Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
Je n’ai pas encore eu le temps de parler ici de mon choix pour la présidentielle. Il a mûri entre l’été et septembre, jusqu’au moment où, au sein du courant Rénover Maintenant, nous avons voté. Puisque le candidat qui portait directement nos idées ne pouvait se présenter, il fallait choisir, finalement parmi trois. Car si je peux encore comprendre qu’un militant s’abstienne à défaut de trouver son idéal, je ne peux concevoir qu’un responsable ou un courant ne prenne pas position.
J’aurais pu, sur le discours ancré à gauche, choisir Laurent Fabius. Mais j’ai du mal à croire que l’on puisse autant changer en politique, et sur l’ensemble de mes critères de rénovatrice, j’ai choisi Ségolène Royal.
Je reproduis ci-dessous un article publié sur le site de RM qui en donne les raisons.
Tous les choix sont respectables, et après tout nous ne faisons que choisir parmi trois brillants camarades, tous trois issus de la même synthèse. J’aimerais bien que l’on s’en souvienne, et que l’on n’oublie pas que nos réels adversaires s’appellent Sarkozy ou LePen.
"Pourquoi Ségolène Royal ? Le choix du renouveau" par Marie-Agnès Gandrieau, RM 31 8 novembre Je n’étais pas portée au départ à soutenir la candidature de Ségolène Royal. Je ne suis pas fan de l’une ou adversaire de l’autre. Mais je suis une militante, qui doit choisir, avec sa raison, celui ou celle qui affrontera la droite.
Mon choix est fait, car je constate que Ségolène incarne aujourd’hui un renouveau dont la politique, et singulièrement la gauche, a tant besoin.
Renouveau par sa personne, car si être une femme n’est pas en soi une qualité, son élection serait un symbole fort. D’ailleurs beaucoup des procès dont elle fait l’objet n’auraient pas lieu si elle était un homme. Pour cela, elle a ma sympathie.
Renouveau aussi par ses thématiques. Crise politique, crise sociale, crise écologique : tel était le diagnostic des rénovateurs. Les trois candidats soutiennent de toute manière le même projet socialiste, mais qui porte également ces trois axes ? Sur l’environnement, Ségolène est la plus crédible, par son parcours, ses actes, et le poids qu’elle y accorde. Elle est la seule, même si la 6e République est encore innommée, à mettre la question démocratique au cœur de son discours.
Renouveau enfin par sa démarche. Oser des remises en question, c’est difficile en politique, où toute idée neuve se heurte au poids des conservatismes. Nous, rénovateurs, en avons fait la dure expérience. Quand Ségolène dit qu’il ne faut pas avoir peur du peuple, pourquoi cela suscite-t-il de si fortes réactions ? Quand elle dit, à propos des 35 heures, qu’elles ont plus bénéficié aux cadres qu’aux ouvriers, n’est-ce pas simplement refuser l’autosatisfaction aveugle ? N’est-ce pas par un discours de vérité que les socialistes pourront reconquérir ceux que nous sommes censés défendre et qui se sont éloignés de nous ?
Je ne pense pas que la popularité de Ségolène ne soit qu’une bulle médiatique, comme on a pu le croire. Je crois qu’elle sera plus que d’autres à même d’incarner un espoir de changement.
Car enfin le choix me semble là : voulons-nous continuer comme si le 21 Avril 2002 n’avait pas eu lieu, avec un Le Pen en embuscade et un Sarkozy omniprésent ? Ou voulons-nous tenter autre chose ? Le premier choix est plus rassurant, les rails sont tracés, les discours rodés. Le deuxième choix est plus difficile, car il offre moins de certitudes. Mais il me semble plus porteur d’avenir, peut-être l’appel d’air que le PS recherche en vain depuis quatre ans. A nous, militants socialistes, rénovateurs, ancrés à gauche, de travailler encore à ce que cet espoir se concrétise.