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Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.

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Mandela

mandela.jpg

C'était un vieux monsieur, malade et fatigué, déjà un peu ailleurs, comme on peut l'être à 95 ans.

Ce jeudi soir, il s'est éteint.

Et depuis, la planète partage un dernier salut à cet homme.

Rare et impressionnant.

Des chefs d'Etat du monde entier lui rendent hommage, des USA à la France des drapeaux sont mis en berne.

Des religieux de toutes sortes le saluent.

Des anciens vieux compagnons de route, un peu partout, le pleurent.

Sur les réseaux sociaux, des adolescents qui ne l'ont pas connu en activité en parlent comme d'une icône.

Des organismes qui d'ordinaire ne se mèlent pas de politique font exception pour lui, comme la NASA qui diffuse cette photo de son pays prise de la Station Spatiale Internationale.

Quel Mandela est le vôtre ?

Le mien est celui du "libérez Mandela", du Asimbonanga de Johnny Clegg, de ce visage inconnu que la prison rendait au monde, de ces années de transition où on se demandait ce qu'allait devenir l'Afrique du Sud.

Cet homme, certainement, a changé son pays, et le monde. Mais lui, au fil des ans, a évolué, mais pas changé, au fond.

Les images et les mots se succèdent, admirable trajectoire de vie.

Mandela1961.jpg

Ce jeune avocat impeccablement habillé.

Ce combattant au visage rond et dur à la fois, ce visage que longtemps on gardera en dernière référence.

1964, je n'étais pas née, mais j'ai entendu depuis cette voix enregistrée au procès de Rivonia, si émouvante, disant : "Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J'espère vivre assez pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir".

"Life, life", disaient-ils dehors après le verdict. Car si ce sont maintenant les 27 ans de prison que l'on retient, c'est à ce moment là la peine de mort que risquaient les accusés.

Ces mots lus par Winnie Mandela, de celui qui préféra l'enfermement à la trahison de son idéal. "Your freedom and mine cannot be separated. I will return."

mandela-1990.jpg

1990, ce point levé, ce visage que l'on découvre, quel choc.

Et 4 ans plus tard, cet homme rayonnant qui glisse un bulletin dans l'urne, pour la première fois de sa vie, à 75 ans.

Tant d'images, tant de symboles, tant de choix droits.

La prison plutôt que le renoncement. La réconciliation plutôt que l'alternance. Un seul mandat plutôt que le mandat de trop.

Il nous a émus. Il nous a mobilisés. Il nous a élevés.

Il continuera.

"Repose en paix Madiba. Nos coeurs, ton linceul" (Christiane Taubira).

 

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