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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 15:12
Perfect Sky (by Luca Parmitano ESA)

Perfect Sky (by Luca Parmitano ESA)

Un an après, ces jours d'effroi et de peine restent gravés dans nos mémoires.

Je vous avoue pourtant être un peu mal à l'aise quand l'émotionnel prend le dessus chez ceux dont cela ne devrait à mon sens pas être le rôle. Les responsables politiques, dont on attend action et sagesse, plutôt que larmes et angoisses. Les médias, dont on aimerait qu'ils ne jouent pas sur nos cordes sensibles.

Bien sûr, les larmes sont humaines. Inextinguibles sur le moment. Compréhensibles pour ceux qui sont touchés - un an, c'est bien court. Réconfortantes quand nous, citoyens, marquons notre solidarité et notre devoir de mémoire.

Qu'elles coulent donc quand elles font du bien. Mais, comme ce Bataclan qui revit à la musique, que la vie reprenne ses droits.

Pour tout cela, à partager, les mots du poète, de la vie, de la résistance.

Pour ceux qui sont tombés, pour ceux qui restent.

Pour ceux du 13 Novembre, et pour les autres, avant, et après.

Pour le pays, qui a besoin d'honorer les mémoires, mais aussi de continuer à vivre, sans donner raison à ceux qui voudraient lui faire mettre mettre genou en terre.

Pour nous, hommes et femmes libres.

 

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 21:22
Pourquoi j'étais en grève ce 31 mars et à la manifestation à Toulouse #loitravailnonmerci

Pourquoi j'étais en grève ce 31 mars et à la manifestation à Toulouse #loitravailnonmerci

C'était ce qu'on pourrait appeler "une belle manif", ce matin à Toulouse.

Au delà des classiques batailles de chiffres, tous les observateurs s'accordent pour la qualifier : énorme, foule, du niveau des manifestations retraite de 2003, ont écrit des journalistes.

Vécue de l'intérieur, on y retrouvait aussi tous les signes des fortes mobilisations.

Dans mon entreprise, l'ambiance dans les discussions les jours précédents. L'appel à la grève, par tract commun CGT et FO, fait rarissime, de même que la réservation de bus. Les précédents remontent aux contextes de plans sociaux, ou, peut-être bien, justement, aux manifestations pour les retraites. A Airbus, 70 bus avaient été réservés. Ce n'est certes pas tous les jours.

Dans la manifestation, dès la mise en place à Marengo, à 10h30 précises, déjà beaucoup de monde. La métallurgie était là - la Métallurgie, pour ceux qui ne le savent pas, c'est ici l'aéronautique et l'espace, l'électronique, ou encore l'automobile. Airbus, Airbus Defence & Space, Thalès, CNES, Latécoère, ONERA, Continental, IBM, (ex)Molex,  OTIS, et j'en oublie … avec banderoles ou sans, bien présents. Cela veut dire que le privé était bien là. Et que mes camarades qui comptent, tel Manuel Valls l'imperturbable, ne s'y trompent pas : pour un salarié du privé qui se met en grève pour manifester, combien, à votre avis, d'autres qui ne le font pas, pour diverses raisons que chacun imaginera, mais n'en pensent pas moins ?

En plus du plaisir de revoir les copains des Métaux, plaisir aussi de revoir des drapeaux CFDT - ceux des Conti à Toulouse, qui, eux, ont bien connu ce que référendum et chantage à l'emploi veulent dire. Cela commence à se voir : si la confédération, elle aussi, est droite dans ses bottes, dans les sections, cela remue. (Mémo pour plus tard : en informer Jean-Christophe Cambadélis qui, dans une de ses phrases dont il a le secret, avait dit que le PS suivrait la position de la CFDT.).

Autre plaisir, croiser un certain nombre de socialistes. Ceux qui manifestaient, comme moi, sous les couleurs de leur syndicat. Ceux qui étaient là sans autocollants, citoyens. Ceux qui sont toujours au PS, ceux qui en sont partis. Ceux qui, courageux que je suis allés saluer, affichaient la couleur avec leur banderole "socialistes contre la loi ElKhomri". Tous, déçus et en colère. Bien sûr, dans les discussions de cortège, c'est un poids à porter. Je vous livre mon tacle préféré : "Oui, on a un gouvernement socialiste, mais non pratiquant". No comment.

Alors maintenant ?

Je vais redire ici ce que j'ai déjà dit à la Commission Emploi, en Bureau Fédéral, en Conseil Fédéral #PS31. Non, je ne pense pas que les améliorations que les parlementaires pourront apporter, n'en doutons pas, suffiront à rendre cette saleté de projet acceptable.

Ces améliorations pourront porter sur tel ou tel point du texte. Certains de ces points sont très importants, bien sûr. Mais ce n'est pas seulement une série de points qui pose problème. C'est la logique même qui n'est pas acceptable. On ne peut pas amender une architecture. On ne peut que la refaire.

Les principes sous-jacents étaient au départ biaisés. Licencier plus pour embaucher plus. Mais comment peut-on espérer nous faire gober cette logique Medefienne, qui ne résiste pas aux faits ?!!! Ce qui donne envie d'embaucher, c'est avant tout que le carnet de commande soit rempli, et que la confiance en l'avenir soit suffisante.

Mais bon, ne parlons plus de ça, puisque même la ministre du Travail, en audition devant la Commission des Affaires Sociales, a refusé de dire ce que sa loi créerait comme emplois. (Mémo pour plus tard : en informer Manuel Valls qui s'obstiner à marteler que c'est agir contre le chômage).

Un objectif serait alors de renforcer le dialôôôgue sociaaaal. Ce qui plait à la CFDT et permet à un certain nombre d'élus socialistes de se gargariser avec ce joli mot. Mais de quoi parle-t-on ? J'ai eu la surprise, il y a peu, de découvrir que certains avaient, en toute bonne foi, une idée complément surréaliste des relations dans l'entreprise. Tiens, un exemple tout bête, sur les congés, oui, au final c'est l'employeur qui accepte, ou refuse, les congés. Qui peut fixer unilatéralement les dates de fermeture d'un établissement. La loi offre certaines garanties. Mais non, le salarié n'est pas, généralement, un "collaborateur" libre de discuter ses choix en bonne intelligence avec son patron. Le contrat de travail est une relation de subordination - et c'est en contrepoids que le Code du Travail a été élaboré au fil des ans. Et non, il n'y a pas égalité dans les négociations dans l'entreprise. C'est vraiment ne jamais y avoir mis les pieds que de le prétendre.

Alors, dialogue social, oui. Mais pas en enlevant aux salariés la protection du Code du Travail, pas en les laissant seuls face à leur employeur, et même potentiellement en concurrence avec d'autres salariés de l'entreprise voisine.

La hiérarchie des normes et le principe de faveur sont des piliers de notre droit du travail. S'y attaquer, c'est fragiliser l'édifice, et au bout, les salariés.

Car n'oublions pas ce qui est une évidence pour ceux qui le vivent, mais qui, peut-être, n'est du coup pas assez répété : il y a déjà possibilité de négociation au niveau des entreprises. Simplement, ce qui est négocié localement ne peut être inférieur aux garanties offertes au-dessus (les conventions collectives, la loi). Alors oui, il y a des écarts entre salariés. Ceux des grandes entreprises, aux syndicats implantés, vont avoir un statut social meilleur que ceux des petites, où les salariés sont plus faiblement ou pas du tout représentés. Ceux qui dépendent de la Métallurgie ont plus de chance que ceux qui dépendent du Syntec. Mais c'est un écart par le haut. Et d'ailleurs une manière de tirer vers le haut tout le monde. Ce qu'introduit ce projet de loi, c'est la possibilité d'écarts par le bas. En période de chômage de masse, où le chantage à l'emploi est si facile, quelle bonne idée, vraiment, que de vouloir moins protéger les salariés…!!!

Alors non, cette logique là, non merci. Pas possible. Pas voté et fait campagne pour ça en 2012. Pas acceptable, pas amendable. On arrête, pour repartir sur de bonnes bases.

Mon petit dessin vite fait, qui résumait mon état d'esprit cette veille de manifestation, a eu un certain succès sur les réseaux sociaux. Peut-être parce qu'il résume un sentiment assez partagé sur ce projet de loi.

Parce que sinon, normalement, la gauche,  c'est le progrès social.

Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 16:13
En 2005, dans l'Hebdo #PS, 1er secrétaire Hollande François. #lechangement

En 2005, dans l'Hebdo #PS, 1er secrétaire Hollande François. #lechangement

Le discours du Bourget a marqué les mémoires. J'en ai une version corrigée, qui me semble plus conforme à ce qui s'est passé depuis 2012.

 

Mon adversaire n'a pas de nom, pas de visage. Il n'est qu'un chiffre dans des tableaux statistiques, un petit point sur une courbe dont le seul intérêt est de me permettre de me re-présenter en 2017.

Il n'a pas de parti. Il a été tellement dégouté de leur fonctionnement, il les a trouvés tellement déconnectés des réalités, qu'il ne veut plus perdre de temps à y militer. Et même, plus perdre d'espoir à voter pour eux.

Il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu.

Et donc, il ne gouverne pas. Et même, il ne pèse pas. Ou plutôt, c'est sur lui qu'on pèse.

Cet adversaire, c'est le monde du travail.

 

Vous trouvez mon texte caricatural ? Que je suis dans la provocation ?

Bon, bien sûr, peut-être un peu.

Mais c'est que, vraiment, ma colère est grande. Elle naît avant tout de ce sentiment de déséquilibre. Bon sang, il ne fait pas bon être salarié sous ce quinquennat Hollande et ce gouvernement Valls. Les mesures et les lois tombent - boum bim prend ça - sur le monde du travail. Le dernier avatar, la honteuse loi dite El Khomri, faisant suite à plusieurs autres allant au final dans le même sens, étant le summum de la trahison du Bourget.

Ce qui me sidère, et me révolte, au delà des mesures prises séparemment, c'est la logique qui peu à peu s'est dessinée. Le discours qui sous-tend tout cela. Il va toujours dans le même sens. Le salarié est d'abord un coût. S'il a un emploi, et pire en CDI, c'est un privilégié. S'il est dans une entreprise qui propose une mutuelle (obligatoire et à laquelle il cotise) il est urgent de lui faire payer des impôts sur le scandaleux privilège que représente la part financée par l'employeur. Il est indispensable de le faire travailler plus, de le rendre plus souple, flexible, agile. Bref, corvéable. Il est normal que les gains de productivité et d'espérance de vie soient utilisés pour le faire travailler plus longtemps. 65 ans, ben voyons.

Les entreprises créent la richesse, oui, mais l'entreprise, à en croire ce discours, ce n'est pas les salariés. C'est le chef d'entreprise. Qui, lui, sait ce qui est bon. Qu'on ne peut contraindre. A qui il faut faire confiance. Le chômeur, lui, forme paresseuse du salarié, devra être surveillé attentivement, contrôlé, et incité à re-travailler grâce à une dégressivité des allocations (et peu importe s'il a cotisé des années pour y avoir droit).

Le salarié, pourtant producteur des richesses, n'existe pas vraiment en tant que tel. Ses difficultés sont secondaires. Il faut dire qu'on n'en croise pas beaucoup dans les partis au pouvoir, et encore moins dans l'élite dirigeante, qui la plupart du temps n'a jamais mis les pieds dans une entreprise autrement qu'en visite pour y rencontrer un PDG.

Qu'on ne comprenne bien. Je ne suis pas de ceux qui pensent que tous les patrons sont des exploiteurs à pendre. Ni que le code du travail est gravé dans le marbre à jamais. Pas du tout. Mais ce déséquilibre - tout pour le Medef, pour résumer - venant de plus d'un gouvernement supposé de gauche, est IN-SUP-POR-TABLE.

Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 20:55
Verdun

Il y a 100 ans, le 21 février 1916 commençait la fureur de Verdun.

Derrière des chiffres, des hommes, des vies ordinaires.

De cela, dans ma famille, il reste un livret militaire, un livret de mobilisation, que je partage en mémoire.

Gandrieau, Eugène Marie Joseph, mon arrière-grand-père, paysan vendéen, mort à Thiaumont le 8 Juin 1916.

Verdun
Verdun
Verdun
Verdun
Verdun
Verdun
Verdun
Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 17:21
Quant on n'a rien à cacher...

C'était ce samedi après-midi, à une des entrées du centre commercial.

L'agent de sécurité venait de me demander d'ouvrir mon sac à main. Fermement, mais fort gentiment.

Bon. C'est son métier, et dans le contexte, bon bon.

J'ouvre donc mon sac. Tout de même, comme ça fait la 2e fois en 10 minutes qu'on me le demande, je lui dis que ça commence à être un peu lourd de devoir montrer à tout le monde ce que contient mon sac à main.

Mon sac à main, hein. Pas un sac à dos ou une valise. C'est à dire un petit objet où l'on range tout un bric à brac d'objets encore plus petits et très personnels. Pas de quoi y ranger de kalachnikov. Rappelons aussi que les agents de sécurité ne sont PAS des forces de police ou de gendarmerie, et que tout citoyen est en droit de refuser d'obtempérer. La base.

Enfin voilà, par principe, je lui dis mon point de vue. "Je sais, mais nous avons des consignes", me répond-il, toujours aussi gentiment.

Je comprends bien. Rien à dire sur son attitude. On cause, voilà tout.

Mais voilà qu'arrivent deux jeunes gens. L'un s'empresse de sortir ses gants, ou je ne sais quoi, pour montrer ce qu'il a dans son casque de moto. Et se mêle de la discussion. "Mais c'est normal, quand on n'a rien à cacher".

Je tente un échange sur le thème des principes... "Mais vous avez quelque chose à cacher?".

Heu... comment dire...

J'ai hésité à lui proposer de me suivre à la librairie toute proche, histoire de lui offrir 1984 ou autres Meilleur des Mondes. Je me suis demandé si, dans un autre contexte, il m'aurait dénoncée à la Police de la Pensée pour attitude suspecte.

Un gars gentil, certainement. Comme on en croise beaucoup, de ces gens qui, vous sortant une tonne d'arguments sur l'efficacité-dans-le-cas-où, vous expliquent pourquoi c'est tout de même bien d'avoir des caméras de surveillance, pas grave qu'on puisse vous suivre à la trace numérique par vos cartes bleues, téléphones, actions internet, etc... Et bien BIZARRE TOUT DE MEME d'avoir envie de pouvoir être libre d'être à un endroit connu de vous seule, en train de faire ce que vous voulez sans que personne, homme ou machine, ne puisse le savoir.

"LA GUERRE, C'EST LA PAIX !

LA LIBERTE, C'EST L'ESCLAVAGE !

L'IGNORANCE, C'EST LA FORCE !"

Pourtant, j'ai un esprit et des réflexes de scientifique. J'ai beaucoup lu, mais ne prétends pas avoir une grande culture littéraire ou philosophique. Mais ce "quand on n'a rien à cacher", terrible novlangue de plus en plus répandue, me fait froid dans le dos.

Et si, au lieu de vouloir apprendre "le code" (sic) à la jeunesse, on insistait un peu plus sur les armes de la pensée ? Et si, on lieu de vouloir tout "optimiser" dans la vie des gens, on les aidait à prendre du recul ?

Voltaire, Orwell, Huxley pour tous !

Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 14:01
Doutes et certitudes

"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit." (Aristote).

Depuis dimanche dernier, c'est réconfortant, j'ai croisé beaucoup de savants et de sages. Autour de moi, au fil de mes lectures, des gens qui hésitent, partagent leurs questionnements, voire se remettent en question. Des absentionnistes convaincus qui pourtant s'interrogent. Des militants, convaincus tout autant, qui disent leurs doutes et parfois leurs critiques.

Faut-il à tout prix voter, même quand on pense que son vote est inutile, parce que foulé aux pieds, scrutin après scrutin, par des dirigeants déconnectés qui, une fois élus, n'écoutent plus rien, et trop souvent tournent le dos à leurs promesses ?

Faut-il voter socialiste, quand on est de gauche, et qu'on se sent trahi depuis 2012, quitte à donner le sentiment que, finalement, tout peut être pardonné ?

Faut-il voter à droite, même pour celle qui a regardé vers l'extrême, pour éviter encore pire ?

Faut-il à tout prix faire barrage au FN pour ces Régionales, ou au contraire vaut-il mieux, après tout, que l'avertissement soit donné haut et clair maintenant, plutôt qu'en 2017 ?

Fallait-il se retirer du second tour, au risque de conforter ce sentiment UMPS sur lequel joue le FN, laissant de plus une opposition réduite à un duel droite/extrême droite pendant 6 ans ? Ou fallait-il aller jusqu'au bout pour ne pas déposséder de leur choix les électeurs de gauche, au risque de faciliter l'accès au pouvoir du FN ?

Bien des questions, bien compliquées.

Pourtant, face aux doutes, des certitudes assénées. Peu de remises en question, pour ne pas dire aucune, au plus haut niveau des responsabilités politiques. Même plus, cette fois ci, de questionnements de ligne comme en 2002, sur les causes racines de ces résultats. On parle de stratégie. On sort les grandes phrases martiales, à la Manuel Valls. On essaie de culpabiliser les absentionnistes.

Pour ma part, oui, j'ai toujours voté. Oui, je pense qu'être citoyen, c'est se déplacer et choisir. Oui, je crois qu'il faut voter malgré les insuffisances de ceux qui nous gouvernent, parce que le FN n'est pas un parti comme les autres. Oui, même si ce qu'est devenu le PS me désespère, même s'il y a beaucoup de choses que je n'ai pas aimées dans cette campagne, je voterai pour la liste menée par Carole Delga en LRMP.

Mais non, les absentionnistes ne sont pas de mauvais français. Qu'on leur donne plutôt des raisons de voter. Qu'on les considère, au lieu de les prendre de haut. Qu'on les laisse réfléchir, et décider en liberté. 

 

Au fil de mes lectures:

"Voter ne sert à rien": les absentionnistes expliquent leur choix (Le Monde)

La mauvaise stratégie du Parti Socialiste (chez Jeff sur A Perdre La Raison)

Refusons le déni de défaite (par Aurélie Filippetti dans Le Monde, ou par ici)

Jours tranquilles à Vichy (par Paul Allies)

Le FN, un danger pour le monde du travail et la démocratie (déclaration CGT)

Je persiste: faire barrage au FN, seul parti raciste (par Jean Gadrey pour Alternatives Economiques)

Pourquoi je ne voterai pas pour C. Estrosi (par Hubert Huertas)

Hébétés, nous marchons droit vers le désastre (la tribune de juin 2015 d'Arnaud Montebourg et Mathieu Pigasse, hélas revenue d'actualité)

Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 21:49
Dans nos coeurs, à jamais
Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 18:35
E. Munch - Le Cri.

E. Munch - Le Cri.

Ce dimanche matin, encore, le brouillard.

Un ciel d'automne, cotonneux, un peu tristounet, mais aussi comme protecteur des bruits du monde.

Pendant ce temps là, à Paris, des gens toujours à la recherche de leurs proches.

Quelques bonnes nouvelles, mais aussi des mauvaises, nous arrivant avec ces visages de gens inconnus, mais que, pour tenter de se sentir moins inutiles, nous avons diffusées via Twitter, dans l'espoir d'aider les familles. Solidaires mais dérisoires bouteilles à la mer dans cet océan de fureurs.

par Benjamin Régnier

par Benjamin Régnier

Puis, à midi, le beau temps qui a repris le dessus.

Les coteaux colorés du Lauragais, le soleil doux du Tarn. Des gens qui se promènent paisiblement, des canards coin-couineurs dans le lac, des chiens mouillés et joyeux. Un bol d'air.

Et pourtant, pour avoir connu ici ces quelques jours où la vue d'un scooter faisait monter le stress de dix crans d'un seul coup, cette pensée toujours, qu'à Paris, des gens souffrent, pleurent, s'inquiètent, et malgré tout, vivent.

Ce soir, une odeur de poulet roti. Comme une envie de se blottir et de profiter d'un foyer en paix.

Carpe diem les gens.

Un dimanche en France

Le temps s'échappe à tire-d'aile ? Sois sans peur.
Et l'heureux sort n'est pas éternel ? Sois sans peur.
Profite de l'instant que te vaut la Fortune.
Sans regret, sans regard vers le ciel, sois sans peur.

Aujourd'hui sur demain tu ne peux avoir prise.
Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise.
Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir
car nul ne sait comment nos demains se déguisent.

Omar Kayyâm (Perse, XII s.)

par @massala_k

par @massala_k

Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 15:01
Après un 13 Novembre à Paris

De nouveau, un lendemain pesant, de sidération, de rage, de tristesse.

Le coeur en miettes devant tous ces visages de gens dont leurs proches sont sans nouvelles depuis hier soir, qui tournent sur les réseaux sociaux.

Pour les vivants qui affrontent peine et stress, des mots, des dessins, des humains qui se rassemblent dans l'action.

Fluctuat, nec mergitur.

Ecoutons, comme nos coeurs battent.

 

TOUT HASARD

Cela a pu arriver.
Cela a dû arriver.
Cela est arrivé plus tôt. Plus tard.
Plus près. Plus loin.
Pas à toi.

Tu as survécu, car tu étais le premier.
Tu as survécu, car tu étais le dernier.
Car tu étais seul. Car il y avait des gens.
Car c'était à gauche. Car c'était à droite.
Car tombait la pluie. Car tombait l'ombre.
Car le temps était ensoleillé.

Par bonheur il y avait une forêt.
Par bonheur il n'y avait pas d'arbres.
Par bonheur un rail, un crochet, une poutre, un frein,
un chambranle, un tournant, un millimètre, une seconde.
Par bonheur le rasoir flottait sur l'eau.

Parce que, car, pourtant, malgré.
Que se serait-il passé si la main, le pied,
à un pas, un cheveu
du concours de circonstances.

Tu es encore là? Sorti d'un instant encore entrouvert?
Le filet n'avait qu'une maille et toi tu es passé au travers?
Je ne puis assez m'étonner, me taire.
Ecoute

comme ton coeur me bat vite.

Wislawa Szymborska

Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Evasions
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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 21:00
Vive les RTT !

Oui, j'ai vraiment bien profité de cette après-midi de RTT.

Mes patrons étaient là, à se reposer de leur semaine de travail, et à savourer ce soleil d'automne, en s'occupant de leurs affaires humaines. Ils ont ressorti les coussins pour les chaises de la terrasse. Bien sûr, ils l'ont fait pour moi aussi, ils savent combien j'apprécie le confort, maintenant que j'ai un foyer.

Ma patronne a parlé de toi, Martine, et de toi, Lionel. Elle dit qu'elle se souvient encore de ce moment où, en voiture vers Limoges, ils ont entendu à la radio l'annonce de cette loi des 35 heures. 35 heures ??? De sommeil par jour ???!!! Heu... non peut-être pas... Enfin bref, ça l'a marquée, vous savez. Elle apprécie ses jours de RTT, et n'oublie pas à qui elle les doit. Elle sait qu'elle les doit aussi pour une part aux syndicats qui ont négocié à l'époque. C'est d'ailleurs à ce moment qu'elle a commencé son engagement syndical. Les syndicats, elle ne dit pas comme le monsieur sur l'écran du salon, elle dit que c'est utile. Elle a évoqué l'autre soir l'idée que j'adhère à la Confédération Générale des 'Tichats, je n'ai pas bien compris pourquoi, je revendiquais juste mes croquettes, légitimement gagnées par une journée de siestes et de chasse à la musaraigne. Elle m'a parlé de souplesse à avoir, elle est mignonne, mais faut pas pousser, on n'est pas des bêtes à la fin. Pourquoi pas chasser le lézard le dimanche, tant qu'on y est.

Enfin, je ne me plains pas, oh non. J'ai eu mes congés aussi. Oui, ils m'ont même emmenée en Bretagne. J'ai aperçu la mer ! Et là, ma patronne, sûre qu'elle a pensé à ceux qui lui ont donné une 5e semaine de congés payés, et d'autres choses importantes pour là où elle travaille. François Mitterrand, Pierre Mauroy, Jean Auroux, je connais vos noms, et vous dit merci moi aussi. Il a un peu plu en Bretagne et le voyage était long, mais vous n'y êtes pour rien, je le sais.

Mais ce que je me demande, c'est pourquoi elle ne parle jamais ainsi de toi, François, ou de toi, Manuel, ou de toi, Emmanuel. Au lieu de ça, elle grogne ! En ce moment, il y a toute une histoire avec ce code du jeu de la ficelle qui serait trop gros. Trop gros ?! Les moustaches m'en tombent. Tous ceux qui jouent savent bien que c'est parce qu'il y a toutes ces annotations des jurisprudences pour les cas compliqués (Que faire si la ficelle se coince dans un barreau de chaise ? Qui est responsable si la ficelle casse ? Peut-on aller aux Prud'chats si on n'a pas joué avec nous depuis une semaine ? etc etc). En tout cas, je cherche quelque chose dont moi, félin de salariés, je pourrai vraiment me rappeler avec reconnaissance plus tard. Je cherche, mais pour l'instant, je ne vois pas.

Oui, c'était chouette, cette demi-journée de RTT. Miaou.

Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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