Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
Déjà près de six jours après le congrès fédéral. Le temps passe, mais à la veille de partir à Reims je dois avouer que je suis toujours ce matin dans la même perplexité. Et dans une inquiétude croissante.
Une chose me semblait claire : le message du vote. D’abord, le rejet du vieux parti et du statuquo. Claque ou fiasco, les mots ont varié mais les analyses convergeaient pour dire l’échec de la motion Delanoë, archi-favori au départ, avec l’appareil derrière lui. Même en Haute-Garonne, « terre de mission » soi-disant pour les autres, à peine 30 %, c’est vraiment peu. Et j’interprète le score de la motion Royal à l’inverse comme issu avant tout de l’envie de faire autrement, et avec d'autres.
Volonté de changement oui, mais pour quoi faire ? Rénover le PS, mais aussi lui redonner une ligne de gauche. Comment interpréter sinon les scores combinés de la motion Aubry et de la motion Hamon ? Sans compter que, si les votes se font sur les discours des derniers moments, on a bien assisté à un « recentrage à gauche » général, y compris côté Royal et de Delanoë.
Alors voilà, c’est simple, il faut rassembler le parti autour d’une ligne clairement à gauche, rénover ses pratiques et renouveler ses responsables !
Maintenant, comment faire avec ce résultat si fragmenté ? Là est la perplexité qui ne me quitte pas, et au contraire s’aggrave au fil des jours, des vraies déclarations et des faux suspenses.
Puisque la motion de Ségolène Royal est arrivée en tête, ce n’est pas de gaité de cœur, mais il me semblait logique que ce soit autour d’elle que cela s’organise. Un front anti-Royal ne me semblait pas être la réponse juste à vote, ni la solution qui permettrait au PS de se reconstruire.
Car puisqu’il n’y a pas de majorité claire, il faut bien une règle, et celle qui dit que c’est la motion de tête qui mène le jeu a l’avantage d’être simple. Et puisqu’il n’y a pas de majorité claire, il faut bien une synthèse, une vraie cette fois, pas une mollassonne comme au Mans si possible (penser à ne pas demander son avis à François Hollande). Mais cela suppose de la bonne volonté, et des compromis. Et je ne suis pas sûre que cela soit parti pour.
J’aurais attendu en effet que ces jours amènent une clarification. C’était à Ségolène Royal de proposer. Il me semblait qu’un premier secrétaire de compromis issu de sa motion, avec des amendements pour venir à une ligne plus à gauche, sur la question des alliances notamment, mais pas seulement, devraient être les pas faits pour construire ce rassemblement. Car avec 30% , on ne peut pas prétendre avoir raison seule sur toute la ligne.
Les premiers discours étaient rassembleurs. Mais la suite m’a un peu agacée. Un texte un peu creux, des fausses annonces et un passage sur TF1 pour finalement ne rien dire, ça me semble un peu court. Quelles que soient ses qualités, car elle en a, elle ne peut demander un chèque en blanc sur l’avenir du PS !
Alors c’est bien gentil de gagner du temps, mais ce n’est pas très engageant.
Du coup, on a l’impression que tout est figé, dans l’attente de ce qui se passera à Reims.
Benoît Hamon martèle qu’il est candidat avec ses 19%. J’aime bien Benoît, je l’ai apprécié depuis ce chemin ensemble au NPS, mais plutôt que de crier maintenant si fort avec 19%, pourquoi donc a-t-il choisi de présenter une motion seul, plutôt que de jouer le rassemblement avec Martine Aubry, comme la logique sur le fond aurait voulu ? Nous n’en serions alors probablement pas là. Et j’espère ne pas revoir encore une fois Henri Emmanuelli à la manœuvre, comme au Mans, après avoir fait le coucou dans le nid du NPS pour mieux rejoindre la motion Hollande.
Martine Aubry ne dit pas grand-chose, mais ça cogite ferme. J’espère qu’elle fera le bon choix au bon moment.
Quant au congrès fédéral, je n’ai pas trop envie d’y revenir, tant j’ai trouvé cette soirée triste. L’annonce de l’accord instantané entre les motions Delanoë et Hamon, en plus d’être inédit dans un congrès fédéral (pourquoi ne pas attendre que le congrès national ait eu lieu?), était tout de même, ainsi faite, très agressive, excluant tout de suite les autres. Je suis désolée en tout cas d’avoir eu raison quand je prévenais les camarades qui s’apprêtaient à voter motion C qu’ils risquaient d’avoir de mauvaises surprises après le vote. Je me demande ce que les militants de Haute-Garonne qui ont sincèrement voté pour cette motion et ce qu’elle défendait ont pensé …
Alors, allons-nous donc trouver la solution sur un coup de dé ou un coup de poignard à Reims ? Franchement, je ne trouve pas ça très sérieux.
Ayez une pensée pour les délégués qui vont partir, sans mandat vraiment, car c’est impossible, à l’aveuglette, et devoir vivre ça en direct à Reims !
Ou plutôt exprimez-vous, sur ce blog ou par mail, donnez-moi votre sentiment avant le départ.