Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
Ce dimanche matin, encore, le brouillard.
Un ciel d'automne, cotonneux, un peu tristounet, mais aussi comme protecteur des bruits du monde.
Pendant ce temps là, à Paris, des gens toujours à la recherche de leurs proches.
Quelques bonnes nouvelles, mais aussi des mauvaises, nous arrivant avec ces visages de gens inconnus, mais que, pour tenter de se sentir moins inutiles, nous avons diffusées via Twitter, dans l'espoir d'aider les familles. Solidaires mais dérisoires bouteilles à la mer dans cet océan de fureurs.
Puis, à midi, le beau temps qui a repris le dessus.
Les coteaux colorés du Lauragais, le soleil doux du Tarn. Des gens qui se promènent paisiblement, des canards coin-couineurs dans le lac, des chiens mouillés et joyeux. Un bol d'air.
Et pourtant, pour avoir connu ici ces quelques jours où la vue d'un scooter faisait monter le stress de dix crans d'un seul coup, cette pensée toujours, qu'à Paris, des gens souffrent, pleurent, s'inquiètent, et malgré tout, vivent.
Ce soir, une odeur de poulet roti. Comme une envie de se blottir et de profiter d'un foyer en paix.
Carpe diem les gens.
Le temps s'échappe à tire-d'aile ? Sois sans peur.
Et l'heureux sort n'est pas éternel ? Sois sans peur.
Profite de l'instant que te vaut la Fortune.
Sans regret, sans regard vers le ciel, sois sans peur.
Aujourd'hui sur demain tu ne peux avoir prise.
Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise.
Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir
car nul ne sait comment nos demains se déguisent.
Omar Kayyâm (Perse, XII s.)