Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
Ce dimanche verra donc la fin d’une période toute particulière et, je l’espère quoi qu’il arrive, de nouveaux départs, avec le premier tour des municipales. Evènement important bien sûr pour chacun tant les conséquences sont significatives sur la vie quotidienne.
Evènement important aussi pour le PS, parti d’élus, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, pour tous ces camarades engagés, simples militants ou élus connus, qui ont à cœur d’agir pour la vie publique et y consacrent un temps et une énergie que ceux qui les jugent sous-estiment parfois bien injustement. Le pire, parce que c'est le moment où intérêts personnels et manoeuvres peu reluisantes ont tendance à réapparaître. Et parce que d’une élection à l’autre, il y a toujours une bonne raison pour le Parti de ne pas se rénover. S’il est important que la gauche ait des élus qui portent ses valeurs partout sur le territoire, des petites communes aux grandes agglomérations, le seul horizon du PS ne peut être celui d’un socialisme municipal. Après ces élections devra donc venir le temps d’une vraie analyse et de la refondation du parti et de son projet politique.
En attendant les enjeux sont là. Je ne suis pas toulousaine, mais, sans parler du symbole national, tous les socialistes de l’agglomération sont concernés par la municipale à Toulouse, avec enfin une réelle chance de faire basculer la mairie avec la liste de gauche que Pierre Cohen a su rassembler. Les sondages ne sont que sondages, retenons notre souffle et rendez-vous dimanche soir.
Dans ma commune, c’est tout autre chose. Dans un village d’un peu plus de 800 habitants, l’élection n’est pas politique au sens partisan du terme, mais elle n’en est pour autant pas moins passionnée, et là aussi, pour le meilleur et pour le pire. La situation d’Aigrefeuille est un peu particulière, la maire sortante n’ayant pas été élue, mais désignée en cours de mandat suite au départ de la commune du maire élu. Deux listes se présentent donc, une conduite par la maire en place, avec peu de sortants, et une seconde qui s’est créée en opposition aux dernières années. Les deux réunions publiques ont montré que cette élection intéresse du monde – la salle des fêtes était pleine mardi comme jeudi. Je n’ai pas aimé dans cette campagne certains dérapages et abus ici ou là, suite logique de quelques tensions qui ont malheureusement traversé le village depuis quelques temps. J’ai bien aimé en revanche la réflexion que cela a apporté, sur le choix des projets et l’évolution du village, sur le fonctionnement de la mairie et la nécessité de communication et de concertation. J’ai aimé aussi les moments d’échanges à la fin des réunions. Comme beaucoup je connais et apprécie des gens sur chacune des listes. J’ai été frappée d’entendre si souvent exprimé, et de tous côtés, le souhait de retrouver l’esprit d’Aigrefeuille, celui d’un village où les gens se parlent, se respectent, participent à des activités ensemble. Pas facile de passer d’un petit village rural à une commune un peu dortoir qui accueillera bientôt 300 habitants de plus quasiment d’un seul coup, aux portes d’une agglomération envahissante. J’espère donc sincèrement que dimanche, quels que soient les résultats, une page se tournera et que le climat deviendra plus paisible. Je pense que c’est possible, et j’espère que chacun y mettra du sien.