Samedi 12 mai 2012
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Il y a tout juste une semaine, nous étions en mode "silence". Une journée comme suspendue, mélange de repos forcé et d'impatience du lendemain, où la confiance acquise peu à peu, au fil de
ces mois de belle campagne, se trouvait malgré tout grignotée par le stress croissant des derniers jours.
Dimanche fut une journée électorale de plus, ambiance de bureaux de vote, supputations sur la participation, et, pour ma part, tarte aux poireaux pour occuper le
temps qui s'étirait. Mais elle fut tout sauf une journée comme les autres, tant la joie, le soir, fut immense. Déjà dans l'après-midi, les premiers sondages qui circulaient sur internet avaient
fait monter la température. Peu après 18h, le dépouillement dans ma commune donnait des résultats très encourageants. Vers 19h, un grand ouf, une effervescence, pour ceux qui avaient reçu des
informations, c'était fait. Mais tout de même, attendre l'annonce officielle. La Fédération PS à Toulouse était bondée comme jamais. A tel point que depuis la salle du fond, je n'ai vu à 20h00
que panneaux et bras tendus, dans une explosion de bonheur, me cachant l'apparition du visage de François Hollande sur le grand écran. Peu importe ! Tant de jeunes ce soir là, tant de sourires et
d'embrassades, après ces heures militantes, enfin. Des images savourées, la droite déconfite, Tulle, ses accordéons et le discours de François Hollande. Chapeau. Direction alors le Capitole, où 3
jours auparavant s'était tenu ce beau meeting plein d'espoirs. Rues pleines de vie, de monde, de klaxons. Pas d'écran sur la place, dommage. Mais une joie profonde au coeur, et le champagne au
frais de retour à la maison !
( et voilà les dernières photos ajoutées dans l'album de campagne )
Lundi, une RTT encore plus précieuse que d'habitude. " C'est la faute aux 35 heures " , hi hi. Repos, coupure, et bizarrement, comme un manque en même temps, après
ces semaines d'engagement, presque difficile soudain de briser le rythme.
Mardi, un 8 mai exemplaire. Nicolas Sarkozy, qui a tant raté depuis le premier jour de son mandat, a réussi sa sortie républicaine. Belles images démocratiques.
Jean-François Copé, lui, n'a pas atteint ce niveau, appelant les militants UMP à se manifester sur le parcours. "On respire mieux", phrase si souvent entendue. Il est vrai que le soleil
printanier semble plus doux, l'air plus pur, alors que le rosier se couvre de fleurs, comme libéré.
Dans ce climat soudain apaisé, la transition se prépare. Je suis frappée de voir combien déjà une page semble tournée, le nom même de Nicolas Sarkozy ayant presque
disparu. François Hollande n'est pas encore investi de son mandat, que déjà c'est comme si c'était fait. Simplicité, calme, et surtout travail. Le QG de campagne devient l'antichambre de
l'Elysée, même le site de campagne a été préparé pour la transition. Ce professionalisme fait plaisir à voir. C'est que, en vérité, tout reste à faire.
En premier lieu, donner une majorité pour gouverner clairement. Conseil Fédéral de Haute-Garonne, réunion de section, la trêve n'a donc pas duré longtemps. La joie
à peine savourée, nous voilà repartis, cap sur les législatives. La droite ne s'y est pas trompée, qui dès dimanche soir appelait à la réaction pour le "3e tour".
En Haute-Garonne, habitués que nous sommes du Grand Chelem, les ambitions des socialistes et de la gauche sont hautes sur les 10 circonscriptions. Les résultats du
département nous donnent de bonnes raisons d'être optimistes. Mais aucunement de quoi nous démobiliser. L'UMP reste déterminé, et le Front National a fait des scores impressionnants dans les
communes rurales. Pas de quoi baisser les bras !

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