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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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Paroles

On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 18:35
E. Munch - Le Cri.

E. Munch - Le Cri.

Ce dimanche matin, encore, le brouillard.

Un ciel d'automne, cotonneux, un peu tristounet, mais aussi comme protecteur des bruits du monde.

Pendant ce temps là, à Paris, des gens toujours à la recherche de leurs proches.

Quelques bonnes nouvelles, mais aussi des mauvaises, nous arrivant avec ces visages de gens inconnus, mais que, pour tenter de se sentir moins inutiles, nous avons diffusées via Twitter, dans l'espoir d'aider les familles. Solidaires mais dérisoires bouteilles à la mer dans cet océan de fureurs.

par Benjamin Régnier

par Benjamin Régnier

Puis, à midi, le beau temps qui a repris le dessus.

Les coteaux colorés du Lauragais, le soleil doux du Tarn. Des gens qui se promènent paisiblement, des canards coin-couineurs dans le lac, des chiens mouillés et joyeux. Un bol d'air.

Et pourtant, pour avoir connu ici ces quelques jours où la vue d'un scooter faisait monter le stress de dix crans d'un seul coup, cette pensée toujours, qu'à Paris, des gens souffrent, pleurent, s'inquiètent, et malgré tout, vivent.

Ce soir, une odeur de poulet roti. Comme une envie de se blottir et de profiter d'un foyer en paix.

Carpe diem les gens.

Un dimanche en France

Le temps s'échappe à tire-d'aile ? Sois sans peur.
Et l'heureux sort n'est pas éternel ? Sois sans peur.
Profite de l'instant que te vaut la Fortune.
Sans regret, sans regard vers le ciel, sois sans peur.

Aujourd'hui sur demain tu ne peux avoir prise.
Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise.
Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir
car nul ne sait comment nos demains se déguisent.

Omar Kayyâm (Perse, XII s.)

par @massala_k

par @massala_k

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 15:01
Après un 13 Novembre à Paris

De nouveau, un lendemain pesant, de sidération, de rage, de tristesse.

Le coeur en miettes devant tous ces visages de gens dont leurs proches sont sans nouvelles depuis hier soir, qui tournent sur les réseaux sociaux.

Pour les vivants qui affrontent peine et stress, des mots, des dessins, des humains qui se rassemblent dans l'action.

Fluctuat, nec mergitur.

Ecoutons, comme nos coeurs battent.

 

TOUT HASARD

Cela a pu arriver.
Cela a dû arriver.
Cela est arrivé plus tôt. Plus tard.
Plus près. Plus loin.
Pas à toi.

Tu as survécu, car tu étais le premier.
Tu as survécu, car tu étais le dernier.
Car tu étais seul. Car il y avait des gens.
Car c'était à gauche. Car c'était à droite.
Car tombait la pluie. Car tombait l'ombre.
Car le temps était ensoleillé.

Par bonheur il y avait une forêt.
Par bonheur il n'y avait pas d'arbres.
Par bonheur un rail, un crochet, une poutre, un frein,
un chambranle, un tournant, un millimètre, une seconde.
Par bonheur le rasoir flottait sur l'eau.

Parce que, car, pourtant, malgré.
Que se serait-il passé si la main, le pied,
à un pas, un cheveu
du concours de circonstances.

Tu es encore là? Sorti d'un instant encore entrouvert?
Le filet n'avait qu'une maille et toi tu es passé au travers?
Je ne puis assez m'étonner, me taire.
Ecoute

comme ton coeur me bat vite.

Wislawa Szymborska

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 21:39

Toulouse8Janvier2015 

Je ne sais pas bien dessiner.

Et même si je savais, je crois que je ne pourrais pas.

Alors, pour se laver l'esprit, pour ces 12 morts, pour mon pays meurtri, pour ces gens qui défendent la liberté dans le monde entier, pour se faire chaud au coeur, une poésie que j'aime, un ordre du jour qui me semble tout particulièrement nécessaire en ces jours sombres.

Ordre du Jour 

Tenir l'âme en état de marche

Tenir le contingent à distance
Tenir l'âme au-dessus de la mêlée
Tenir Dieu pour une idée comme une autre
un support, une éventualité,
une contrée sauvage de l'univers poétique
Tenir les promesses de son enfance
Tenir tête à l'adversité
Ne pas épargner l'adversaire
Tenir parole ouverte
Tenir la dragée haute à ses faiblesses
Ne pas se laisser emporter par le courant
Tenir son rang dans le rang de ceux qui sont décidés 
à tenir l'homme en position estimable
Ne pas se laisser séduire par la facilité
sous le prétexte que les pires 
se haussent commodément au plus haut niveau
et que les meilleurs ont peine à tenir la route
Etre digne du privilège d'être
sous la forme la plus réussie: l'homme.
Ou mieux encore, la femme.

Jean-Pierre Rosnay

Et puis, à propos de femme, une qui sait manier les mots, la formidable chronique de Sophia Aram ce matin, qui m'a émue aux larmes.

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 22:01

coucher de soleil

Bonne année à vous qui passez par ici !

A ma famille en premier lieu, jamais trop de voeux partagés pour une paisible année, aussi belle et heureuse que possible.

A mes camarades socialistes, ceux qui résistent dans ces crises qui n'en finissent pas, ceux qui tiennent bon dans l'adversité, ceux qui se battent, ceux qui veulent le changement, maintenant, ceux qui espèrent qu'en Juin, peut-être... une très bonne année militante ! 

A mes camarades de la cgt, ceux qui résistent contre des attaques qui ne devraient pas venir de là, ceux qui tiennent bon dans l'adversité, ceux qui se battent sur le terrain avec grandes difficultés, ceux qui attendent qu'une page se tourne à Montreuil, ceux qui espèrent qu'ensuite, peut-être... une très bonne année syndicale ! 

A mes camarades de gauche, d'où qu'ils soient, engagé-e-s ici, ou là, ou même là, oui, ceux qui résistent contre les ombres inquiétantes et les appétits rapaces, ceux qui se battent d'une manière ou d'une autre, militants politiques ou syndicaux, pour que demain soit meilleur, ceux qui ont des valeurs, ceux qui défendent leurs idées tout en respectant celles des autres, ceux qui espèrent encore ... une très bonne année engagée ! 

Et pour prendre des forces, un peu de poésie... Carpe diem.

 

Saisir l'instant

Saisir l’instant tel une fleur
Qu’on insère entre deux feuillets
Et rien n’existe avant après
Dans la suite infinie des heures.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. S’y réfugier.
Et s’en repaître. En rêver.
À cette épave s’accrocher.
Le mettre à l’éternel présent.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant. Construire un monde.
Se répéter que lui seul compte
Et que le reste est complément.
S’en nourrir inlassablement.
Saisir l’instant.

Saisir l’instant tel un bouquet
Et de sa fraîcheur s’imprégner.
Et de ses couleurs se gaver.
Ah ! combien riche alors j’étais !
Saisir l’instant.

Saisir l’instant à peine né
Et le bercer comme un enfant.
A quel moment ai-je cessé ?
Pourquoi ne puis-je… ?

Esther Granek

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 23:07

MonumentStJean_85-39731.jpg

C'était le 1er Aout 1914.

Les cloches de la petite église de Saint-Jean-de-Beugné ont donc sonné le tocsin ce jour là, comme dans toutes les églises du pays.

Il était 16h, nous dit-on. Heure solaire de l'époque ? Les journalistes d'aujourd'hui ne vont pas jusqu'à se poser cette question.

Et moi, je me le demande. Où étaient à ce moment là mes arrières-grands-parents ? Dans les champs ? Lui, au sortir de la sieste, après la chaleur du midi ? A la ferme ? Ont-ils entendu ces cloches ? L'ont-il appris plus tard ? Où ont-ils vu cette fameuse affiche de mobilisation générale ? Les foins, à ce moment là, avaient-ils été faits ?

Quoi qu'il en soit, peu de temps après, un certain Gandrieau, Marie Eugène Joseph, allait quitter sa famille pour rejoindre le 337e Régiment d'Infanterie à Fontenay-le-Comte et aller se faire tuer à Thiaumont, près de Verdun, comme tant d'autres paysans de Vendée et d'ailleurs, un jour de Juin 1916.

J'ai bien aimé cette manière de se souvenir. Plus proche de nous que de formelles commémorations. Elle nous rappelle que  14-18, ce n'est pas une somme abstraite de gens morts dans cette boucherie, mais dans chaque commune, des personnes, qui avaient une vie, pleine de détails précieux, et fragiles.

Hélas, ceci est toujours d'actualité.

N'oublions pas.

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 14:59

dico.jpg

Je l'avoue, il est des mots, ou des expressions, qui me "sortent par les trous de nez", comme dit quelqu'un qui m'est cher.

Ce dimanche ensoleillé, que je passe à l'intérieur avec un zeste de légère fièvre, est parfait pour commencer mon abécédaire de ces agacements. Il n'est pas complet. Peut-être s'enrichira-t-il. Peut-être aurez-vous des idées à proposer ?

Allez, c'est parti.

Compétitivité : n.f. caractère de ce qui est compétitif, c'est à dire qui peut supporter la concurrence du marché. Notion initialement plutôt positive dans une économie de marché, aujourd'hui couramment utilisée négativement et à toutes les sauces, pour justifier des régressions sociales et plans de suppressions de postes, en amalgamant joyeusement compétitivité coût et hors coût, capacité à gagner des marchés face à la concurrence et objectifs de rentabilité financière.

Exemple : "Nous devons renforcer la compétitivité de nos activités spatiales et de défense". Tom Enders, CEO Airbus Group, voulant justifier les 5800 suppressions de postes en Europe. Airbus Group sur 2010-2013 c'est ça : Chiffre d'Affaire : +30%, EBIT (résultat d'exploitation): +216%, Carnet de Commande : +53%, Dividendes : +345 %.

Exemple : @VincentLamigeon L'ex-Astrium a réalisé 6% de marge en 2013. Pas mal pour une activité "pas compétitive du tout", selon le patron d'Airbus Defence fin 2013.

Doublon : n. m. assez méprisant, révélateur d'une vision dans laquelle les salarié-e-s sont des pions, qui parfois commettent la faute d'être sur des postes présentant des ressemblances, les fourbes, cela justifiant comme chaque personne de bon sens l'aura compris leur licenciement illico presto, bien fait pour eux.

Fête de la Femme : expression couramment employée chaque 8 mars par tous ceux qui n'ont toujours pas compris qu'il s'agissait d'une journée internationale de lutte pour les droits des femmes, souvent à conquérir, toujours fragiles. Et non du jour où les machos qui s'ignorent (les pires) se croient malins en célébrant la fââââmme éternelle et où certains commerces en profitent pour offrir des épilations à prix réduits.

Gagnant-gagnant : expression du vocabulaire DRH désignant un accord que le patronat voulait faire passer et qu'un ou plusieurs syndicat(s) peu regardant(s) ont signé après avoir fait changer 3 virgules (uniquement, car en cas de demande de changer des . voire de les mettre sur les i, on appellera cela une position idéologique, à laquelle bien entendu il conviendra de ne pas céder).

Exemple : le patronat a présenté aux syndicats un projet d'accord qu'il qualifie de "gagnant-gagnant" sur le pacte de responsabilité.

Optimiser : verbe transitif, et tranchant dans le vif, cherchant à nous faire croire que l'être humain est fait pour être mis dans des cellules de fichiers Excel et que l'on peut sans dommage chercher à le "gérer" en grignotant ici ou là du temps, de l'argent, de la qualité de vie.

Politique (faire de la) : expression utilisée comme raccourci noble pour "prendre une décision sur des critères purement politiciens". Souvent employée par des notables ou apparatchiks pour fermer le caquet des militants qui parlent un peu trop de convictions et principes.

Région (en) : expression employée par des journalistes parisiens pour désigner ce qui n'est pas Paris ou sa région, autrement dit la Province, sans pour autant heurter la sensibilité de ses ploucs de provinciaux des téléspectateurs et auditeurs de notre beau pays.

Sociales (charges) : Adjectif utilisé parce qu'on est bien obligés, sinon vous pensez bien, avec tout ce que ça coûte aux entreprises, qu'on ne s'embarrasserait pas avec ça. Avant, on disait "cotisations sociales". Mais ça, c'était avant.

Attention : ne pas confondre avec Social (plan), qui n'a rien de social, puisqu'il s'agit de plan de suppressions de postes, voire de licenciements. En novlangue renommé PSE, Plan de Sauvegarde de l'Emploi, qui détruit généralement bien plus qu'il ne sauve (en effet, la novlangue a pour but de masquer ce qui contrarie).

Travail (coût du) : expression utilisée matin, midi et soir par le Medef, relayée sans recul par les médias et un certain nombre de responsables politiques, hélas, visant à bien nous faire comprendre, à nous autres salariés, que nous sommes des boulets, et qu'en tant que tels nous n'avons qu'une chose à faire : accepter ce qu'on veut bien nous donner, et en silence. Expression qui a le don de faire bondir ceux qui travaillent et ne se considèrent pas comme un coût, mais plutôt comme ceux qui créent les richesses et qu'à ce titre il convient de justement rémunérer, nom de Zeus.

A noter : l'expression "coût du capital" est fortement déconseillée car elle révèle une mentalité de gauchissssse.

Volontariat : n.m., totalement imaginaire dans la réalité du salariat, le lien de subordination étant l'un des éléments caractéristiques du contrat de travail. Utilisé pour faire passer la pilule auprès des politiques qui pour beaucoup n'ont jamais connu ces réalités là.

Exemple : (Ce salarié d'un magasin de bricolage qui travaille de temps en temps le dimanche) s'inquiète néanmoins que la règle aujourd'hui posée sur la base du volontariat, ne devienne obligatoire, comme cela a été le cas dans d'autres magasins.

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 15:05

marsupulami

Le local était enfumé

Le café réchauffait les coeurs

Une usine allait fermer

Coup de massue, peurs et pleurs

Ils se battirent, elles luttèrent

Jamais ne mirent genou en terre

Chaleur d'Assemblées Générales

Silence glacé de Tribunal

Vite, le tract. Vite, le communiqué

Vite, la manif à préparer

Vite, l'avocat veut le dossier

Vite, réunion chez le Préfet

Vite. Cela fait des mois que ça dure

Qu'il est facile de jouer l'usure

L'usine a fermé, un morceau est resté

Ils et elles ont été licencié-e-s

Nouvelle vie pour certains

Et puis pour d'autres, non, rien

Mais pour tous dans le miroir ce reflet

La fierté de ce qui fut gagné

Ce qui n'a pas été cédé

Ce qui ne peut être effacé

Les doutes et les espoirs

Les coups et les victoires

Ils se battirent, elles luttèrent

Jamais ne mirent genou en terre

 

"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent" écrivait ce vieil Hugo.

Pour ceux qui se sont battus, se battent et se battront encore, pour les Molex, les Freescale, et tous les autres, ici ou ailleurs, ces quelques lignes.

2014, année Jaurès. Espérons que nous saurons être à la hauteur des mots qu'il nous a légués. "L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir".

Bonne année à toutes et tous, que 2014 vous soit combative et douce.

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 12:39

image

Je me souviens parfaitement de ce 14 octobre 2003.

Comme ce midi, il y avait distribution de tract.

Cette année là, j'avais quitté la CFDT, quelques mois auparavant, lorsque la confédération avait signé la réforme des retraites - et oui, déjà. Comme une partie de la section locale, et pour les mêmes raisons, pour rejoindre la CGT, tout juste créée sur le site de Toulouse.

Cette année là, nous étions en plein plan social - et oui, tiens donc. Pour ne pas affaiblir le mouvement, nous avions choisi d'attendre, pour annoncer officiellement nos départs, que la CFDT alors premier syndicat du site ait trouvé des remplaçants pour ceux d'entre nous qui étaient Délégués Syndicaux et dont les visages étaient connus sur les estrades.

Retraite ou PSE, je ne sais plus de quoi parlait ce tract. Mais je me revois aller à la cantine, pour prévenir les camarades que finalement non, je ne pourrai assurer mon créneau de distribution.

Car il y avait eu ce coup de fil, et une nouvelle fois, ce départ précipité pour Limoges.

10 ans après, les images restent de ce jour, des suivants, et de certains de ceux des mois qui ont précédé.

Ce couloir, avec au fond ce tableau de Ben. Ce froid glacial dans mes jambes et dans ma voix qui, je me demande encore comment, a réussi à lire deux belles lettres.

Oui, des images restent, celles-ci et d'autres du même genre.

Mais aussi, prenant peu à peu le dessus, celles des autres pages qui se sont tournées. Les vacances, la première neige, des rires, tout ce qui tient chaud, tout ce qui rend plus fort. Les chemins qui se tracent, la vie quoi.

Carpe diem.

Jamais je n'ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire 
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j'aime les mondes subtiles
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.

J'aime les voir s'envoler, 
Se colorer de soleil et de pourpre, 
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

A demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre?

Chantez en coeur avec moi: 
Savoir? Nous ne savons rien
Venus d'une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n'enseigne rien, lumière n'éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l'eau du rocher?

Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.

Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins 
Des chemins sur la mer

Antonio Machado

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 11:59

tchin.jpg

Au diable soucis et contrariétés, bonjour l'été !

Un peu d'insouciance dans toutes ces choses sérieuses.

Tchin tchin ce vendredi soir, en l'honneur de mamzelle T. et de son bac bien en poche, ça se fête !

A tous les nouveaux bacheliers, une page se tourne, profitez !

A ceux qui ont la chance d'être en congés quelque part au soleil, savourez !

A ceux qui lundi au travail pourront se garer sur un parking déjà bien vidé, commencez à destresser !

Aux autres, pour qui l'été ne veut pas dire vacances, pour toutes sortes de raisons, une pensée, un peu de poésie.

Carpe diem.

Le temps s'échappe à tire-d'ailes ? Sois sans peur.

Et l'heureux sort n'est pas éternel? Sois sans peur.

Profite de l'instant que te vaut la Fortune.

Sans regret, sans regard vers le ciel, sois sans peur.

Aujourd'hui sur demain tu ne peux avoir prise.

Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise.

Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir

car nul ne sait comment nos demains se déguisent.

Omar Kayyam (Perse, XIIe siècle) (via Le Club des Poètes)

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:31

Comme dirait mon grand oncle Tonton Georges : "internet, c'est merveilleux".

Voilà que par la magie des réseaux sociaux, je peux depuis Toulouse lire le Popu.

Et voilà qu'ainsi je découvre cette vidéo, qui, nous dit-on, fait le buzz à Limoges. Tournée avec un drone par la société Koox Production, bravo à eux, pour la mairie.

Limoges, une ville à la mauvaise réputation par la faute du Maréchal Joffre.

Mais une ville d'art et d'histoire. Capitale des arts du feu, de l'émail à la céramique industrielle. Une ville de gauche, de combats, de résistance. La ville du congrès fondateur de la CGT. Une ville à la campagne, à taille humaine, où ceux qui y habitent disent apprécier le cadre et les conditions de vie.

J'arrête tout de suite tous ceux qui ici pensent que le Nord commence à Montauban. Tut tut, le Limousin, pays d'Oc, sud de la Loire.

Bref, j'espère que vous apprécierez !

Spéciale dédicace et grosses bises à toute ma famille (eh les filles, JE VOUS VOIS). Une pensée pour ceux avec qui j'ai partagé ces années Gay-Lu. Un clin d'oeil à Serge P., camarade cher à mon coeur et ex cheminot ("ah, la gare de Limoges!...").

Quant à moi, après cet hommage, je vais pouvoir reprendre les râleries habituelles. Promis, la prochaine fois que l'on perd 3 ou 4 degrés dans ces 300 kms ou que nous errons à trouver un café ouvert le dimanche. 

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