Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
En 2002, la presse parlait de séisme, nous manifestions, et discutions à gauche de savoir s'il fallait mettre une pince à linge sur le nez ou des gants en allant voter Chirac.
15 ans après, que de changements dans les esprits !
Pourtant, le FN de la famille Le Pen, lui, n'a pas changé ses fondamentaux. Même s'il a su habilement repeindre la façade.
Mais bon sang, les salarié-e-s de Whirlpool et d'ailleurs vont-ils se laisser avoir par 1/4 d'heure de com, selfies compris ?
A voir ces images ce jour là, à regarder les inquiétantes courbes d'opinion, à entendre ces expressions de ni-ni, ou ces assourdissants silences mettant sur un même plan un centriste républicain et l'extrême-droite, je m'inquiète.
Alors vraiment, loin de moi l'idée de faire la morale à ceux qui disent ne pas vouloir voter Macron, pour diverses raisons, dont beaucoup que l'on devrait peut-être entendre, plutôt que de leur tomber dessus.
Mais enfin, vous citoyens libres qui réfléchissez, je vous en prie, ne jouez pas avec le feu.
Vouloir combattre le FN mais ne pas voter Macron, malgré ce qu'il en coûte, c'est juste laisser faire le boulot à d'autres , en espérant que...
Prendrez-vous ce risque ?
Moi non. Pour la 2ème fois de ma vie, je ne voterai pas à gauche. Je voterai Macron, et ce n'est pas de l'écrire clairement qui me salira l'écran. Parce que le 1er tour est passé et que n'est plus le moment de tortiller. Parce que le bulletin Macron ne vaudra pas plus adhésion que ne valait le bulletin Chirac. Parce qu'on peut très bien rester mobilisé-e-s pour le progrès social en votant contre la haine et le racisme le 7 mai (comme le dit l'Ugict-Cgt ici). Parce qu'il n'y aura pas de bulletin "barrage au FN" sur la table de vote.
Alors non, ni leçon ni culpabilisation. Juste les mots d'Aragon en espérant qu'ils touchent cœurs et raisons.
"Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat"