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Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.

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Espérance de vie

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Dans "espérance de vie", il y a "espérance". Et "vie". Deux beaux mots, très utilisés à l'occasion des débats sur la réforme des retraites. Hélas, c'est avec une sorte de détachement technique qu'ils sont parfois maniés par ceux qui prétendent que l'heureux allongement de l'espérance de vie conduirait nécessairement à un allongement de la durée de cotisation.

Avons-nous bien réalisé ce que cela veut dire ? Espérance. Vie. Arrêtons-nous un instant sur cette argumentation.

L'espérance de vie augmente, c'est un fait. Mais qu'en faisons-nous ?

Pour moi, la gauche, c'est d'abord le progrès. C'est donner l'espoir d'une vie meilleure, au fil des générations, à ceux qu'on est censés représenter. Ainsi, après une suite d'avancées sociales acquises, parfois durement, au long de notre histoire, qui ont conduit à la réduction de la durée de travail, sous toutes ses formes, faudrait-il donc trouver naturel ce recul, cette inversion du mouvement ? Faudrait-il donc trouver normal de vouloir consacrer au travail tout ou partie des gains obtenus par la médecine, le progrès technique, l'amélioration des conditions de vie ?

Pourtant, aujourd'hui c'est bien ce qu'ont fait les réformes de droite. Depuis 1993, la durée de cotisation s'est allongée plus vite que n'a progressé l'espérance de vie. L'espérance de vie à 60 ans a progressé de 3,38 ans pour les hommes et de 2,76 ans pour les femmes, alors que la durée de cotisation s'est allongée dans le même temps de 3,75 annuités.

L'idée que la gauche non seulement entérine, mais encore aggrave cela, me heurte profondément.

Augmenter la durée de cotisation, est-ce juste ?

Regardons maintenant les conséquences que cela aurait sur la vie des futurs retraités. Il nous faut donc parler de l'espérance de vie en bonne santé. Et là, problème, car le fait est qu'elle stagne, voire recule : de 2005 à 2011, elle est passé de 62,3 ans à 63,7 ans pour les hommes, et de 64,6 à 63,6 pour les femmes.

Dit autrement, notons déjà que laisser l'âge légal de départ à 62 ans, c'est statistiquement laisser moins de 2 ans en bonne santé aux retraités qui partent à cet âge. Les obliger à atteindre 67 ans, c'est statistiquement leur enlever l'espoir d'en profiter. On ne parle pas de chiffres à ajuster dans un tableau excel. Mais bien d'années de vie auxquelles on porte atteinte.

Mais au moins, est-ce raisonnable et efficace ?

Terminons là-dessus. Tous les opposants aux réformes précédentes, PS compris, avaient critiqué leur inefficacité. C'était vrai. Et ça l'est toujours, sur ce point de la durée de cotisations.

En 2012, plus d'un salarié sur trois partant en retraite n'obtenait pas sa retraite à taux plein avant 65 ans. La durée moyenne de travail des salariés qui ont pris leur retraite en 2012 était de 151 trimestres (156 pour les hommes, 145 pour les femmes), soit 37,75 annuités. Les projections du COR estiment que les générations nées après 1960, du fait des études et des carrières incomplètes, partiraient à la retraite avec 39 annuités validées. L'emploi stable ne concerne vraiment que les 30-55 ans.  Le taux d'activité des seniors reste un des plus faibles d'Europe.

Alors de deux choses l'une. Ou bien le marché de l'emploi aura été révolutionné d'ici là, auquel cas plus de problème pour les jeunes et les seniors. Mais plus de problème non plus pour les retraites puisque les cotisations rentreront avec plus d'actifs. Ou bien le changement d'ampleur n'aura pas eu lieu. Auquel cas, allonger la durée de cotisation, c'est transférer les dépenses des caisses de retraites vers les caisses d'assurance chômage, et c'est dans bien des cas réduire le niveau des pensions. Ce qui rajoute à l'injustice l'hypocrisie de ne pas le dire clairement.

Pas un progrès, pas juste, pas raisonnable ? Revenons vite en arrière sur cet allongement. Redonnons de l'espoir à la jeunesse et à ceux qui travaillent.

Espérance. Vie. Quels beaux mots vraiment.

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J
Je me suis longtemps demandé pourquoi il était si important pour l'Etat de prolonger la durée de vie des Français et de pouvoir s'enorgueillir des quelques mois gagnés Bien sûr, cet allongement sert de prétexte à certaines mesures gouvernementales quelque peu impopulaires. Mais je crois que, à la base de tout cela, il y a la nécessité de prétendre que la vie s'améliore, que les politiques sont bonnes, que le pays est bien géré en faveur de la population. C'est un auto-satisfécit pour tout gouvernement. <br /> Si la durée de vie diminuait, ce serait sérieusement gênant. <br /> D'où le harcèlement incroyable dont on est victime pour faire de la prévention.
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S
<br /> Espérance de vie .....<br /> <br /> <br /> Et .....<br /> <br /> <br /> Vie de l'espérance ......<br /> <br /> <br /> La durée de vie de l'espérance serait elle de plus en plus courte ......<br /> <br /> <br /> Ces temps ci ? ......<br />
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