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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 17:29

Pendant le congrès, la vie continue, les combats aussi.

Le 6 novembre était jour de vote pour les socialistes. C’était aussi jour de manifestation à Villemur-sur-Tarn contre la fermeture de Molex. La municipalité avait organisé une matinée ville morte, les organisations syndicales une manifestation partant de l’usine où se tenait le premier CE d’information sur la cessation d’activité.

Nous étions donc là, sous nos banderoles, ce matin pluvieux, place Saint-Jean. Le cortège des salariés était parti de l’usine, accompagnant les délégués jusqu’au CE, pour rejoindre le centre ville. Echarpes des élus – Martin Malvy et Pierre Cohen, ainsi que de nombreux parlementaires, conseillers généraux et maires socialistes, avaient notamment fait le déplacement – habitants de Villemur que l’on sentait peu habitués à ce genre de manifestation, délégations syndicales d’autres entreprises ou des unions départementales, tout cela se mélangeait sur la petite place. Un peu de pagaille pour organiser le cortège, certains syndicats venus de l’extérieur se mettant devant les caméras, avant que les salariés de Molex et de Labinal n’arrivent… Au final ce sont 3000 à 4000 personnes qui ont défilé ensemble (voir la dépêche AFP) pour dire non à cette fermeture injustifiée.
Petit moment d’inquiétude : nous avons cru à une blague quand, à l’entrée du vieux pont sur le Tarn, nous avons vu ceux qui étaient devant nous se retourner avec de vigoureux « en arrière ! ». C’est que le pont bougeait sous les pas de la foule ! Drôle d’effet que de voir les gros câbles remuer, et encore plus pour ceux qui, au milieu du pont, l’ont senti se déplacer sous eux ! Pas de panique, la manifestation est bien passée finalement.

Un peu plus loin, devant l’école, une nuée de gamins hauts comme trois pommes derrière les grilles crient de toutes leurs forces que l’usine ne doit pas fermer. C’est dire combien c’est toute une ville qui se sent touchée par cette triste décision.

A l’arrivée, devant l’usine, les discours du maire et de plusieurs élus interpellent les dirigeants de l'entreprise et invitent Nicolas Sarkozy à venir à Villemur, avant d’attendre que les délégués sortent du CE pour une prise de parole. Guy Pavan a redit la colère des salariés et combien incompréhensibles étaient les justifications données en réunion. Il a annoncé que suite à la venue de Bernard Thibault et à l’initiative de la CGT, une délégation des syndicats de Molex serait reçue par Luc Chatel le lundi, aujourd’hui donc.

Les discussions se sont terminées autour des merguez-frites organisées devant l’usine, légèrement pluvieuses mais chaleureuses, et pour quelques uns d’entre nous par le café du réconfort au local cgt.

La manifestation fut donc un succès, mais ce n’est qu’une étape. Tous les axes sont à utiliser : la pression médiatique, les recours de procédure et les expertises, les actions politiques, de toutes sortes, et au plus haut niveau. Rien ne se gagne jamais d’un seul coup, mais il ne faut rien céder - comme le pont, il faut tenir ! C’est bien la décision elle-même qu’il faut contester, et non céder aux sirènes d’une direction sans doute prête à dégager de l’argent pour que le site ferme en douceur.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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Rousseau Dominique 18/11/2008 22:52

Bonjour,les souris roses ça ne court pas les rues!Je suis délégué syndical Cgt de Tyco Electronics France sas, dans une des trois usines du groupe en france à Chapareillan (Isère).Nous aussi allons être victime d'une délocalisation avec licenciements boursiers si l'on arrive pas a rassembler toutes celles et ceux qui en particulier ont voté NON au traité euroépen!Vous le PS, quel est votre programme?Etes vous contre les licenciements boursiers?Quel est vos propositions pour arrêter le massacre des entreprises françaises, des salariés, leur famille, les population?J'aimerais bien avoir ton point de vue.FraternellementDominique Rousseau

Marie-Agnès Gandrieau 30/11/2008 20:18



Cher camarade, merci de ton passage et de ce commentaire fraternel bien qu‘un peu interpellant !
Je connais la situation de Tyco, Guy Pavan de Molex nous en avait tout de suite parlé, lorsque nous étions allé à Villemur pour une réunion d’urgence de l’USTM 31. C’est bien que des liens se
soient créés de diverses manières, entre les syndicats, et à travers la FTM.
Excuse moi pour avoir un peu tardé à te répondre. Le congrès du PS m’a pris pas mal de mon temps libre. C’est aussi que ta question tombait mal … ou trop bien! Car justement, ce que propose le
PS, sur ce sujet là comme sur d’autres, c’est bien ce qui se discutait, normalement, dans le congrès.
Je ne crois pas en revanche que ce soit simplement une question d’avoir voté oui ou non au TCE. Je pense que le temps est venu de dépasser ce clivage (c’est d’ailleurs une des raisons pour
lesquelles, moi qui ai voté non, j’avais choisi pour le congrès la motion de Martine Aubry, qui rassemblait des socialistes du non et du oui). Mais par contre, je crois qu’il nous faut absolument
mieux prendre en compte les effets néfastes de la mondialisation libérale et avoir des propositions, pour le pays et pour l’Europe, qui donnent des outils contre ce qui se passe dans un cas comme
Molex.
Il faut maintenant que le PS se remetre au travail pour redevenir une opposition audible et combative. Il faut aussi que le parti s’ouvre, et notamment vers les organisations syndicales. J’espère
que nous y arriverons, face à cette droite si dure et à une crise mondiale qui n’a pas fini de faire des dégâts.
En attendant voici quelques propositions extraites de la motion de celle qui est maintenant notre première secrétaire.
Propositions pour modifier le comportement des entreprises afin qu’elles favorisent à nouveau l’investissement, les embauches et valorisent le travail, alors qu’aujourd’hui ce sont les objectifs
financiers qui priment dans la plupart des cas : Moduler l’impôt sur les sociétés en fonction de la part des bénéfices réinvestis. Taxer les entreprises qui abusent des emplois précaires.
Interdire la détention de stock-options pour les principaux dirigeants exécutifs d’entreprises qui les détournent de leurs objectifs initiaux. Sanctionner les licenciements abusifs, décourager
totalement les licenciements boursiers en faisant payer aux entreprises qui en ont les moyens le reclassement des salariés et la recréation des emplois supprimés. Participation minimale des
salariés au capital (5%) et aux droits de vote (10%) des sociétés. Participation obligatoire de leurs représentants au conseil d’administration ou de surveillance des grandes entreprises.
Sur l’intervention publique face aux défaillances et à la myopie du marché: Mise en place d’un fonds souverain France, qui pourrait être créé autour de la Caisse des Dépôts et Consignations, avec
pour objectif d’intervenir dans des secteurs jugés stratégiques pour la France et de servir de levier à une nouvelle politique industrielle française. Expérimenter de nouvelles modalités de
l’intervention publique : plutôt que subventionner à fonds perdu, pourquoi ne pas généraliser les avances remboursables ? Pourquoi ne pas permettre aux collectivités territoriales de prendre des
participations dans les entreprises particulièrement importantes pour leur territoire, comme en Allemagne ? La conditionnalité des aides économiques doit devenir la norme. Nous préparer au retour
d’industries sur notre territoire.