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  • : Chroniques ordinaires d'une socialiste de Haute-Garonne.
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On est socialiste à partir du moment où l'on a cessé de dire « bah,  c'est l'ordre des choses et nous n'y changerons rien », à partir du moment où l'on a senti que ce prétendu ordre des choses était en contradiction flagrante avec la volonté de justice, d'égalité et de solidarité qui vit en nous.

Léon Blum

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 16:13
En 2005, dans l'Hebdo #PS, 1er secrétaire Hollande François. #lechangement

En 2005, dans l'Hebdo #PS, 1er secrétaire Hollande François. #lechangement

Le discours du Bourget a marqué les mémoires. J'en ai une version corrigée, qui me semble plus conforme à ce qui s'est passé depuis 2012.

 

Mon adversaire n'a pas de nom, pas de visage. Il n'est qu'un chiffre dans des tableaux statistiques, un petit point sur une courbe dont le seul intérêt est de me permettre de me re-présenter en 2017.

Il n'a pas de parti. Il a été tellement dégouté de leur fonctionnement, il les a trouvés tellement déconnectés des réalités, qu'il ne veut plus perdre de temps à y militer. Et même, plus perdre d'espoir à voter pour eux.

Il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu.

Et donc, il ne gouverne pas. Et même, il ne pèse pas. Ou plutôt, c'est sur lui qu'on pèse.

Cet adversaire, c'est le monde du travail.

 

Vous trouvez mon texte caricatural ? Que je suis dans la provocation ?

Bon, bien sûr, peut-être un peu.

Mais c'est que, vraiment, ma colère est grande. Elle naît avant tout de ce sentiment de déséquilibre. Bon sang, il ne fait pas bon être salarié sous ce quinquennat Hollande et ce gouvernement Valls. Les mesures et les lois tombent - boum bim prend ça - sur le monde du travail. Le dernier avatar, la honteuse loi dite El Khomri, faisant suite à plusieurs autres allant au final dans le même sens, étant le summum de la trahison du Bourget.

Ce qui me sidère, et me révolte, au delà des mesures prises séparemment, c'est la logique qui peu à peu s'est dessinée. Le discours qui sous-tend tout cela. Il va toujours dans le même sens. Le salarié est d'abord un coût. S'il a un emploi, et pire en CDI, c'est un privilégié. S'il est dans une entreprise qui propose une mutuelle (obligatoire et à laquelle il cotise) il est urgent de lui faire payer des impôts sur le scandaleux privilège que représente la part financée par l'employeur. Il est indispensable de le faire travailler plus, de le rendre plus souple, flexible, agile. Bref, corvéable. Il est normal que les gains de productivité et d'espérance de vie soient utilisés pour le faire travailler plus longtemps. 65 ans, ben voyons.

Les entreprises créent la richesse, oui, mais l'entreprise, à en croire ce discours, ce n'est pas les salariés. C'est le chef d'entreprise. Qui, lui, sait ce qui est bon. Qu'on ne peut contraindre. A qui il faut faire confiance. Le chômeur, lui, forme paresseuse du salarié, devra être surveillé attentivement, contrôlé, et incité à re-travailler grâce à une dégressivité des allocations (et peu importe s'il a cotisé des années pour y avoir droit).

Le salarié, pourtant producteur des richesses, n'existe pas vraiment en tant que tel. Ses difficultés sont secondaires. Il faut dire qu'on n'en croise pas beaucoup dans les partis au pouvoir, et encore moins dans l'élite dirigeante, qui la plupart du temps n'a jamais mis les pieds dans une entreprise autrement qu'en visite pour y rencontrer un PDG.

Qu'on ne comprenne bien. Je ne suis pas de ceux qui pensent que tous les patrons sont des exploiteurs à pendre. Ni que le code du travail est gravé dans le marbre à jamais. Pas du tout. Mais ce déséquilibre - tout pour le Medef, pour résumer - venant de plus d'un gouvernement supposé de gauche, est IN-SUP-POR-TABLE.

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Publié par Marie-Agnès Gandrieau
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