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  • : Chroniques ordinaires d'une militante socialiste rénovatrice de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 14:14

Voici les résultats du vote en Haute-Garonne, proclamés par Kader Arif, pour une dernière fois, hier soir à la fédération.

Inscrits : 6501

Vote pour le premier secrétaire national :

Votants : 4618 soit 71% de participation

Exprimés : 4507

Martine Aubry : 2368 voix soit 52,5 %

Ségolène Royal : 2139 voix soit 47,5 %

Vote pour le premier secrétaire fédéral :

Votants : 4604 soit 70,8 %

Exprimés : 4366

Sébastien Denard : 2580 voix soit 59,1 %

Elisabeth Ségura : 1786 voix soit 40,9 %

 

Sébastien Denard est donc notre nouveau premier secrétaire fédéral. Au moins cela est-il certain... Sur ce plan là, la soirée était normale. Pas de tensions perceptibles ni de triomphalisme lors de la proclamation des résultats, et les applaudissements ont salué tous les candidats. Sébastien, dans son intervention, a félicité et remercié Elisabeth Ségura pour la campagne qu’elle avait menée. Il a eu la délicatesse d’avoir une pensée pour Sandra Hébrard. Cela m’a touchée, car moi aussi, comme souvent lors de ce congrès, et notamment à Reims, j’ai pensé à Sandra, à nos tristesses partagées au Mans et à l’énergie qu’elle avait à « ne rien lâcher ». Je sais ne pas être la seule, et j’espère que ses formidables parents seront heureux de savoir que sa mémoire accompagne notre chemin.

Quant au plan national, stupeur et tremblements ! Jamais je n’aurais imaginé une soirée pareille, et surtout une telle gueule de bois au matin.

Moments surréalistes hier soir. En arrivant à la fédération, sans aucune information, les premières tendances donnent Ségolène Royal devant. Je ne sais pas comment tant de camarades ont pu tenir dans le bureau du premier fédéral, mais un monde fou était devant l’écran à voir défiler les résultats du fichier national, au fur et à mesure qu’ils tombaient. A ce moment là, un 52% pour Ségolène circule. Un peu d’abattement et de résignation pour certains, des sourires pour d’autres. Mais pas de tensions, pas deux camps qui s’affrontent, on se parle et on échange les informations. C’est bien normal, mais dans le contexte de ce matin, je préfère le souligner !

Le premier revirement vient un peu plus tard. Arnaud Montebourg au téléphone dit à Cathy Lemorton que ce serait 50/50. On ose à peine y croire. Puis au fil de la soirée, sms et coups de fil se succèdent, au fur et à mesure que les résultats tombent, pour confirmer en effet que Martine Aubry est passée devant. Cela peut paraitre curieux, mais c’est normal : ce n’est pas comme pour les élections politiques avec les estimations à 20 heures, les premiers chiffres ne sont que la collecte des premiers résultats, les « grosses » fédérations mettant plus de temps à dépouiller arrivant ensuite et pouvant modifier de manière significative les résultats. On apprend que ça recompte dans le Nord. Vers 1 heure du matin, cela semble acquis, il est annoncé que Martine Aubry est devant avec 50,5 % . Les sourires changent de visages. Un gros ouf de soulagement pour certains, la déception pour d’autres. Mais pas vraiment de sentiment de victoire, car je crois que chacun mesure déjà la gravité d’une telle situation, et personne n’a envie de s’en réjouir vraiment. Juste avant de partir, on apprend que Manuel Valls vient de faire une déclaration très agressive. Contestant les résultats – bon, cela peut s’entendre, avec un vote aussi serré. Mais avec des mots très durs, parlant de tricheries et de victoire volée. C’est avec une certaine appréhension que nous allons nous coucher.

Ce matin, c’est l’horreur. Surprise, les derniers résultats de Guadeloupe ont réduit encore l’écart, 42 voix annonce la presse. Pas de proclamation des résultats, Ségolène Royal demande à revoter. Les dépêches racontent la folle nuit (par exemple ici) et disent que Martine a appelée Ségolène qui a répondu qu’elle ne se laisserait pas faire. C’est la confusion la plus totale. Les tensions se cristallisent. Le cauchemar continue. Quelle responsabilité pour ceux qui attisent ainsi les braises ! A quoi bon se jeter des tricheries à la figure ? Manuel Valls parle maintenant d’action judiciaire, mais où va-t-on ? A-t-on oublié qu’on est dans le même parti ?

Le bon sens voudrait d’arrêter les frais, et de constituer une équipe dirigeante qui rassemble le parti. Et qu’enfin on puisse se remettre au travail, car il y a urgence.

Un conseil national est annoncé pour mardi soir. D’ici là, nous pauvres militants, nous n'avons plus qu'à ronger notre frein. Restons zen, prenons un peu de recul, parlons-nous et espérons que la raison et le sens des responsabilités finiront par l’emporter.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 13:09

Nous allons donc revoter ce soir.

Positivons, une certitude : une femme sera premièr-e secrétaire ce soir. Et une bonne nouvelle : ce n’est pas cela qui fait discussion – à part quelques médias qui le relèvent ce matin. – c’est donc que cela est devenu naturel.

Pour le reste, nous sommes toujours dans le brouillard.

Je suis sidérée qu’il soit possible d’en arriver là. Après ce long processus de congrès, après ces heures de réunions et de discussions sur les motions, on est encore indécis ? On peut voir, comme cela m’a été rapporté dans certaines sections, des personnes inconnues de la section se présenter hier soir pour régler leur cotisation et voter, c'est-à-dire intervenir sur un nom de personne sans avoir participé à quoi que ce soit avant, ni même pris la peine d’envoyer un chèque ? Pas étonnant qu’il y ait des surprises !

Ségolène Royal arrive en tête avec 42%, devant Martine Aubry avec 35 %. Benoit Hamon, avec 23%, a appelé immédiatement ceux qui lui ont fait confiance à voter « massivement » pour Martine Aubry. Les déclarations et réactions ici.

Dans tous les cas, se disait-il ce midi à la radio, le PS va changer. La question est maintenant de savoir quelle sera la direction de ce changement. Changement à gauche, ou changement au centre ? Présidentialisation du parti, ou rénovation collective ?

Cher-e-s camarades qui avez choisi Benoit Hamon hier, j’espère que vous aurez en tête la proximité sur le fond qui existait entre les deux motions et que, sans que quiconque soit propriétaire de ses voix, vous entendrez ce qu’a dit Benoit et ce que lui a répondu Martine.

Et vous, cher-e-s camarades qui n’avez pas voté, ou qui avez suivi la motion de Ségolène Royal pour le renouvellement qu’elle met en avant, j’espère que vous vous poserez la question, en conscience, d’aider Martine Aubry, ainsi renforcée, à construire un nouveau parti socialiste dans un esprit de rassemblement, et non autour d’une personne.

Alors malgré le ras-le-bol que nous avons tous, ou plutôt à cause de cela, réfléchissons bien tous ce soir à ce que nous pensons être la meilleure manière de sortir de là !

Quant au niveau fédéral, en Haute-Garonne la motion D appelle à voter pour Sébastien Dénard arrivé en tête avec 40%.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 09:04

Voici les résultats du vote en Haute-Garonne, tels que je les ai notés hier soir à la fédération :

Inscrits : 6501

Vote pour le premier secrétaire national

Votants : 4691 ; Exprimés : 4634

Martine Aubry : 30,1 % (1397 voix) 

Benoit Hamon : 32,7 % (1516 voix)

Ségolène Royal : 37 % (1721 voix)

Vote pour le premier secrétaire fédéral

Votants : 4682 ; Exprimés : 4458

Hugues Bernard : 18,3 % (815 voix)

Sébastien Dénard : 40,4 % (1800 voix)

Jean-Georges Lechner : 9,9 % (440 voix)

Elisabeth Ségura : 31,6 % (1407 voix)

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 19:21

Enorme couverture médiatique sur le Congrès. Avec ses inconvénients (dès qu’une caméra est là, les faits ne sont-ils pas différents?) mais aussi l’avantage de la transparence. Chacun a pu suivre une bonne partie des interventions en plénière, elles sont consultables sur le site de LCP.

Pour finir sur ces moments, je vous livre ma sélection personnelle.

Parce que j’en ai un peu assez de ces présentations où la rénovation ou le renouvellement ne semblent incarnés que dans la motion A ou la motion C, l’intervention d’Arnaud Montebourg, équipe de la motion D, co-fondateur avec Vincent Peillon et Benoit Hamon du courant qui voulait créer le Nouveau Parti Socialiste dès 2002 (cherchez ici  ).

Parce que dans les moments difficiles un peu de hauteur est un réconfort, Marylise Lebranchu présentant le dimanche matin au nom de la motion D les conclusions après la commission des résolutions (cherchez ici  ).

Pour se faire une idée de ce qui s’est passé autour de Martine Aubry, un petit pot pourri

 

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 13:08

Au réveil, i-télé m’apprend que la nuit a été rude, que la commission des résolutions s’est terminée sur un constat d’échec, que Ségolène a claqué la porte et que les trois autres n’ont pas réussi à s’entendre. Les médias l’ont raconté et je n’y étais pas, je n’en dirai donc pas plus.
Dur réveil, et beaucoup de questions sous la tente de la motion D. On ne sait toujours pas si Martine a déposé sa candidature à ce moment là. Peu à peu arrivent ceux qui étaient à la commission des résolutions, et nous essayons de lire sur leurs visages ce qu’il en est. Le visage fatigué d’Arnaud m’inquiète, le sourire de Fabius me rassure un peu. Claude Bartolone occupe le micro, donne les nouvelles de la nuit et explique la situation au matin. Mais il veut laisser Martine Aubry, toujours pas là, l’annoncer elle-même. Cambadélis se colle à l’animation, ça se finit en chantant le chiffon rouge… Et puis Bartolone au téléphone, nous annonce qu’il est autorisé à dire que Martine vient de déposer sa candidature. Clameur sous la tente, ouf de soulagement de Camba juste en face de moi. Qu’on ne dise pas que la décision était prise depuis longtemps, vraiment je ne le croirais pas ! Au contraire, je crois que jusqu’au bout Martine a cherché à trouver une autre solution pour favoriser le rassemblement. Elle l’a dit ensuite dans son intervention, la motion D était prête à soutenir la candidature de la motion C, la motion A ne voulait pas de Benoit Hamon. Elle était prête aussi à soutenir la candidature de la motion A, la motion C ne voulait pas. Pourtant un texte politique de synthèse a été élaboré. Dommage, dommage, que ce soit sur le « dispositif humain » selon la formule de Bertrand Delanoé, que cela ait bloqué.

L’AG de motion s’est terminée là, et nous voilà tous repartant vers la plénière pour les importantes interventions du matin.

Alain Bergougnoux fit le difficile travail de rapporteur de la commission des résolutions, très bien d’ailleurs, très correctement. Ensuite chaque motion envoya un représentant pour donner sa synthèse de la nuit. Marylise Lebranchu pour la motion D était très fatiguée et très émue, cela se sentait. Son intervention fut d’une grande hauteur, la classe tout simplement, je le dis comme je le pense.

Au programme aussi, l’approbation des résultats. Car là non plus ce ne fut pas comme d’habitude, il y avait des contestations dans les Bouches du Rhône, ce n’est pas l’essentiel mais tout de même faut il le dire. Les résultats furent donc proclamés le dimanche, et le seul vote des délégués fut pour en prendre acte…

Cela se termina avec les discours des quatre candidats. La suite est connue, Bertrand Delanoë annonça qu’il retirait sa candidature pour ne pas ajouter à la confusion. J’ai trouvé cela d’une grande correction, et tout à son honneur. Martine, fatiguée mais encore très politique, présentant les lignes forces. Ségolène, ayant rectifié le tir de la veille – mais laquelle faut-il croire ? Benoit, un peu jeune premier, brandissant l’étendard de la rénovation.

Pas de clôture de François Hollande, il y a renoncé. Adeline Hazan dans le brouhaha, un sandwich, les derniers commentaires atterrés - tout ça pour ça  - et le long retour à Toulouse par Limoges.
Sortie de ce monde clos, retour à la vie extérieure avec les médias qui commentent la triste situation. Les dégâts sont faits. Mais nous pouvons nous ressaisir encore.

Maintenant, ce sont les militants qui trancheront, le congrès, c’est demain que ça se joue.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 12:37

Samedi matin, 10h00, me revoilà installée pour la suite du débat général. Les orateurs du jour sont plus connus, la veille semble déjà comme un apéritif. Bertrand Delanoë est le premier des leaders de motion à intervenir. De son discours, assez classique, j’ai retenu surtout le style, orateur masculin qui hausse le ton et dramatise. Je n’y suis pas très sensible, mais enfin, il parle politique en tout cas. Et à ce stade, les discours sont rassembleurs. A ce moment là, il me semble que la synthèse est possible.
J'écoute attentivement l’intervention d’Arnaud Montebourg. La question sociale, les salaires, la mondialisation, on sait quand même aussi parler du fond à ce congrès. Bon, peut-être ne suis-je pas objective à propos d’Arnaud ? C’est possible, quoique l’amitié et la constance n’empêchent pas la lucidité. Mais enfin, je constate que mes camarades autour de moi, que l’on ne peut soupçonner de cela, apprécient aussi. Encore une tête jeune et brillante que certains ont voulu ne pas laisser dépasser à une époque...
En fin de matinée, nous nous éclipsons en profitant d’interventions moins « importantes » (désolée pour les intervenants moins connus, qui ont tâche bien ingrate, mais on ne peut être partout et le temps est compté), pour une réunion des amis d’Arnaud Montebourg, comme on dit parfois bizarrement. Arnaud nous donne les éléments sur la situation telle qu’elle est à ce moment là, Christian Paul et Cathy donnent leur point de vue. L’ambiance est sérieuse, toujours inquiète, tellement les incertitudes sont grandes. Puis chacun s’exprime, sur la candidature de Martine que tous souhaitent le plus rapidement possible. Nous disons notre souhait de ne pas s’inscrire dans un réducteur ToutSaufSégolène. Nous parlons aussi de notre identité de rénovateurs, de nos idées qui circulent ici et là, de l’avenir… Et voilà que du coup nous ratons quasiment l’heure du déjeuner. Rendez-vous est pris à l’AG de motion du soir, qui sera importante, car les décisions sont loin d’être prises.

Et nous voilà repartis à marcher, le parking, les halls successifs jusqu’au restaurant, pour revenir chercher les tickets repas, et dans l’autre sens vers cet immense hall avec cette enfilade de tables. Un congrès est tout sauf reposant ! On se pose enfin, ouf. Moment de pause, on discute légumes, bons moments de campagne, difficultés de l’engagement. Dans ces périodes physiquement fatigantes et moralement épuisantes, il faut, aussi, savoir couper un peu. Même si, toujours, dans les esprits et dans les discussions, l’avenir du parti et la fin du congrès.

Le samedi après-midi, menu encore plus copieux. Laurent Fabius fut celui qui fut le plus applaudi pour commencer, pour un discours très politique et très clair.
Mais le moment le plus marquant fut l’intervention de Ségolène Royal. Beaucoup a été dit déjà, tant les réactions ont été vives, et la salle, à ce moment, partagée. A sa venue, déjà, et à ses premiers mots, d’un côté des applaudissements, mais aussi comme une crispation, de sa part, et dans la salle. Pour ma part, c’est vraiment là que je me suis dit que oui, deux conceptions différentes du parti et de la politique s’affrontaient finalement. C’est au moins le mérite de ce congrès par ailleurs désolant, que de l’avoir mis clairement en lumière. C’est là aussi, comme beaucoup de camarades présents, et comme beaucoup attentifs devant LCP, que je me suis dit que je ne voudrais pas que Ségolène soit premier sécrétaire. Est-ce être anti-Ségo primaire ? Je ne le crois pas. C’est elle que j’avais choisie parmi les trois candidats, j’ai fait sa campagne autant que possible, je l’ai défendue souvent quand je trouvais qu’elle était injustement attaquée, je ne suis pas en désaccord avec tout ce qu’elle dit, je lui reconnais le mérite d’avoir donné quelques coups de pied salutaires dans la fourmilière. Mais jusqu’ici, elle n’était jamais intervenue devant un congrès. Ce discours était donc important, comme devant représenter, à ses yeux et devant les délégués, sa conception du parti et de la ligne qu’elle voulait proposer. Or, de ligne, point. Et comme conception, un discours au vocabulaire religieux ou mystique. « Vous êtes à la messe ? », voilà les sms que nous recevions d’amis ou camarades devant leur télévision. Franchement, je vous assure que ce fut un choc ! Et après la stupéfaction, j’ai vu dans la salle les réactions choquées, y compris de camarades de la motion E. D’où quelques huées, auxquelles je n’ai pas participé et que je n’approuve pas, d’où qu’elles viennent. Mais il faut comprendre combien pour un militant politique ce discours peut faire réagir. Moi je ne fais pas de la politique pour « partager nos tendresses » ou « nous aimer un petit peu» ! Je ne souhaite pas une démocratie à l’américaine. Et même si j’entends tout à fait que la communication est importante, car bien sûr elle participe aux victoires, si je suis d’accord qu’il faut dépoussiérer le langage politique, sortir des moules anciens, se mettre en phase avec un monde qui change, ouvrir notre parti et y faire venir en masse le peuple de gauche, je suis effrayée de cette dépolitisation du discours, de cette mise en avant de l’affectif, de cette mise en scène où le fond est secondaire. Quant au vocabulaire religieux, devant les délégués d’un parti attaché à la laïcité, j'avoue que j'ai du mal. Voilà pourquoi, si je n’avais pas d’a priori après le vote, comme je l’avais écrit ici, je suis passée à ce moment à un avis plus tranché : c’est une autre conception qu’il faut charger de conduire le parti.

Martine Aubry vers 16H00 était très attendue. Un discours très politique, très ancré sur les questions sociales. Plus classique, certes. Mais ça faisait du bien, je me suis sentie comme lavée politiquement. Un discours de rassemblement pour le parti, aussi, et un discours de combat pour un PS réveillé. Car enfin, on voudrait faire croire ces jours ci que Martine est le vieux parti et Ségolène la modernité. Certes, l’une a été ministre de Jospin, et membre de la direction nationale. Elle a d’ailleurs pris à ce titre sa part de responsabilité. Je trouve que c’est une marque de maturité que de le faire et de reconnaitre des erreurs. Mais l’autre est de la même génération que Fabius, génération Mitterrand, présente au PS depuis lors. Il n’y a pas de honte à cela, mais il faut tout de même dire la vérité. L’intervention de Martine fut très applaudie, standing ovation dirait-on ailleurs.

J’avoue que je fus moins attentive sur la fin des interventions. J’avais besoin d’un bon café pour me remettre. Et c’est Henri Emmanuelli, que je tiens pour un des responsables de ce qui s’est passé au NPS et de ce qui se passe dans la motion Hamon, qui m’a décidée à sortir de la salle. J’ai raté du coup Jean-Christophe Cambadélis, et le début de Vincent Peillon. Vincent Peillon a du talent et de vraies qualités. Et en oubliant certaines "trahisons" pour l’intérêt collectif qui doit nous faire surmonter les rancoeurs, il aurait pu être un premier secrétaire de compromis. Il fut tout de même assez agressif, et c’est dommage, car le moment mérite, aussi, de la sérénité. Je me suis demandé ce qu’il avait pensé du discours de Ségolène, provocation prévue ou de nouveau choix surprenant tous ces proches ?

Du coup, il y avait une sacrée effervescence sous le chapiteau de la motion D. A mon arrivée, tente pleine, on a cru rester dehors. J’ai échappé de justesse à l’écrasement, mais les chaises rempilées à l’intérieur, tout le monde a pu rentrer. Ambiance de plus en plus surchauffée. Les discours du jour tout frais, la candidature de Martine Aubry devenait encore plus souhaitée. Martine ! Martine ! Nous nous fîmes, pour le coup, un peu supporters (c’est dire si nous étions perturbés) scandant son prénom, mais simplement pour lui dire notre estime et notre souhait qu’elle dépose, maintenant, enfin, sa candidature, à nos yeux candidature centrale permettant de rassembler une majorité. Nombreuses interventions, affectueuses et insistantes (certains me comprendront…), toutes dans le même sens. Mais au final, une sorte de déception mélangée de respect. Car elle nous dit qu’elle entend tout cela, mais qu’elle veut donner toutes les chances au rassemblement, et qu’il n’y a aucun préalable, ni sur sa candidature ni sur celle de quelqu’un de la motion D. Nous comprenons que la nuit sera longue et que l’issue est incertaine.

Deuxième soirée en ville, encore des socialistes partout. Les rumeurs circulent. Delanoë aurait en AG de la motion A annoncé qu’il déposait sa candidature. Cela s’avéra vrai. Même si on peut se demander s’il ne l’a pas fait pour couper court à d’autres velléités dans sa motion. Nous surveillons les SMS. Le prochain, dans la nuit, nous annonce que l’AG de la motion D, prévue à 8h00, sera finalement à 9h15. Je m’interroge, est-ce signe que cela va bien ou au contraire que cela va si mal ?

Il faudra pourtant bien attendre le matin.

Suite et fin au prochain épisode…

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 12:16

Inutile de revenir sur l’impression d’ensemble, je ne crois pas qu’il y ait un seul militant socialiste qui ne soit pas désolé de l’image que donne notre parti. Et au-delà de l’image, beaucoup maintenant partagent ce que certains d’entre nous disaient depuis 2002, quand nous pointions le mauvais état du parti et la nécessité de sa rénovation.

Difficile de vous faire vivre ces 3 jours, mais je voudrais essayer de vous dire ce que j’ai vu, entendu, et ressenti. Pas forcément objectivement, puisque bien entendu, j’ai une opinion. Mais en tout cas le plus fidèlement possible, tel que je l’ai vécu de l’intérieur.

Ce sera donc encore un peu long, mais il me semble devoir le faire, ne serait-ce qu’au titre de mon mandat de déléguée.

Vendredi midi, après un long voyage, voilà enfin l’hôtel dans la banlieue de Reims, Tinqueux. Terminé de la veille. L’écriteau « hôtel rénové » est-il un signe prometteur pour l’avenir du Parti ? Hélas, la suite montrera que le signe était plutôt à voir dans les dégâts des eaux…

Une bonne partie de la délégation de Haute-Garonne arrive en bus, et je me joints à eux pour aller jusqu’au parc des expositions. Ambiance à la plaisanterie. Car oui, toutes motions confondues nous partagions petits déjeuners, moyens de transports et plaisanteries parfois pour évacuer le reste. C’est tout de même un peu rassurant.

Dès l’arrivée, les « alors ça donne quoi » surgissent cependant entre nous. Car les plaisanteries n’enlèvent rien à l’inquiétude qui, je crois, nous anime tous, et au sentiment de l’importance du moment. En réalité, à ce stade ça ne donne pas grand-chose, ça discute déjà, mais rien n’est encore fait. La suite montrera que ce congrès sera vraiment aussi celui de la patience.

Le temps de prendre les chambres, de se perdre un peu dans un Reims en chantier à cause du futur tramway, de s’inscrire pour récupérer les badges, de prendre les repères (imaginez une zone où 4000 personnes se réunissent, se restaurent, discutent, achètent livres ou souvenirs…, tout cela sous l’œil de très nombreux médias : c’est assez impressionnant), et de retrouver Cathy Lemorton, mandataire départementale de la motion D, pour les dernières nouvelles, nous voilà entrant vers 16h00 dans la salle plénière, juste au moment où Adeline Hazan, toute nouvelle maire de Reims, commence son intervention d’accueil.

La salle est organisé comme au Mans : une grande tribune, les délégations devant, en bas, par fédération, les « auditeurs » (invités ne prenant pas part aux débats ni aux votes) derrière sur les gradins. Mais en plus chaud, la température comme la déco !

La Haute-Garonne est devant, tout à gauche. Juste derrière la Saône-et-Loire, ce qui nous permet de retrouver Arnaud Montebourg déjà sagement assis juste devant nous. Content de nous voir, et c’est réciproque. Puisque dans ce congrès on parle beaucoup de rénovation, tout de même, n’oublions pas ceux qui l’ont portée depuis 2002, ils sont aussi dans la motion Aubry ! Nous sommes toujours là, depuis Le Mans, que pour ma part j’avais vécu difficilement comme déléguée, ayant suivi Arnaud et le mandat de mes camarades, dans le refus de la fausse synthèse. Reims sera-t-il pire ? Dès ce moment, nos craintes étaient là. Ce fut au-delà de nos espérances, si j’ose dire…

Les interventions se succèdent à la tribune. Je suis toujours frappée du côté ruche de la salle. Ca rentre, ça sort, ça discute, ça écrit, ça lit, ça sms et ça téléphone (beaucoup). Il faut dire que les pauses ne sont pas prévues, et aussi que chacun sait bien que ce sont dans les discussions ici et là que les choses se décident. C’est toutefois parfois à la limite de la correction, quand le brouhaha gène l’écoute. Nous devrions tout de même apprendre à être plus respectueux.

J’écoute les interventions tout en découvrant le programme. J’entends Régis Juanico mettre en avant le bon score de la motion C, Jean-Louis Bianco la volonté de la motion E d’un parti rénové (pour ceux qui ne ne l'ont pas vécu de près, à copier 100 fois pour la suite : A=Delanoë, C=Hamon, D=Aubry, E=Royal). Ancrage à gauche, rénovation, entendrons-nous autre chose dans ce congrès ? Ca me fait un drôle d’effet tout de même. Le NPS de 2002 est éclaté dans différentes motions. Dommage que nous n’ayons pas pu nous faire entendre plus tôt. D’un autre côté, au moins pouvons-nous dire que peu à peu nos idées ont progressé, puisque toutes les motions se les sont maintenant, d’une manière ou d’une autre, appropriées.

Les visages connus arrivent peu à peu. Bertrand Delanoë entouré d’un essaim de caméras et photographes. Emmanuelli, Rebsamen, Hollande… Visages connus, visages tendus aussi. Les sourires sont là, mais derrière, les tensions sont perceptibles. J’ai soudain l’impression de me trouver devant un théâtre. Qui écoute sur le fond ce qui se dit à la tribune ? Dans toutes les têtes, plutôt, ce qui va se passer d’ici dimanche. Dans un sens, c’est désolant, cette incapacité à débattre au fond. D’un autre côté, les enjeux étaient ailleurs. Et je ne partage pas l’analyse qui voudrait que rien ne se soit fait à Reims. Des clarifications ont été faites, au-delà de la guerre des chefs, comme on dit, sur la conception même du parti. C’est là-dessus que les lignes se sont dessinées et que les choix se feront.

Les SMS affluent. C’est que les motions se sont mises à la l'heure de la technique. Les délégués, pour la motion D en tout cas, reçoivent les informations ainsi. AG à la fin du débat général sous le chapiteau motion D sur le parvis, lisons-nous tous.

François Hollande termine. Attaques contre Sarkozy, mais j’ai le sentiment que ça tourne un peu à vide. L’heure du bilan, les leçons pour l’avenir, le testament politique. J’ai eu beaucoup de désaccords politiques avec Hollande, et je le tiens pour le premier responsable de l’état de délabrement du parti (et encore à la tribune a-t-il redit que la synthèse du Mans, c’était bien !). Mais je reconnais que ce moment ne doit pas être facile pour lui.

A la fin du débat général, nous sortons tous vers les grands chapiteaux. La motion D est au fond du parking. Devant la bouche de chauffage, la tension monte, voilà, on y est, ça va se jouer bientôt. L’ambiance est à la fois assez grave, et pleine d’espoir. Nous entendons le compte-rendu des discussions déjà démarrées, la démarche de rassemblement souhaitée, la manière dont Ségolène Royal a présenté les choses, les analyses et la réponse à la motion E. Puis les avancées déjà faites avec la motion C, et le mandat de mener aussi les discussions avec la motion A, dans un but de rassemblement. Je découvre une Martine Aubry très précautionneuse. Son intervention a de la hauteur, et je la trouve préoccupée de faire les choses correctement et de construire peu à peu. Autour d’elle, Arnaud, Laurent Fabius, Jean-Christophe Cambadélis donnent leur sentiment. Et on sent bien que la salle est unanime : Martine premier-e secrétaire, voilà ce que nous souhaitons. Non comme des supporters, car étant donné nos parcours divers, nous n’en avons pas le profil. Mais parce que nous pensons que c’est ce qu’il faut faire, et que nous voulons l’exprimer à celle que l’on sent hésitante. Elle nous explique qu’elle prendra ses responsabilités, mais qu’à ce stade elle souhaite tout faire pour le rassemblement, et que la motion n’a mis aucun préalable, dans les discussions avec les motions C et A, sur une candidature.

Donc ça continue à discuter, et ce sera long, voilà les messages que nous pouvons envoyer à l’extérieur. Pas très facile à vivre ce statuquo, mais que faire d’autre ?

Pour finir, nos préoccupations devinrent plus matérialistes : trouver un moyen d’aller en ville, trouver un restaurant, trouver les camarades, trouver des places … comme à La Rochelle, Reims se remplit de cet étrange troupeau de socialistes errant dans les rues. La journée fut bien longue, et le retour à l’hôtel bienvenu !

 

La suite au prochain épisode …

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 23:57

Me voilà presque de retour, avec une petite halte en terres limousines avant de rejoindre Toulouse demain matin.

Désolée tout d’abord pour ceux qui espéraient des nouvelles en direct, je n’avais pas la logistique pour cela, et vraiment ce fut impossible de trouver une solution.

J’essaierai de vous faire partager ce que j’ai vécu, de l’intérieur, même si ceux que ça intéresse ont pu suivre ces trois jours sur LCP ou dans d’autres médias très présents.

Mais ce soir je serai brève, car la fatigue tombe.

Ni le congrès de Rennes et ces insultes, ni celui d’Epinay et sa refondation, ce congrès de Reims fut pourtant, je pense, un congrès historique. Par ses enjeux, et par son résultat, ou son non résultat. Je sais bien que les dégâts sont là, et que de l’extérieur les jugements sont durs. C’est mérité. De l’intérieur, ce fut plutôt calme, mais triste, éprouvant, désolant, nerveusement usant, incertain, et grave.

Mais surtout, le congrès n’est pas fini. C’est jeudi prochain, ou peut-être vendredi, que cela sera tranché maintenant, par les militants.

Alors pour être brève, autoriserez-moi le raccourci vers ma conclusion de ces trois jours. Ce sont bien deux conceptions du parti qui se sont dégagées à Reims. Jeudi prochain, il faudra choisir. Et ma conviction est vraiment faite après ce que j’ai vu et entendu : je crois qu’il faut que Martine Aubry soit notre premier secrétaire. Dès jeudi si possible, que cela soit tranché.
Demain, je vous dirai pourquoi je pense, très sincèrement, que c’est la manière de pouvoir nous en sortir par le haut.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 08:46

Déjà près de six jours après le congrès fédéral. Le temps passe, mais à la veille de partir à Reims je dois avouer que je suis toujours ce matin dans la même perplexité. Et dans une inquiétude croissante.

Une chose me semblait claire : le message du vote. D’abord, le rejet du vieux parti et du statuquo. Claque ou fiasco, les mots ont varié mais les analyses convergeaient pour dire l’échec de la motion Delanoë, archi-favori au départ, avec l’appareil derrière lui. Même en Haute-Garonne, « terre de mission » soi-disant pour les autres, à peine 30 %, c’est vraiment peu. Et j’interprète le score de la motion Royal à l’inverse comme issu avant tout de l’envie de faire autrement, et avec d'autres.
Volonté de changement oui, mais pour quoi faire ? Rénover le PS, mais aussi lui redonner une ligne de gauche. Comment interpréter sinon les scores combinés de la motion Aubry et de la motion Hamon ? Sans compter que, si les votes se font sur les discours des derniers moments, on a bien assisté à un « recentrage à gauche » général, y compris côté Royal et de Delanoë.

Alors voilà, c’est simple, il faut rassembler le parti autour d’une ligne clairement à gauche, rénover ses pratiques et renouveler ses responsables !

Maintenant, comment faire avec ce résultat si fragmenté ? Là est la perplexité qui ne me quitte pas, et au contraire s’aggrave au fil des jours, des vraies déclarations et des faux suspenses.

Puisque la motion de Ségolène Royal est arrivée en tête, ce n’est pas de gaité de cœur, mais il me semblait logique que ce soit autour d’elle que cela s’organise. Un front anti-Royal ne me semblait pas être la réponse juste à vote, ni la solution qui permettrait au PS de se reconstruire.

Car puisqu’il n’y a pas de majorité claire, il faut bien une règle, et celle qui dit que c’est la motion de tête qui mène le jeu a l’avantage d’être simple. Et puisqu’il n’y a pas de majorité claire, il faut bien une synthèse, une vraie cette fois, pas une mollassonne comme au Mans si possible (penser à ne pas demander son avis à François Hollande). Mais cela suppose de la bonne volonté, et des compromis. Et je ne suis pas sûre que cela soit parti pour.

J’aurais attendu en effet que ces jours amènent une clarification. C’était à Ségolène Royal de proposer. Il me semblait qu’un premier secrétaire de compromis issu de sa motion, avec des amendements pour venir à une ligne plus à gauche, sur la question des alliances notamment, mais pas seulement, devraient être les pas faits pour construire ce rassemblement. Car avec 30% , on ne peut pas prétendre avoir raison seule sur toute la ligne.

Les premiers discours étaient rassembleurs. Mais la suite m’a un peu agacée. Un texte un peu creux, des fausses annonces et un passage sur TF1 pour finalement ne rien dire, ça me semble un peu court. Quelles que soient ses qualités, car elle en a, elle ne peut demander un chèque en blanc sur l’avenir du PS !

Alors c’est bien gentil de gagner du temps, mais ce n’est pas très engageant.

Du coup, on a l’impression que tout est figé, dans l’attente de ce qui se passera à Reims.

Benoît Hamon martèle qu’il est candidat avec ses 19%. J’aime bien Benoît, je l’ai apprécié depuis ce chemin ensemble au NPS, mais plutôt que de crier maintenant si fort avec 19%, pourquoi donc a-t-il choisi de présenter une motion seul, plutôt que de jouer le rassemblement avec Martine Aubry, comme la logique sur le fond aurait voulu ? Nous n’en serions alors probablement pas là. Et j’espère ne pas revoir encore une fois Henri Emmanuelli à la manœuvre, comme au Mans, après avoir fait le coucou dans le nid du NPS pour mieux rejoindre la motion Hollande.

Martine Aubry ne dit pas grand-chose, mais ça cogite ferme. J’espère qu’elle fera le bon choix au bon moment.

Quant au congrès fédéral, je n’ai pas trop envie d’y revenir, tant j’ai trouvé cette soirée triste. L’annonce de l’accord instantané entre les motions Delanoë et Hamon, en plus d’être inédit dans un congrès fédéral (pourquoi ne pas attendre que le congrès national ait eu lieu?), était tout de même, ainsi faite, très agressive, excluant tout de suite les autres. Je suis désolée en tout cas d’avoir eu raison quand je prévenais les camarades qui s’apprêtaient à voter motion C qu’ils risquaient d’avoir de mauvaises surprises après le vote. Je me demande ce que les militants de Haute-Garonne qui ont sincèrement voté pour cette motion et ce qu’elle défendait ont pensé …

Alors, allons-nous donc trouver la solution sur un coup de dé ou un coup de poignard à Reims ? Franchement, je ne trouve pas ça très sérieux.

Ayez une pensée pour les délégués qui vont partir, sans mandat vraiment, car c’est impossible,  à l’aveuglette, et devoir vivre ça en direct à Reims !

Ou plutôt exprimez-vous, sur ce blog ou par mail, donnez-moi votre sentiment avant le départ.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Socialiste
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 17:29

Pendant le congrès, la vie continue, les combats aussi.

Le 6 novembre était jour de vote pour les socialistes. C’était aussi jour de manifestation à Villemur-sur-Tarn contre la fermeture de Molex. La municipalité avait organisé une matinée ville morte, les organisations syndicales une manifestation partant de l’usine où se tenait le premier CE d’information sur la cessation d’activité.

Nous étions donc là, sous nos banderoles, ce matin pluvieux, place Saint-Jean. Le cortège des salariés était parti de l’usine, accompagnant les délégués jusqu’au CE, pour rejoindre le centre ville. Echarpes des élus – Martin Malvy et Pierre Cohen, ainsi que de nombreux parlementaires, conseillers généraux et maires socialistes, avaient notamment fait le déplacement – habitants de Villemur que l’on sentait peu habitués à ce genre de manifestation, délégations syndicales d’autres entreprises ou des unions départementales, tout cela se mélangeait sur la petite place. Un peu de pagaille pour organiser le cortège, certains syndicats venus de l’extérieur se mettant devant les caméras, avant que les salariés de Molex et de Labinal n’arrivent… Au final ce sont 3000 à 4000 personnes qui ont défilé ensemble (voir la dépêche AFP) pour dire non à cette fermeture injustifiée.
Petit moment d’inquiétude : nous avons cru à une blague quand, à l’entrée du vieux pont sur le Tarn, nous avons vu ceux qui étaient devant nous se retourner avec de vigoureux « en arrière ! ». C’est que le pont bougeait sous les pas de la foule ! Drôle d’effet que de voir les gros câbles remuer, et encore plus pour ceux qui, au milieu du pont, l’ont senti se déplacer sous eux ! Pas de panique, la manifestation est bien passée finalement.

Un peu plus loin, devant l’école, une nuée de gamins hauts comme trois pommes derrière les grilles crient de toutes leurs forces que l’usine ne doit pas fermer. C’est dire combien c’est toute une ville qui se sent touchée par cette triste décision.

A l’arrivée, devant l’usine, les discours du maire et de plusieurs élus interpellent les dirigeants de l'entreprise et invitent Nicolas Sarkozy à venir à Villemur, avant d’attendre que les délégués sortent du CE pour une prise de parole. Guy Pavan a redit la colère des salariés et combien incompréhensibles étaient les justifications données en réunion. Il a annoncé que suite à la venue de Bernard Thibault et à l’initiative de la CGT, une délégation des syndicats de Molex serait reçue par Luc Chatel le lundi, aujourd’hui donc.

Les discussions se sont terminées autour des merguez-frites organisées devant l’usine, légèrement pluvieuses mais chaleureuses, et pour quelques uns d’entre nous par le café du réconfort au local cgt.

La manifestation fut donc un succès, mais ce n’est qu’une étape. Tous les axes sont à utiliser : la pression médiatique, les recours de procédure et les expertises, les actions politiques, de toutes sortes, et au plus haut niveau. Rien ne se gagne jamais d’un seul coup, mais il ne faut rien céder - comme le pont, il faut tenir ! C’est bien la décision elle-même qu’il faut contester, et non céder aux sirènes d’une direction sans doute prête à dégager de l’argent pour que le site ferme en douceur.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau - dans Actions
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