'agitation médiatique du lendemain.

MolexGuyDenisCamille.jpg

Ce jeudi soir, direction Villemur, le local de l'Association. Plaisir de ces moments partagés, en ce jour de victoire. Savourés comme il se doit, après tous ces moments de lutte, et aussi d'amères défaites. Merci les copains et camarades, mille mercis de m'avoir invitée.

Et puis le retour. Je ne veux pas m'attarder. Mais tout de même. Ma voiture, venue ici tant de fois, connait le chemin par coeur. Il est tard, il fait nuit. Elle me mène devant l'usine. Les panneaux, maintenant, indiquent VMI. "Villemur Industrie". Le petit morceau d'activité que la mobilisation a permis d'arracher à la rapacité des fossoyeurs de l'industrie. Personne bien sûr, les places de parking devant sont toutes vides. Je me pose là un instant. Devant mes yeux, la même barrière, le même poste de garde, les mêmes murs. Mais comme tout semble éteint. L'air me semble soudain empli de fantômes, de mots de colère, de fraternité, d'espoirs, de rires et de larmes. Jours et nuits, matins et soirs, il y avait la vie, et là, le silence.

La justice a tranché une fois de plus. Les licenciements n'auraient pas dû avoir lieu. Mais voilà, tout le monde, ou presque, est dehors. Quel gâchis.

Alors maintenant, en ce nouveau moment du quinquennat, une seule question qui vaille : qu'avons-nous fait, ou qu'allons nous faire dans le mandat, nous socialistes au pouvoir, pour que cela ne puisse plus se reproduire ?

C'est simple, la politique, quand on se retrouve, un jeudi soir vers 23h00, à Villemur-sur-Tarn, devant une usine morte.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article
9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 19:17

130930-ouvert-le-dimanche-deligne.jpg

C'est la reproduction d'une affiche, qui orne les murs du local syndical depuis toujours, en tout cas, depuis que la cgt existe dans mon entreprise.

Parce que rien n'est jamais acquis, et parce que je l'aime beaucoup, je la partage avec vous en ce dimanche !

Camarade ouvrier,

Si tu veux que ton frère, l'employé de commerce, puisse jouir d'un peu de bien être,

abstiens toi d'acheter,

le dimanche et le soir après 7 heures.

Repost 0
Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
commenter cet article