Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
Oradour.
Ce nom familier résonne particulièrement, ce jour où deux présidents y font, ensemble, une visite toute en symboles.
Oradour, pour moi, c'est d'abord un lieu comme un autre. Un panneau indicateur que l'on croise sans y prêter attention. Là où habitaient copains et copines de collège. Au bord de cette Glane où je suis allée pêcher.
Un jour, ce fut aussi une visite. Au collège certainement. Bizarrement, je ne m'en souviens pas particulièrement. En revanche je revois parfaitement les ruines, l'intérieur de l'ancien village, avec tout ce que hurlent les pierres silencieuses.
Plus tard seulement, le jour où j'ai vu quelqu'un faire un long détour de voyage pour aller voir Oradour, vint réellement la conscience de l'importance de ce lieu.
Et à chaque passage sur la route qui longe le mémorial et les murs écroulés, c'est comme un voile de froideur qui soudain tombe sur la verte et paisible campagne limousine.
"Ma première surprise est de constater que le nouveau village, reconstruit après-guerre, est immédiatement voisin de celui qui a été détruit", écrivait cette lycéenne.
Oui, comme une proche évidence, la vie qui coule à côté de l'horreur apprivoisée, si l'on peut dire, pour le devoir de mémoire.
A l'occasion de cette journée, je partage de nouveau ce clip tourné à l'attention des jeunes générations.
Car la bête est toujours là, tapie dans les recoins les plus sombres de l'âme humaine, nourrrie par les crises, agitée par certains et sous-estimée par d'autres.
Soyons aussi vigilants qu'elle est maligne.