Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
Tristesse, car cette après-midi, au crématorium de Trèbes, près de Carcassonne, nous avons dit un dernier salut à Michel Bonnery.
Le ciel était bleu, avec quelques panaches de nuages que le vent d'autan étirait.
Avec les camarades qui étaient là, dehors, après la brève et sobre cérémonie, après "Les Copains d'abord", nous avons parlé de politique, d'écrevisses et de cassoulet. Car malgré la peine, voilà bien ce qui nous est venu en pensant à Michel Bonnery.
Socialiste il était, quelles qu'aient été parfois ses opinions sur le PS et donc ses choix, socialiste il restait. Un homme de convictions. Solides. Comme il l'était lui, comme il aurait dû le rester si la maladie n'avait pas fini par gagner.
Une présence, imposante, chaleureuse, tellement humaine. De la convivialité, même après les débats les plus virulents. L'un n'empêchait pas l'autre. Au contraire.
Michel Bonnery a été secrétaire de la section cantonale de Lanta. C'est lui qui m'y a accueillie lorsque nous avons déménagé. C'est à lui que j'ai succédé comme secrétaire de cette section. Il a été directeur de campagne aux législatives de Pierre Cohen sur la 3e circonscription d'alors. Il a été aussi, et peut-être surtout, maire de Tarabel, si attachante petite commune du Lauragais.
Mais ce que je retiendrai de Michel Bonnery, même si la vie nous a éloignés, ce sont des attitudes, des moments simples, de l'homme et du camarade. Et voyez comme c'est bête, j'ai repensé, en écrivant un mot sur le registre des condoléances, à ce gâteau après une réunion, partagé en section, fait pour nous fêter, "Marie et Franck". Longtemps j'ai gardé à la maison cette pâte décorée en souvenir de ce moment. Bien sûr, j'ai dû un jour me résigner à la jeter.
Mais jamais nous n'oublierons Michel Bonnery.
En sa mémoire, pour Claudine et ses enfants, un chant de résistance, enjoué et triste.